Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.

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Dernière mise à jour : 29.11.2025
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Brèves de la semaine du 11 au 17 avril 2016

Publié le 11/04/2016 à 06:00 par monde-antigone


Tunisie: Situation tendue sur l'île de Kerkennah après une nuit de heurts, 16/04 
Mayotte: Grève générale, silence colonial et blindés pour la répression, 14/04
Koweït: La garde nationale contre la grève dans le secteur pétrolier, 14/04 

"Panama Papers": Des services secrets ont utilisé les services de Mossack Fonseca, 12/04
Le lac Kariba quasiment à sec, la pêche et la production électrique menacées, 11/04
Des restaurateurs chinois licencient leurs robots-serveurs, 11/04


Dimanche 17 -------------------------------------


Les chiffres de l'éco du dimanche:


€/$: 1,1282 / $/¥: 108,73 / US$ index: 94,71
OR: 1229,75 $ / Cuivre: 4830 $ / Blé: 4,59 $ / Pétrole WTI: 40,38 $ / Brent: 43,01 $ (écart: 2,6 $) 
Indice CRB (matières premières): 174,31  (+ 3)
Indice Baltic (frets maritimes):  635  (+ 16, + 5, + 7, + 30, + 38)
Taux obligataires (à 10 ans): CH: - 0,35 % / JP: - 0,11 % / DE: 0,13 % / NL: 0,34 % / FR: 0,47 % / BE: 0,52 % /
CA: 1,27 % / IT: 1,34 % / UK: 1,41 % / ES: 1,50 % / US: 1,75 % / ... / RU: 9,27 % / TU: 9,19 % / BR: 13,01 % /
17 pays empruntent à taux NEGATIFS !:
Suisse (15 ans); Japon (10 ans); Allemagne (9 ans); Autriche, Pays-Bas (7 ans); Belgique, Finlande, France (6 ans); Danemark, Irlande, Suède (5 ans); Slovaquie (4 ans); Italie, Espagne, Slovénie, Rep. Tchèque (2 ans); Bulgarie (1 mois)


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Encore une semaine incompréhensible...
La semaine a commencé par les nouvelles révisions à la baisse des prévisions de croissance du FMI pour 2016 (3,1 % au lieu de 3,4) et 2017 (3,5 %). Comme ces chiffres prennent en compte les 6,5 % fournis par le bureau de la propagande à Pekin, ils sont donc archi faux (je le répète assez souvent), mais peu importe... Le diagnostic dressé par l'économiste en chef de l'institution, Maurice Obstfeld, qui englobait une aggravation des risques planétaires: guerres, "crise des réfugiés", changement climatique, attaques terroristes, épidémies sanitaires, déluge de grêle, invasion de sauterelles géantes (heu non, j'exagère un peu), était plus pessimiste que jamais. La croissance est "trop faible depuis trop longtemps" a-t-il déclaré, mais ce qui l'inquiète le plus, c’est l’absence d’efficacité des remèdes conventionnels. Sans grande conviction, il a quand même reitéré ses encouragements à réduire le coût du travail, baisser l'impôt pour les entreprises, investir dans la R&D, inciter le consommateur à consommer et lancer de grands travaux, autant de fausses solutions pour sortir de la crise qui ont fait la preuve de leur totale inefficacité. On aurait pensé que cela allait plomber le moral des marchés, pas du tout. Wall Street a même retrouvé ses plus hauts niveaux...
L'autre information de la semaine, c'est l'annonce avant la réunion de ce dimanche à Doha d'un accord entre Ryad et Moscou concernant un gel de la production de pétrole jusqu'en octobre. Or on sait très bien que l'Iran et l'Irak envisagent d'augmenter leur production dans les mois à venir alors que les réserves sont déjà surabondantes. Cette information n'avait aucun sens, et pourtant les cours se sont envolés à 44 $ le baril ! A cette réaction totalement irrationnelle devrait suivre une chute des cours dès lundi. Quand on n'est pas capable d'expliquer un phénomène, le plus simple est de dire qu'il s'agit encore d'un coup spéculatif.
Les informations les plus alarmantes ont été en revanche passées sous silence. Elles concernent l'état du système bancaire. Aux USA, on doute de la capacité des grandes banques à résister à un nouveau seisme systémique à cause du "too big to fail"; au Japon on s'inquiète des effets dévastateurs des taux négatifs; en Grande Bretagne, l'hypothèse d'un Brexit est appréhendée avec de plus en plus d'anxiété; et dans la zone euro on se remet à parler de la fragilité des banques grecques et des 360 milliards de créances douteuses des banques italiennes équivalentes à 17 % du PIB national. Tout ceci augure d'un été particulièrement chaud...


Samedi 16 ----------------------------------------


Tunisie: Situation tendue sur l'île de Kerkennah après une nuit de heurts
AFP, Yahoo! actualités - 15 avr 2016
https://fr.news.yahoo.com/tunisie-situation-tendue-lile-kerkennah-apres-nuit-heurts-114018543.html


ILE de KERKENNAH (Tunisie) - La situation était tendue vendredi sur l'île tunisienne de Kerkennah (centre-est), après une nuit de heurts entre des habitants et les forces de l'ordre, sur fond de vive contestation sociale autour des activités d'une société pétrolière britannique, ont constaté des journalistes de l'AFP. Jeudi soir, des affrontements ont éclaté devant le port de Sidi Youssef et sur la route menant à la localité de Mellita entre des policiers et des dizaines de résidents s'opposant à l'entrée sur l'île de camions de l'entreprise Petrofac. Selon les mêmes sources, les protestataires ont jeté des pierres et installé plusieurs barrages à travers l'île, à l'aide de troncs d'arbres et de blocs de pierres. Déployée en force, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser et d'ouvrir le passage aux camions. D'après des sources policières, les affrontements ont duré jusqu'à très tard dans la nuit, obligeant les camions, sous escorte des forces de l'ordre, à emprunter une piste pour sortir du port. Vendredi matin, les traces des affrontements étaient toujours visibles: pierres sur les routes et pneus fumants.

Selon la radio privée Mosaïque FM, qui cite une responsable de l'hôpital régional de Kerkennah, 8 personnes ont été blessées dont 5 membres des forces de l'ordre. Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur, qui n'a pas fait état d'arrestation, a dénoncé les violences perpétrées par les manifestants et assuré que la dispersion s'était déroulée dans le cadre strict de la loi, avec un usage graduel de la force. De nombreux habitants ont eux dénoncé une réaction disproportionnée des forces de l'ordre. "Elles se comportent avec nous comme si nous n'étions pas Tunisiens. Les compagnies pétrolières exploitent nos richesses et ne nous donnent rien", a dit à l'AFP Salah, un protestataire. La tension sociale, déjà sensible, est montée en flèche début avril après la dispersion d'un sit-in tenu depuis la mi-janvier par des habitants de l'île. Ceux-ci protestaient contre la perspective d'une remise en cause d'un accord salarial entre la société Petrofac et l'Etat tunisien. (...)


Vendredi 15 --------------------------------------


COREE DU SUD - Résultats des élections législatives du 13 avril (majorité 151 sur 300):
Minjoo - Parti démocratique (libéral, centre gauche)........ 123 sièges (6 millions de voix, 25,5 %) Gagne à Séoul et dans les zones urbaines de l'ouest. Il s'impose comme le parti de la bourgeoisie progressiste.
Saenuri - Parti de la nouvelle frontière (conservateur).....  122 sièges (7,9 millions de voix; 33,5 %) Perd la majorité qu'il détenait depuis 2000. Il demeure néanmoins nettement majoritaire dans la  partie orientale et centrale du pays très rurale.
Hangeul - Parti du peuple (citoyenniste, centre gauche)...  38 sièges (6,3 millions de voix; 26,7 %) Pas favorisé par le découpage et le mode de scrutin. 2e en nombre de voix, il trouble le bipartisme et arrive même en tête dans le sud-ouest. Les voix que recueille ce nouveau parti proviennent pour une bonne partie de la jeunesse dont il reprend les aspirations.
Jeongui - Parti de la justice (social-démocrate)..................   6 sièges (1,7 million de voix; 7,2 %) Dépassé malgré sa tentative de changer son image en plaçant une femme à sa tête. Il est en perte de vitesse en Corée comme dans de nombreux pays en panne de croissance.
Indépendants (dissidents du Saenuri sans investiture)....... 11 sièges
Pour obtenir 1 siège au parlement, il faut de franchir la barre des 3 %. Le Parti chrétien-libéral d'extrême droite s'en est approché avec 2,6 %.
Abstention: 42 % (- 4 par rapport à 2012)
[Sources: KBS (Séoul), CNA (Taipei)]

La présidente Park Geun-Hye (ou "PGH") a été élue en décembre 2012 pour 5 ans. Sa fonction lui attribue l'essentiel des pouvoirs et ces élections ne vont pas changer grand chose quel que soit le futur Premier ministre. PGH a refondé la droite coréenne en ravalant la façade de l'ancien Grand Parti National trop compromis dans les scandales de corruption. Elle est la fille du général Park Chung-Hee, dictateur de 1961 à 1979 (il a été assassiné par le chef du Renseignement !). Fidèle à la mémoire de son cher papa, elle continue de faire le salut militaire...


Jeudi 14 -------------------------------------------


Mayotte: Grève générale, silence colonial et blindés pour la répression
par Jacques Chastaing
A l'encontre (11/04/2016), rapporté par Médiapart - 13 avr. 2016
https://blogs.mediapart.fr/fraternafrique/blog/130416/mayotte-greve-generale-silence-colonial-et-blindes-pour-la-repression

 
Au 12e jour de grève générale illimitée pour « l’égalité réelle et la justice » démarrée au lendemain des deux journées de grève contre la loi travail les 30 et 31 mars, pas un seul média n’en parle en France métropolitaine, pas une ligne, pas une seconde. Mayotte est pourtant un département français.

En réalité, c’est parce que les 21.000 habitants de Mayotte (et les dizaines de milliers de clandestins venant des Comores) vivent dans une des pires sociétés coloniales; 82 % à 92 % de la population y vit sous le seuil de pauvreté alors que le coût de la vie est le plus élevé de tous les territoires français; le taux de chômage y est de 20 % (46,5 % pour les jeunes) auquel il faut ajouter les clandestins; le taux d’illettrisme bat des records; il n’existe qu’un seul centre hospitalier, soit moins de 2 lits pour 1.000 habitants contre six en métropole; le nombre d’écoles est tellement insuffisant qu’il leur faut parfois fonctionner par rotation; tout cela sur le territoire le plus pauvre de la République et où 50 de la population a moins de 20 ans. C’est explosif.

Le taux de chômage associé à la violence policière, la peur de perdre son emploi, la peur du chef, en particulier « blanc », la peur du préfet, espèce de gouverneur colonial, de sa police ou justice, est en train de voler en éclats dans la grève, les manifestations et les barrages. Les grévistes et manifestants veulent l’application immédiate et intégrale à Mayotte du Code du travail de France métropolitaine, l’application immédiate des Conventions collectives nationales, l’alignement immédiat des pensions minimum au niveau de la métropole, le reclassement avec reconstitution de carrière reprenant en compte la totalité de l’ancienneté des agents des fonctions publiques, l’alignement au niveau de la métropole de toutes les prestations sociales.

Mais le slogan « d’égalité réelle » fait aussi référence au rapport du même nom du député PS, V. Lurel, déposé à la mi-mars auprès du gouvernement, qui devrait réglementer les 25 prochaines années des Dom-Tom. Il prévoit de supprimer la majoration de 40 % des salaires des fonctionnaires, d’augmenter les impôts, la TVA, de doubler l’octroi de mer de 2,5 à 5 %, une taxe sur toutes les marchandises qui rentrent et l’élargir aux services afin de financer la suppression des cotisations sociales et fiscales des patrons. Bref le PS veut taxer plus les plus pauvres pour donner plus aux riches et créer des « zones franches globales » sans charges ni code du travail qu’il baptise « plus grande autonomie locale ». Pour défendre cette « loi travail coloniale » contre les barrages des manifestants, le pouvoir a sorti les blindés. Déjà en novembre, lorsque le mouvement avait débuté – interrompu par l’état d’urgence – sa police avait tiré à balles réelles sur les jeunes. Rompre le silence sur la grève générale à Mayotte, c’est le minimum pour nous qui vivons dans la puissance coloniale. (...)


Koweït: La garde nationale contre la grève dans le secteur pétrolier
AFP, Romandie news - 13 avr 2016
http://www.romandie.com/news/Koweit-la-garde-nationale-contre-la-greve-dans-le-secteur-petrolier/694295.rom


KOWEIT - Le Koweït va déployer la garde nationale pour gérer des installations pétrolières, les employés du secteur ayant décidé de se mettre en grève à partir de dimanche pour raisons salariales, selon un quotidien local. Ce déploiement devait débuter mercredi sur certains sites de production d'hydrocarbures dans le sud de l'émirat, a expliqué le quotidien indépendant Al-Rai citant des sources anonymes. Selon ce média, la production de pétrole du Koweït de 3 millions de barils par jour pourrait baisser jusqu'à d'un tiers si le syndicat des employés se met effectivement en grève, mais les exportations et la vente sur le marché local ne seraient pas affectées car le pays puisera dans ses stocks.

Pour contrer la baisse drastique des prix du pétrole, qui pèse lourdement sur le budget de ce petit pays du Golfe riche en hydrocarbures, les autorités koweïtiennes ont annoncé ces derniers mois une série de mesures d'austérité. Parmi elles, la mise en place d'une nouvelle grille de salaires s'appliquant à tous les fonctionnaires du pays, dont les quelque 20.000 employés du secteur pétrolier.

La grève a été décidée lundi lors d'une assemblée générale du syndicat des travailleurs du secteur pétrolier, au lendemain de discussions infructueuses avec le ministre du Pétrole par intérim Anas al-Saleh. Le syndicat a indiqué que le débrayage concernerait toutes les unités de production et autres installations dans le pays. Mais M. Saleh a informé le Parlement mercredi que les négociations avec les syndicalistes se poursuivaient. La compagnie publique Kuwait Petroleum Corp (KPC) a indiqué dans un communiqué mercredi qu'elle avait accepté de négocier avec les travailleurs à la demande du ministère des Affaires sociales et du Travail. (...)

Un parlementaire indépendant, Mohamed Tana, a défendu les revendications des employés et rejeté toute réduction de leur salaire. "On ne doit pas toucher aux avantages des travailleurs pétroliers", a-t-il affirmé. "Nous avons affaire à une grève qui peut paralyser le pays et causer d'énormes pertes", a-t-il ajouté au Parlement. Selon les sources citées par Al-Raï, la production du Koweït baisserait de 0,5 à 1 million de barils par jour (mbj) en cas de grève. Le chef du syndicat, Saif al-Qahtani, avait indiqué lundi que les travailleurs avaient déjà fait des propositions, rejetées par le ministère, pour surmonter le différend. Le syndicat contestait aussi des projets de privatisation de certaines activités du secteur pétrolier.


Mercredi 13 --------------------------------------


Rien.


Mardi 12 -----------------------------------------


"Panama Papers": Des services secrets ont utilisé les services de Mossack Fonseca
AFP, France24 - 12 avr 2016
http://www.france24.com/fr/20160412-panama-papers-services-secrets-ont-utilise-services-mossack-fonseca


BERLIN - Des agents secrets de plusieurs pays, dont des intermédiaires de la CIA américaine, ont eu recours aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca, au coeur du scandale des "Panama Papers", afin de "dissimuler" leurs activités, rapporte mardi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. (...) Selon la Süddeutsche, "des agents ont fait ouvrir des sociétés écran pour dissimuler leurs actions (...) Parmi eux figurent également des intermédiaires proches de la CIA", la centrale de renseignements américaine.

Dans la "clientèle" de Mossack Fonseca figurent ainsi "quelques acteurs" des ventes secrètes d'armes à l'Iran dans les années 1980 (dit "Iran-Contra"), un scandale portant sur des ventes secrètes d'armes américaines à Téhéran visant à faire libérer des otages américains au Liban et à aider financièrement les Contras nicaraguayens, affirme le journal. Les "Panama Papers" montrent encore que "d'actuels ou d'anciens responsables de haut rang des services secrets d'au moins trois pays, (...) l'Arabie Saoudite, la Colombie et le Rwanda", figurent parmi les clients du sulfureux cabinet panaméen, écrit encore la Süddeutsche. Parmi eux, le cheikh Kamal Adham, ancien responsable des renseignements saoudiens décédé en 1999, et qui "passait pour être dans les années 70 l'un des principaux interlocuteurs de la CIA" au Moyen-Orient, affirme le quotidien munichois. (...)


Lundi 11 -------------------------------------------


Le lac Kariba quasiment à sec, la pêche et la production électrique menacées
AFP, Romandie news - 10 avr 2016
http://www.romandie.com/news/Le-lac-Kariba-quasiment-a-sec-la-peche-et-la-production-electrique-menacees_RP/693273.rom


KARIBA (Zimbabwe) - Le lac artificiel Kariba, quasiment à sec en raison de la sécheresse qui frappe l'Afrique australe, ne produit plus assez de courant pour le Zimbabwe et la Zambie qui se partagent ses rives et manque de poissons pour permettre aux pêcheurs locaux de subsister. Sur le fleuve Zambèze, la plus grande réserve d'eau douce jamais construite par l'Homme n'est remplie qu'à 12 % de sa capacité maximale, qui peut atteindre le chiffre démesuré de 185 km3, plus de 2 fois celle du lac Léman. "Nous sommes en-dessous des niveaux les plus bas enregistrés en 1995 et 1996", affirme Munyaradzi Munodawafa, l'ingénieur en chef de l'Autorité du Zambèze qui gère le lac artificiel. A la même époque l'an dernier, le lac était rempli à 51 %, assure t-il, mais la sécheresse, aggravée par le phénomène climatique el Niño, est passée par là.

Les conséquences pour le Zimbabwe et la Zambie sont graves: le lac constitue une source majeure de production électrique pour les deux pays et un réservoir de pêche vital pour les riverains. Situé à 400 km en aval des chutes Victoria, le réservoir permet de faire fonctionner deux centrales hydro-électriques qui produisent 750 MW d'électricité pour le Zimbabwe et 600 MW pour la Zambie. Or face à cette situation d'urgence, les autorités doivent rationner la quantité d'eau utilisée pour produire de l'électricité. (...) Le Zimbabwe souffre d'interminables coupures d'électricité liées à la vétusté de ses centrales électriques et au manque de liquidités pour importer de l'électricité, alors que le pays est rongé par la crise économique depuis une décennie. La Compagnie d'approvisionnement en électricité du Zimbabwe (Zesa) rationne l'électricité jusqu'à 10 heures par jour dans les pires périodes. En Zambie, les coupures quotidiennes durent environ 8 heures, obligeant la population à recourir au charbon, ou pour les plus aisés à acheter des générateurs.

Plus près des turbines, sur les rives du lac Kariba, les habitants sont davantage préoccupés par le manque de poissons dans leurs filets que par les coupures de courant. "Le business est au ralenti à cause du bas niveau des eaux", indique Hakurotwi Shonhiwa, le président de l'association des pêcheurs indigènes de kapenta - une sardine d'eau douce -, sur la rive zimbabwéenne du lac. "Il n'y a aucun profit et les gens pêchent juste pour survivre", précise t-il. John Chiringa, propriétaire d'une petite entreprise de pêche à Kariba, explique que plus de 400 bateaux pêchent les kapentas sur le lac, employant des milliers de personnes. Le changement climatique menace l'industrie et plusieurs personnes ont quitté l'industrie de la pêche, note t-il. "Ces derniers mois, très peu de bateaux ont réussi à attraper une tonne de poisson en un mois alors qu'avant ils pouvaient en attraper jusqu'à 4 tonnes", poursuit-il.

Outre ces pêcheurs commerciaux, des milliers de petits indépendants tentent, depuis la rive ou à bord de barques de fortune, d'attraper du poisson. L'un d'eux, Wonder Dipuka, qui fait vivre sa famille grâce à la pêche, explique que la famine menace désormais son foyer. "C'est devenu très difficile de survivre car il n'y a pas d'autre travail à Kariba", assure t-il tout en surveillant si quelque chose mord à sa ligne. Il peut gagner 40 $ par jour s'il pêche 20 kg de poisson, mais ces dernières semaines c'est à peine s'il arrive à attraper 1 kg. (...)


Des restaurateurs chinois licencient leurs robots-serveurs
par Delphine Sureau
France info - 09 avril 2016
http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/des-restaurateurs-chinois-licencient-leurs-robots-serveurs-781127


La chaîne de restaurants Heweilai en avait fait sa marque de fabrique. Dans ses trois établissements de fondue chinoise à Canton, dans le sud du pays, des robots métalliques slalomaient entre les tables, servaient les plats... Ils pouvaient même parler: « Chers clients, voici votre commande. Si vous n'avez besoin de rien d'autre, s'il vous plait touchez ma tête et je repartirai ». Les clients étaient ravis, prenaient des photos, et les enfants s'amusaient à courir après ces automates à roulettes. Mais une fois l'effet de surprise passé, les serveurs-robots ont montré leurs limites.

Comme s'en plaint Wang, le patron d'un des restaurants: « Ces robots ne peuvent pas porter de soupe, ou de plat en sauce sans les renverser. Ils ne peuvent suivre qu'un itinéraire défini. Et quand le restaurant est plein, c'est le bazar. En plus, ils tombent en panne ! Les experts disent qu'il faut mieux sélectionner les secteurs dans lesquels les utiliser. Ils sont licenciés car ils ne correspondent pas à la restauration ». Sur les trois restaurants Heweilai à Canton, deux ont fermé, et le dernier a remis ses robots au placard. Ils ont été remplacés par des serveurs et des serveuses en chair et en os.