Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.

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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour : 26.02.2026
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MBS fait le ménage par le vide

Publié le 06/11/2017 à 03:38 par monde-antigone

 
MBS (acronyme de Mohammed ben Salmane) prépare le terrain pour le jour où il deviendra roi. Cela ne devrait plus tarder. Son père, le roi Salmane, 25e et dernier fils régnant du fondateur de la dynastie des Al-Saoud, a 81 ans, et il est malade. MBS a décidé d'éliminer tous ceux, nombreux, qui seraient susceptibles de lui constituer une gène ou un obstacle dans son exercice du pouvoir. L'opération "anti-corruption" invoquée n'est qu'un prétexte (ils sont tous ultra corrompus) pour faire un grand nettoyage, un peu comme Xi Jinping en Chine avant le congrès qui l'a consacré comme l'"égal de Mao".

MBS est jeune (32 ans) et, au vu de la longévité de ses ancêtres, il pourrait fort bien régner pendant 40 ou 50 ans... s'il ne se fait pas assassiner avant. La presse le présente comme un réformateur en matière de droits des femmes et d'ouverture économique, mais l'autorité dont il fait preuve alors même qu'il n'est pas encore assis sur le trône, le désigne déjà comme un despote en herbe. Il a eu l'occasion de se rôder de par sa fonction de ministre de la Défense depuis 2015 et, à ce titre, superviseur de la guerre au Yémen.

Il est certain que MBS n'est pas en train de se faire que des amis. Les religieux et les princes les plus conservateurs ne se laisseront pas dépoullier, leurs avoirs confisqués, sans lui opposer une résistance. De quelle sorte ? On verra bien. En cas d'échec, il pourrait connaître le sort de ceux qui ont voulu réformer à marche forcée alors qu'il était déjà trop tard...
D'autre part, la jeunesse pourrait se laisser griser et abuser par ce vent de réformes, comme dans une sorte de "printemps" saoudien. Comment ? On le saura bientôt, mais on peut penser que les libertés octroyées sous le label de la modernité seront très contrôlées. Elles seront distillées de façon à rendre l'austérité supportable.
Enfin, la politique repressive qu'il prépare à l'encontre de la minorité chiite et les intentions guerrières qu'il manifeste ne prêtent pas à la rigolade. Bref, il va falloir s'habituer à voir l'Arabie saoudide faire la Une de l'actualité


Purge sans précédent en Arabie saoudite: princes, ministres, ex-ministres arrêtés
par Anuj Chopra
AFP, Yahoo! actualités - 05 nov 2017
https://fr.news.yahoo.com/purge-precedent-arabie-saoudite-princes-ministres-ex-ministres-034119888.html


RYAD - Onze princes et des dizaines de ministres, anciens et actuels, ont été arrêtés samedi soir en Arabie saoudite, selon des médias, au cours d'une purge sans précédent qui doit permettre au jeune prince héritier de consolider son pouvoir. Parallèlement, les puissants chefs de la Garde nationale saoudienne, une force d'élite intérieure, et de la Marine ont été limogés. Ces arrestations et limogeages sont intervenus quelques heures après la création, par décret royal, d'une commission anticorruption dirigée par le prince héritier et homme fort du royaume ultra-conservateur, Mohammed ben Salmane, âgé de 32 ans et surnomé MBS.

Selon la chaîne satellitaire Al-Arabiya, à capitaux saoudiens, 11 princes, 4 ministres et des dizaines d'anciens ministres ont été arrêtés alors que la commission a lancé une enquête sur les inondations qui ont dévasté en 2009 la ville portuaire de Jeddah, sur la mer Rouge, à la suite de pluies torrentielles, faisant une centaine de morts. L'agence de presse officielle saoudienne SPA a indiqué que le but de la commission était de "préserver l'argent public, punir les personnes corrompues et ceux qui profitent de leur position".

Le conseil des religieux a rapidement réagi sur son compte Twitter en affirmant que la lutte contre la corruption était "aussi importante que le combat contre le terrorisme". Parmi les personnes arrêtées figure le prince et milliardaire Al-Walid ben Talal, selon des sites web saoudiens. Cette information n'a pas été confirmée officiellement. Une source aéroportuaire a par ailleurs indiqué à l'AFP que les forces de sécurité avaient cloué au sol des avions privés à Jeddah, pour empêcher que certaines personnalités quittent le territoire.

"L'étendue et l'ampleur de ces arrestations semblent être sans précédent dans l'histoire moderne de l'Arabie saoudite", a affirmé à l'AFP Kristian Ulrichsen, spécialiste du Golfe à l'institut Baker de l'université Rice, aux Etats-Unis. "Si la détention du prince Al-Walid ben Talal se confirme, elle constituera une onde de choc sur le plan intérieur et dans le monde des affaires internationales", estime cet expert. [Une source gouvernementale a confirmé à l'AFP; ndc]

Contrôlant les principaux leviers du gouvernement, de la défense à l'économie, Mohammed ben Salmane semble chercher à étouffer les contestations internes avant tout transfert formel du pouvoir par son père, le roi Salmane, âgé de 81 ans. Fin octobre, MBS, issu de la jeune génération princière saoudienne, a promis une Arabie "modérée", en rupture avec l'image d'un pays longtemps considéré comme l'exportateur du wahhabisme, une version rigoriste de l'islam qui a nourri nombre de jihadistes à travers le monde. "Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant", avait-il assuré sous les applaudissements des participants à un forum économique baptisé le "Davos dans le désert" qui avait attiré 2.500 décideurs du monde entier.

Il a lancé plusieurs chantiers de réformes - droit de conduire pour les femmes et ouvertures de cinémas notamment - qui marquent le plus grand bouleversement culturel et économique de l'histoire moderne du royaume, avec une marginalisation de fait de la caste des religieux conservateurs. Dans le même temps, il a oeuvré pour renforcer son emprise politique sur le pouvoir, procédant notamment en septembre à une vague d'arrestations de dissidents, dont des religieux influents et des intellectuels. Selon des analystes, nombre de ces dissidents critiquaient la politique étrangère musclée du jeune prince héritier, comme le boycott du Qatar, ainsi que certaines réformes comme la privatisation d'entreprises publiques et la réduction des subventions de l'Etat.


Purge en Arabie: Les comptes bancaires des personnes arrêtées seront gelés
AFP, Romandie news - 05 nov 2017
https://www.romandie.com/news/Purge-en-Arabie-les-comptes-bancaires-des-personnes-arretees-seront-geles-ministere/860059.rom


RYAD - Les comptes bancaires des personnalités saoudiennes arrêtées pour corruption présumée feront l'objet d'enquêtes et seront gelés, a annoncé dimanche le ministère de l'Information. "Tout bien et toute propriété liés à ces cas de corruption seront enregistrés comme propriété de l'Etat", a écrit le ministère sur un compte Twitter officiel, ajoutant que tous les biens "résultant de la corruption seront restitués à l'Etat". Le ministère a précisé que les transactions et les transferts bancaires "seront interdits" pour tout individu et institution concernés par les enquêtes, "quel que soit leur statut". (...)


EDIT (7 novembre 2017) Le coup de force de MBS provoque immédiatement un regain de tension avec l'Iran.


Le prince héritier saoudien accuse l'Iran d'"agression militaire directe"
AFP, Romandie news - 07 nov 2017
https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-prince-heritier-saoudien-accuse-l-Iran-d-agression-militaire-directe_RP/860764.rom


RYAD - Le prince héritier d'Arabie saoudite a déclaré que l'implication présumée de l'Iran dans la fourniture de missiles aux rebelles houthis du Yémen était "une agression militaire directe par le régime iranien", a rapporté mardi l'agence officielle SPA. "Cela pourrait être considéré comme un acte de guerre contre le royaume (saoudien)", a ajouté le prince Mohammed ben Salmane. Lundi, déjà, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite - les deux grands rivaux du Moyen-Orient - avaient échangé de violentes accusations à propos du Yémen, pays en guerre où ils soutiennent des camps opposés.

La tension est montée d'un cran après l'interception samedi soir au-dessus de la capitale saoudienne d'un missile balistique tiré par les rebelles chiites houthis soutenus par l'Iran. Des débris de l'engin sont tombés dans le périmètre de l'aéroport international de Ryad, soulignant les risques pour le trafic aérien civil. L'Arabie saoudite a directement accusé l'Iran d'avoir fourni ce type de missiles aux rebelles. Téhéran, qui nie toute aide militaire aux Houthis, a démenti, accusant à son tour Ryad de "crimes de guerre" au Yémen. (...) La polémique autour du tir de missile risque d'exacerber les tensions et de donner lieu à une escalade régionale, ont prévenu des experts. Lundi, la coalition menée par l'Arabie saoudite a souligné qu'elle se réservait le droit de riposter "de manière appropriée et au moment opportun". (...)

09/11/2017 >> Plus de 200 personnes ont été arrêtées.