Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.

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Dernière mise à jour : 26.02.2026
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NDDL: Des flics se déguisent en zadistes

Publié le 30/11/2012 à 17:26 par monde-antigone


Par expérience on sait que les gens qui ont l'air un peu "zèlées", qui incitent les autres à en faire trop, qui jouent à "Napoléon sur le pont d'Arcole" sans connaitre la peur, ou qui réagissent comme un seul homme, comme des comédiens de théâtre qui ont appris leur rôle par coeur alors qu'on ne les a jamais vus avant, doivent être considérés avec circonspection. Quand on est habitués à voir les gens autour de soi réagir de la même façon, avoir des comportements familiers, empathiques, on reconnait assez vite quelqu'un qui a appris à jouer le provocateur dans un stage de police parce que son rythme, sa manière de bouger sont différents.

Sur la durée ils se trahissent par des petites erreurs. Dans le langage cinéma, on dit qu'ils jouent "faux" ou qu'ils surjouent. Je serais tenté de dire qu'à travers nos diversités et nos aspirations, on partage un peu tous la même culture, certains types de relations affinitaires, et que quelqu'un qui fait semblant d'être comme nous, en principe ça devrait se voir, surtout habillé en black-block bien typé comme cela semblait être le cas. Je n'ai jamais vu un black-block haranguer les autres à faire comme lui, jamais ! Quand on voit ça, il faut tout de suite se méfier parce que c'est pas net.
C'est une erreur de jugement qui se paye cher.


NDDL: Infos des comparutions immédiates... La justice n’arrêtera pas notre rage
ZAD - 28 nov 2012
https://zad.nadir.org/spip.php?article726


Des nouvelles des 5 camarades arrêtés suite aux affrontements de lundi 26 novembre au niveau des barricades devant le Sabot. Est confirmée l’intervention de gendarmes en mission d’infiltration (en civil donc). Ils étaient passés précédemment à la Vache Rit demander des renforts pour les barricades. Sur place ils ont lancé des projectiles avant de saisir des manifestantEs au moment de la charge des gendarmes mobiles.

Les 5 personnes étaient poursuivies a minima pour attroupement. Les flics prétendent, à tort, que les sommations avaient été prononcées. Celles qui prennent plus cher ont été condamnées pour violence et rébellion.
- une personne a été relâchée sans poursuite
- une a refusé de donné son identité et passera en comparution immédiate sous X
- une prend 6 mois avec sursis + 500 € avec sursis pour refus de prélèvement ADN + interdiction de séjour en Loire-Atlantique pendant 2 ans.
- une prend 2 mois avec sursis pour avoir filmé les flics, qui n’ont pas osé demander le visionnage du film de peur que l’on s'aperçoive que les sommations n’avaient pas été prononcées.
- une a été désignée comme "leader" pour avoir prononcé différentes menaces pendant l’après-midi et prend 5 mois ferme avec mandat de dépôt. Elle prend aussi 5 mois supplémentaires avec sursis et obligation de trouver un travail. Elle prend également une interdiction de séjour en Loire-Atlantique pendant 2 ans.

Ni pardon, ni oubli. Nous exprimons toute notre solidarité à ces camarades. La justice n’arrêtera pas notre rage.

 

NDDL: Des flics se déguisent en zadistes
Le Laboratoire - 30 nov 2012
http://lelaboratoire.over-blog.com/article-des-flics-se-deguisent-en-zadistes-112979833.html


Lundi 26 novembre. Près du sabot, une barricade interdit le passage à un convoi de gendarmes mobiles. Un groupe de personnes se poste devant la barricade, face aux flics, et commence à lancer des projectiles en invitant les autres à faire de même. Quelques personnes les rejoignent devant les barricades.

Au moment où les gendarmes mobiles se rapprochent, 5 personnes se font sauter dessus, par ces mêmes personnes qui avaient proposé d'attaquer les flics. Elles prennent plusieurs coups, sont trainées par terre à travers la ligne de gendarmes mobiles et comprennent qu'elles/ils se font arrêter par des flics déguisés en opposants. Ces flics ne portaient clairement pas de brassard à ce moment là, alors qu'ils sont obligés d'en avoir un pour arrêter des gens.
Une fois passé la ligne, et après avoir ramassé pas mal de coups, les camarades se sont retrouvées plaqué.e.s au sol, face à une caméra pendant que les flics leur demasquaient le visage. Ils/elles ont eu les mains attachées avec des cordelettes noires en nylon, puis les flics leur ont caché les yeux le temps de mettre des cagoules et leurs brassards autour du cou.

Cette arrestation a été particulièrement violente: un.e des camarades à eu les yeux cachés avec un bandage; plusieurs ont eu les fringues découpées au couteau; une pluie de coups, notamment au visage alors que les gens étaient menotté.e.s au sol. Les flics ont profité de l'arrestation pour remplir le sac d'un.e des camarades avec des pavés et un masque de ski. Les personnes ont été chargées dans les fourgons de manière particulièrement brutale et humiliante. Avec une clé d'étranglement pour l'un.e, une marche forcée accroupie pour d'autres pendant que les flics marchaient sur les lambeaux de pantalon déchirés pour les faire tomber. Et les rouaient de coups chaque fois qu'ils ou elles tombaient.

Au moins une dizaine de flics était déguisés en parfaits zadistes, armés de cailloux et de divers projectiles. L'un d'eux avait un panneau stop en guise de bouclier. Certains de ces flics ont été vus plus tôt à la Vache rit, et appelaient les personnes à rejoindre les barricades. C'est clairement ces keufs qui ont incité des gens aux affrontements !


Gardes à vue >> On n'a pas de nouvelles d'une des personnes qui a été arrêtée. Les quatres autres ont passé environ 42h en garde à vue, certains à la Chapelle sur Erdre, d'autres à Saint-Luce. Elles ont ensuite été transférées à Walldeck voir un médecin (particulièrement incompétent). L'une d'entre elles est partie à l'hopital se faire recoudre les genoux. Puis retour aux gendarmeries pour subir de 4 à 6 auditions chacune. Mercredi midi, elles ont été transférées au tribunal pour passer en comparution immédiate, et ont poireauté dans les geôles du tribunal. Un.e des camarades a refusé de donner son nom pendant toute la durée de la procédure. Les flics ont dit avoir prélevé l'ADN sur les mégots et les empreintes sur les gobelets d'eau.

Comparutions immédiates >> Trois des personnes arrêtées ont accepté la comparution immédiate. Ils/Elles n'ont eu que très peu de temps pour préparer leur défense et n'ont pu s'entretenir avec leurs avocat.e.s, à peine quart d'heures chacune, peu de temps avant l'audience.
La juge a énoncé les chefs d'inculpation en vrac: attroupement armé avec dissimulation du visage, possession d'arme de catégorie 6 (dont lance-pierre) et utilisation, refus de prélevement ADN et refus de signalétique, rebellion, violences volontaires sur agents de la force publique.
La juge était clairement hostile d'entrée de jeu. Des camarades ont étés viré.e.s de la salle d'audience parce qu'illes manifestaient leur soutien. Des peines lourdes sont tombées.
- pour la première personne, 6 mois avec sursis, 2 ans d'interdiction sur le territoire de Loire-Atlantique, 500 € d'amende avec sursis pour l'ADN (c'était pas clair ce qui était pour quoi)
- une autre, 2 mois avec sursis pour l'attroupement, relaxé.e sur les violences et le port d'arme.
- la troisième personne a pris 10 mois de taule dont 5 fermes avec mandat de dépôt (ce qui veut dire qu'ille est parti.e en taule) et 5 mois de sursis avec mise à l'épreuve. Interdiction de Loire-Altantique pour 5 ans (excepté la commune où la personne est domiciliée). Interdiction de porter une arme.

Refus d'identité >> La dernière personne a refusé de donner son identité pendant toute la garde à vue. Elle a donc comparu mercredi soir devant le juge d'instruction, qui croyait avoir affaire à un terroriste international. Elle a fini par donner son identité, pour ne pas se retrouver en préventive. Dans l'attente de la date de son procès elle a été placée en contrôle judiciaire, avec obligation de pointer une fois par semaine et avec interdiction de ZAD et communes alentour.


La lutte continue. Cet épisode lamentable ne doit pas nous faire oublier tous les moments forts qu'on a vécu depuis un mois et demi sur ces mêmes barricades. Plein de personnes se sont retrouvées avec l'évidence commune qu'on ne peut pas les laisser nous écraser sans se défendre. Des tas de gens qui ne se connaissaient pas, de tout âge et de tout horizon se sont fait confiance et se sont serrés les coudes pour ne pas laisser le champs libre à l'arbitraire de la raison économique.

Après avoir juré vouloir le dialogue et l'apaisement, le gouvernement a monté cette opération pour arrêter des opposant.e.s et faire planer sur tou.te.s les autres la menace de la répression. Dans ce but, ils auraient pu mettre en prison n'importe laquelle/lequel d'entre nous.

 

Notre Dame Des Landes: A toutes/tous celles/ceux qui hésitent à venir sur la ZAD en soutien à la résistance
Lutte aeroport nddl - 27 nov 2012
http://lutteaeroportnddl.com/2012/11/27/notre-dame-des-landes-a-toutestous-cellesceux-qui-hesitent-a-venir-sur-la-zad-en-soutien-a-la-resistance-suivi-de-petites-precisions-sur-le-mouvement-libertaire/


La ZAD est grande, très grande… Environ 1 650 hectares sans compter l’emprise du projet de barreau routier, ce qui porte à 2 000 hectares l’emprise totale du projet. (et à plus de 20 000 hectares dans le futur, si l’on prend en compte tous les projets de développement prévus entre le projet d’aéroport de NDDL et Nantes!).

Du coup, vous imaginez bien que lorsque l’on dit que la ZAD est sous occupation militaire, on ne dit pas qu’il y a un flic par m2, ce qui porterait les effectifs à plusieurs dizaines de milliers ! Quand il y a opération militaire, et en ce moment c’est tous les jours, les principales routes de la zone sont bloqués ou filtrés à des points clés, et les militaires sont présents sur les lieux visés. Sur le reste de la ZAD, on peut heureusement encore circuler librement (si ils en avaient les moyens, on se dit qu’ils seraient bien capables de nous empêcher de le faire !). Par des petits chemins, par les champs, par les taillis il est possible de rejoindre des lieux calmes pour prendre des nouvelles, amener du ravitaillement… comme à la Vache Rit. Si c’est pour participer directement à la résistance, vous trouverez surement au détour d’un chemin, d’un champ… un camarade qui vous indiquera facilement où et comment venir les aider.


Des informations pratiques ici pour vous rendre sur la zone
ZAD - 27 nov 2012
http://zad.nadir.org/spip.php?rubrique39&lang=fr


Pour ceux/celles qui auraient juste peur de la violence « légitime (sic) d’état », ce qui est compréhensible, les affrontements avec les forces d’occupation militaire sont très localisés. Sur le reste de la ZAD, la vie suit son cours (enfin, sauf quand les grenades assourdissantes nous rappellent que des camarades se font surement mutilés !). Si vous ne souhaitez pas participer directement à la résistance, c’est largement possible de rester en retrait et d’aider à: l’infirmerie, à la logistique, à la communication des infos, à des constructions sur des cabanes (et là y’a de quoi faire:), …)

Enfin, pour ceux/celles qui ont peur des anarchistes, libertaires, encagoulés ou autrement nommés par les terroristes d’Etat: ultra-gauchistes (sic, bravo pour la caricature et la fabrication de l’ennemi intérieur)… il est bon de rappeler certaines choses:

- d’abord nous sommes humains comme vous toutes/tous, capables d’empathie, de gentillesse (même parfois pour un flic qui ose sourire à nos blagues, et surtout pour un flic qui démissionne) mais aussi capable de rage, de colère lorsque l’on voit des lieux magnifiques se faire détruire, nos camarades se faire gazer et mutiler, suffoquer sous les lacrymos (et alors on résiste comme on peut: cailloux, branches, bouteilles…)

- nos cagoules, vêtements noirs, lunettes, gants ne sont pas des habits professionnels. Ils servent à nous protéger de l’identification et du fichage généralisé, et de la criminalisation du militantisme. De plus en d’actions autrefois considéré comme légitimes, sont criminalisés par la justice étatique ! Et que dire du fichage ADN qui menace profondément notre liberté (n’oublions pas que pas mal de dictateurs ont été élus sous un régime démocratique, que fera-t-on de ces fichiers si cela se produit par chez nous ?! Et que dire de notre liberté de résister à des lois et projets destructeurs de nos vies et de nos libertés !)

- notre idéologie libertaire [Je n'aime pas les "idéologies", ndc] ne prône pas la violence comme une fin en soi. D’ailleurs notre idéologie n’est pas unique et figée. Elle est en perpétuel mouvement, multiple et ne se fige pas dans des carcans idéologiques. La non-violence fait partie de nos actions, comme parfois la violence, lorsqu’elle s’impose comme un acte de résistance nécessaire à la violence « légitime d’Etat ». Notre idéologie ne prône pas le désordre, elle prône l’auto-organisation. Oui, vous avez bien entendu: « organisation ». Nous nous battons contre l'injustice, les privations de liberté, pour l’autonomie et la solidarité. Nous ne sommes pas des professionnels de l’activisme, nous nous battons parce que nous ne voulons plus vivre dans un monde sclérosé par les intérêts de quelque un-e-s; et croyez-nous, la plupart d’entre nous préféreraient cultiver leur jardin, lire, construire des cabanes, discuter de tout et de rien, effectuer du troc, vivre en harmonie avec la nature et ses habitant-e-s… tiens d’ailleurs, c’est ce que faisaient les camarades (majoritairement libertaires d'ailleurs) de la ZAD, avant que l’Etat se dise que cela représentait surement un danger, toute cette liberté et cette capacité à se débrouiller sans lui !