Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
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trouve toujours son origine dans une imposture.
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Dernière mise à jour :
23.02.2026
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Comment les eaux usées britanniques se retrouvent-elles dans la Manche ?
par Louis Augry
BFMTV - 31 aot 2022
https://www.bfmtv.com/environnement/tout-comprendre-comment-les-eaux-usees-britanniques-se-retrouvent-elles-dans-la-manche_AN-202208310361.html
Depuis plusieurs semaines, 15.000 conduits d'eaux usées britanniques se déversent directement dans la Manche et la mer du Nord, provoquant l'indignation et l'inquiétude. Un "scandale national" qui traverse les frontières britanniques et termine dans la nature. Le phénomène n'est pas récent mais semble s'être accentué ces dernières semaines: les eaux usées britanniques se déversent en grande quantité dans la Manche et la mer du Nord.
Mercredi 24 août, l'ONG Surfers Against Sewage a pris la parole dans la presse anglaise, estimant à près de 90 les plages du Royaume-Uni souillées par les eaux usées et devenues tout simplement impraticables. L'affaire a pris une nouvelle tournure avec la publication d'un communiqué commun de trois eurodéputés français, dont l'ancienne ministre Nathalie Loiseau, pour interpeller le gouvernement britannique et la Commission européenne à ce sujet.
Que se passe-t-il exactement ?
Au Royaume-Uni, le système d'assainissement national transporte les eaux de pluie et les eaux usées dans les mêmes canalisations, en direction des stations d'épuration. Problème: en cas de fortes intempéries et de pluies diluviennes, le réseau est saturé, ce qui a notamment été le cas la semaine dernière outre-Manche. Dans cette situation précise et afin d'éviter les inondations, il est temporairement autorisé de déverser directement les eaux usées dans la mer et les rivières alentours. Résultat: 15.000 conduits d'eaux usées finissent directement dans la Manche et la mer du Nord depuis quelques semaines.
Le problème, c'est que les compagnies britanniques abusent régulièrement de ces autorisations. L'an passé, la société Southern Water a été condamnée à une amende record de 90 millions de livres sterling pour avoir déversé des milliards de litres d'eaux usées non traitées directement dans la mer dans le West Sussex, le Kent et le Hampshire, trois comtés du sud de l'Angleterre.
Le déversement de l'eau polluée dans l'eau ne semble plus rien avoir d'exceptionnel, et la BBC rapportait il y a quelques jours les nombreux défauts de surveillance des services côtiers, dont les systèmes n'auraient pas été installés ou ne fonctionneraient pas correctement "90 % du temps". Une situation qui laisse donc le champs libre pour déverser les eaux usées dans la nature. (...) Car les effets de ce déversement pourraient se révéler dramatiques.
En janvier dernier déjà, le journal Le Monde évoquait les inquiétudes des baigneurs concernant le déversement d'eaux usées dans la mer à Whitstable, dans le nord-est du Kent, en Angleterre. La baignade dans une mer contaminée peut provoquer diverses maladies, des infections de l'estomac, des yeux, la transmission de bactéries telles que l'e-Coli, la salmonelle ou l'hépatite A. "Nager dans de l'eau contaminée par les eaux usées peut vous exposer à de nombreuses bactéries et virus nocifs", explique le Dr Samuel Jones du Queen Mary's Hospital.
Au total, environ 90 plages britanniques, de Bognor Regis dans le West Sussex à Swanage dans le Dorset, ont été polluées par les eaux usées au cours du mois dernier selon l'organisation environnementale Surfers Against Sewage. Et nombreuses sont les municipalités à avoir fait le choix de fermer leur plage pour des raisons sanitaires. Outre la baignade, c'est aussi toute une économie qui est menacée par ces eaux: celle de la pêche. Jusque sur les côtes françaises, les pêcheurs s'inquiètent de voir leur poisson potentiellement contaminé par la pollution.
Comment les autorités britanniques comptent-elles régler le problème ?
Face à ces inquiétudes diverses, Londres a fini par prendre la parole. Samedi 27 août, le gouvernement a annoncé sa volonté de réduire à zéro les rejets en mer d'eaux usées non traitées d'ici à 2050, en passant par des investissements colossaux. Les compagnies des eaux devront notamment investir quelque 56 milliards de livres pour rénover les systèmes d'égouts dans le pays.
Pour le ministre de l'Environnement britannique George Eustice interrogé par la radio BBC4, il s'agit de "révolutionner nos réseaux d'égouts", évoquant "un héritage de l'infrastructure victorienne" du XIXe siècle. Selon lui, le gouvernement britannique actuel, dont les fonctions prendront bientôt fin avec le départ de Boris Johnson, est "le premier à s’attaquer sérieusement à ce dossier". "La raison pour laquelle cette décision a été repoussée par des gouvernements successifs, aussi bien travaillistes que conservateurs, pendant des décennies, est que l’on a voulu que les factures d’eau restent basses, et on peut le comprendre", a-t-il estimé.
D'ici à 2035, les compagnies de distribution des eaux devront avoir rénové les conduits qui se déversent à proximité de zones de baignade, et au plus tard en 2050 pour les autres. Pour payer ce plan, les consommateurs devront payer dans un premier temps 12 £ par an et par foyer en plus... Un coût qui s'élèvera à 42 £ à l'horizon 2050.
En Angleterre, le scandale des rejets d’eaux usées en mer
par Nina Guérineau de Lamérie
Reporterre - 30 aot 2022
https://reporterre.net/En-Angleterre-le-scandale-des-rejets-d-eaux-usees-en-mer
LONDRES - Une large quantité d’eau non traitée a été déversée en août dans la mer par une compagnie privée, au sud de l’Angleterre. De quoi raviver les braises d’un scandale environnemental et sanitaire qui dure depuis des décennies.
Les plages de Bexhill et de Norman’s Bay, dans le sud de l’Angleterre, ont des airs de cartes postales. Destinations privilégiées des Britanniques pendant les vacances d’été, la mer y est bordée par de gros grains de sable et de petits cabanons en bois. Mais, depuis des décennies, ces paysages idylliques sont aussi au cœur d’un scandale environnemental et sanitaire. C’est ici, à même la Manche, ainsi que dans la mer du Nord et les rivières britanniques, que les compagnies des eaux du pays déversent illégalement leur surplus d’eaux usées non traitées. Des évacuations à l’odeur nauséabonde, dont les conséquences sont potentiellement « dévastatrices pour la santé humaine, la biodiversité locale et l’environnement », d’après l’Agence pour l’environnement. Une situation « inacceptable », selon les résidents des lieux concernés, qui a atteint son apogée le 17 août.
Ce jour-là, vers 11h sur la plage de Bexhill, les badauds assistent, abasourdis, au rejet d’une considérable quantité d’eau grise et puante en provenance de l’une des stations d’épuration de Southern Water, entreprise privée chargée de traiter les eaux usées dans la région de l’Essex. Dans la foulée, deux plages sont fermées, et des avertissements liés au risque de pollution sont mis en place dans une cinquantaine de lieux de baignade le long des côtes anglaises et galloises. La raison: les « fortes pluies » de la veille ayant entraîné un « incident technique important », s’est excusé un porte-parole de l’entreprise privée, en rappelant que la protection de la planète était leur « priorité ».
En cas de météo orageuse, les compagnies des eaux sont autorisées à rejeter l’eau de pluie, mais aussi une petite quantité d’eaux usées non traitées directement dans les rivières et la mer, afin d’empêcher les déchets de refluer dans les villes. Ce qui arrive très souvent, le système d’égouts britanniques, encore en grande partie victorien, étant incapable de résister aux fortes pluies.
Néanmoins, cette permission est aujourd’hui utilisée de « manière excessive », critiquent les écologistes, qui plaident pour l’installation de nouvelles infrastructures, comme des réservoirs de stockage dans les stations d’épuration. En effet, plus de 400.000 « débordements » d’eaux usées ont eu lieu dans les eaux anglaises en 2020, contre 293.000 en 2019, selon l’Agence pour l’environnement.
L’an dernier, Southern Water, responsable de plus de 6.000 rejets d’eaux usées non autorisés entre 2010 et 2015, a elle-même été condamnée à une amende de 90 millions de livres pour pollution généralisée. De plus, selon le parti des libéraux démocrates, près d’un quart des énormes tuyaux d’évacuation ne seraient pas — ou pas correctement — contrôlés. « Les gens nagent littéralement dans la merde sans s’en rendre compte » s’est énervée le 22 août sur Twitter la députée écologiste Caroline Lucas.
Le 17 août a donc ravivé la colère de nombreuses associations écolos, qui comparent ces déversements d’eaux usées à du « vandalisme environnemental ». « Nous voulons des réglementations plus strictes et que le gouvernement sévisse plus durement contre l’Autorité de régulation des services d’eau, a réclamé Amanda Jobson, présidente de l’organisation Clean Water Action, lors d’une manifestation organisée ce week-end à St Leonards-on-Sea, ville balnéaire située tout près de Bexhill. Les résultats de Southern Water de ces cinq dernières années sont épouvantables. Les gens tombent malades, y compris les enfants et les personnes âgées. Nous ne tolérerons ni n’accepterons cela, ça suffit ! »
Parallèlement, le sujet alimente encore un peu plus les tensions entre Londres et Paris sur fond de Brexit. « On ne peut pas tolérer que l’environnement, l’activité économique de nos pêcheurs et la santé des citoyens soient gravement mis en danger par les négligences répétées du Royaume-Uni. La Manche et la mer du Nord ne sont pas des dépotoirs ! » a notamment condamné la parlementaire européenne Stéphanie Yon-Courtin dans un communiqué la semaine dernière. Ajoutant que, depuis sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni semble s’être « exonéré de ses exigences environnementales en matière de qualité des eaux ».
Sous pression, le gouvernement britannique, accusé de ne rien faire pour régler la situation, devrait annoncer un plan de 56 milliards de livres d’investissements sur 25 ans pour améliorer le réseau des égouts et une expansion massive de la surveillance des rejets des eaux non traitées dans les mers et les rivières. « Les compagnies des eaux devront aussi investir pour mettre fin » à ces pratiques « afin que nos rivières et nos côtes soient mieux protégées », a finalement exigé le ministre de l’Environnement George Eustice, le 26 août.