Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Dernière mise à jour :
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§§§§§ TELENOVELA §§§§§ de Rousseff à Bolsonaro §§§§§
08/03/2021 >> Un juge de la Cour suprême annule les condamnations au pénal de Lula, le rétablissant dans ses droits politiques avant l'élection présidentielle de 2022... au moins provisoirement car l'affaire pourrait être rejugée à Brasilia.
28 octobre 2018 - Je solde le topic "Le Brésil s'enfonce dans le chaos politique (2016-2018)".
C'est la fin de 2 ans de crise politique. La crise économique qui sévit depuis 2012, la montée du chômage, le climat de violence (1 homicide toutes les 10 minutes), les affaires de corruption et la décrédibilisation de l'ensemble du personnel politique, tous ces éléments conjugués ont finalement conduit à l'élection triomphale du candidat d'extrême droite, Jair Bolsonaro, avec 55,13 % des voix.
Bolsonaro est un ultra-libéral pour qui l'Etat est synonyme de corruption. Il prétend résorber de 20 % la dette abyssale du pays par une privatisation généralisée à tous les secteurs de l'économie. C'est tout le contraire de la politique fasciste des années 30 qui consistait à nationaliser et à tout concentrer dans l'Etat. La bourse d'ailleurs ne s'y trompe pas en accueillant très favorablement son élection. Par contre, Bolsonaro veut donner les pleins pouvoirs aux forces armées pour, dit-il, "restaurer la sécurité", y compris en légalisant le port d'armes. Ça, c'est la politique d'un Etat autoritaire. Mais ce n'est pas parce qu'un Etat est policier qu'il est "fasciste", n'en déplaise aux démocrates de gauche, aux anarchistes et autres adeptes du raccourci. Mais c'est tellement plus facile de crier au fascisme !...
16 octobre 2018 - La police fédérale demande au parquet général d'inculper le président Temer et 10 autres personnes, dont sa fille, pour corruption, blanchiment d'argent et association de malfaiteurs. Temer est soupçonné d'avoir touché des pots-de-vin en échange de l'adoption en mai 2017 d'un décret visant à favoriser des entreprises du secteur portuaire. Selon la Constitution, l'autorisation du Congrès est impérative pour que la Cour suprême puisse enquêter, puis éventuellement poursuivre le président. >> Temer est arrêté le 21 mars 2019.
7 octobre - Jair Bolsonaro arrive largement en tête au 1er tour de l'élection présidentielle.
30 mai - La Fédération Unique des Pétroliers (FUP) lance un appel à une grève de 72 heures à partir du 30, pour obtenir une réduction des prix des carburants et du gaz de cuisine et l'abandon de la nouvelle politique tarifaire de Petrobras alignée sur les cours internationaux depuis fin 2016. La FUP réclame également l'arrêt de la politique de vente d'actifs de la compagnie et la démission de son président, Pedro Parente. >> Le patron de Petrobras démissionne le lendemain.
28 mai - Le président Temer cède aux routiers en décidant une baisse de 12 % (0,46 réais par litre) du prix du diesel et en promettant de supprimer certains péages.
21 mai - Les transporteurs routiers déclenchent en grève contre la hausse du prix du diesel. Le 25, le président Temer a fait appel à l'armée pour escorter les camions-citernes et dégager les routes. Priorité est donnée aux aéroports, aux centrales thermoélectriques et à l'approvisionnement des hôpitaux. Mais le 26 au soir, plus de 500 barrages routiers demeuraient en place à travers le pays. Partout, les stations-service sont à sec et les produits frais se font de plus en plus rares dans les magasins. L'état d'urgence a été décrété par le maire de Sao Paulo. À Rio, le service des bus articulés qui empruntent des couloirs réservés et dessert de nombreux quartiers populaires, est interrompu en raison du manque de carburant. Les chaînes de montage de l'industrie automobile sont à l'arrêt. Le ministre du Secrétariat au gouvernement a demandé à la Justice d'émettre des mandats d'arrêts contre des chefs d'entreprise de transports accusés de "lock-out", ce qui est illégal au Brésil. Pour l'heure, la promesse faite, jeudi 24, à plusieurs syndicats d'une réduction d'un impôt sur le diesel est reste sans effet. Le mouvement est soutenu, autant à droite qu'à gauche, par une majorité de la population qui critique la gestion de crise de Temer.
Brésil : 49 disparus après l'effondrement d'une tour à Sao Paulo
AFP, Romandie news - 02 mai 2018
https://www.romandie.com/news/Bresil-49-disparus-apres-l-effondrement-d-une-tour-a-Sao-Paulo/914240.rom
SAO PAULO - 49 personnes étaient portées disparues mercredi, au lendemain de l'effondrement spectaculaire d'une tour de 24 étages du centre de Sao Paulo, ont annoncé les pompiers. On ignorait toutefois si les 44 personnes manquantes de ce bilan se trouvaient effectivement dans la tour au moment du drame. (...) Le bâtiment, un ancien siège de la police desaffecté, était occupé par 146 familles de squatters et était dans un dans un grand état de délabrement, au mépris de toutes les règles de sécurité.
Le président Michel Temer s'est rendu sur les lieux mardi, où il a été très mal accueilli par une foule lui criant: "On veut des logements !" Ses gardes du corps ont dû rapidement l'exfiltrer de la zone de l'accident en raison de l'hostilité des résidents. Sao Paulo, qui est, avec ses 12 millions d'habitants, la ville la plus peuplée d'Amérique latine, souffre d'importantes inégalités. Des familles pauvres squattent souvent des terrains ou des immeubles laissés à l'abandon, même en plein coeur de la métropole, où des zones entières sont devenues des quartiers fantômes.
10 avril - Le pays se déchire entre pro et anti Lula. Les barrages se multiplient sur les routes. A 6 mois d'une élection présidentielle pour laquelle il est en tête des sondages, personne ne sait si Lula pourra rester candidat, mener campagne depuis la prison. Sa probable inéligibilité oblige les partis à revoir leur stratégie. Le Parti des Travailleurs, lui, faute de plan alternatif, confirme la candidature de son leader charismatique. Mais alors que l'armée semble de plus en plus s'impliquer dans le débat public, le député d'extrême droite Jair Bolsonaro, nostalgique de la dictature, arrive en 2e position, crédité de 18 % des intentions de vote.
07 avril - Incarcération de Lula, condamné à purger une peine de 12 ans de prison pour corruption et blanchiment d'argent.
14 mars - Assassinat d'une conseillère municipale de Rio de Janeiro, criblée de balles à l'arrière de sa voiture. Marielle Franco était fortement engagée pour la promotion des femmes noires, contre le racisme et la violence policière. Le meurtre a été commis avec des munitions provenant de stocks de la police.
Avec Temer, les militaires font leur grand retour dans la vie politique
par François Cardona
RFI - 07 mar 2018
http://www.rfi.fr/ameriques/20180307-bresil-temer-militaires-armee-retour-vie-politique-controle-funai
Malgré les critiques, le président Temer est en train de donner aux militaires un rôle politique inédit au Brésil depuis le retour de la démocratie. Avec des généraux détenant des postes ministériels clés ou occupant des positions stratégiques au sein du gouvernement fédéral (chef de cabinet, etc.), jamais l'armée brésilienne n'avait eu une telle influence depuis 30 ans et la fin de la dictature.
Au Brésil, un général a pris la tête du ministère de la Défense à la demande du président. Une première depuis sa création en 1999. Et au sein de la Casa Civil, l'équivalent du bureau du Premier ministre, le directeur de cabinet est un militaire. L'armée dirige désormais les services du renseignement, ou encore la Funai, la Fondation nationale de l'indien, l'institution chargée de la protection des indigènes. A Rio de Janeiro a récemment été confié à un général le contrôle de l'ensemble des forces de police. Face à l’augmentation de la criminalité et de la violence dans cette ville, vitrine du pays à l’étranger, le président Temer a en effet imposé un militaire en tant que secrétaire à la Sécurité publique de l’Etat au moins jusqu'à la fin de l'année.
Jamais l'armée brésilienne n'avait eu une telle influence depuis les années 1980. Le président brésilien a même accepté de modifier la législation à la demande de l'armée concernant ses soldats en opération au Brésil. Désormais, dans ce pays de plus de 200 millions d'habitants, à Rio de Janeiro notamment, les militaires ne répondent ainsi pas de leurs actes devant la justice commune. C'est une cour militaire qui est chargée de ces situations.
La polémique grandit face à ce pouvoir grandissant. Mais malgré les critiques, le président est en train de donner aux militaires un rôle politique exceptionnel depuis leur départ du pouvoir, auquel ils étaient restés accrochés depuis 1964. Cette situation pousse les médias, ainsi que de très nombreux experts politiques et des associations de la société civile, à s’interroger sur les risques que pourrait générer cette influence croissante pour l'avenir du Brésil. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Temer en 2016, après la destitution de son ancienne alliée de gauche, Dilma Rousseff, l’armée a été régulièrement mobilisée pour appuyer les forces de l’ordre partout dans le pays.
Il n’y a pour l’instant pas de débat majeur sur cette utilisation de l’armée en appui aux forces de l’ordre. L’élection présidentielle aura lieu en octobre prochain. M. Temer pourrait être tenté de jouer sur la corde de la sécurité. Mais dans un pays qui a connu la plus longue dictature militaire d’Amérique du Sud, la militarisation de la démocratie, la carte de l'homme fort capable d’assurer l’ordre et la discipline grâce à l’armée, pourrait s’avérer un pari risqué.
24 janvier 2018 - La condamnation de Lula est confirmée en appel. Peine alourdie à 12 ans de prison.
2 août 2017 - Le parlement rejette la mise en accusation de Temer par 263 voix contre 227. Une majorité des 2/3 était nécessaire pour ouvrir un procès.
Des "paysans sans terre" s'installent chez des personnalités
ATS, 24heures - 26 jul 2017
http://www.24heures.ch/monde/ameriques/paysans-s-installent-personnalites/story/31078889
Quelque 15.000 membres du mouvement des paysans sans-terre ont commencé mardi au Brésil à occuper des propriétés appartenant aux familles du ministre de l'agriculture et d'un sénateur. Ils dénoncent le recul de la réforme agraire et la corruption. Le mouvement de gauche (movimento dos trabalhadores rurais sem terra, MST) a également indiqué que ses militants occupaient une propriété à Rio de Janeiro qui, selon la police militaire, appartient à l'ex-président de la confédération brésilienne de football, Ricardo Teixeira. A la tête de cette puissante confédération jusqu'en 2012, il a été impliqué dans le scandale de corruption de la FIFA. Le MST a fait de même à Sao Paulo, où il a commencé à occuper la ferme d'un cabinet d'architecture qui compte parmi ses associés Joao Batista Lima, ancien conseiller et ami du président brésilien Michel Temer.
Le mouvement a indiqué que ses partisans étaient en train d'installer des baraquements sur les propriétés occupées et que de nouvelles occupations étaient prévues dans les heures qui viennent. « Nous allons poursuivre cette occupation jusqu'à nouvel ordre (...). Nous dénonçons le recul de la réforme agraire et la corruption et le blanchiment d'argent avec des terres », a déclaré une porte-parole du MST, regrettant que ces mêmes terres ne soient pas allouées aux paysans.
Le mouvement prône une réforme qui redistribue les terres pour favoriser l'agriculture familiale au détriment de l'"agro-business". Le MST compte organiser des actions dans 8 Etats, avec des marches, jusqu'au 2 août, date à laquelle la chambre des députés doit décider si elle donne le feu vert à un procès du président Temer, pour corruption, devant la cour suprême. Les défenseurs du mouvement paysan et de l'environnement accusent Michel Temer de favoriser les intérêts de l'"agro-business", groupe de pression très puissant au Brésil, et de mettre en péril la subsistance du monde rural, des populations indigènes et l'environnement.
12 juillet - Lula est condamné à 9 ans de prison pour corruption dans la première des 5 affaires qui le concernent. Il est reconnu coupable d'avoir accepté de l'entreprise OAS 3,7 millions de reals qui lui ont permis de rénover un appartement à Guaruja en remerciement de son intervention pour l'attribution de contrats avec la compagnie Petrobras. Il fait appel.
Chaos à Brasilia où l'armée est déployée
par Damian Wroclavsky et Carola Solé
AFP, Romandie news - 25 mai 2017
https://www.romandie.com/news/ZOOM-Crise-politique-au-Bresil-chaos-a-Brasilia-ou-l-armee-est-deployee/799219.rom
Manifestations dispersées à coups de gaz lacrymogène, incendie au ministère de l'Agriculture: la forte mobilisation contre le président brésilien Michel Temer a semé le chaos à Brasilia, poussant le gouvernement à déployer l'armée pour reprendre le contrôle de la situation. "Actuellement, il y a des troupes fédérales ici, au palais d'Itamaraty (siège du ministère des Affaires étrangères, ndlr), et d'autres troupes arrivent pour assurer la protection des bâtiments ministériels", a annoncé le ministre de la Défense, Raul Jungmann, devant la presse.
Les heurts ont éclaté au moment où la foule déferlait dans le centre de la capitale brésilienne, en direction du palais présidentiel Planalto: la police a fait barrage en utilisant des grenades lacrymogènes, certains manifestants cagoulés répliquant par des jets de pierres. Envahi par les protestataires qui ont "déclenché un incendie dans une salle", le ministère de l'Agriculture a dû être évacué dans l'après-midi, selon son service de presse. La police fait état de plusieurs blessés, dont au moins un par balles. Au même moment, d'autres affrontements entre manifestants et policiers ont eu lieu dans le centre de Rio de Janeiro, lors d'une mobilisation contre la réforme du système des retraites, une des mesures-phare du gouvernement Temer (...).
Acculé par de graves accusations de corruption, le président tente de s'accrocher au pouvoir en essayant d'éviter la défection de ses alliés politiques. Mais les tractations ont tourné court à cause du chaos ambiant dans les alentours du Congrès, où les parlementaires pouvaient entendre les détonations de grenades assourdissantes depuis les locaux de l'assemblée législative. "Dehors Temer !", scandait le cortège qui a rassemblé 35.000 personnes selon les autorités locales, 100.000 pour les organisateurs, de ces manifestations, convoquées notamment par plusieurs syndicats et le Parti des travailleurs. (...)
La pression populaire, qui avait beaucoup pesé dans l'éviction de Mme Rousseff en août 2016, pourrait également sceller le sort du chef de l'Etat, veut croire Dorival Pereira, un commerçant de 60 ans qui a voyagé pendant 18 heures en provenance de l'Etat de Mato Grosso do Sul pour manifester à Brasilia. "En démocratie, quand le peuple est dans la rue, aucun gouvernement ne résiste. Et le peuple le fera tomber", affirme-t-il. (...) Mais Mauro Pereira, député du parti PMDB du président, a assuré que ce dernier resterait au pouvoir en raison de "l'inquiétude pour l'économie brésilienne". Car cette crise pourrait freiner les réformes libérales promues par M. Temer et retarder la reprise, ce qui préoccupe les marchés: Bourse et réal se sont effondrés la semaine dernière à l'annonce des révélations sur le président.
18 mai - Selon le quotidien O Globo, le président Temer a été enregistré par Joesley Batista, propriétaire du géant de la viande JBS et de la marque de tongs Havaianas, en train de donner son accord à des pots-de-vin pour acheter le silence de l'ancien président du parlement Eduardo Cunha. La bourse de Sao Paulo chute de plus de 10 %.
6 mai - Un ancien directeur de Petrobras, Renato Duque, qui purge une peine 50 ans de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent, a déclaré au juge Moro que Lula avait "pleinement connaissance" de l'existence du réseau de pots-de-vin et qu'il en avait même le "commandement". C'est à ce titre qu'il l'aurait rencontré à 3 reprises entre 2012 et 2014. Lula, qui doit être entendu par le même juge le 10 mai, doit répondre de 5 procédures judiciaires différentes. Malgré cela, les sondages le placent en tête pour les élections générales d'octobre.
28 avril - Première grève générale au Brésil depuis plus de 20 ans. Les grandes villes du pays sont paralysées par une grève dans les transports à l'appel des principaux syndicats. De nombreuses entreprises et écoles sont fermées pour protester contre la politique économique d'austérité mise en place par le président Temer. Des heurs dans plusieurs villes et des bus incendiés.
30 mars - Eduardo Cunha, ancien président du parlement et artisan de la destitution de Dilma Rousseff, est condamné à 15 ans et 4 mois de prison pour corruption.
21 mars - Un scandale de plus ! Une vingtaine d'entreprises brésiliennes sont suspectées d'avoir vendu et exporté de la viande périmée, parfois contaminée à la salmonellose, avec la complicité d'agents d'État corrompus. De nombreux pays importateurs ferment leurs portes à la viande brésilienne. Coup dur pour le plus gros exportateur mondial qui emploie 7 millions de personnes.
16 mars - Grèves, manifestations et occupation du ministère de l'Economie. Des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue contre la réforme des retraites du gouvernement Temer
Le procureur général de la République, Rodrigo Janot, a transmis à la Cour suprême une liste de 83 demandes d'ouverture d'enquête sur laquelle figurent 6 ministres en exercice, les présidents de la Chambre des députés (Rodrigo Maia) et du Sénat (Eunicio Oliveira), l’ancien candidat malheureux à la présidence Aecio Neves, le gouverneur de l’Etat de Sao Paulo (Geraldo Alckmin) – présenté comme présidentiable –, ainsi que les anciens présidents Lula et Dilma Rousseff. Ces poursuites sont le résultat des aveux négociés contre remises de peine par près de 80 ex-directeurs ou cadres du groupe de BTP Odebrecht. En raison du statut de juridiction privilégiée (foro privilegiado) dont jouissent les personnalités, seulement 1 % des cas jugés par la Cour suprême au cours des dernières années a abouti à une condamnation.
Le scandale Petrobras rattrape à son tour Michel Temer
par François Cardona
RFI - 11 dec 2016
http://www.rfi.fr/ameriques/20161210-bresil-le-scandale-petrobras-rattrape-son-tour-michel-temer
RIO DE JANEIRO - Au Brésil, le scandale Petrobras menace désormais directement le président Michel Temer. Les hauts dirigeants d'une entreprise de BTP ont commencé à dénoncer, contre des remises de peine, les sommes versées aux partis politiques, dans le scandale Petrobras. Des milliards d'euros ont été détournés et le président Michel Temer apparaît nommément dans ces « délations ».
Selon le témoignage d'un ancien cadre dirigeant de l'entreprise Odebrecht, Michel Temer, alors vice-président de Dilma Rousseff, aurait en 2014 demandé plus de 3 millions d'euros au PDG du géant du BTP brésilien, Marcelo Odebrecht. De l’argent qui aurait servi à financer la campagne de plusieurs candidats du parti de Michel Temer, le PMDB, aujourd'hui au pouvoir au Brésil. Des accusations graves, recueillies par les juges en charge de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras, qui ont ensuite fuité dans la presse. Outre le président, plusieurs dizaines de noms d'hommes politiques apparaîtraient dans les premières dépositions des dirigeants d'Odebrecht obtenues contre des remises de peine.
L'actuel secrétaire général de la présidence ainsi que le président du Sénat auraient même coordonné les versements de pots-de-vin d'Odebrecht, qui obtenait en échange un traitement de faveur et des contrats publics. Michel Temer, dans un communiqué, a démenti ces accusations, niant toute implication dans le réseau de corruption mis en place au cœur du pouvoir. La délation collective des cadres dOdebrecht ne fait pourtant que commencer. Ils sont 78 à témoigner devant les juges, et leurs dépositions sont déjà en train de faire trembler le monde politique brésilien.
5 décembre 2016 - La Cour suprême destitue le président du Sénat, Renan Calheiros, qui avait été inculpé quelques jours plus tôt pour détournement de fonds publics... puis elle se ravise.
20 octobre - L'ex-président du parlement Eduardo Cunha, acteur central de la crise ayant conduit à la destitution de Dilma Rousseff, est placé en détention dans le cadre du scandale de corruption Petrobras.
10 octobre - Les députés brésiliens adoptent, par une écrasante majorité de 366 députés sur 480 députés présents, le gel des dépenses publiques (santé et éducation compris) pendant 20 ans.
22 septembre - Guido Mantega, ex-ministre des Finances de Lula et Rousseff, est arrêté.
31 août - Dilma Rousseff est destituée (par 61 voix sur 81). Elle est écartée de toute fonction publique pendant 8 ans.
26 août - Lula est inculpé pour corruption et blanchiment d'argent en lien avec l'affaire Petrobras.
5 août - Multiples manifestations à Rio. Le président par intérim Temer est hué au moment de déclarer ouverts les Jeux Olympiques.
Brésil: Nombreux incidents autour de la flamme olympique
Sécours rouge - 03 aot 2016
http://www.secoursrouge.org/Bresil-Nombreux-incidents-autour-de-la-flamme-olympique
La course de la flamme olympique vers Rio est l’occasion de multiples manifestations de protestations qui, toutes, mettent en parallèle les dépenses somptuaires faites pour les Jeux et les besoins de logements, d’éducation et de santé. Des manifestants ont tentés d’éteindre la flamme avec des extincteurs et, dans la ville balnéaire de Angra dos Reis, la semaine dernière, les manifestants se sont emparé de la torche et semblaient réussir à l’emporter quand la police a tiré des balles en caoutchouc pour les en empêcher.
Rien que pour la journée d’hier, trois manifestations ont eu lieu au passage de la flamme le long de la baie de Guanabara de Rio. Dans la ville déshéritée d’Itaborai, les manifestants portaient une banderole: "Alors que la torche arrive à Itaborai, les emplois, la santé et l’éducation en sont exclus". Dans la ville voisine de Sao Goncalo, les manifestants ont réisté et forcé la police à modifier l’itinéraire de la torche. A l’approche de Rio, dans une troisième manifestation à Niteroi, la police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et a arrêté au moins deux manifestants.
8 juin - Le procureur général demande à la Cour suprême d'autoriser l'arrestation de quatre hauts responsables politiques alliés du président par intérim Michel Temer accusés d’avoir tenté de freiner ou d’interférer dans l’enquête sur le scandale Petrobras: le président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale, un sénateur ancien ministre de la Planification, et l’ancien président José Sarney (1985-1990).
12 mai - Dilma Rousseff est écarté du pouvoir pour une durée maximale de 180 jours. Le Sénat a approuvé jeudi par 55 voix contre 22 l'ouverture d'un procès en destitution. Michel Temer, qui lui-même fait l'objet d'une enquête pour corruption, s'assurera l'intérim. Temer promet une rupture libérale avec le modèle interventionniste du PT, un paquet de mesures impopulaires: ajustement budgétaire, réforme du système des retraites et de la législation du travail.
10 mai - Mobiisation des partisans de Rousseff à Sao Paulo, à Brasilia et à Bahia où ils bloquent les axes de circulation créant des ambouteillages monstres.
17-18 avril - Rousseff ne se qualifie pas pour les JO de Rio. Son parti a reconnu sa défaite à 3h55. C'est dans une ambiance électrique que le principe de la destitution a été voté au Parlement par 370 voix sur 513 (selon les dernières estimations), soit largement plus des 2/3 requis.
La procédure va maintenant se poursuivre au Sénat où la majorité simple suffira (41 voix sur 81) pour approuver la mise en accusation de la présidente. La dernière étape du procès se déroulerait alors en séance plénière du Sénat à la mi-mai. Les 2/3 des votes (54 sur 81) des sénateurs seront nécessaires pour destituer définitivement la présidente. La validation de la Cour suprême ne sera qu'une formalité.
Dima Rousseff est accusée d'avoir maquillé les comptes publics afin de minimiser l'impact des déficits publics et favoriser sa réélection en 2015. On lui reproche d'avoir signé des décrets qui ont fait supporter à des banques publiques des milliards de dépenses incombant au gouvernement sans demander l'avis du Parlement.
11 avril - Une commission parlementaire recommande la destitution de Rousseff par 38 voix contre 27. En vue du vote des parlementaires en séance plénière, chaque camp tente de convaincre les indécis avec des promesses et des "petites enveloppes". Le vice-président a déjà écrit son discours d'investiture...
1er avril - Le chef de l'opposition Aecio Neves écarte une "participation active" de son parti, le Parti social-démocrate brésilien (PSDB), à un gouvernement de transition en cas de destitution de la présidente. Il se dit favorable à un "gouvernement de notables, formé par les meilleures personnalités du pays" et préfère se tenir à l'écart avant les élections de 2018.
29 mars: Le PMDB (Parti du mouvement démocratique brésilien, centriste) se retire de la coalition gouvernementale. Cette défection devrait pousser deux autres petits partis (PP de centre droit et PSD de centre gauche) à rompre à leur tour leur alliance ce qui précipiterait la chute de la présidente Rousseff. Dans ce cas, ce serait le vice-président Michel Temer (PMDB) qui lui succéderait et assurerait l'intérim jusqu'aux élections de 2018.
18 mars: Nous voila partis dans un feuilleton judiciaire.
Un tribunal de Rio de Janeiro a annulé l'ordonnance de première instance et a décidé que Lula pouvait (au moins provisoirement) assumer ses fonctions de ministre... Mais quelques heures plus tard, un juge de la Cour suprême fédérale du Brésil a bloqué la nomination de Lula au gouvernement. Cette nouvelle décision permet à un autre juge fédéral chargé de l'enquête sur un scandale de corruption de poursuivre ses investigations.
17 mars: Les réseaux sociaux rappellent une citation de Lula datant de 1988: « Quand un pauvre vole, il va en prison. Quand un riche vole, il devient ministre ».
Lula est devenu ministre d'Etat hier, une fonction qui lui assure une immunité judiciaire par rapport au juge qui enquête sur le scandale de corruption Petrobras. Cette nomination a aussitôt entraîné des affrontements entre des manifestants pro et anti régime qui s'accusent mutuellement de tentative de putsch.
Un juge de Brasilia a ordonné hier la suspension de l'intronisation de Lula au gouvernement. Pendant ce temps, les députés ont entamé le processus de destitution dans une atmosphère houleuse. De son côté, la Bourse de Sao Paulo a célèbré la fin prochaine de la présidence Rousseff. Elle a enregistré jeudi sa plus forte hausse en 7 ans à + 6,6 %.
Les jours au pouvoir du duo Rousseff- Lula paraissent comptés. Le seul facteur qui pourrait les sauver, c'est la corruption qui gangrène tout le système et touche l'ensemble des partis politiques, ceux de la coalition au pouvoir comme ceux de l'opposition. Si elle débouchait sur la destitution de Rousseff, la crise politique qui en résulterait ne ferait que des vaincus. C'est pourquoi elle pourrait pousser les partis à calculer et à rechercher le statu quo. Mais l'approfondissement de la crise économique qui remet en question la hausse du niveau de vie des années 2000 agit comme un catalyseur incontrôlable.
Le Brésil s'enfonce dans le chaos politique
AFP, Romandie news - 18 mar 2016
http://www.romandie.com/news/Le-Bresil-senfonce-dans-le-chaos-politique/686604.rom
SAO PAULO - Le Brésil s'enfonce lentement dans le chaos politique: la justice a suspendu l'entrée de l'ex-président Lula au gouvernement et les députés ont lancé la procédure de destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff, sur fond de manifestations de rue. Vendredi, ce sera la gauche qui mobilisera ses forces, 5 jours après les manifestations anti-Rousseff de dimanche ayant rassemblé 3 millions de Brésiliens: le Parti des travailleurs (PT, au pouvoir), la Centrale unique des travailleurs (CUT) et d'autres mouvements ont convoqué des manifestations dans plus de 30 villes.
Jeudi, le géant émergent d'Amérique latine a semblé vaciller, avec dans les rues des tensions émaillées d'escarmouches entre partisans et adversaires de la présidente, séparés par la police. En soirée, des milliers de personnes ont continué de manifester contre Mme Rousseff à Sao Paulo et Brasilia, où elles s'étaient massées devant la présidence et le Congrès, poussant la police à intervenir à coups de gaz lacrymogène et bombes assourdissantes pour les empêcher d'approcher.
La Bourse de Sao Paulo a bondi de 6,6 %, les marchés voyant dans ces événements les signes avant-coureurs de la chute d'un gouvernement paralysé en pleine récession économique. "Les cris des putschistes ne vont pas me faire dévier de mon cap", avait lancé jeudi matin Dilma Rousseff, pendant la cérémonie de prise de fonction de son prédécesseur (2003-2010) et mentor, Luiz Inacio Lula da Silva.
A peine intronisé chef de cabinet (quasi Premier ministre), ce dernier a vu sa nomination suspendue par un juge de Brasilia, qui l'estimait susceptible de constituer un délit d'entrave à la justice de la part de la présidente, dans la mesure où Lula échappait par la même occasion à la menace d'un placement en détention provisoire dans l'enquête sur le scandale Petrobras, dans laquelle il est visé pour corruption et blanchiment d'argent. Un tribunal de Brasilia a annulé jeudi soir la suspension de l'entrée au gouvernement de Lula, sans effet concret car un autre juge, de Rio de Janeiro, a entretemps ordonné en référé une suspension identique.
La diffusion mercredi soir de l'écoute judiciaire d'une conversation entre la présidente et Lula avait fait l'effet d'une bombe, renforçant les soupçons et déclenchant des manifestations d'indignation dans les rues. Dans l'enregistrement, Dilma Rousseff expliquait qu'elle allait lui faire rapidement parvenir son décret de nomination pour qu'il s'en serve seulement en cas de nécessité, ce que beaucoup ont interprété comme une allusion à une arrestation. L'entrée en fonction de Lula peut impliquer une intervention indue et condamnable de M. Luiz Inacio Lula da Silva dans l'exercice par la police, le ministère public et le pouvoir judiciaire de leurs activités. Elle implique une intervention directe de Dilma Rousseff dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire, a estimé le juge dans son ordonnance.
Dilma Rousseff s'est insurgée contre les méthodes du juge fédéral Sergio Moro, chargé de l'enquête Petrobras, qui a rendu public l'enregistrement. "Nous voulons savoir par qui et pourquoi a été autorisée et divulguée (cette conversation entre Lula et elle) qui ne contient rien qui puisse susciter le moindre soupçon sur son caractère républicain", a-t-elle affirmé. Lula, l'homme du miracle socio-économique brésilien des années 2000, attendu comme le Messie par un gouvernement au bord du naufrage, est resté muet jeudi.
Dans l'après-midi, les députés ont lancé la procédure de destitution de Mme Rousseff: ils ont élu une commission spéciale de 65 parlementaires, chargée de rédiger un rapport préconisant - ou non - sa destitution. Ce rapport sera ensuite soumis à l'Assemblée plénière du Congrès des députés, où un vote des deux tiers (342 sur 513) serait nécessaire pour prononcer la mise en accusation de la présidente devant le Sénat. Dans le cas contraire, la procédure serait enterrée.
En cas de mise en accusation, Dilma Rousseff serait provisoirement écartée de ses fonctions, pendant 180 jours au maximum. Il faudrait ensuite les 2/3 des sénateurs (54 sur 81) pour la destituer, faute de quoi elle reprendrait immédiatement ses fonctions. Cette procédure, déjà déclenchée en décembre par l'opposition, avait été freinée par le Tribunal supérieur fédéral (STF), qui en a définitivement fixé les modalités mercredi. L'opposition accuse le gouvernement Rousseff d'avoir sciemment maquillé les comptes publics de 2014, en pleine campagne présidentielle, pour minimiser l'impact de la crise et favoriser sa réélection.
Sa coalition issue des législatives de 2014, forte de 314 députés (61,2 % du total), la prémunissait contre un vote hostile des 2/3 des membres de la chambre basse. Mais elle s'est considérablement délitée à mesure que le Brésil plongeait dans la crise. Nul n'est capable aujourd'hui de mesurer le rapport de forces. D'autant que le grand parti centriste PMDB, pilier de sa coalition parlementaire, s'est donné samedi 30 jours pour décider s'il quittait ou non le gouvernement.
Dilma Rousseff dénonce depuis le début une tentative de coup d'Etat institutionnel d'une opposition n'acceptant pas sa défaite électorale de 2014. Selon les derniers sondages, 60 % des Brésiliens sont favorables à la destitution de Mme Rousseff.
16 mars: Petits arrangements entre amis
Indignation après la publication d'une écoute téléphonique entre Rousseff et Lula
AFP, Romandie news - 17 mar 2016
http://www.romandie.com/news/Bresil-indignation-apres-la-publication-dune-ecoute-telephonique-entre-Rousseff-et-/686193.rom
BRASILIA - Des Brésiliens manifestaient mercredi soir devant la présidence à Brasilia et à Sao Paulo, scandalisés par la publication d'une écoute judiciaire d'une conversation embarassante entre la présidente Dilma Rousseff et l'ex-président Lula, nommé dans la journée au gouvernement. Dans cet enregistrement effectué dans la matinée par la police judiciaire, la présidente appelle Lula sur son téléphone placé sur écoutes pour lui dire qu'elle va lui faire parvenir son décret officiel de nomination afin qu'il puisse s'en serve seulement en cas de nécessité. (...)
La publication de cet enregistrement a suscité une bronca à l'Assemblée, où les députés de l'opposition furieux criaient le poing levé Démission! Démission!, et au Sénat. Quelque 2.000 personnes se sont spontanément massées devant la présidence de la République à Brasilia pour réclamer la démission de Lula, la destitution de Mme Rousseff et apporter leur soutien au juge Sergio Moro. Une autre manifestation spontanée a débuté à la nuit tombée dans la capitale économique Sao Paulo, sur la grande avenue Paulista, a rapporté un photographe de l'AFP. "Démission !, Démission !", criaient quelques milliers de manifestants massés au pied du gratte-ciel abritant la puissante Fédération des industries de Sao Paulo. Le building était totalement illuminé aux couleurs nationales vert et jaune et barré d'une grande inscription lumineuse "Impeachement maintenant".
La présidence a riposté en annonçant dans un communiqué que des mesures judiciaires et administratives seront prises pour réparer la flagrante violation de la loi et de la Constitution commise par le juge Moro, sans plus de précisions. Elle s'est efforcée de convaincre que la présidente Rousseff avait fait parvenir à Lula son décret de nomination seulement pour qu'il le signe et lui donne ainsi un caractère officiel, dans la mesure où il avait indiqué qu'il ne serait sûrement pas présent à Brasilia pour la prise officielle de fonction prévue jeudi. (...)
La corruption en politique, un mal généralisé au Brésil
par Pierre Cochez
La Croix - 18 avr 2016
http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/La-corruption-en-politique-un-mal-generalise-au-Bresil-2016-04-18-1200754278
Quelle est l’ampleur de la corruption dans la classe politique ?
La branche brésilienne de l’ONG Transparency International estime que pas moins de 58,1 % des députés brésiliens ont – ou ont eu – maille à partir avec la justice pour des affaires de corruption. En raison de leur immunité, les parlementaires ne répondent pénalement de leurs actes que devant le tribunal suprême. Voici quelques exemples d’affaires en cours.
1) Le président du Congrès des députés, Eduardo Cunha est inculpé pour « corruption et blanchiment d’argent » dans le cadre du scandale Petrobras. Des millions de dollars d’origine suspecte ont été repérés sur des comptes en Suisse. Il avait juré sur l’honneur tout ignorer devant une commission d’enquête parlementaire. Député ultraconservateur, membre d’une église évangélique néopentecôtiste, il a fait progresser avec célérité la procédure de destitution de Dilma Rousseff, depuis décembre, notamment pour détourner l’attention de son propre cas.
2) Le vice-président Michel Temer, dirigeant du parti centriste PMDB, travaille main dans la main avec Eduardo Cunha, du même parti, pour écarter la présidente. Son nom a été cité par des inculpés du dossier Petrobras dans des ventes illégales d’éthanol, ce qu’il réfute. Il n’est pas mis en examen à ce stade dans l’enquête.
3) Un autre responsable du PMDB, Renan Calheiros, président du Sénat, 4ème personnage de l’État, est mis en examen dans l’enquête Petrobras.
4) Une Commission spéciale a approuvé un rapport préconisant l’ouverture d’un procès en destitution de la présidente au Sénat. Sur les 65 membres de cette Commission, 36 sont inculpés ou ont déjà été condamnés pour des infractions pénales.
Quelle est la place du Brésil dans l’indice de corruption ?
Le Brésil pointe à la 76e place au classement des pays les plus corrompus, établi par Transparency International, juste devant le Burkina Faso et l’Inde. Ce travail s’appuie sur des données de 12 organismes internationaux, comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et le Forum économique mondial.
Le Brésil, miné par le scandale du groupe pétrolier Petrobas, a connu la plus forte baisse dans le dernier classement annuel de l’ONG anti-corruption Transparency International. La compagnie pétrolière publique aurait versé pendant des années des pots-de-vin à des dizaines de responsables politiques, principalement dans le camp du gouvernement, aux mains du Parti des travailleurs. En 2014, des millions de Brésiliens ont manifesté pour demander de meilleurs services publics et moins de corruption.
Quels sont les ressorts de cette corruption ?
Une étude de Transparency International s’est penchée sur le problème de la corruption au Brésil. L’organisation voit trois raisons pour lesquelles la corruption y est particulièrement répandue:
1) Être élu demande beaucoup d’argent au Brésil. Ceux qui remportent les élections sont généralement les candidats qui ont le plus dépensé. La loi autorise les donateurs privés, entreprises et particuliers, à financer leurs candidats. La société civile et la présidente brésilienne ont averti de la nécessité d’une réforme pour limiter la dépendance du politique aux donateurs privés.
2) La décentralisation politique et fiscale donne pouvoir et argent aux autorités locales. « Le peu de contrôles à ces niveaux de décisions et leur manque d’efficacité font le lit de la corruption », remarque Transparency.
3) Une réglementation excessive et compliquée favorise la corruption, car elle donne aux fonctionnaires une raison de demander des paiements illégaux pour guider les entreprises et les particuliers dans les dédales administratifs.
Dans ces conditions, Transparency International identifie trois lieux de corruption, en s’appuyant sur un sondage auprès des Brésiliens:
1) Les politiques sont corrompus ou extrêmement corrompus pour 81 % des Brésiliens.
2) L’administration est perçue comme corrompue du fait de la multiplication des chargés de mission, recrutés par le politique. Ils interfèrent dans les décisions des fonctionnaires, recrutés, eux, selon des critères de compétence.
3) Le système judiciaire est estimé indépendant. Malgré cela, 50 % des Brésiliens interrogés par Transparency, perçoivent la justice comme corrompue ou extrêmement corrompue. Avant l’an dernier et la mise en cause de politiques dans le procès dit du « mensalao », la Cour Suprême n’avait jamais déclaré un élu coupable de corruption. Le principal problème de la justice brésilienne est sa complexité et ses délais. En 2012, le nombre de cas de corruption en tous genres attendant un jugement atteignait 25.799.