Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
>> Toutes les rubriques <<
· 37 - Lointains échos dictatures africain (400)
· 00 - Archivage des brèves (785)
· .[Ec1] Le capitalisme en soins intensifs (550)
· 40 - Planète / Sciences (389)
· 10 - M-O. Monde arabe (385)
· . Histoires et théories du passé (223)
· 20 - Japon, Fukushima (237)
· .[Ec2] Métaux, énergies, commerce (253)
· 24 - USA (306)
· 19 - Chine [+ Hong Kong, Taïwan] (322)
Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
11.01.2026
8702 articles
En Corée comme en France, on renouvelle le personnel politique qui a trop servi, ou qui s'est trop servi, pour mieux faire avaler une politique conduite en réalité par les grands groupes industriels (les Chaebols) et basée sur toujours plus de sacrifices. Quand on voit que les électeurs n'auront ont le choix qu'entre un libéral... et un libéral, on mesure mieux la relativité du dit "changement". La société coréenne se transforme sous la pression de la crise économique mais le résultat de cette élection ne reflètera pas la mutation en cours.
C'est une élection présidentielle anticipée. Elle est organisée 60 jours après la destitution de Park Geun-hye (ou "PGH") aujourd'hui en prison pour avoir trempé dans le scandale de corruption Choi Soon-Sil, alias "Raspoutine".
Les principaux candidats sont:
Moon Jae-In du Parti démocrate [Minjoo], de centre-gauche, libéral, favori des sondages. Il prône le dialogue avec le régime de Pyongyang et souhaite une sortie graduelle du nucléaire;
Ahn Cheol-Soo du Parti du peuple [Gukmin], de centre-droit, libéral, dissident du Minjoo;
Hong Joon-Pyo du Parti Liberté Corée [Jayuhankuk], conservateur, anciennement Saenuri, le parti de l'ancienne présidente destituée;
Yoo Seong-Min, du Parti Bareun (nouveau conservateur), dissident de l'ex- Saenuri;
Sim Sang-Jung, du Parti de la justice [Jeongui], progressiste. C'est une femme (son prénom ne l'indique pas forcément), elle est social-démocrate.
Chacun des candidats s'est qualifié à la suite d'une primaire interne à son parti.
>> Victoire du libéral Moon Jae-In avec 40,2 % des voix. Il devance nettement le conservateur Hong Joon-Pyo avec 25,2 % et le libéral Ahn Cheol-Soo avec 21,5 %. La participation est de 77,2 % % (source KBS).
Présidentielle en Corée du Sud: Les jeunes veulent du changement
par Hwang Sung-hee
AFP, France24 - 08 mai 2017
http://www.france24.com/fr/20170508-presidentielle-coree-sud-jeunes-veulent-changement
SÉOUL - Les électeurs nés dans les 30 années qui ont suivi l'avènement de la démocratie en Corée du Sud voteront mardi à la présidentielle pour exiger le changement car leurs perspectives se sont assombries dans un contexte de ralentissement de la croissance. Le "miracle" économique sud-coréen avait permis à un pays ruiné et ravagé par la guerre de devenir la 4e économie d'Asie. Mais les jeunes vivent des circonstances radicalement différentes de celles de leurs parents, à qui il suffisait de travailler dur pour connaître le succès et la richesse, indépendamment de leurs origines sociales.
Depuis 5 ans, le taux de chômage des jeunes (de moins de 30 ans) augmente. En 2016, il a atteint un sommet, à 9,8 %, soit plus du double que le taux global. La société sud-coréenne, qui a opéré sa transition démocratique entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, est poussée par la performance. La pression pour entrer dans les universités les plus prestigieuses est telle que la plupart des enfants prennent des cours supplémentaires dans des centres spécialisés dès la primaire. Mais les Sud-Coréens de 20 ou 30 ans découvrent qu'une bonne éducation ne garantit plus un emploi décent, et les entreprises hésitent à embaucher alors que la croissance a ralenti en dessous des 3 %.
D'après la presse, les conglomérats géants qui dominent l'économie - Samsung, SK ou Hyundai - reçoivent des centaines de milliers de CV chaque année quand ils ne proposent que quelques milliers de postes. L'entrée des jeunes sur le marché du travail est sans cesse reportée. Ils sont d'autant plus frustrés qu'ils ont le sentiment que les choses ne vont jamais s'améliorer à cause des rigidités sociales. "Je crois que le plus gros problème, c'est l'inégalité", dit Park Hye-Shin, étudiante de 27 ans à l'Université Hankook des études étrangères. "On ne peut gravir l'échelle sociale quels que soient les efforts que l'on fait. Même si on est passé par la meilleure université, tout ce qu'on fait dans la vie, c'est subir compétition après compétition".
Illustrant ce sentiment d'injustice, la théorie en vogue dite de la cuillère, qui tient son origine de l'expression anglaise désignant les gens d'origine aisée "nés avec une cuillère en argent dans la bouche". Dans la version sud-coréenne, et conformément à cette société extrêmement stratifiée, la théorie compte 3 niveaux: les "cuillères en or" pour les jeunes nés dans des familles riches, les "cuillères en argent" pour ceux dont les parents appartiennent aux classes moyennes et les "cuillères en boue" pour les jeunes issus de familles pauvres sans aucun espoir d'avancement social.
Les frustrations sociales et économiques croissantes ont contribué aux manifestations de masse de 2016 pour exiger le départ de l'ex-présidente Park Geun-Hye, emportée par un vaste scandale de corruption. Sa destitution a provoqué la présidentielle anticipée de mardi et les jeunes électeurs - au premier rang des manifestants - veulent faire bouger les choses. "C'est le peuple qui a provoqué l'élection", dit I Gyeong-Eun, étudiante de 22 ans à l'université Hanyang. "Voter, c'est essentiel, mais ça ne s'arrête pas là, c'est seulement le début".
D'ordinaire, le taux de participation des moins de 30 ans est le plus faible de toutes les classes d'âge. Mais d'après un sondage Gallup Korea, 93 % des jeunes électeurs disent qu'ils iront voter "sans aucun doute". "Les jeunes étaient au coeur" des manifestations anti-Park et "se languissent de changer une société injuste", souligne Koo Jeong-Woo, professeur de sociologie à l'Université Sungkyunkwan.
Le favori Moon Jae-In, du Parti démocratique de centre-gauche, promet "une économie centrée sur le peuple" et la création de 810.000 nouveaux emplois, pour la plupart dans la fonction publique, dont 1/3 réservés aux jeunes. Son rival Ahn Cheol-Soo a promis une allocation mensuelle d'environ 500.000 wons (400 €) aux jeunes employés par des petites ou moyennes entreprises, afin de compenser les écarts par rapport aux salaires versés par les sociétés plus grosses.
Certains n'ont guère d'espoir. "Aucun des candidats n'a proposé de solution claire aux problèmes" de la jeunesse, dit Hahn Kyu-Sup, professeur de communication à l'Université nationale de Séoul. I Gyeong-Eun a organisé des débats à son université pour disséquer les programmes de chacun et voir qui était le meilleur candidat pour les jeunes, sans succès. "Ils se focalisent sur le fait de rabattre l'adversaire. Les politiques pour les jeunes n'ont pas été discutées en profondeur", dit l'étudiante qui ne sait toujours pas pour qui voter.
En Corée du Sud, les jeunes ne veulent plus se sacrifier pour leur travail
par Frédéric Ojardias
RFI - 27 fev 2017
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170227-coree-sud-travail-emploi-jeunes-sacrifier-serie-tele-bd-horaires-allergie-ex
SEOUL - Directeur Kim, un feuilleton sur les affres de la vie au bureau, rencontre un succès inattendu en Corée du Sud, tandis qu’une BD intitulée C’est une allergie au travail fait un carton en librairie. En Corée du Sud, la relation au travail est, peu à peu, en train de changer, là où tout sacrifier à son emploi a longtemps été la norme.
Les Sud-Coréens ont les heures de travail parmi les plus longues au monde. Les journées au bureau sont littéralement interminables : certaines grandes entreprises disposent même de dortoirs où passer la nuit, et travailler le weekend est loin d’être rare. C’est le secret de la croissance économique spectaculaire du pays depuis 5 décennies: des générations de Sud-Coréens ont sacrifié toute vie personnelle et n’ont pris que quelques jours de congés par an pendant toute leur carrière.
Mais les jeunes générations, elles, tolèrent de moins en moins bien ces horaires impossibles, les humiliations quotidiennes, la très forte hiérarchie, ou encore l’obligation d’aller prendre une cuite le soir avec son patron quand celui-ci l’ordonne, alors qu’en même temps, la précarité et le risque d’être, de toutes façons, licencié, ont beaucoup augmenté. Selon un récent sondage, 83 % des Sud-Coréens se sentent déprimés sur le lieu de travail !
Ce ras-le-bol s’exprime notamment à travers la culture populaire. De plus en plus de feuilletons télévisés s’intéressent au sujet. Le dernier en date est Directeur Kim, sur la chaîne nationale KBS. L’histoire d’un employé qui a pour projet d’arnaquer son entreprise pour ensuite partir pour le Danemark et son Etat-providence ! Les conditions de travail en Europe font, en effet, rêver, et beaucoup de Sud-Coréens cherchent à s’expatrier.
Une bande dessinée très drôle, intitulée C’est une allergie au travail, a déjà été rééditée 6 fois, depuis sa sortie, il y a 2 mois. Elle montre de jeunes employés en apparence souriants, actifs, mais qui, en réalité, ne rêvent que de démissionner et de dire leurs quatre vérités à des patrons infects. Les œuvres qui moquaient les travers de la vie en entreprise existaient déjà, mais dans cette BD, c’est l’essence même du travail qui est critiquée et présentée comme absurde et aliénante. Dans un long article sur le sujet, le quotidien Korea Times note aussi que se multiplient les livres qui ont pour sujet comment démissionner.
Quels sont les effets de cette rupture générationnelle sur le monde du travail ? Les grands conglomérats coréens, tels que Samsung ou Hyundai, restent toujours les entreprises les plus recherchées par les jeunes diplômés, en raison des salaires élevés, et aussi du prestige social attaché à de tels emplois. Mais en même temps, on observe un nombre croissant de jeunes qui refusent de tels choix de carrière.
Ce refus s’exprime par exemple dans l’extraordinaire boom des startups depuis quelques années: créer son entreprise est devenu à la mode, alors que c’était un choix autrefois mal vu socialement. Bon nombre de jeunes diplômés préfèrent être leur propre patron. Une chef de PME a récemment confié qu’elle voit arriver des candidats à l’embauche qui refusent de « devenir des soldats pour les conglomérats », et qui privilégient la qualité du travail, l’écoute des patrons, et l’équilibre vie privée-vie professionnelle, « ce qui n’existait pas il y a 10 ans ». C’est donc une révolution discrète qui est en train de secouer le monde du travail en Corée du Sud.
Législatives en Corée du Sud: Une jeunesse désabusée en quête de travail
par Frédéric Ojardias
RFI - 13 avr 2016
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160413-legislatives-coree-sud-jeunes-desabuses-quete-travail
« Hell Joson », « l’enfer-Corée », c’est ainsi que les jeunes Sud-Coréens surnomment leur propre pays. La hiérarchie sociale asphyxiante, les inégalités galopantes, et les difficultés pour s’installer et fonder une famille nourrissent une grave désaffection de la jeunesse vis-à-vis de ses dirigeants politiques.
Yuna, 24 ans, et Sang-hee, 22 ans iront voter mais sans illusion. « Bien sûr que je vais voter ! nous explique l'une des deux jeunes filles en riant. Je veux changer mon pays qui est si conservateur. Moi je suis encore stagiaire, je ne trouve pas un travail décent... C’est un énorme problème pour moi, et aussi pour mes amies. Nous n’avons pas de travail et en plus les femmes souffrent de fortes discriminations ». « Il n’y a pas tant de jeunes que ça qui votent, renchérit son amie, parce que de toute façon rien ne change. Le principal problème aujourd’hui, c’est le chômage. Quand les élections approchent, [les politiciens] donnent l’impression de faire des efforts, mais en réalité… ils n’essaient pas vraiment ». La politique sud-coréenne a longtemps été marquée par de fortes oppositions entre les régions. Mais les divisions sont désormais plus générationnelles que géographiques.