Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
02.03.2026
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Lesbiennes au Japon, pas facile de "sortir du placard"
par Benjamin Gauducheau
Aujourd'hui le Japon - 07 dec 2010
http://japon.aujourdhuilemonde.com/lesbiennes-au-japon-pas-facile-de-sortir-du-placard
Alors que le Japon est connu pour ses pratiques sexuelles parfois très libérées, les homosexuels ne sont pas pour autant bien acceptés, et pour beaucoup de lesbiennes, il n'est pas évident de faire son "coming out".
Pour beaucoup de Japonais, le mot qui vient a l'esprit en évoquant l'homosexualité féminine est sans doute celui-ci: kawaretteru, ou, en français "bizarre". C'est pourquoi, malgré le retour cette année de la gay pride, après 3 ans d'absence, la plupart des lesbiennes japonaises vivent encore leur sexualité clandestinement.
Pourtant, la communauté Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transsexuelle (LGBT) peut se vanter d'avoir, au Japon, quelques portes voix fameux, notamment parmi les trans-genre.
Plusieurs chanteuses connues, dont Ataru Nakamura, Ai Haruna, ou Ayana Tsubaki sont tout à fait intégrées dans le milieu de la variété malgré leur ancienne apartenance à la gente masculine, et plusieurs politiciens revendiquent ouvertement leur différence.
C'est le cas de Aya Kamikawa, le seul élu transgenre du pays, réélu en 2007 pour 4 ans à la tête du district de Setagaya, le plus grand de la capitale.
Plusieurs figures majeures du parti Democrate Japonais au pouvoir, dont Ichiro Ozawa et Yukio Hatoyama avaient d'ailleurs montré leur ouverture en assistant, en 2007, au "mariage" de Mme Otsuji, alors candidate aux élections des députés, avec sa compagne. Symbolique car non-reconnu par la loi, le mariage avait alors été l'occasion, pour Mme Otsuji, de montrer que "les gay et les lesbiennes existent dans la société".
Peu de lieux de rencontre
Mais contrairement aux homosexuels masculins, les lesbiennes japonaises ont peu d'endroits pour se retrouver. Même la partie gay-friendly de Shinjuku, le "2-Chome" ne comporte qu'une dizaine de bars pour ces dames, contre environ 400 pour ces messieurs.
"Je crois que nous avons toujours besoin d'actions politiques dans la communauté. Il y a toujours des problèmes dans la société", estime Chu, interrogée par CNN.
Figure populaire des LGBT de Tokyo, Chu a voulu s'investir dans sa communauté après un voyage à New-York. Organisatrice d'événements et de soirées, elle s'active actuellement a promouvoir l'"unité" via un café lesbien anglophone à "2-Chome". "Peut-être que si les lesbiennes japonaises apprenaient l'anglais nous pourrions passer la barrière de la langue et les aider, assure-t-elle. Les cultures occidentales sont plus ouvertes alors que les Japonais ont tendance à se cacher".
C'est le cas de "KM", jeune trentaine, qui vit une double vie. A cause de la pression de son entourage qui voudrait la voir mariée, elle a souvent fréquenté des garçons.
"Les gens pensent que (les lesbiennes, ndlr) ont eu des problèmes familiaux dans le passé, que c'est la faute de vos parents si vous êtes lesbienne ou quoi, que peut-être c'est une déviance bizarre, raconte-t-elle. Ils pensent que c'est quelque chose que vous pouvez changer, pas quelque chose de naturel, un choix d'activité sexuelle. C'est considéré comme pervers".
Heureusement pour eux, les homosexuels japonais ont depuis 2009 le droit légal d'aller se marier dans les pays qui autorisent ce type d'unions, comme la Belgique, le Canada ou certains Etats des Etats-Unis. Auparavant, les autorités refusaient de délivrer un certificat de célibat pour ce type d'unions.
La Gay Pride revient à Tokyo mais les homos japonais ne sont pas encore libérés
par Anthony Rivière
Aujourd'hui le Japon - 14 aot 2010
http://japon.aujourdhuilemonde.com/la-gay-pride-revient-tokyo-mais-les-homos-japonais-ne-sont-pas-encore-liberes
Ce week-end a lieu la septième édition de la Gay Pride de Tokyo, trois ans après celle de 2007. Au Japon, peu d'homosexuels avouent leur préférence à leurs proches et à leurs collègues.
« Genji trouva le jeune homme plus attractif que sa froide soeur ». Que ce soit dans le Dit du Genji, classique de littérature écrit par Murasaki Shikibu au 11ème siècle, ou dans les recueils historiques du Japon (Kojiki, Nihonshoki), l'homosexualité n'a rien de honteux dans la culture traditionnelle.
Mais, alors que la septième édition de la Gay Pride se tient ce week-end à Tokyo, beaucoup de Japonais homosexuels n'osent pas s'affirmer. Depuis l'occidentalisation du début du 20ème siècle, être homosexuel, c'est avoir peur du regard de son entourage et du milieu professionnel.
« Je sais très bien que je suis gay depuis l'école primaire. Mais j'emmènerai toujours des petites amies à la maison pour être 'normal' aux yeux de ma famille », avoue Sota Aoki à l'agence Reuters.
« Maintenant, mes parents me poussent à me marier et j'y pense sérieusement. Mais je ne veux pas finir comme beaucoup de mes amis qui se sont mariés et ont eu des enfants. Maintenant ils vont devoir mentir pour le reste de leur vie».
Le cas du jeune Sota, 24 ans, n'est pas rare au Japon. Avouer son homosexualité à ses parents revient à ruiner leurs espoirs de voir leur enfant fonder une famille.
Ni-chome, centre de la culture gay à Tokyo
Plus qu'ailleurs, les jeunes de 20 et 30 ans sont mis sous pression pour se marier et faire des enfants. Le pays a un taux de natalité extrêmement faible, faisant décroître la population. Au-delà de la famille, le milieu professionnel n'aide pas les homosexuels à s'assumer.
« Je mène deux vies distinctes, raconte Yuu, qui préfère ne pas donner son nom de famille à Reuters. Le jour, je suis un parfait 'salaryman' pour une boîte de web design et personne ne connait mon secret. Car la nuit, je vais à Ni-chome pour travailler comme barman. J'ai cette double-vie depuis sept ans ».
Ni-chome, dans le quartier de Shinjuku, est réputé pour représenter la culture gay à Tokyo, avec notamment la plus grande concentration de bars gay du Japon. C'est ce quartier qui accueille les principaux évènements ce week-end.
Noriaki Fushimi, activiste des droits des homosexuels, y tient aujourd'hui un débat sur l'avenir du mouvement homosexuel au Japon. Le dimanche, l'évènement se poursuit avec des stands de nourritures et boissons durant le Rainbow Festival.
La traditionnelle parade passe cet après-midi autour du parc Yoyogi. Ces trois dernières années, le manque de personnel a entraîné l'annulation des évènements. La dernière parade officielle s'est tenue en 2007. Cette année, 5000 participants sont attendus.