Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
27.02.2026
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On a l'impression que Trump pourrait être inculpé et condamné pour toutes les affaires pour lesquelles il est impliqué sans que cela ne gène le moins du monde sa candidature à la présidentielle de 2024. Au contraire même, il en tire un avantage dans l'électorat républicain le plus fanatiquement conservateur, le faisant paraître comme la cible d'une "chasse aux sorcières", un "persécuté", "injustement" accusé par une "justice corrompue".
Pourtant, Trump était ressorti affaibli après la déroute de ses protégés aux Midterms en novembre 2022. Son discours de candidature avait même fait un four. Dans son propre camp, on critiquait ouvertement son obstination à ne pas reconnaître sa défaite en 2020, ses tentatives de faire modifier le résultat en Géorgie en menaçant le responsable des opérations de vote. DeSantis, alors, le devançait.
Mais voilà... Depuis que les convocations devant la Justice s'accumulent et que les preuves de sa culpabilité l'accablent, la tendance s'est inversée. Ses déboires judiciaires sont devenus pour Trump un tremplin pour 2024. C'est lui qui se trouve aujourd'hui en position de force. Les sondages réalisés en vue des primaires (qui mobilisent la foule des plus radicaux) lui accordent 60 % des intentions de votes, largement devant DeSantis (30 %), Pence (2 %) et Haley (1 %), ce qui lui ouvrirait une voie royale jusqu'à la Maison-Blanche.
Théoriquement, deux enquêtes pourraient le rendre inéligible parce qu'elles se situent au niveau fédéral:
1/ son rôle dans l'organisation de l'insurrection du 6 janvier 2021 au Capitole,
2/ son obstruction à l'exercice de la justice après avoir embarqué dans sa résidence, à la fin de son mandat, des centaines de documents classés "secret défense", la plupart concernant des secrets nucléaires et l'Iran... Pourquoi l'Iran ? Que voulait-il en faire ?
Normalement, les principaux chefs d’accusation sont passibles de peines allant jusqu’à 20 ans de prison. La justice américaine n'a pas pour habitude de plaisanter avec la sécurité nationale. En 1953, en pleine Guerre froide, les époux Rosenberg avaient été condamnés à mort pour "conspiration en vue d'espionnage" au profit de l'URSS. Ils avaient été exécutés sur la chaise électrique.
L'accusation de rétention illégale de documents est atténuée par le fait que des documents classifiés ont également été retrouvés au domicile de Pence et au groupe de réflexion de Biden. Mais rien n’indique que l’un ou l’autre était au courant de l’existence des documents avant qu’ils ne soient trouvés. Avec Trump, le cas de figure est différent. On a retrouvé des boites de documents jusque dans sa salle de bain !
De toute façon, les principales enquêtes qui le visent prendront beaucoup de temps avant de trouver leur aboutissement en cour de justice. Ses avocats utiliseront tous les recours possibles et imaginables pour retarder les échéances. La bataille juridique n'en est qu'au début. Mais selon toute vraisemblance, le temps manquera pour lui faire perdre ses droits civiques avant la présidentielle. Une fois (ré)élu, Trump pourra jouir à nouveau de l'immunité que lui confère sa fonction...
L'auteur de l'article ci-dessous avance même l'hypothèse extrême d'une campagne électorale menée... alors qu'il serait incarcéré. Le cas s'est déjà présenté en 1920 avec Eugene Victor Debs, un syndicaliste fondateur des IWW et opposé à l'engagement des États-Unis dans la Première Guerre mondiale.
Si ce cas se présentait avec Trump, rien n'empêcherait celui-ci de se faire élire depuis sa prison... puis de s'auto-amnistier !
La seule façon d'en finir avec Trump serait qu'il disparaisse, comme Berlusconi.
Comparution de Donald Trump: L'ancien président peine à organiser sa défense
RFI - 13 jun 2023
https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20230613-proc%C3%A8s-de-donald-trump-l-ancien-pr%C3%A9sident-peine-%C3%A0-organiser-sa-d%C3%A9fense
Ce mardi 13 juin, Donald Trump va se trouver une nouvelle fois devant un tribunal, cette fois celui de Miami. Il est accusé d’avoir conservé des documents confidentiels après son départ de la Maison Blanche, et avoir bloqué les efforts du gouvernement pour les récupérer. Cette enquête est la plus grave de toutes celles qui visent Donald Trump - c’est la première fois qu’un ancien président est inculpé au niveau fédéral. Et il semble avoir du mal à organiser sa défense.
Lorsqu’il est arrivé à Miami le lundi 12 juin, à la veille de sa comparution, Donald Trump cherchait encore un avocat susceptible de rejoindre son équipe. Car deux de ses avocats ont démissionné la semaine dernière, juste après son inculpation - et selon la loi de Floride, ses avocats doivent être inscrits au barreau de l’État, ou recommandé par un de ses membres. Plusieurs éminents avocats de Floride auraient déjà refusé de défendre l'ex-président, selon le Washington Post. Et la recherche est d’autant plus difficile, croit savoir le journal, que l’équipe de Donald Trump serait divisée quant à la stratégie de défense à adopter.
Certains veulent une stratégie politique: accuser le ministère de la Justice de faute, et d’utiliser le système légal contre leur client, d’autres au contraire pensent qu’il est possible de remporter le procès avec un jury bien sélectionné. Des hésitations que l’on retrouve dans les multiples manières qu’ont les alliés républicains de l’ex-président de le défendre publiquement: la majorité dénonce un dossier politiquement motivé, d’autres affirment que Donald Trump avait toute latitude pour déclassifier des documents, ou encore insistent sur le fait qu’aucun des documents n’a été vendu ou donné. En tout cas, selon une de ses avocates, Donald Trump devrait plaider ce soir non coupable [C'est effectivement ce qu'il a fait; ndc].
Fox News qualifie Biden de "dictateur en herbe", le jour de l'inculpation de Trump
AFP, France24 - 14 jun 2023
https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20230614-fox-news-qualifie-biden-de-dictateur-en-herbe-le-jour-de-l-inculpation-de-trump
NEW YORK – La chaîne américaine préférée des conservateurs Fox News a qualifié mardi soir Joe Biden de "dictateur en herbe", suscitant de nombreuses moqueries ou commentaires outrés, tandis que ses concurrentes CNN et MSNBC ont choisi de ne pas diffuser en direct le discours de Donald Trump après son inculpation historique. Ce décalage dans la couverture médiatique de l'événement est une nouvelle illustration de la polarisation du climat politique aux Etats-Unis, un phénomène désormais ancien et auquel les chaînes d'information en continu n'échappent pas.
"Le dictateur en herbe parle à la Maison Blanche après avoir fait arrêter son rival politique", pouvait-on lire sur un bandeau de Fox News, un peu avant 21h mardi soir, au moment où l'écran était coupé en deux avec d'un côté, des images de Joe Biden s'exprimant depuis la présidence, et Donald Trump devant ses partisans, depuis l'un de ses golfs dans le New Jersey. Un message faisant directement écho à celui de Donald Trump, qui fête ses 77 ans mercredi: "lorsque vous arrêtez votre principal opposant politique, nous ne sommes plus en démocratie", a lancé l'ancien président après sa comparution devant un tribunal fédéral à Miami. [« Pourquoi voulez-vous qu'à 80 ans, je commence une carrière de dictateur ? » pour paraphraser De Gaulle; ndc]
Il y avait plaidé non coupable des 37 chefs d'inculpation qui le visent dans l'affaire des documents top secrets de la Maison Blanche, dont des informations confidentielles sur les armes nucléaires qu'il est accusé de ne pas avoir rendu aux Archives nationales après la fin de son mandat. L'ancien président a été inculpé pour "rétention illégale d'informations portant sur la sécurité nationale", "entrave à la justice" et "faux témoignage".
Le bandeau, qui a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, est apparu durant l'émission "Fox News Tonight", un nouveau programme qui a remplacé celui de l'ancienne vedette de la chaîne Tucker Carlson en première partie de soirée. Depuis le départ de l'antenne, fin avril, de ce personnage devenu incontournable dans le monde médiatique conservateur, connu pour ses positions radicales et son goût pour certaines théories complotistes, l'audience de Fox News a décliné sur cette tranche horaire. La chaîne du magnat des médias Rupert Murdoch a aussi dû faire face à un coûteux règlement à l'amiable en acceptant de verser en avril 787,5 millions de dollars à l'entreprise de machines de vote électronique Dominion Voting Systems, pour éviter un procès en diffamation à hauts risques sur sa couverture de l'élection présidentielle de 2020.
La séquence de l'inculpation de Donald Trump intervient dans un moment de turbulences pour les chaînes d'info en continu aux Etats-Unis, non seulement Fox News mais aussi CNN. Cette dernière avait décidé mardi soir, comme MSNBC, de ne pas diffuser le discours de Donald Trump en direct après avoir densément couvert son inculpation, "parce que franchement, il dit beaucoup de choses qui ne sont pas vraies et qui sont parfois potentiellement dangereuses", a expliqué à l'antenne le journaliste Jake Tapper.
Confrontée aussi à une baisse de ses audiences, CNN avait été critiquée pour avoir diffusé une émission en direct avec Donald Trump le 10 mai, une séance de questions réponses durant laquelle l'ancien président avait multiplié les provocations et les infox sur la présidentielle prétendument "truquée" de 2020, devant des partisans acquis à sa cause. L'émission avait été mal vécue en interne et a accéléré le départ, le 7 juin, du PDG de CNN, Chris Licht, déjà contesté.
Inculpations, scandales… Comment expliquer la popularité de Donald Trump auprès des électeurs républicains ?
par Jérôme Viala-Gaudefroy, assistant conférencier, Université Cergy Paris
The Conversation - 11 jun 2023
https://theconversation.com/inculpations-scandales-comment-expliquer-la-popularite-de-donald-trump-aupres-des-electeurs-republicains-207054
Après une première inculpation, en mars dernier, par le procureur de Manhattan dans l’affaire Stormy Daniels, Donald Trump vient d’être à nouveau inculpé, cette fois au niveau fédéral, pour des motifs beaucoup plus graves : il est accusé d’avoir violé la loi sur l’espionnage et mis en danger la sécurité des États-Unis en conservant illégalement, après son départ de la Maison Blance, des documents classifiés secret défense. Un coup dur pour sa candidature à la présidentielle 2024 ? Pas nécessairement.
Sans surprise, face à cette inculpation fédérale, Trump clame son innocence, accusant l’administration Biden d’« ingérence électorale au plus haut niveau » et d’« instrumentalisation du Département de la Justice et du FBI ». Cette défense, reprise par Fox News, est aussi celle adoptée par des ténors du Parti républicain, y compris Kevin McCarthy, le président de la Chambre des représentants. Même ses adversaires dans les primaires, à commencer par son principal rival, Ron DeSantis, se retrouvent forcés d’adhérer à ce récit d’une inculpation qui serait purement une attaque politique de Joe Biden contre l’un des principaux candidats à l’investiture présidentielle du Parti républicain.
Si les Républicains les plus en vue défendent l’ancien président ou restent silencieux, c’est que Donald Trump reste très populaire chez leurs électeurs. Il est en tête des sondages dans les intentions de vote aux primaires avec plus de 50 % des intentions de vote et un écart de plus de 30 points sur DeSantis. Cet écart continue de se creuser, y compris dans l’État de Floride où Ron DeSantis a pourtant été réélu gouverneur à une très large majorité en 2022.
Cette nouvelle inculpation, comme les affaires et scandales précédents, a peu de chances d’entamer le soutien des électeurs républicains à l’ancien président. Elle pourrait même le renforcer, d’autant que, s’il est reconnu coupable, Trump resterait de toute façon éligible. En effet, selon la Constitution et le 14e amendement, seule une condamnation pour insurrection ou rébellion pourrait le disqualifier. Théoriquement, il pourrait donc faire campagne depuis une prison, comme l’a déjà fait un autre candidat, Eugene Debbs, en 1920. Et s’il venait à être élu, il tenterait sans doute de se gracier lui-même de ses crimes fédéraux.
Comment Donald Trump, qui a encouragé une insurrection, subi deux procédures de destitution, été mis en examen et reconnu coupable d’agression sexuelle, qui fait toujours l’objet de nombreuses enquêtes judiciaires – y compris pour interférence dans des élections, et qui continue de nier le résultat de la présidentielle de 2020, peut-il encore dominer le camp républicain ?
Sur le papier, il semble pourtant y avoir un espace pour une alternative à Trump au sein du parti. Malgré les apparences, les pro-Trump qui soutiennent l’ancien président de manière indéfectible sont minoritaires au sein des sympathisants républicains. Selon des calculs effectués en 2022, ils représenteraient environ le tiers des Républicains (30 à 37 %), soit à peu près 15 % des électeurs américains, un chiffre confirmé par un sondage récent de NBC.
Des Républicains divisés
Le problème réside dans le fait que, hormis cette base pro-Trump très radicalisée, homogène et unie autour de l’ancien président, les électeurs républicains sont divisés. Ceux qui seraient éventuellement prêts à opter pour un autre candidat que lui le sont pour des raisons variées et à des degrés divers. Et presque un tiers d’entre eux (soit 20 % des électeurs républicains) semblent ne pas avoir trouvé de candidat alternatif et se disent donc prêts à se rallier à Trump.
Le défi de n’importe quel concurrent de l’ancien président consiste non seulement à rassembler un pourcentage suffisamment important d’électeurs républicains sous une même bannière, mais aussi à se placer à la fois comme héritier et rival de Donald Trump. Or ce dernier n’hésite pas à attaquer violemment tout adversaire pouvant constituer une menace sérieuse, comme il le fait avec DeSantis.
En outre, il bénéficie de la multiplication de candidatures aux primaires et de l’éparpillement des voix qu’elle engendre. En effet, le scrutin majoritaire à un tour appliqué pour les primaires et le fait que, dans la plupart des États, le candidat qui a obtenu le plus grand nombre de voix remporte l’ensemble des délégués sont de nature à favoriser l’ex-locataire de la Maison Blanche qui, fort de son socle électoral solide, devrait d’autant plus souvent devancer ses poursuivants que ceux-ci seront nombreux et se déchireront entre eux.
Ils sont déjà une petite dizaine à s’être officiellement déclarés, mais aucun ne semble encore émerger et, en dehors de l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie et de l’ex-vice-président Mike Pence, déjà perçus comme déloyaux avant même leur entrée en campagne, les candidats aux primaires évitent de s’en prendre frontalement à Trump, préférant réserver leurs coups à DeSantis. Attaquer Trump, c’est aussi laisser entendre que ses électeurs se sont trompés ou qu’ils ont été trompés.
Enfin, on a tendance à l’oublier, c’est une toute petite minorité d’électeurs qui votent aux primaires: moins de 15 % de participation chez les Républicains en 2016, ce qui était le taux le plus élevé en plus de 30 ans. On considère souvent que c’est la frange la plus radicalisée qui vote pour ce scrutin, bien que les études à ce sujet soient peu concluantes.
La stratégie adoptée par Ron DeSantis est de faire une campagne à la droite de Trump sur des thèmes de guerre culturelle: il se positionne comme étant radicalement anti-woke, anti-avortement, anti-transgenre et LGBT, mais aussi pro-armes. Reste que, ce faisant, DeSantis cherche à séduire un segment de l’électorat assez similaire à celui de Trump.
Décrit par le Financial Times comme un « Donald Trump avec un cerveau et sans le mélodrame », il n’a pas le charisme de ce dernier. Son style de gouvernance en Floride, basé sur l’autoritarisme et une instrumentalisation politique des institutions, y compris les établissements d’enseignement, rappelle davantage celui de Viktor Orban que celui de l’ancien président américain. De plus, après avoir chanté les louanges de Donald Trump, il doit maintenant l’attaquer sans sembler se contredire ou, pis, passer pour un traître auprès de la base.
Le ressentiment racial comme facteur d’unité
Dès que l’ancien président est mis en difficulté, par exemple au moment de sa première mise en examen, une vaste majorité (70 %) de sympathisants républicains s’est ralliée à lui et a semblé adhérer à l’idée que toute inculpation est motivée par des considérations politiques. De même, et de façon plus inquiétante, une majorité continue de croire que l’élection de 2020 leur a été volée, y compris une partie de ceux qui reconnaissent, aujourd’hui, qu’il n’y en a pourtant aucune preuve.
Cette permanence du soupçon illustre non seulement que la perception compte davantage que la réalité, mais aussi qu’il existe une forme de paranoïa symptomatique d’une crise identitaire dont les racines se situent dans l’anxiété économique et le ressentiment racial. La recherche a largement documenté que les électeurs de Donald Trump étaient essentiellement blancs, non-diplômés, évangéliques et de classe moyenne et que ce sont d’abord les questions d’identité – surtout liées à la race, à la religion et au genre –, davantage que l’économie, qui ont été les forces motrices de l’élection de Trump en 2016.
Pour une partie de cet électorat américain blanc, il existe en effet ce que la sociologue Arlie Hochschild appelle « une histoire profonde »: celle de Blancs de la classe moyenne qui seraient mis à l’écart par des groupes minoritaires, abandonnés par le gouvernement, victimisés et traités avec mépris par une élite de gauche. Le ressentiment de ces Blancs non diplômés qui se jugent délaissés vient en partie de leur affaiblissement démographique: leur part dans l’électorat est passée de 69 % en 1980 à 39 % en 2020, et devrait tomber à 30 % d’ici à 2032.
Une stratégie de l’émotion
Le succès de Donald Trump vient de son charisme et de sa capacité à utiliser une stratégie de l’émotion basée sur la peur, le sentiment de rancune et d’humiliation. Ceci en s’appuyant sur sa propre rancœur envers les élites new-yorkaises, puis envers Barack Obama à travers ses allégations de birtherism, l’élection d’un président noir ayant contribué à polariser encore plus la politique américaine autour de la question raciale.
Ce qui est remarquable, et peut-être contre-intuitif, c’est que ce récit de ressentiment racial est parfois même adopté par des minorités qui éprouvent de l’antipathie à l’égard d’autres groupes minoritaires. Une étude récente montre, par exemple, la croissance du nombre de Latinos, comme d’autres personnes de couleur, dans le mouvement suprémaciste blanc. Enfin, Trump a pu s’appuyer sur la peur des chrétiens blancs évangéliques, comme l’a montré Kristin Kobes Du Mez, en leur offrant un récit du « carnage américain » qui résonne avec leurs croyances eschatologiques de déclin et de destruction à la fin des temps.
Trump, martyr et superhéros
Donald Trump a construit autour de sa personne un récit où il est une victime, voire un martyr, auquel s’identifie cet électorat et, en même temps, un superhéros hypemasculinisé dans lequel sa base peut se projeter, y compris quand la victime annonce qu’elle deviendra bourreau: à la veille des élections de 2016 il se disait ainsi être la voix des « oubliés »; avant celles de 2024, il se présente comme leur « guerrier » et leur justicier, promettant d’être la « rétribution » et le « châtiment » pour « ceux qui ont été lésés et trahis ».
Cette vengeance pourrait même s’abattre sur les Républicains qui le trahiraient. N’oublions pas que le leadership à la Chambre de Kevin McCarthy dépend d’une majorité si faible qu’il est à la merci de la frange la plus pro-Trump des élus de son parti. De la même façon, le Grand Old Party est pris en otage par ce mouvement minoritaire mais puissant, dont la seule constance est la loyauté envers son chef, Donald Trump, quitte à affaiblir le parti et faire perdre des élections.
Dans un tel contexte, on peut légitimement se poser la question de ce qui se passerait si Trump devait perdre les primaires républicaines. Il n’est pas impossible qu’il rejette alors les résultats, et affirme qu’elles ont été truquées. S’il se présentait, alors, en tant qu’indépendant, presque 30 % des électeurs républicains seraient prêts à la suivre, même si des études montrent qu’il n’aurait presque aucune chance de l’emporter. Il ferait en tout état de cause exploser le Parti républicain, une possibilité qui ne fait que renforcer sa domination sur un parti déjà très affaibli, incapable de se redéfinir sur une ligne idéologique et intellectuelle claire.
Trump: La connerie ne meurt jamais
extrait du blog "You Will Never Hate Alone" de Laurent Sagalovitsch, écrivain
Slate — 09 jun 2023
https://www.slate.fr/story/248039/blog-sagalovitsch-trump-connerie-ne-meurt-jamais
En finira-t-on jamais avec Trump ? Il est permis d'en douter. Alors qu'on le pensait hors course, tout juste bon à tapoter quelques balles de golf en sa lointaine Floride, le revoilà pimpant comme jamais, si affûté qu'il apparaît comme le favori pour remporter dans quelques mois les primaires républicaines. À se demander s'il n'existe pas chez lui comme une aptitude surnaturelle à enjamber obstacle sur obstacle –et Dieu sait s'ils sont nombreux– sans jamais vraiment trébucher.
Qui sait s'il n'a pas été dépêché sur Terre pour punir les hommes d'être ce qu'ils sont, une sorte de Messie à l'envers, capable à lui tout seul de renverser l'ordre établi du monde ? Auquel cas, son immarcescible connerie serait non pas tant le résultat d'une éducation ratée alliée à un manque total de jugement mais bien plus une émanation divine, l'objectification d'une bêtise si puissante qu'elle emporte tout sur son passage.
Comment expliquer autrement qu'un personnage aussi balourd, stupide, cupide, fat, les adjectifs manqueront toujours pour caractériser d'une manière appropriée son exceptionnelle vacuité, puisse séduire par millions et se faire passer pour l'incarnation d'un homme capable de diriger la première puissance mondiale ?
Certes, je n'ignore pas que la plupart de ses électeurs partagent avec lui ces mêmes dispositions à habiter le monde sans jamais avoir été traversé par cette chose indéfinissable mais pourtant bien réelle qu'on nomme intelligence, vivacité d'esprit, perspicacité, mais pour autant la fascination qu'il suscite ne saurait s'expliquer par le seul truchement d'un sentiment d'identification poussé à l'extrême. Il doit forcément y avoir autre chose, un élément mystique, un élan qui dépasse de mille coudées la simple adhésion à un populiste de bazar.
C'est que Trump transcende la connerie. Il l'habite avec une telle désinvolture qu'on jurerait qu'elle est née avec lui, qu'elle procède de lui, qu'avant lui, elle se cherchait encore. Ce n'est pas tant que Trump soit expert en connerie – en cette matière, ils sont pléthores – mais qu'il la sublime au point où elle finit par nous apparaître comme une qualité, une sorte de négation de l'intelligence si raffinée, si développée, qu'elle force l'admiration.
Si Trump était seulement et banalement con, il aurait été une météorite de la politique américaine, une de plus diront les mauvaises langues. Sa persistance, sa résilience, sa longévité attestent d'une connerie qui ne saurait se réduire à elle-même mais serait plutôt une sorte de sublimation, une supra-connerie jamais encore rencontrée sur Terre, si puissante qu'elle parvient à fédérer autour d'elle non seulement les cons habituels, mais aussi tout ceux qui gravitent autour, j'entends les envieux, les bêtes, les jaloux, les aigris, les pleutres, la panoplie complète de la mesquinerie humaine envisagée sous tous ces aspects.
Si bien que Trump ressemble plus à un prophète dont la mission serait non pas de répandre la bonne parole mais d'établir sur Terre le royaume de l'universelle connerie, une sorte d'évangélisme détourné où les églises seraient remplacées par les téléviseurs, la Bible par un fil Twitter, la pensée par son absence, un corpus idéologique si simple qu'il parviendrait à réunir autour de lui des fidèles de toutes obédiences.
Évidemment, l'établissement d'un pareil royaume n'aurait jamais pu connaître pareille fortune si des circonstances extraordinaires n'avaient concouru à sa réussite. En cela, l'apparition des réseaux sociaux, la prééminence des films de super-héros, l'absence dans la plupart des foyers américains de toute trace de vie culturelle, la malbouffe, la publicité à outrance, le rôle prépondérant joué par les influenceurs de toutes sortes, la multiplication de séries vidées de toute substance, la domination de chaînes d'information versées dans le complotisme ou la provocation à tout prix, la lâcheté d'un personnel politique terrorisé à l'idée de perdre sa base électorale… furent autant de phénomènes qui ont rendu possible l'avènement d'un couillon comme Trump.
Il est à craindre que nous ne nous débarrasserons jamais vraiment de Trump. Comme tous les grands prophètes, son œuvre survivra à sa disparition et continuera à fédérer autour d'elle la vaste confrérie des cons, lesquels, il faut bien l'avouer, n'ont jamais eu l'air aussi nombreux qu'aujourd'hui. Le trumpisme triomphera de tout parce que son noyau central, la bêtise, demeure une arme invincible, capable de résister à tous les raisonnements et d'enchanter les imaginaires comme aucune autre force.
EDIT (27 juin 2023)
CNN obtient l’enregistrement de la conversation de Trump en 2021 sur les documents classifiés
[CNN obtains the tape of Trump’s 2021 conversation about classified]
par Jeremy Herb
CNN - 26 jun 2023
https://edition.cnn.com/2023/06/26/politics/trump-classified-documents-audio/index.html
CNN a obtenu en exclusivité l’enregistrement audio de la réunion de 2021 à Bedminster, dans le New Jersey, où le président Donald Trump discute de la détention de documents secrets qu’il n’a pas déclassifiés. Trump a plaidé non coupable plus tôt ce mois-ci à 37 chefs d’accusation liés à la mauvaise gestion présumée de documents classifiés conservés dans son complexe de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride.
L’enregistrement, qui a été diffusé pour la première fois sur "Anderson Cooper 360" de CNN, comprend de nouveaux détails de la conversation qui constituent un élément de preuve essentiel dans l’acte d’accusation de l’avocat spécial Jack Smith contre Trump pour mauvaise gestion d’informations classifiées, y compris un moment où Trump semble indiquer qu’il détenait un document secret du Pentagone avec des plans pour attaquer l’Iran. « Ce sont les papiers », dit Trump dans l’enregistrement audio, alors qu’il discute des plans d’attaque du Pentagone, une citation qui n’a pas été incluse dans l’acte d’accusation. (...)
Les déclarations de Trump sur l’enregistrement audio, disant « ce sont les papiers » et se référant à quelque chose qu’il appelle « hautement confidentiel » et semble montrer d’autres personnes dans la pièce, pourraient saper les affirmations de l’ancien président dans une interview la semaine dernière avec Bret Baier de Fox News selon lesquelles il n’avait aucun document avec lui. « Il n’y avait pas de document. C’était une quantité massive de documents et tout le reste parlant de l’Iran et d’autres choses », a déclaré Trump sur Fox. « Et il a peut-être été retardé ou non, mais ce n’était pas un document. Je n’avais pas de document en soi. Il n’y avait rien à déclassifier. C’étaient des articles de journaux, des articles de magazines et des articles ».
L’enregistrement audio provient d’une interview accordée par Trump en juillet 2021 dans son complexe de Bedminster à des personnes travaillant sur les mémoires de Mark Meadows, ancien chef de cabinet de Trump. L’acte d’accusation de l’avocat spécial allègue que les personnes présentes – un écrivain, un éditeur et deux membres du personnel de Trump – ont reçu des informations classifiées sur le plan d’attaque contre l’Iran. L’épisode est l’un des deux mentionnés dans l’acte d’accusation où les procureurs allèguent que Trump a montré des informations classifiées à d’autres personnes qui n’avaient pas d’habilitation de sécurité. CNN a déjà rapporté que Trump à l’époque était furieux d’un article du New Yorker sur le chef d’état-major, le général Mark Milley, qui disait que Milley s’opposait à frapper l’Iran et craignait que Trump ne déclenche un conflit à grande échelle. (...)
Trump revient ensuite au document iranien, selon l’enregistrement audio et la transcription de l’acte d’accusation. « Je pensais juste, parce que nous en parlions. Et vous savez, il a dit, 'Il voulait attaquer l’Iran, et quoi...' », dit Trump. « Ce sont les papiers ». « Cela a été fait par l’armée et m’a été donné », poursuit Trump, avant de noter que le document restait classifié. « Voyez qu’en tant que président, j’aurais pu le déclassifier », a déclaré Trump. « Maintenant, je ne peux pas, vous savez, mais c’est toujours un secret ». « Maintenant, nous avons un problème », répond son employé. « N’est-ce pas intéressant », dit Trump. (...)
18/07/2023 >> Trump annonce avoir reçu une lettre de Jack Smith l’informant qu’il était visé personnellement par l’enquête fédérale sur les tentatives de renverser les résultats de la présidentielle de 2020, et notamment l’assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021. Dans cette affaire, il pourrait être visé pour trois chefs d’accusation: complot à l’encontre de l’État américain, entrave à une procédure officielle et privation de droits.
- La procureure générale du Michigan, Dana Nessel, annonce poursuivre 16 "faux grands électeurs" partisans de Trump pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux lors de l'élection présidentielle de 2020. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à un stratagème illégal destiné à faire proclamer président le candidat républicain.
La procureure a indiqué qu'environ trois semaines avant le 6 janvier 2021, les accusés s'étaient réunis "secrètement" dans le sous-sol du siège du parti républicain du Michigan. Ils avaient signé des documents dans lesquels ils certifiaient être des grands électeurs. Ces faux certificats ont ensuite été envoyés au Sénat dans le but de voir leurs voix comptées à la place de celles des vrais grands électeurs du Michigan.
28/07/2023 >> Trump est visé par de nouveaux chefs d'inculpation dans l’affaire des documents confidentiels. Il lui est reproché, ainsi qu’à deux de ses assistants, d’avoir demandé à un employé de sa résidence de Floride de « supprimer des images de vidéosurveillance du Club de Mar-a-Lago pour éviter que ces images ne soient remises » à la justice, cela peu de temps après que les enquêteurs fédéraux aient demandé à avoir accès aux bandes des caméras surveillant une salle où étaient stockés des cartons de documents.
01/08/2023 >> Trump est inculpé de "complot à l'encontre de l'Etat américain", entrave à une procédure officielle et atteinte aux droits électoraux pour ses tentatives d'inverser le résultat de l'élection présidentielle de 2020.
14/08/2023 >> Trump est inculpé de tentative de manipulation de la présidentielle 2020 en Géorgie, en faisant notamment pression sur des responsables du scrutin pour qu'ils inversent le score. La Justice s'appuie sur un enregistrement d'un échange téléphonique dans lequel Trump demandait au secrétaire de cet État de « lui trouver les 11.780 votes ». La procureure espère recourir à une loi locale utilisée généralement contre le crime organisé et prévoyant jusqu’à 20 ans de prison.
Chaque fois qu'il est inculpé, Trump récolte des sommes folles et grimpe dans les sondages.
24/08/2023 >> Trump est arrêté et emprisonné à Atlanta avant d'être presque aussitôt libéré sous une caution de 200.000 $. Sa photo d'identité judiciaire, un terrifiant mugshot, fait le tour du monde. L'image restera dans les livres d'Histoire. Trump renoue à cette occasion avec son compte Twitter (devenu X). Selon son porte-parole de campagne, Trump a recueilli près de 20 millions de dollars depuis son inculpation au début du mois, dont 7,1 millions depuis son incarcération et ce mugshot.
20/10/2023 >> Deux anciens avocats de la campagne de Trump plaident coupable de manœuvres illégales pour inverser le résultat de la présidentielle en Géorgie. Kenneth Chesebro s’évite ainsi la prison. Il a été condamné à 5 ans de prison avec sursis, 100 heures de travaux d'intérêt général et a remis une lettre d'excuses aux électeurs de cet État. En échange de l'abandon de 6 autres chefs d'accusation, il devra témoigner aux futurs procès des autres prévenus, dont Trump et Giuliani.
La veille Sidney Powel, ancienne procureure fédérale, influente dans les milieux conspirationnistes, avait plaidé coupable elle aussi de 6 délits de complot en vue d'ingérence dans l'accomplissement de tâches électorales. Elle a été condamnée à 6 ans de prison avec sursis, pour son implication dans une intrusion dans un centre électoral en Géorgie pour avoir copié illégalement des données informatiques..
EDIT (6 février 2024)
La demande d'immunité pénale de Donald Trump rejetée par la justice américaine
par Matthieu Mabin
France24 - 06 fev 2024
https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20240206-la-demande-d-immunit%C3%A9-p%C3%A9nale-de-trump-rejet%C3%A9e-la-justice-am%C3%A9ricaine
WASHINGTON - C'est un nouveau caillou judiciaire dans la chaussure de Donald Trump. Une cour d'appel fédérale américaine a rejeté la demande d'immunité pénale de l'ancien président américain, rouvrant la voie à son procès à Washington pour sa tentative d'inverser illégalement les résultats de l'élection de 2020, remportées par le démocrate Joe Biden. L'ex-président va faire appel de la décision d'appel, a annoncé à l'AFP son porte-parole Steven Cheung.
Grand favori des primaires républicaines pour l'élection présidentielle de novembre, Donald Trump cherche par de multiples recours à reporter ses divers procès au pénal le plus tard possible, en tout cas après le scrutin. Lors des débats devant la cour d'appel le 9 janvier sur son recours en immunité, il avait prédit "le chaos dans le pays" si la justice américaine ne renonçait pas aux poursuites à son encontre.
"Nous avons mis en balance l'intérêt revendiqué par l'ex-président Trump à une immunité avec l'intérêt public vital de permettre à cette procédure de continuer", expliquent les trois juges de la cour d'appel dans leur décision confirmant celle prononcée en première instance en décembre. "Pour les besoins de ce dossier pénal, l'ancien président Trump est devenu le citoyen Trump, avec les mêmes protections que n'importe quel autre prévenu. Mais toute immunité relevant du pouvoir exécutif, qui aurait pu le protéger lorsqu'il était président en exercice, ne le protège plus contre ces poursuites", écrivent-elles.
La décision ne comporte en revanche pas de mention d'une reprise des actes de procédure dans ce dossier, suspendus en raison de l'appel, et qui ont conduit la juge qui présidera les débats au procès, initialement prévu à partir du 4 mars, à en annoncer vendredi le report sine die. La juge Tanya Chutkan a indiqué que "le tribunal déciderait d'une nouvelle date" si, une fois la question de l'immunité tranchée, le dossier lui revenait entre les mains. C'est elle qui avait rejeté en décembre sa requête en immunité, considérant qu'aucun texte ne protégeait un ex-président contre des poursuites pénales.
La défense de Donald Trump revendiquait une "immunité absolue" pour les actes commis alors qu'il était à la Maison Blanche. Elle invoquait une jurisprudence de la Cour suprême des années 1980 concernant des poursuites civiles contre l'ex-président Richard Nixon. Ses avocats arguaient également qu'il ne peut être jugé dans cette affaire en raison de son acquittement lors de la procédure parlementaire en destitution à son encontre pour l'assaut du Capitole (...). Dans sa décision, la juge Chutkan avait conclu que le précédent Nixon ne s'appliquait pas à des poursuites pénales, et qu'une procédure de destitution ne constituait pas un procès pénal. "Permettre qu'un président soit poursuivi pour ses actes officiels ouvrirait une boîte de Pandore dont ce pays pourrait ne jamais se remettre", avait plaidé devant la cour d'appel l'avocat de Donald Trump, John Sauer.
À une des juges, Florence Pan, qui lui demandait si envoyer les forces spéciales assassiner un opposant politique ou vendre des grâces présidentielles constitueraient de tels "actes officiels", l'avocat avait répondu par l'affirmative. "Il serait paradoxal de dire que son devoir constitutionnel de veiller au fidèle respect des lois l'autorise à violer le droit pénal", avait rétorqué la présidente de la Cour, Karen Lecraft Henderson.
Donald Trump est également poursuivi par la justice de l'État de Géorgie pour des faits connexes d'ingérence électorale, et devra en outre répondre devant un tribunal fédéral de sa gestion présumée négligente de documents confidentiels après son départ de la Maison Blanche.
16/02/2024 >> Trump est condamné à près de 355 millions de dollars d'amende pour une série de fraudes financières au sein de son empire immobilier, la Trump Organization. Cette décision s'accompagne d'une interdiction de toute gestion d'entreprises dans l'Etat de New York pendant 3 ans.
04/03/2024 >> La Cour suprême annule un jugement déclarant Trump inéligible dans le Colorado. Les 9 juges considèrent que seul le Congrès et non un État est habilité à retirer à un candidat le droit de se présenter à l'élection présidentielle.
08/03/2024 >> Lara Trump, belle-fille de Donald Trump et ancienne productrice, animatrice de TV, est nommée coprésidente du Comité national républicain.
23/04/2024 >> Au 2e jour du procès pénal de Trump dans l’affaire Stormy Daniels, David Pecker, ancien patron du tabloïd National Enquirer, révèle qu'il a acheté des informations compromettantes concernant l'ancien président dans le but de les garder confidentielles.
Lorsqu'il a appris qu'un portier de la Trump Tower avait connaissance d'"une histoire d'enfant illégitime", il a acquis cette histoire pour 30.000 $ auprès du portier pour que celui-ci la taise. L'objectif était de protéger Trump lors de la campagne de 2016.
Aux yeux de l’accusation, ce témoignage est crucial pour démontrer l’existence d’un stratagème visant à étouffer tout scandale. Pour la défense, de tels paiements ne sont pas illégaux en soi. Ils pourraient correspondre à une dépense de campagne. Or, la somme n'apparaît nulle part dans les comptes du candidat.
EDIT (25 avril 2024)
La Cour suprême devrait rejeter l'immunité de Trump, mais risque de retarder encore son procès
par Selim Saheb Ettaba
AFP, TV5 Monde - 25 avr 2024
https://information.tv5monde.com/international/la-cour-supreme-devrait-rejeter-limmunite-de-trump-mais-risque-de-retarder-encore-son
WASHINGTON – La Cour suprême américaine majoritairement conservatrice a paru jeudi réfractaire aux arguments en faveur de l'immunité pénale absolue invoquée par Donald Trump en tant qu'ex-président, mais sa décision pourrait encore retarder son procès fédéral à Washington. En décidant il y a deux mois de se saisir de cette question, la plus haute juridiction des Etats-Unis a déjà différé la tenue du procès fédéral de l'ex-président républicain pour tentative d'inverser illégalement les résultats de l'élection de 2020 remportée par le démocrate Joe Biden.
Si la plupart des neuf juges se sont montrés sceptiques face à l'immunité absolue dont se prévaut le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre, plusieurs, en particulier parmi les conservateurs, ont insisté sur les répercussions à long terme de leur décision. "Nous rédigeons une règle pour la postérité", a ainsi observé Neil Gorsuch, en référence au caractère inédit de la question. "Cette affaire a d'énormes implications pour l'avenir de la présidence et du pays", a renchéri son collègue Brett Kavanaugh.
Donald Trump, qui comparaissait au même moment à New York, où il est jugé depuis le 15 avril pour paiements suspects lors de la campagne de 2016, a assuré que l'immunité pénale était indispensable à l'exercice du pouvoir suprême. "Sans immunité, vous n'allez rien faire, vous devenez un président honorifique", par crainte d'être "inculpé une fois que vous quittez vos fonctions", a-t-il déclaré. Mais les juges, notamment les trois progressistes, ont bataillé pied à pied avec l'avocat de Donald Trump, John Sauer. "Et si un président ordonne à l'armée d'organiser un coup d'Etat", lui a lancé l'une d'elles, Elena Kagan, "s'agit-il d'un acte officiel" couvert par une immunité pénale ? "Cela se pourrait bien", a répondu l'avocat.
La juge Ketanji Brown Jackson a opposé à ses craintes d'un risque de paralysie de l'exécutif celui d'un président délié de toute responsabilité pénale. Elle a évoqué dans ce cas de figure "une transformation du Bureau ovale en siège de l'activité criminelle dans ce pays". "Sa thèse inédite exempterait de responsabilité pénale les anciens présidents pour corruption, trahison, sédition, meurtre, et en l'espèce, complot pour inverser les résultats d'une élection et se maintenir au pouvoir", a énuméré le représentant du ministère de la Justice, Michael Dreeben.
Visé par quatre procédures pénales distinctes, Donald Trump fait feu de tout bois pour passer en jugement le plus tard possible, en tout cas après le scrutin présidentiel. L'affaire la plus lourde politiquement, le dossier fédéral pour l'élection de 2020, est suspendue jusqu'à ce que la Cour suprême statue. Son procès à New York pourrait donc être le seul à connaître un dénouement avant le vote.
La plupart des experts juridiques prédisent à Donald Trump un échec à la Cour suprême, comme en première instance puis en appel, mais tout dépendra de la célérité de la décision de la Cour et de sa formulation. Elle pourrait notamment renvoyer l'affaire à une juridiction inférieure pour déterminer quels actes pourraient éventuellement échapper aux poursuites, ce qui entraînerait inévitablement de nouveaux délais pour ce procès, initialement prévu en mars.
"Même si la Cour administre à Trump une défaite décisive et sans appel, je pense que l'accusation aura fort à faire pour parvenir au procès avant l'élection", a indiqué à l'AFP avant l'audience Steven Schwinn, professeur de droit constitutionnel à l'Université de l'Illinois à Chicago. "Il reste une fenêtre mais elle est étroite et elle se referme. Les juges doivent agir rapidement, auquel cas il y a une chance que le procès puisse commencer à l'automne, fin août ou début septembre", a expliqué à l'AFP l'ex-procureur fédéral Randall Eliason, professeur de droit pénal à l'université George Washington. "La Cour doit vraiment tenir compte du fait qu'il s'agit d'un dossier unique", estime-t-il. "Nous n'avons jamais eu auparavant de situation dans laquelle un accusé a potentiellement la possibilité d'annuler sa propre inculpation, s'il gagne l'élection. Et alors, il n'y aura jamais de procès", prévient-il.
S'il était de nouveau élu, Donald Trump pourrait, une fois investi en janvier 2025, ordonner l'arrêt des poursuites fédérales à son encontre.