Le Monde d'Antigone

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Dernière mise à jour : 10.01.2026
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Etat d'urgence en PNG, carrefour courtisé en Indo-Pacifique

Publié le 18/01/2024 à 00:08 par monde-antigone

 
Pas de nouvelles provenant de Papouasie-Nouvelle Guinée (PNG) depuis les émeutes et l'instauration de l'état d'urgence, la semaine dernière.
A l'origine, il y a une histoire mineure de salaires impayés des policiers, due à un "problème technique" d'après le gouvernement, mais qui, dans un environnement social où domine la misère, a dégénéré en une flambée de révolte. Partie de la capitale Port Moresby, elle s'est répandue jusqu'à la ville de Lae, à 300 km au nord.

Des foules en colère ont incendié des bâtiments, saccagé et pillé des magasins au cours de la nuit du 10 au 11. Des vidéos ont montré des émeutiers emportant tout ce qu'ils pouvait dans des cartons, des chariots de supermarché. Ces événements ont mis en lumière un pays en proie à la pauvreté et à un taux de criminalité élevé (trafic d'armes, drogue, violence tribale). Un pays pillé par de grandes compagnies qui exploitent son sous-sol riche en or, minerais, pétrole et gaz. Les ONG estiment que près de 40 % de ses 9 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté.


Un peu d'histoire-géographie pour situer:
L'île de Nouvelle Guinée est coupée en deux, est/ouest, un peu comme l'île d'Hispaniola partagée entre la République dominicaine et Haïti.
La partie occidentale, autrefois colonisée par les Pays-Bas sous le nom d'Indes néerlandaises, appartient à l'Indonésie depuis 1962.
La partie orientale, annexée par l'Empire allemand en 1884, avant de devenir protectorat britannique, a été donnée à l'Australie en 1915.

Elle est indépendante depuis 1975 et membre du Commonwealth sous le nom de Papouasie-Nouvelle Guinée, abrégée en "PNG".
Située à environ 200 km au nord de l'Australie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est l'État le plus vaste et le plus peuplé de Mélanésie.
Elle appartient à la Communauté du Pacifique des Etats francophones et anglophones de la région. Elle est également membre du Forum du Pacifique, organisation de coopération régionale créée en 1971 par l'Australie et la Nouvelle Zélande, recouvrant peu ou prou leur zone d'influence. Elle tente de se desserrer de l'étau chinois en se rapprochant de l'Australie et des USA.

La PNG a adopté le système politique de l'Australie. Elle n'a jamais connu de coup d'Etat. Les alternances se passent calmement.
Le chef du parti vainqueur des élections législatives devient Premier ministre. Le gouverneur général choisi par le parlement agit au nom du roi d'Angleterre et fait fonction de chef de l'Etat. Sa fonction est essentiellement protocolaire.
La mutinerie d'une partie de la police et l'état d'urgence décrété après les émeutes du 10 janvier sont donc des faits tout à fait inhabituels. La PNG est un pays qui ne fait jamais la Une de l'actualité... mais elle est située dans une région qui voit peu à peu monter les tensions.


Etat d'urgence en Papouasie-Nouvelle Guinée, carrefour courtisé entre Asie et Pacifique
par Marie Ellison
Les Echos - 12 jan 2024
https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/etat-durgence-en-papouasie-nouvelle-guinee-carrefour-courtise-entre-asie-et-pacifique-2045814 


SYDNEY - L'état d'urgence a été déclaré jeudi [11 janvier] dans la capitale, Port Moresby, après des émeutes mortelles, dans ce pays de plus en plus courtisé par les grands acteurs de l'Indo-Pacifique. Le feu a été mis aux poudres mercredi matin [10 janvier] à Port Moresby, capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée, quand les policiers se sont vus amputés de près de la moitié de leur salaire (300 Kina, environ 75 €). Ce qui a été ensuite attribué à un "glitch (problème) technique". Les agents ont aussitôt décrété une grève et manifesté devant le Parlement, rejoints par des soldats et gardiens de prison.

Des troubles ont rapidement éclaté, menant à des scènes de chaos dans la soirée et la nuit. Des foules se sont alors mises à piller des magasins dans la capitale mais aussi dans la seconde ville du pays, Lae, dans une région minière. Les émeutes et les incendies ont fait une quinzaine de morts et une vingtaine de blessés. « La police n'était pas au travail hier dans la ville et les gens ont eu recours à l'anarchie dans certains quartiers », a décrit le Premier ministre du pays, James Marape, lors d'une conférence de presse jeudi. Il a promis de corriger l'erreur salariale, mais surtout décrété l'état d'urgence dans la capitale pour deux semaines. Un millier de soldats seront en outre déployés pour aider la police à reprendre le contrôle de la situation.

L'ambassade américaine à Port Moresby a confirmé que la police avait repris du service, mais que les tensions demeuraient vives. Celle de Chine a aussi mis en garde contre la situation sécuritaire, assurant en outre que les pillages et actes de vandalisme avaient pris pour cible des commerces chinois, et que des ressortissants chinois avaient été blessés. Le Premier ministre d'Australie, dont les côtes septentrionales ne sont qu'à quelques centaines de kilomètres dans le Pacifique, a appelé au calme ses « amis Papouasiens ».

Les troubles ont trouvé un terrain fertile dans ce pays sous-développé de 9 millions d'habitants gangrené par la pauvreté et les violences, notamment tribales. L'archipel d'Océanie, qui partage une frontière terrestre avec l'Indonésie, est pourtant doté de ressources minérales abondantes, notamment en or, cuivre, argent, nickel et cobalt (ces deux derniers étant indispensables aux batteries de voiture électrique). Le pays dispose aussi de gaz, le français TotalEnergie y mène d'ailleurs des activités gazières depuis 2012. Ces atouts, et sa situation géographique, font de la Papouasie-Nouvelle-Guinée un pays de plus en plus courtisé dans l'Indo-Pacifique.

En mai dernier, les Etats-Unis ont signé avec l'archipel un pacte de coopération de défense [L’armée américaine a obtenu le libre accès à six ports et aéroports du pays; ndc], l'Australie a emboîté le pas en décembre avec un accord de sécurité. A Port Moresby, James Marape a en outre accueilli en mai le président indien, Narendra Modi, pour le sommet des îles du Pacifique et en juillet le président français, Emmanuel Macron, quasiment le même jour que le Secrétaire d'Etat américain à la Défense, Austin Lloyd. Ces nations cherchent toutes à contrer l'influence de la Chine dans cette région [Elles viennent imposer leurs intérêts commerciaux et stratégiques; ndc].

James Marape pour sa part s'est rendu à Pékin, lors du sommet des Nouvelles routes de la soie en octobre, et y a rencontré le président chinois Xi Jinping. Le dirigeant de Papouasie-Nouvelle-Guinée a clarifié en fin d'année que son pays n'entretenait que des liens économiques avec la République populaire, assurant se tourner vers Washington pour sa sécurité extérieure, et vers Canberra pour sa sécurité intérieure.


Le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, a déclaré qu’il y avait une « profonde influence politique » derrière les émeutes meurtrières. Survivra-t-il à cette crise ?
[Papua New Guinea's PM James Marape says there was "deep political influence" behind the deadly riots. Will he survive this crisis?]
par Tim Swanston
ABC Australia - 12 jan 2024
https://www.abc.net.au/news/2024-01-12/png-riots-political-forces-likely-factor-as-pm-faces-criticism/103309652 


PORT MORESBY - Lorsque le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée [PNG], James Marape, s’est adressé à sa nation et a déclaré l’état d’urgence, il était entouré de 26 députés du gouvernement. L’optique était claire: il s’agissait autant d’une crise politique pour le Premier ministre que d’une crise sécuritaire. « Ne pensez pas que James Marape va nulle part », a-t-il déclaré.

Après les émeutes meurtrières de ces dernières 48 heures, Marape est maintenant confronté à des fortunes politiques changeantes. Et alors qu’il tente de restaurer la confiance dans le système de loi et d’ordre de son pays et dans son gouvernement, il suggère que c’est l’establishment politique lui-même qui aurait pu jouer un rôle dans les violences meurtrières de cette semaine. Il a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il examinait « plus en profondeur » les différentes forces qui étaient en jeu alors que la violence se propageait à Port Moresby et au-delà. « Nous ne sous-estimons certainement pas le fait qu’il y a une profonde influence politique sur le côté pour s’assurer que ce genre de chose se produise dans notre ville et dans notre pays », a déclaré Marape.

La poudrière politique
La politique en PNG est fragile, à tel point qu’un Premier ministre est protégé d’un vote de défiance pendant 18 mois après son élection, juste pour maintenir une certaine stabilité dans le système. Marape est Premier ministre depuis 2019 et a été réélu pour un second mandat dans le cadre d’un gouvernement de coalition l’année dernière. La période de grâce pour voter une motion de censure expire en février et, comme c’est souvent le cas, le vent du changement avait commencé à tourbillonner autour de lui. Avec les spéculations sur l’avenir de Marape à la tête de la PNG et les pressions économiques croissantes à travers le pays, Marape était dans une position précaire. Puis la police a abandonné son travail. C’est à ce moment-là que la poudrière politique s’est enflammée et que les tensions croissantes ont déclenché l’émeute meurtrière qui a maintenant coûté la vie à 16 personnes.

Les difficultés économiques en PNG sont graves, un grand nombre de jeunes chômeurs s’installant dans des campements à Port Moresby pour faire face à d’importantes pressions liées au coût de la vie. Ces pressions sociales, l’échéance politique imminente et l’appétit croissant des opposants de Marape pour exprimer leurs griefs à l’égard du gouvernement ont créé un potentiel de troubles, mais le Premier ministre suggère également que ce sont les forces politiques qui ont partiellement allumé l’allumette. « Vous voulez changer de gouvernement ? Changez-le sur le parquet du parlement, en n’utilisant pas mon peuple pour créer l’anarchie et l’insouciance », a-t-il déclaré jeudi soir.

En plus de suggérer qu’une « influence politique » était en jeu, le gouvernement a souligné que la décision de la police d’abandonner ses postes pour organiser une manifestation était la principale raison pour laquelle les troubles ont éclaté. La police royale de Papouasie-Nouvelle-Guinée l’a fait après avoir été lésée d’environ 120 dollars (AUD) chacune. On craignait qu’il s’agisse d’un acte intentionnel, plutôt que d’un problème de paie, et qu’il fasse partie d’un plan visant à augmenter l’impôt sur le revenu – une demande rejetée par le gouvernement et l’organisme national de taxation. Le chef de l’opposition, Joseph Lelang, a déclaré à ABC que les émeutiers étaient des « opportunistes », mais que le gouvernement avait « sous-estimé les difficultés économiques » de la population de Papouasie-Nouvelle-Guinée. « Il y a beaucoup de gens frustrés, et c’est la seule façon pour les gens d’exprimer leurs frustrations », a-t-il déclaré.

Vote de défiance
Marape a promis de demander des comptes aux émeutiers « sans foi ni loi », mais certains de ses opposants politiques l’ont appelé à assumer une plus grande responsabilité, affirmant que la situation n’aurait jamais dû se produire. Des voix s’élèvent pour qu’il démissionne, mais Marape a l’intention de s’accrocher, suspendant plutôt le commissaire de police, ainsi que les secrétaires au Trésor, aux Finances et à la Gestion du personnel.

Lelang insiste sur le fait que les appels de l’opposition à la démission du Premier ministre ne sont pas une question de politique. « Nous ne nous soucions pas de savoir qui deviendra le prochain Premier ministre », a-t-il déclaré. « Mais [Marape] doit se retirer, il doit démissionner pour ouvrir la voie à un changement ». Bien que les rumeurs d’une contestation du leadership de Marape se poursuivent depuis des mois maintenant, la question de savoir si elle serait déclenchée et qui rivaliserait avec le Premier ministre sont des cartes souvent gardées près de la poitrine.

Jeudi, six députés des partis de la coalition ont démissionné du gouvernement en signe de protestation, signalant qu’il y avait maintenant un appétit politique croissant pour que son leadership fasse face à son premier défi cette législature. À la suite d’au moins 16 morts et d’une ville en lambeaux, Marape lui-même a promis que des têtes tomberaient. Dans les semaines à venir, il saura si cela inclut la sienne.


Les habitants de Port Moresby perdent tout dans des émeutes attribuées à une situation économique désastreuse et à une jeunesse aux perspectives médiocres
[Port Moresby residents lose everything in riots blamed on dire economic situation and youth with poor prospects]
par Tim Swanston, correspondant en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et Theckla Gunga
ABC news Australia |7.30] - 15 jan 2024
https://www.abc.net.au/news/2024-01-15/port-moresby-residents-lose-everything-riots-looting/103322710 


Passant au crible les décombres de son magasin dans le sud de Port Moresby, Behori Joku est encore sous le choc. « [Nous avons] perdu tout ce pour quoi nous avons travaillé », a-t-elle déclaré. « J’ai essayé d’être un exemple pour les autres peuples autochtones de ma ville... Maintenant, tout a disparu et je ne sais vraiment pas comment reconstruire. Mercredi après-midi, son magasin, comme tant d’autres dans toute la ville, a été pillé et incendié.

Ce qui a commencé comme une manifestation et une grève de la police a ouvert la voie à des troubles dramatiques, qui ont tué au moins 15 personnes dans la capitale alors que des milliers de personnes se révoltaient. Alors que les événements commençaient à se dérouler, Mme Joku a déclaré qu’elle regardait impuissante depuis sa véranda et qu’elle avait essayé de contacter la police, avant de contacter son député local. « Il a répondu immédiatement, mais il m’a dit que la police ne répondait pas à ses appels », a-t-elle déclaré. Il n’y avait rien que nous puissions faire ce jour-là. Nous pouvions voir des gens sortir avec le butin, des cartons de bière, de l’alcool, tout. C’était terrible, juste de voir des gens que nous connaissons dans la communauté devenir fous ».

Mme Joku a des intérêts dans le magasin voisin, où il est entendu que deux adolescents locaux ont été tués par balle lors du pillage. Trois corps ont été retrouvés dans l’épave calcinée plus tard dans la semaine, et la police a été appelée pour maintenir la paix dans la région. 30 autres personnes ont été soignées à l’hôpital pour des blessures par balle, et plusieurs personnes ont été grièvement brûlées.

Un état d’urgence de 14 jours est en vigueur à Port Moresby, avec des règles imposant des restrictions sur la circulation des rassemblements et des dispositions pour des pouvoirs de recherche plus étendus de la police. Plus de 800 policiers, ainsi que 120 membres du personnel de la défense, sont à Port Moresby, veillant à un fragile sentiment de calme. Pour son opération, la police utilise le nom de code "Take Back Port Moresby City".

Beaucoup travaillent avec des bénévoles, parcourant méthodiquement la banlieue nord-ouest de Gerehu pour récupérer l’énorme quantité d’articles ménagers qui ont été volés dans un entrepôt. « Tout le monde à Gerehu, même dans les colonies, il n’y a aucun doute que tout le monde était impliqué », a déclaré le surintendant métropolitain Silva Sika. « Nous essayons de récupérer et de rétablir la confiance et la paix ». Mais c’est la police elle-même qui fera également l’objet d’une enquête officielle.

Le Premier ministre James Marape a dénoncé ce qu’il a décrit comme un « élément voyou de nos forces de police », qui a aidé les pillards et les incendiaires. L’issue de l’enquête sera très attendue, M. Marape affirmant qu’une partie des troubles était « organisée » et qu’il souhaitait examiner plus en profondeur « l’influence politique sur le côté ». C’est une affirmation qui est maintenant reprise par le gouverneur du district de la capitale nationale, Powes Parkop. « Il devrait y avoir une enquête en bonne et due forme pour savoir comment, qui et pourquoi cet événement du 10 s’est produit », a déclaré M. Parkop. « Je ne pense pas qu’en regardant tout, c’est quelque chose d’aléatoire, ou de spontané. Les preuves montrent clairement qu’il y a des éléments de planification, de direction et d’incitation de l’organisation. Ce qui m’inquiète, c’est que si nous passons les choses sous silence, nous ne résolvons pas le problème... Je ne veux pas que Port Moresby reconnaisse ce jour ».

L’ancien Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Peter O’Neil, a déclaré à 7.30 qu’il contestait cette affirmation. « (Marape) doit produire des preuves qu’il y a eu une certaine influence politique sur cela », a-t-il déclaré. « Vous parlez de centaines de milliers de personnes, on peut imaginer comment on peut organiser ce genre de pillage et de violence à des fins politiques. Je pense que c’est ridicule et que le Premier ministre ne fait que rejeter la faute pour pouvoir justifier son incompétence . Ce n’est pas une solution miracle qui résoudra tout », a-t-il déclaré. « Mais nous voulons en faire un outil disponible ».

Beaucoup dans les rues de Port Moresby pensent que l’intention d’une grande partie des émeutes était claire. Un représentant de la communauté locale à qui 7.30 s’est entretenu a déclaré que les jeunes hommes avaient agi par désespoir. « La raison pour laquelle ces jeunes ont réagi sous le coup de la colère, c’est parce qu’ils n’ont pas d’emploi », a déclaré Danny Tiki. « Certains ne survivent qu’avec du riz, pas de protéines ou de poisson en conserve, les prix ont augmenté. « Le gouvernement devrait savoir pourquoi les jeunes ont réagi comme ils l’ont fait, c’est à cause de la situation économique ».

Pour les magasins qui font face à d’énormes pertes et à de lourdes factures de construction, l’incendie criminel généralisé était incompréhensible. Desh Besh Enterprise Limited possède plusieurs magasins à Port Moresby, dont une grande cour logistique. Leurs magasins ont été saccagés et le parc à conteneurs a été perquisitionné et incendié. « Nous avons environ 200 conteneurs ici et ils ont tout pillé », a déclaré le directeur des opérations, Mohammad Chan Miah. Il fait partie d’un chœur croissant de propriétaires d’entreprises qui réclament le soutien du gouvernement, ce qui est envisagé par le gouvernement de M. Marape. « Nous n’avons pas de soutien financier pour l’instant, tout ce que nous avons fait était la nourriture, nos biens, mais tout a été pillé ».

19/02/2024 >> Au moins 73 corps ont été retrouvés le long d'un tronçon de route dans les hauts-plateaux reculés de PNG. Les victimes seraient tombées dans une embuscade tendue par un groupe tribal rival. Ces affrontements tribaux de type "vendetta" sont déclenchés par des conflits territoriaux et des accusations de vol. Les exactions, souvent commises dans des communautés isolées, sont particulièrement violentes. L'afflux d'armes automatiques (M-16, K-47, SLR) a rendu ces affrontements plus meurtriers. Le doublement de la population depuis 1980 a créé une pression croissante sur les terres et les ressources et exacerbé les rivalités tribales. Une chercheuse australienne a dénombré 158 conflits tribaux entre 2018 et 2022, qui ont fait près de 1.900 morts.