Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
>> Toutes les rubriques <<
· 37 - Lointains échos dictatures africain (402)
· 00 - Archivage des brèves (793)
· .[Ec1] Le capitalisme en soins intensifs (552)
· 40 - Planète / Sciences (389)
· 10 - M-O. Monde arabe (386)
· . Histoires et théories du passé (224)
· 20 - Japon, Fukushima (237)
· .[Ec2] Métaux, énergies, commerce (254)
· 24 - USA (312)
· 19 - Chine [+ Hong Kong, Taïwan] (323)
Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
27.02.2026
8759 articles
La Centrafrique est "au bord du génocide", sur le point de devenir "un sanctuaire terroriste" a déclaré hier matin Laurent Fabius, le ministre français des AE, avec des propos choisis destinés à préparer les esprits à une opération militaire: "Aujourd'hui c'est le désordre absolu, vous avez 7 chirurgiens pour 5 millions d'habitants, une mortalité infantile dans certains coins du pays de 25 %, un million et demi de personnes qui n'ont rien, même pas à manger, et des bandes armées, des bandits, etc." (...) Il faut agir vite". L'ONU devrait prochainement donner la permission d'intervenir aux pays frontaliers, à l'Union africaine (UA) et également à la France (420 hommes), a-t-il confirmé, une fois votée début décembre une résolution du Conseil de sécurité autorisant l'envoi de 6.000 Casques bleus (la MISCA). Il faut quand même savoir que la Centrafrique, ce n'est pas le Nord-Mali. Ça ressemble davantage au Vietnam (!!!). La forêt qui occupe 45 % du territoire couvre une superficie d'un peu moins de 300.000 km2, et les voies d'accès sont souvent impraticables, Un terrain idéal pour s'enliser.
Depuis le renversement du président Bozizé, le pays est à feu et à sang. Les exactions ont redoublé ces dernières semaines autant à Bangui que dans les villages reculés au coeur de la jungle. Des groupes d'autodéfense "antibalaka" se sont constitués récemment. Leurs actions violentes dans le nord-ouest du pays ont pris un caractère inter-communautaire (chrétiens contre musulmans) et ont déjà jeté sur les routes des dizaines de milliers de civils. On dénombre 400.000 déplacés depuis le début de l'année. C'est beaucoup dans un pays de 5 millions d'habitants. L'actrice Mia Farrow qui fait fonction d'ambassadrice pour l'UNICEF s'était signalée la semaine dernière en déclarant que le pays était "au bord d'un génocide", ce qui, au vu de la situation, est effectivement tout à fait envisageable.
Le président autoproclamé Michel Djotodia a affirmé hier qu'il était en train de "négocier" avec Joseph Kony, le chef de la LRA (Armée de résistance du Seigneur) qui sème depuis 25 ans la terreur en Ouganda et plus globalement dans un triangle délimité par le Soudan du sud, le nord-est de la RDC et la Centrafrique, et qui est responsable de la mort de plus de 100.000 personnes sans compter les viols, les pillages, l'esclavagisme, l'enrôlement d'enfants-soldats...
Je poste cet article pour la situation assez terrifiante qu'il dresse de la RCA, c'est son seul intérêt.
L'auteur, un humanitaire de HRW, appelle à une intervention internationale sous contrôle de l'ONU et de l'UA: une de plus qui, comme toutes les autres, ne résoudra rien, une de plus qui permettra à la puissance néo-coloniale de renforcer sa présence, ou à une puissance régionale montante (Tchad, RDC...) d'étendre son influence, ou encore à l'Afrique du sud (qui avait subi un revers au printemps), la Chine, ou l'Inde, de prendre pied au milieu du continent africain. Peu importe l'option qui sera choisie, elle renforcera la dépendance des populations, le sentiment de tout devoir à un intervenant extérieur, tout le contraire d'une autonomie et d'une émancipation.
Centrafrique - “Ici, on vit et on meurt comme des animaux”
par Peter Bouckaert, directeur de la section Urgences pour Human Rights Watch
Foreign Policy - 19 nov 2013
http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/19/ici-on-vit-et-on-meurt-comme-des-animaux?page=all
Dans les écoles du nord de la République centrafricaine, les tableaux noirs affichent encore une date de la fin mars. Le moment où les rebelles de la Séléka se sont emparés du pouvoir et que le cauchemar a commencé. Depuis, ce groupe armé dont le nom signifie "alliance" en sango, le dialecte local, impose le règne de la terreur. Ses membres brûlent les villages l'un après l'autre, tirent au hasard de leurs pick-up sur les civils, exécutent des agriculteurs dans leurs champs, et assassinent des femmes et des enfants. Leur brutalité se propage jour après jour comme un cancer mortel. Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons pour se cacher dans la brousse, où les maladies ont déjà fait un nombre de victimes impossible à recenser. La région d’Ouham, la zone la plus touchée du pays, compte environ 170 000 déplacés [le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés avance le chiffre de 395.000 à l'échelle du pays]. Autour de Bossangoa, la préfecture de l'Ouham, on peut conduire pendant des heures sans croiser une seule âme dans les villages. Le bruit d’une voiture suffit à semer la panique le long des pistes défoncées. Les villageois les parcourent dans l’espoir de trouver un refuge.
Un jour, nous avons dû nous arrêter car le chemin était bloqué par des affaires qu’une famille avait abandonnées pour fuir dans la brousse en entendant notre voiture s'approcher. Un petit garçon pleurait seul au bord de la piste: ses parents l’avaient perdu dans la course. Lorsqu’ils ont réapparu quelques minutes plus tard, ils ont expliqué qu’ils avaient marché toute la nuit pour atteindre Bossangoa, où environ 40 000 personnes s'entassent déjà dans des conditions catastrophiques autour d’une église. "Dans la brousse, les enfants meurent de la malaria ou de la fièvre typhoïde", nous a expliqué le père, épuisé. Avec sa famille, il avait fui leur petite ville après une attaque de la Séléka, qui avait fait des dizaines de morts à la mi-octobre. "Il n’y a pas de nourriture, mais la plupart des gens continuent à se cacher car Bossangoa est trop éloignée et les routes sont trop dangereuses."
Depuis son indépendance de la France en 1960, presque toutes les transitions politiques en République centrafricaine ont été entachées de violence, et les responsables rarement traduits en justice. Les événements récents ne font pas exception: la Séléka, une coalition composée de trois factions de rebelles qui s’opposaient chacune de leur côté au gouvernement central, a été créée fin 2012. Le président Bozizé n'avait pas tenu sa promesse de développer le nord du pays, une région marginalisée où la sécurité et les services sociaux sont quasi inexistants. Il n’a pas non plus appliqué les accords de paix sur le partage du pouvoir. Après une offensive de plusieurs mois, la Séléka a pris le contrôle de Bangui, la capitale, et a renversé François Bozizé en mars. Presque tous les chefs et les combattants de la Séléka sont musulmans, une petite minorité de ce pays qui a souffert des discriminations dont se sont rendus coupables tous les dirigeants de la majorité chrétienne.
Il est possible que de nombreux membres de la Séléka ne soient même pas des Centrafricains, mais plutôt originaires du Soudan ou du Tchad. Michel Djotodia, un ancien chef de la Séléka autoproclamé président à la suite du coup d'Etat, a ordonné la dissolution des forces rebelles qui l'ont porté au pouvoir. Mais elles continuent à semer la terreur, notamment dans le nord du pays. Pour ne rien arranger, la fureur contre la Séléka est sur le point de dégénérer: les chrétiens organisent une violente résistance armée. Une femme musulmane se souvient des paroles d’un milicien chrétien pendant une attaque qui a fait des centaines de morts en septembre: "Les musulmans ne seront pas tranquilles tant que la Séléka n’aura pas disparu." "Nous allons tuer tous les musulmans et nous allons tuer tout votre bétail", a déclaré le chef d’une milice à des villageois. Sans intervention extérieure, la République centrafricaine pourrait s’enfoncer dans un profond conflit religieux intercommunautaire qui engendrera un carnage bien plus grave que ce dont nous avons été témoins jusqu’à présent. Début novembre, les Nations unies ont même averti que le conflit actuel risquait de se transformer en génocide.
Le bilan humain, d’après ceux qui ont vu les violences ou y ont survécu, est d’ores et déjà bouleversant. L'une de ces victimes s'appelle Nicole Faraganda. Agée de 34 ans, elle a donné naissance à une petite fille le 9 octobre dans le village de Wikamo. Le lendemain, des combattants de la Séléka ont débarqué, ont détruit la route qui passait devant chez elle et ont mitraillé la population qui tentait de fuir. Nicole, plus lente que les autres villageois car elle se remettait de son accouchement, a été abattue par balle, tout comme son voisin âgé de 12 ans, Samuel Denamjora. Les soldats de la Séléka, ont d'abord pillé l’école et l’hôpital, avant de brûler les centaines de huttes aux toits de chaume du village.
Dans le village de Ndjo, vaste mais complètement déserté, nous avons demandé aux quelques habitants que nous avons trouvés de nous emmener jusqu’à leurs cachettes dans la brousse. Pendant plus de 4 kilomètres, nous avons dû marcher dans une rivière où l’eau nous arrivait à la taille et suivre des chemins étroits. Dans l'un de ces refuges, Placide Yamini, le médecin de Ndjo, avait enterré sa sœur décédée de la malaria deux jours plus tôt. Malgré ses compétences, il est incapable d’aider les malades: les combattants de la Séléka ont pillé l’hôpital et la pharmacie de Ndjo, le laissant sans aucun médicament. Sa minuscule trousse de secours contient un seul bandage et quelques instruments chirurgicaux. "Ici, on vit et on meurt comme des animaux", confie-t-il, contenant à peine sa colère.
Ceux qui ont réussi à aller jusqu’à Bossangoa vivent dans des conditions misérables: les chrétiens déplacés ont investi chaque centimètre carré disponible autour de l’église catholique de la ville – le séminaire, la maison d’hôtes, la bibliothèque, les remises, le terrain de football et les champs alentour. Le camp est si surpeuplé, bruyant et saturé par les fumées des fourneaux improvisés que l’on peut à peine se frayer un chemin entre les tentes. Minuscules, trop exiguës même pour deux personnes, elles sont pourtant occupées par des familles entières. Cette ville est une sorte de refuge pour les Centrafricains qui n’ont nulle part où aller. Même pour les musulmans. Car après avoir subi les violences de la Séléka pendant des mois, les chrétiens du nord du pays ont organisé une riposte armée.
Il y a des années, François Bozizé, le président déchu, avait créé des groupes d’autodéfense dans les villages pour lutter contre les coupeurs de route, ces bandes criminelles qui proliféraient. Ces milices, les antibalakas (le mot balaka signifie machette en sango) affrontent désormais la Séléka. Elles sont équipées d’armes de chasse artisanales, de couteaux et d’épées, tous décorés de fétiches colorés censés les protéger des balles. "Notre objectif est de libérer la population chrétienne du joug des musulmans", nous a affirmé un chef des forces antibalakas. "Nous ne sommes pas des rebelles, mais des jeunes organisés dans un but de légitime défense." Il est toutefois préoccupant de voir que les antibalakas ne ciblent pas uniquement la Séléka: à plusieurs reprises, ils ont aussi mis à sac des communautés musulmanes.
A l’aube du 6 septembre, les forces antibalakas, qui coopèrent avec des militaires fidèles à François Bozizé, ont mené plusieurs attaques surprises – brutales et quasiment simultanées – contre des bases de la Séléka et des communautés musulmanes aux alentours de Bossangoa, faisant des dizaines de victimes. Tous les hommes musulmans, quel que soit leur âge, ont été exécutés. Le mari et le fils de Tala Astita, une femme de 55 ans, ont été abattus à coups de machette. Elle a réussir à s’en sortir en persuadant les assassins qu’elle était chrétienne. Elle s’est ensuite cachée pendant plusieurs semaines dans la brousse. Pour sauver la vie de son petit garçon de 3 ans, elle lui a mis des boucles d’oreille afin qu’il passe pour une fillette.
Les forces antibalakas ont assailli des dizaines d’élevages appartenant à des musulmans, ont abattu des citoyens et ont volé des milliers de têtes de bétail. Le mépris des agriculteurs chrétiens à leur égard est bien antérieur au conflit actuel car ces nomades gardent souvent leur bétail dans les champs, détruisant les récoltes. Les tensions entre les chrétiens sédentaires et les musulmans nomades montrent que les revendications territoriales représentent une dimension supplémentaire de la violence en République centrafricaine – tout comme au Darfour. Ce cycle infernal de violences inter-religieuses s’intensifie de jour en jour et menace de se transformer en une véritable guerre religieuse.
Jusqu’à présent, la réaction de la communauté internationale a été insignifiante. Une petite force militaire africaine, la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac), quitte rarement ses quartiers et laisse souvent la Séléka prendre le dessus. Il est nécessaire de mettre en place une opération de maintien de la paix plus énergique, comme celle qui est actuellement déployée par les Nations unies dans le pays voisin, la République Démocratique du Congo. Comme la Séléka s’en est pris à des organisations humanitaires, il est essentiel de renforcer la sécurité des ONG pour ne pas freiner les secours.
Pour l’instant, seule une infime partie de la nourriture, de l’eau et de l’aide médicale a pu être acheminée jusqu’aux populations déplacées. Les Centrafricains méritent d'une part d’être aidés de toute urgence, d'autre part d’obtenir justice, afin que les coupables des crimes commis soient tenus responsables de leurs actes. Enfin, ils méritent que le cercle vicieux de la violence et de l’impunité que subit la République centrafricaine depuis si longtemps soit brisé.
Je joins quelques brèves des deux derniers mois qui laissaient préssentir que ça allait arriver:
Déby demande à la France de résoudre la crise centrafricaine
par Assanatou Baldé
Afrik - 20 sep 2013
http://www.afrik.com/deby-demande-a-la-france-de-resoudre-la-crise-centrafricaine
L’avenir du Mali n’était pas le seul sujet du jour à Bamako, lors de l’investiture d’Ibrahima Boubacar Keita. La Centrafrique a largement été au menu des discussions. Il faut dire que la situation chaotique qui règne dans le pays préoccupe de plus en plus les chefs d’Etat de la sous région. A l’instar du Président tchadien, Idriss Deby. La Centrafrique « risque de devenir un sanctuaire de terroristes », a-t-il déclaré, lors d’une conférence de presse en marge de la cérémonie d’investiture de son homologue malien.
Pour Idriss Deby, même si les terroristes ont été chassés du nord-Mali, suite à une intervention armée conjointe des troupes françaises et africaines, « il ne faut pas croire que c’est terminé. Ce n’est pas terminé. Ailleurs, il y a un autre foyer au cœur de l’Afrique. Et si nous ne faisons pas attention, demain, la Centrafrique peut être aussi un sanctuaire de terroristes ». Depuis 1994, en dépit des efforts des pays d’Afrique centrale, « on n’a jamais pu résoudre la crise en République centrafricaine », a-t-il rappelé. Le chef de l’Etat tchadien appelle donc à ce que « les efforts de la Communauté des États d’Afrique centrale (CEEAC) soient accompagnés par tous les amis de la Centrafrique et les Nations Unies. Nous espérons que la France va nous soutenir sur le plan financier, logistique (...), en attendant qu’on ait d’autres possibilités de financement ». Un message qui, semble-t-il, a été entendu par son homologue français François Hollande, qui a annoncé que la France, qui dispose d’une force de 450 hommes en Centrafrique, pourrait davantage être présente.
Depuis que les rebelles du Séléka ont évincé du pouvoir François Bozizé, l’insécurité est toujours grandissante en Centrafrique, qui est aussi le théâtre de violents affrontements dans le nord, entre différents groupes de populations. Une crise qui risque de se propager dans toute la sous-région.
L’armée française se positionne-t-elle pour une intervention en Centrafrique ?
RFI - 15 nov 2013
http://www.rfi.fr/afrique/20131115-armee-francaise-positionne-elle-une-intervention-centrafrique
Un bâtiment de la Marine nationale, le bateau de projection et de commandement (BPC) Dixmude, doit appareiller prochainement de Toulon avec environ 300 soldats à bord pour venir se positionner dans le golfe de Guinée. Ce gros navire amphibie emportera aussi des véhicules et des hélicoptères. Faut-il y voir les prémices d'une intervention en Centrafrique ? A Paris, l'état-major évoque pourtant une mission de routine.
Il n'y a pas d'opération secrète de la France en RCA, assure-t-on à l'état-major des armées à Paris. Après des informations de presse faisant état de l'envoi de commandos parachutistes, l'état-major rappelle que le dispositif français reste inchangé. « Le dispositif Boali, c’est et c’est encore un volume d’environ 400 hommes », confirme le colonel Gilles Jaron, porte-parole des armée. Pourtant depuis quelques mois, Paris suit avec attention ce qui se passe en République centrafricaine. La France promet des renforts et plaide pour l'adoption d'une résolution des Nations unies qui ouvrirait la voie à une intervention en soutien aux forces africaines. Ces jours-ci, des incidents ont d’ailleurs de nouveau éclaté à Bangui, la capitale. Alors l'armée française est-elle en train de se préparer, en pré-positionnant des forces supplémentaires dans la région ?
Prochainement c'est un imposant bateau de projection et de commandement (BPC) qui prendra la relève d'un petit aviso dans le golfe de Guinée pour la mission Corymbe. Il emportera 300 soldats. « Et nous profitons du départ du BPC pour mettre en place dans ses soutes, ce qu’on appelle une réserve opérationnelle embarquée », détaille le colonel Gilles Jaron. Seuls deux hélicoptères Gazelle devraient être embarqués dans le BPC. Le bâtiment emportera aussi des véhicules. Et, depuis le port de Douala, Bangui est à 1 400 km. Les militaires français connaissent bien la route, car c'est par le Cameroun qu'ils étaient passés durant l'opération Eufor Tchad-RCA en 2008.
Bangui en proie aux violences
RFI - 13 nov 2013
http://www.rfi.fr/afrique/20131113-rca-seleka-m23-nouvelle-flambee-violence-bangui
Les quartiers de Fatima dans le 3e arrondissement, et celui de Pétévo dans le 6e arrondissement de Bangui, étaient en ébullition ce mercredi 13 novembre au matin. Tout est parti de l’enlèvement d’un jeune par d’ex-rebelles de la Seleka. La population mécontente est alors sortie dans la rue, a érigé des barricades et a incendié des pneus en signe de protestation. Le président de la transition et ancien chef de la Seleka, Michel Djotodia, qui partait avec son cortège à une cérémonie, en empruntant cette route, a été pris à partie et hué par les manifestants. Après son passage, les ex-rebelles sont revenus dans la zone et ont ouvert le feu sur la population.
Les éléments de la Fomac, la force multinationale, qui ont tenté de s’interposer, ont à leur tour été pris pour cible par les ex-Seleka. La Fomac, en sous effectif, n’a pas répliqué et a même rebroussé chemin. Du coup, une panique s’en est suivie. Plusieurs personnes ont dû quitter le quartier. Des autorités locales jointes par RFI parlent de 3 morts, dont deux ex-Seleka, tués par un policier énervé. Le calme est revenu après que les ex-rebelles se soient retirés de la localité. Le jeune enlevé, d’après ses parents, a été torturé et est depuis détenu au Camp de Roux. Les mobiles de son arrestation demeurent encore flous. [Très flous en effet puisque la dépêche AFP parle d'un "élément des forces armées centrafricaines", ndc]
26/11/2013 >> Le ministre français de la Défense annonce le déploiement d'un millier de soldats français en Centrafrique pour une durée de 6 mois "à peu près". Le "à peu près" est très important... :)