Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
13.03.2026
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L'Algérie organise aujourd'hui une élection présidentielle dont la seule incertitude est le taux de participation, tant la réélection d'Abdelmadjid Tebboune paraît jouée d'avance. D'ailleurs dans la presse francophone, on n'en parle pas.
Ses adversaires choisis sur le volet, Abdelali Hassani Chérif (MSP) et Youcef Aouchiche (FFS), ne figurent sur la liste des candidats que pour donner l'illusion de la pluralité, réduits à faire tapisserie derrière à la grosse machine étatique et médiatique mise au service du président sortant... présenté par le "système" comme le candidat du "renouveau" !
Le président Tebboune veut 5 ans de plus pour concrétiser son projet d"'Algérie nouvelle"
AFP, TV5 Monde - 03 sep 2024
ALGER – Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, grand favori du scrutin du 7 septembre, espère obtenir un 2e mandat en vantant un bilan socio-économique amélioré, mais les espoirs de changements politiques profonds se sont évanouis 5 ans après le mouvement pro-libertés Hirak. "Ce que nous avons réalisé (ces 5 dernières années) est un premier jalon pour que notre économie devienne celle d'un pays émergent", a estimé M. Tebboune, en annonçant le 11 juillet briguer un second mandat de 5 ans pour parachever une "Algérie nouvelle".
Elu en décembre 2019 avec une forte abstention (60 %), en plein Hirak, M. Tebboune a dû affronter l'hostilité de ce mouvement pro-démocratie parvenu à chasser en avril de la même année son prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika. Mais quand il "a évacué la question de la transition démocratique réclamée par des millions de citoyens (dans plus de 100 manifestations à partir de février 2019, ndlr), il a renoncé définitivement à une rupture dans le système politique algérien", indique à l'AFP Hasni Abidi, directeur du centre d'études CERMAM à Genève. Ce n'est "pas le changement à la tête du pays qui fait entrer l'Algérie dans une ère nouvelle", poursuit l'expert, évoquant un président confronté à "la difficulté d'opérer un changement en profondeur". "Tant que la question politique ne sera pas légitimement résolue, tout discours économique, culturel, diplomatique, relèvera de la pure diversion", abonde Mohamed Hennad, expert en sciences politiques.
Sous l'effet de la pandémie de Covid-19 interdisant les rassemblements et de l'emprisonnement de ses figures de proue, le Hirak s'est éteint mais des dizaines d'opposants ou défenseurs des libertés sont encore emprisonnés. Et "la répression des voix critiques de la dissidence" continue, selon Amnesty International. Pour sa part, M. Tebboune estime avoir "remis le pays sur les rails en réponse aux besoins de la population et pour faire de l'Algérie une puissance économique". Non sans pointer du doigt les derniers mandats de M. Bouteflika (décédé en septembre 2021) comme "une décennie mafieuse", dénonçant "le gang" de "priviligiés" (ministres ou hommes d'affaires) qui l'entouraient et ont été lourdement condamnés après sa chute.
A côté de ce grand ménage, M. Tebboune estime avoir également redressé la barre économique. "Il est de notoriété publique que les recettes de l'Etat ont augmenté, que la saignée du Trésor relève du passé et que l'Algérie a récupéré les fonds dilapidés qu'elle pouvait récupérer, estimés en milliards de dollars", a-t-il expliqué. Selon M. Abidi, le président a été "aidé par une conjoncture internationale favorable", avec la guerre en Ukraine qui a dopé depuis 2022 les prix du gaz naturel dont l'Algérie est le 1er exportateur en Afrique, et sa "grande connaissance du fonctionnement de l'administration algérienne". M. Tebboune a introduit de "nouvelles méthodes de gouvernance orientée vers les besoins sociaux et matériels de la population", a souligné M. Abidi, évoquant aussi un "discours de proximité trempé dans le registre populiste" et "un système de rente généralisé". Avec la revalorisation des salaires publics, des retraites et l'attribution de logements sociaux.
En meeting récemment à Oran, M. Tebboune a promis 450.000 nouveaux emplois et une hausse de 13.000 à 20.000 dinars (133 €) - au niveau du salaire minimum - de l'allocation chômage mensuelle, créée en 2022 pour les 19-40 ans. A ceux qui critiquent des avancées trop lentes, M. Tebboune rétorque que son premier mandat a été amputé de 2 ans "par la guerre contre le Covid-19 et la corruption". Une période qui a marqué Abdelhamid Megunine, un étudiant de 20 ans interviewé par l'AFP à Alger: "Nous avons beaucoup souffert. Les prix et le coût de la vie ont augmenté". La situation s'améliore depuis 2022 avec une croissance annuelle d'environ 4 % et des réserves de changes de 70 milliards de dollars. Mais l'économie et le financement des aides sociales restent dépendants des hydrocarbures, les exportations de gaz naturel fournissant 95 % des ressources en devises.
En politique étrangère, le bilan de M. Tebboune est également mitigé, avec un retour de l'Algérie sur la scène internationale, notamment comme membre non-permanent du Conseil de sécurité de l'ONU où elle défend farouchement la cause palestinienne, mais ses relations avec certains voisins arabes comme le Maroc et africains comme le Mali se sont détériorées. De même, avec la France, l'ancienne puissance coloniale, une nouvelle brouille a éclaté fin juillet, quand Paris a apporté un soutien marqué au plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental. Alger, qui y appuie les indépendantistes sahraouis, a répliqué par le retrait immédiat de son ambassadeur à Paris.
Aouchiche - Hassani Cherif contre Tebboune: en un combat douteux !
par Samia Naït Iqbal
Le Matin d'Algérie - 22 aot 2024
https://lematindalgerie.com/aouchiche-hassani-cherif-contre-tebboune-en-un-combat-douteux/
Que les choses soient claires: les Algériens et ceux qui connaissent le marigot de la politique algérienne savent pertinemment que la présidentielle est de la poudre aux yeux. [Le président sortant Abdelmadjid] Tebboune [au pouvoir depuis 2019] gagnera cette pseudo-élection avec un taux stratosphérique et restera chef de l’État.
En ce jour d’une campagne électorale ubuesque [commencée le 15 août] et sans relief, peinant à accrocher grand monde, l’image renvoyée par les comptes rendus de presse des meetings et des sorties effectuées par les différents candidats pour les besoins de la campagne électorale est saisissante: Youcef Aouchiche [premier secrétaire national du Front des Forces Socialistes, ou FFS, parti fondé par Hocine Aït Ahmed, qui se définit comme de gauche et laïc] et Hassani Cherif [président du Mouvement de la Société pour la Paix, ou MSP, un parti politique considéré comme islamiste modéré] tentent difficilement d’exister face au chef d’État-candidat, Abdelmadjid Tebboune, qui dispose d’une puissante ingénierie électorale.
Un combat inégal - Une grosse machine constituée d’une direction de campagne dirigée par le ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, avec des dépendances dans toutes les wilayas [collectivités territoriales] et surtout d’une armée de partisans et de soutiens qui lui permettent de ratisser et de parcourir, par défaut, le pays profond pour transmettre son message. Les moyens de l’État, y compris les médias publics, sont mis au service de Tebboune.
A contrario, tel le coureur de fond reclus dans sa solitude, les candidats du FFS et du MSP sont astreints à payer de leur personne, s’échinant à aller de ville en ville pour rencontrer les citoyens. En vain ! Ce faisant, ils livrent un combat aussi douteux qu’inégal contre un adversaire qui mène une campagne tranquille, ne se donnant même pas la peine de s’engager pleinement dans la bataille.
En clair, Tebboune fait la course tout seul. Le seul adversaire qu’il peut avoir est sa propre personne. Autrement, tant qu’il aura l’onction de l’État profond, rien ni personne ne l’empêchera d’être chef de l’État après le 7 septembre. L’affaire est cousue de fil blanc. Engoncé dans sa posture suffisante du champion qui est sûr de ses forces, le chef de l’État-candidat à sa propre succession renforce, de ce fait, l’idée largement partagée qu’il sera reconduit à son poste. (...)
Pas moins de 15 partis politiques, dont le FLN [Front de libération nationale, parti historique fondé pour demander l’indépendance algérienne], le RND [Rassemblement national démocratique, traditionnellement allié du FLN], le Front El-Moustakbal [ou “Front de l’avenir”, parti qui a appelé à une nouvelle candidature du président Tebboune], le Parti voix du peuple [qui a également appelé à une candidature Tebboune], auxquels sont venus s’ajouter des sigles qui servent d’emballage à une flopée de personnes qui se gargarisent du titre de chef de parti politique et d’organisations dites de la société civile, se chargent d’organiser meetings et sorties de proximité. Même Naïma Salhi, condamnée pour propos racistes [jugée pour un discours anti-Kabylie], est de la partie. (...)
La lutte s’annonce donc inégale, mais peu importe: cette chamaillerie électorale ultramédiatisée est avant tout un formidable coup de pub pour les candidats du FFS et du MSP, qui, bien qu’ils soient les seuls à ne pas croire que les dés sont pipés et que la joute électorale du 7 septembre est perdue d’avance, auront une petite compensation: ils bénéficient d’une visibilité illusoire pendant cette courte séquence électorale avant de rentrer de nouveau dans le rang. Quand la chape de plomb sera déployée sur la vie politique du pays.
09/08/2024 >> Tebboune obtient le score soviétique de 94,6 % des suffrages exprimés, sans mention des bulletins blancs ou nuls. L'autorité électorale ANIE annonce "un taux moyen" de participation de 48 %. Mais dimanche à 17h, ce taux était de 26 %, soit 7 pts plus bas qu'en 2019. Le taux de participation définitif n'a pas été communiqué. Les deux candidats battus contestent le taux de participation et le pourcentage de voix en leur faveur, dénonçant l'un et l'autre une "fraude". Même Tebboune, un peu gêné par ses 95 %, pointe des "incohérences". Excès de zèle de la commission ?
14/09/2024 >> Après réflexion, les membres du Conseil constitutionnel s'accordent sur les chiffres de 84,3 % pour Tebboune, avec une participation de 46,1 %.
26/05/2025 >> Saida Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hamadi, dont les candidatures à la présidentielle avaient été rejetées, sont condamnés à 10 ans de prison pour "corruption", accusés d'achat de parrainages.