Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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trouve toujours son origine dans une imposture.
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
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Dernière mise à jour :
14.03.2026
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JO 2022: Les Jeux de Pékin ne seront pas aussi verts qu'annoncés
par Apolline Merle
Franceinfo: - 03 fev 2022
https://www.francetvinfo.fr/les-jeux-olympiques/pekin-2022/jo-2022-les-jeux-de-pekin-ne-seront-pas-aussi-verts-qu-annonces_4914155.html
ZHANGJIAKOU (Chine) - “La mission de Beijing 2022: organiser des Jeux respectueux de l'environnement, fédérateurs, ouverts et propres", écrivaient en 2019 les organisateurs des Jeux olympiques et paralympiques de Pékin. Trois ans plus tard, le décor visible sur place ne colle pas vraiment avec cet objectif écologique. Bien que les organisateurs se soient engagés à installer des parcs éoliens et panneaux solaires à proximité des lieux de compétition et à améliorer la qualité de l'air, le bilan de l’impact écologique tire plus vers le rouge que le vert.
Mais la neige se fait rare à la veille du début des Jeux d’hiver. A Zhangjiakou, les seules touches de blanc visibles recouvrent seulement les lieux d’épreuves. Les montagnes autour, elles, restent brunes. Et pour cause, la région de Pékin n’est pas connue pour ses chutes de neige. Alors, pour pallier le manque de neige de la région montagneuse de Xiaohaituo, au nord-ouest de Yanqing et Zhangjiakou, les organisateurs, qui n'ont pas répondu aux sollicitations de franceinfo, ont dû fabriquer leur propre neige afin de recouvrir l’ensemble des pistes accueillant des épreuves. [Ça devient une habitude parce que déjà à Pyeong Chang en 2018, 90 % de la neige était artificielle. Mais il n'y a pas d'autre solution dans les lieux où il n'y a pas de neige naturelle. Alors pourquoi s'obstiner à organiser des compétitions de ski dans des endroits sans neige ? Avec le réchauffement climatique, ça ne va pas s'arranger; ndc].
Ce travail a été colossal, car les Jeux de Pékin sont totalement dépendants de la neige artificielle, aussi appelée neige de culture. Et les conséquences d’une telle production sont nombreuses. D’abord, en consommation électrique. "Pour faire de la neige artificielle, il faut installer des centrales à neige en montagne, qui nécessitent énormément d'électricité, notamment pour pomper l'eau et l'envoyer sous forme de brume", explique Arnaud Gauffier, directeur des programmes du WWF France, ONG qui défend notamment l'environnement. [Il a fallu aussi creuser des tranchées pour enterrer des kilomètres de tuyaux afin d'apporter de l’eau depuis d’énormes réservoirs, un travail titanesque; ndc]
Ensuite, et surtout, en consommation d'eau. "D’après les dernières données, la consommation sera autour de 2 millions de m³ pour l’ensemble de l’enneigement artificiel des sites olympiques", affirme Carmen de Jong, professeure en hydrologie, à l'université de Strasbourg. Une telle consommation d’eau dans une région semi-aride n’est pas sans répercussion. "Les conséquences sont davantage sur les autres bassins versants, d’où l'eau est prélevée. L'eau est ensuite transportée et stockée", enrichit l’enseignante.[Le CIO se vante d'avoir encouragé l’emploi d’un nouveau système de refroidissement naturel au CO2 au lieu des habituels HFC (hydrofluorocarbones), qui devrait réduire l’empreinte carbone totale des sites de patinage (vitesse, artistique, hockey). Les HFC ont un pouvoir de réchauffement global (PRG) des milliers de fois supérieur à celui du CO2. Selon le CIO, ce système réduira les émissions de carbone d’"environ 3.900 voitures"... En tout cas, ce n'est pas sur ce système que portent les critiques, pour l'essentiel.
Les patinoires couvertes se sont multipliées à partir des années 50, une évolution qui est venue des USA. En Europe, jusque dans les années 50, on patinait sur des lacs gelés, comme en 1952 aux JO d'Oslo; ndc]
Les réserves locales menacées
Dans le Plan de développement durable des Jeux de Pékin 2022, publié en 2020, les organisateurs accumulent les promesses quant à la protection de l’environnement et au contrôle de la consommation d’eau. Mais aucun chiffre n’est avancé. "Ils affirment vouloir réduire la consommation en eau pour fabriquer la neige artificielle, mais ce n’est pas possible, tranche Carmen de Jong. Pour fabriquer une telle quantité de neige, ce n’est jamais assez". [Au moment de la candidature de Pékin, les autorités chinoises avaient assuré que les ressources en eau seraient suffisantes, que "seulement 1 % des ressources annuelles en eau de la région" seraient utilisées. Le CIO les avait crus; ndc]
Dans un écosystème déjà très stressé par le manque d’eau du fait du climat de la région, la production à 100 % de la neige pourrait créer des conflits sur place, notamment du point de vue agricole. "Les agriculteurs sont déjà très dépendants de la nappe phréatique et doivent payer l'eau par mètre cube pour irriguer leurs parcelles, parce que rien ne pousse sans irrigation, remarque Carmen de Jong. Si en plus, on pompe de l'eau pour créer de la neige artificielle, cela pourrait vraiment stresser les réserves locales".
Surtout que cette saison correspond au temps de la sécheresse en montagne: "L'hiver est la période où il y a le moins d'eau disponible en montagne, puisque la plupart de l'eau est sous forme solide, de glace ou de neige, et par conséquent les niveaux des rivières sont très bas. On va donc pomper de l'eau au moment où il y en a le moins", poursuit Arnaud Gauffier du WWF France.
Si la question de l’eau interpelle aujourd'hui, il en sera de même dans les prochaines années. En effet, lors de la candidature chinoise, l’un des arguments phares de Pékin était que les Jeux inciteraient 300 millions de Chinois à se mettre aux sports d'hiver. Mais un tel accroissement de cette pratique dans cette région risque de mettre encore plus de pression sur les ressources en eau. "Comme l'idée est de créer des stations de ski, il va falloir pomper de l'eau pour fabriquer de la neige, mais elles ne pourront pas fonctionner naturellement", dit Carmen de Jong à franceinfo.
La fabrication de neige artificielle pose une autre question, celle de sa qualité. "Pour faire en sorte d’abaisser le point de congélation de l'eau qu'on envoie, donc faire en sorte qu'on puisse faire de la neige à + 2 ou + 3°C et qu’elle reste plus longtemps au sol, on ajoute des adjuvants dans l’eau, explique Arnaud Gauffier. Ces adjuvants sont des produits chimiques dont on ne connaît pas encore l'effet sur les milieux naturels".
Alors, même si les organisateurs assurent que cette eau ne contient pas de produits chimiques et pénétrera naturellement dans le sol lors de la fonte, le doute plane. "Comment vont-ils faire pour créer une neige qui tienne dans le temps ? Car le souci avec une telle compétition, c’est qu’il y a beaucoup de skieurs qui utilisent les pistes pour les entraînements, les compétitions. Il faut ainsi retravailler constamment la neige", souligne Carmen de Jong. [Selon le rapport, plus de 100 générateurs de neige et 300 canons à neige fonctionneront 24h/24 pendant toute la durée des JO pour recouvrir les pistes de neige artificielle; ndc]
Car même une neige artificielle, dite propre, ne l’est pas vraiment totalement. "Même si on ne met aucun adjuvant, aucun sel, l'eau qui permet la fabrication de la neige artificielle est toujours d'une qualité moins bonne que l'eau de pluie naturelle, puisque cette eau a stagné dans des réservoirs", remarque la professeure en hydrologie à l'université de Strasbourg. La majorité doit en effet être pompée sur de très longues distances, 7 km pour le site de Yanqing (où ont lieu les courses de ski alpin), et presque 40 km pour le site de Zhangjiakou (qui accueille les épreuves de biathlon). Pour alimenter ce site, c'est depuis le réservoir Yunzhou que l'eau est pompée. Cette dernière est initialement utilisée pour l'irrigation et la distribution d'eau potable à Pékin.
La production de neige artificielle n’est pas la seule incohérence écologique. Une partie des pistes de ski, qui accueilleront les athlètes, ont été construites sur une réserve naturelle protégée, menaçant ainsi certaines espèces. "En 2015, des biologistes chinois avaient alerté sur le fait que cette zone était protégée, souligne Carmen de Jong. Ils ont proposé de déplacer les épreuves de ski dans un autre endroit et je pensais que le sujet était acquis. Mais je suis revenue sur les cartes des sites olympiques récemment et j'ai constaté qu'ils étaient restés sur la réserve naturelle de Songshan et notamment sur la zone centrale, soit la zone la plus importante pour la protection des espèces".
D’après l’enseignante-chercheuse, la construction et l’aménagement de ces pistes ont détruit presque 25 % de la totalité de la réserve. D’ailleurs, "la limite de la réserve naturelle de Songshan a été modifiée. La zone centrale [y compris son plus haut sommet qui, d'après les experts, recèle la biodiversité la plus importante et la plus riche; ndc] a été déclassée et la réserve a été élargie à côté avec une nouvelle zone centrale", ajoute Carmen de Jong, qui a suivi de près les préparatifs dans cette région. [D'après CNN, les limites de la réserve ont été redessinées lorsque la Chine a remporté la candidature, afin de pouvoir accueillir le domaine skiable; ndc]
Risque d’érosion des sols
À cela s’ajoute aussi un grand risque d’érosion des sols. En effet, les organisateurs ont construit sur le site de Chongli (préfecture de Zhangjiakou) des pistes sur des gorges dans la perspective des JO. Si ces pistes n’accueilleront finalement pas d'épreuves, elles se situent cependant à proximité des sites olympiques. "Les organisateurs ont rempli entièrement ces gorges avec des sédiments. Cela est donc très vulnérable, car une gorge est toujours très érosive, surtout en été avec les pluies très fortes. C'est comme du maquillage", appuie la spécialiste.
Des terrasses agricoles ont aussi été détruites pour aménager cette fois les sites du saut à ski et du ski de fond, tous les deux situés à Zhangjiakou. "Il ne s'agit pas seulement de faire de la place pour les logements et les pistes, mais aussi de réaliser des plantations alpines de conifères. Officiellement, il s'agit d'une mesure de compensation de CO2, mais la croissance est très lente à ces altitudes et latitudes et cela fait peu de sens si on détruit préalablement la biomasse des terrasses agricoles", précise Carmen de Jong. "En réalité, il s'agit plutôt de cacher la tradition agricole de la région et de créer une atmosphère alpine pour les caméras et les touristes".
"Ils construisent tout de toute pièce, s'agace Perrine Laffont, championne olympique de ski de bosses. Il n'y avait aucune structure existante avant les JO, car il n'y a pas de culture du ski en Chine. C'est énervant, car nous sommes en pleine transition écologique, et pour moi les Jeux ont des valeurs écologiques, et de pérennité. Il faut se servir des Jeux, qui sont un événement international, pour montrer l'exemple".
Toutes ces dégradations environnementales ne sont pas propres à la candidature de Pékin. Sur les trois dernières éditions, à Sotchi en 2014 et à PyeongChang en 2018, les villes hôtes ont dû créer de toute pièce le décor blanc nécessaire à l’accueil des Jeux d’hiver. "C’est un déni de la part du CIO", regrette Arnaud Gauffier du WWF France. "Les choix des sites sont très politiques, donc les considérations environnementales, de savoir s'il y a de la neige ou pas, arrivent en dernier. On l'a vu avec Sotchi en 2014, on le voit encore aujourd’hui avec Pékin. Ce sont des sites où il n'aurait jamais dû y avoir les JO". [A quand des JO d'hiver au Qatar ?; ndc]
Pour le directeur des programmes de WWF France, ces choix de pays hôte sont le reflet d’un autre constat. "On peut toujours délocaliser les JO, les amener de plus en plus haut, les éclater sur différents sites, les faire au Groenland peut-être un jour, mais on gagnera seulement quelques années. Ça va être de plus en plus compliqué de les organiser, en tout cas avec de la neige naturelle. Les jours des Jeux d’hiver sont comptés" [Les températures sont pourtant négatives à Pékin. - 30°C par exemple à Yanqing; ndc].
Un constat confirmé fin janvier par un rapport produit par des chercheurs du Sport Ecology Group de l'université anglaise de Loughborough et l'association Protect Our Winters. D'après ce rapport, sur les 21 sites ayant accueillis des Jeux d'hiver depuis Chamonix en 1924, seuls 10 d'entre eux pourraient encore convenir pour accueillir un tel événement, avec des chutes de neige naturelles suffisantes, d'ici à 2050. [Entre 1920 et 1950, la température moyenne des villes accueillant les JO s’élevait à 0,4°C au mois de février. Elle atteint aujourd’hui 6,3°C. Selon une étude publiée le 10 janvier dans la revue Current Issues in Tourism, en suivant la trajectoire actuelle, seule la ville de Sapporo (Japon) pourrait de nouveau accueillir les JO d’hiver à la fin du siècle. Si l'on parvient à atteindre la neutralité carbone avant la fin du siècle, 7 autres villes pourraient à nouveau accueillir des compétitions: Vancouver, Calgary (Canada), Salt Lake City, Lake Placid (USA), Lillehammer, Oslo (Norvège), Nagano (Japon); ndc]
La qualité de l'air [AFP, 29/01/2022]
Afin de garantir un air respirable, les poêles à charbon ont été remplacés par des systèmes de chauffage électrique ou à gaz dans 25 millions de foyers à Pékin et les régions environnantes, où le froid est vif durant les mois d'hiver. Les aciéries de la région ont reçu l'ordre de diviser leur production par 2 en août dernier et des dizaines de milliers d'usines ont dû payer des amendes pour dépassement des limites d'émissions polluantes.
La qualité de l'air s'est indéniablement améliorée à Pékin ces dernières années: la capitale chinoise n'a enregistré que 10 jours de pollution atmosphérique élevée en 2020, contre 43 en 2015, selon le ministère de l'Environnement. La présence de particules fines, en provenance du reste du pays, continue cependant à dépasser régulièrement les recommandations de l'OMS.
Voici, ci-dessous, la présentation de l'aspect environnemental de ces JO telle qu'on peut la lire dans la presse chinoise. A noter: Pas un mot sur la fabrication de la neige artificielle...
Mais ça correspond à leur mode de communication. Quand ils dégueulassent quelque chose (généralement parce que "l'intérêt national" le leur commande), ils le cachent derrière les réalisations, motifs de fierté et d'exemplarité. Parler de ce qui est "négatif" serait de la "malveillance" dans le seul but de "nuire à la Chine". Ce raisonnement les conduit à occulter tout ce qui n'est pas flatteur.
Mais ce qui est valable pour les JO l'est aussi pour leur histoire récente (Révolution culturelle, Tiananmen, Ouïghours, etc.). Il est vrai que nous en faisons autant. L'Histoire de France apprise à l'école est une histoire "glorieuse". On passe plus de temps à parler d'Austerlitz et de Marignan que des massacres de la colonisation, des mutineries de 1917 ou du 17 octobre 1961...
J'ai donc entendu ce discours formulé ainsi: « Pourquoi vous ne parlez que de la neige artificielle et pas de notre patinoire et son système de refroidissement unique au monde, des matériaux utilisés, de nos installations décarbonées ? »... On croirait qu'ils organisent une exposition universelle sur un site de démonstration.
Des JO verts, porteurs d'espoir
XinHua, China.org - 29 dec 2021
http://french.china.org.cn/china/txt/2021-12/29/content_77959381.htm
Il y a quatre ans, Beijing a repris le drapeau du Comité international olympique (CIO) et du Comité international paralympique (CIP), lors de la cérémonie de clôture des JO et paralympiques d’hiver de Pyeongchang-2018.
Les 24e JO d’hiver se dérouleront du 4 au 20 février 2022. Ils incluront sept événements majeurs, 15 sous-événements et 109 événements mineurs, qui se dérouleront dans trois zones de compétition: la zone urbaine de Beijing, l’arrondissement de Yanqing dans la banlieue nord de Beijing et Zhangjiakou (Hebei), ville limitrophe de Beijing. Après les JO d’hiver, les Jeux paralympiques d’hiver se dérouleront du 4 au 13 mars. Cet événement fera de Beijing la première ville au monde à avoir organisé à la fois des JO d’hiver et d’été.
Lors des 29e JO d’été en 2008, la Chine avait mis en avant le concept des « JO verts ». Elle poursuivra cet héritage lors des prochains Jeux, mais avec davantage de vigueur. Et ce n’est pas seulement en raison des exigences de la Charte olympique. Le pays se rapproche de ses objectifs de plafonnement des émissions CO2 d’ici 2030, et de neutralité carbone d’ici 2060. Les JO seront au centre de l’attention nationale et internationale, et seront une scène de choix pour la Chine, qui montrera son engagement. [Le brouillard de pollution qui enveloppait Pékin il y a quelques années a quasiment disparu. L'écologie est devenue un sujet de préoccupation des dirigeants parce que la pollution ne pouvait plus être niée et qu'elle allait provoquer l'exaspération de la population. Les médias officiels répètent aujourd'hui que la Chine est le premier pays en matière de transition énergétique, celui qui a le plus investi dans les énergies renouvelables. Tout cela est vrai... mais il y a encore de grosses carences, notamment au niveau de la dégradation des sols, les teneurs en métaux lourds, sans parler du nucléaire. La Chine est toujours le premier pollueur mondial, le premier émetteur de GES et elle devrait le rester un moment; ndc]
Des sites d’accueil écologiques
Depuis 2015, le Comité d’organisation des JO et Jeux paralympiques d’hiver-2022 à Beijing (Beijing-2022) se prépare activement en mettant l’accent sur la construction de sites sportifs, socle d’un événement de cette envergure. Selon Zhou Guanghui, chef de la section sécurité et qualité du Bureau central de construction des grands projets de Beijing, la priorité a été donnée à l’utilisation de techniques de construction écologiques. Cela a permis de construire un certain nombre de sites écologiques à faible émission CO2.
L’Anneau national de patinage de vitesse de la Chine (Ruban de Glace) adopte une structure de réseau de câbles monocouche dont la portée est la plus grande du monde pour un stade. L’immense toit en forme de raquette de tennis, qui mesure 198 m de long et 124 m de large, est construit avec des matériaux exceptionnellement légers et souples. Il ne pèse que 25 % du poids des toits traditionnels, réduisant ainsi considérablement la quantité de matériaux utilisés et les émissions CO2 à la source. La patinoire ovale sera fabriquée à l’aide d’un système de refroidissement respectueux de l’environnement qui utilise pour la première fois du CO2 comme réfrigérant, remplaçant le fréon, relativement nocif. Ce système est plus respectueux de l’environnement et permet de réaliser des économies d’énergie de plus de 30 % par rapport aux méthodes de réfrigération traditionnelles.
Les méthodes de construction écologique (photovoltaïque et photothermique) sont également utilisées pour les sites sportifs. Le toit du Centre de sports de glace de Wukesong est équipé d’un système de production d’énergie photovoltaïque de 600 kW, qui pourra fournir une énergie annuelle d’environ 700.000 kWh, et répondre à une partie de la demande en électricité du centre de sports de glace. Le village olympique d’hiver de Yanqing a installé des capteurs à tubes sous vide sur le toit, fournissant plus de 70 % de la quantité totale de chaleur pour les zones d’habitation. Le centre des médias de Yanqing a un toit doté de 64 puits de lumière pour l’éclairage naturel et 256 panneaux photovoltaïques. Sa capacité annuelle de production d’électricité est de 140.000 kWh, ce qui équivaut à une réduction des émissions CO2 d’environ 90 tonnes par an.
En outre, certains sites, comme le Ruban de Glace, ont mis en place des centres de contrôle de l’énergie utilisant le big data et l’analyse de l’intelligence artificielle pour collecter, enregistrer et analyser les données de consommation d’énergie (eau, électricité, gaz et chauffage) sur les sites en temps réel. « Tous les nouveaux sites couverts ont atteint la norme trois étoiles en matière de construction écologique, la plus élevée en Chine, et les sites existants ont atteint la norme deux étoiles grâce à une rénovation économe en énergie », révèle Liu Yumin, chef du Département de la planification et de la construction de Beijing-2022.
Alimentation électrique verte
De l’éclairage à la production de glace, l’électricité est indissociable des événements sportifs. Pour atteindre l’objectif des JO verts, le concept d’« électricité verte » a été introduit. Il s’agit de l’utilisation de ressources énergétiques vertes et autres énergies renouvelables, en les transformant en électricité verte à l’aide d’équipements de production spéciaux. Un certain nombre de projets d’électricité verte et d’entreprises associés à différents aspects de la production d’énergie propre, du transport et de l’utilisation de l’électricité pour les JO ont attiré l’attention du public.
La région de Zhangbei, proche de la zone de compétition de Zhangjiakou, dispose d’abondantes ressources en énergie renouvelable, mais l’énergie propre n’était pas utilisée de manière adéquate en raison des infrastructures de transmission non adaptées. Afin d’assurer un approvisionnement énergétique régulier pour les JO, le réseau électrique flexible à courant continu de Zhangbei a été construit et mis en service le 29 juin2020.
« Le projet utilise 12 technologies de classe mondiale pour prévenir efficacement l’interruption et la fluctuation de l’alimentation électrique sur le réseau, qui sont des limites typiques des nouvelles sources d’énergie, et transmettre une énergie stable pour la production et l’utilisation domestique », indique Xu Zhijun, secrétaire adjoint de Beijing2022. Pour la première fois dans l’histoire, tous les sites seront exclusivement alimentés en énergie verte. Cette initiative présente une nouvelle voie pour l’utilisation et la promotion de l’énergie à l’avenir, ajoute-t-il.
Depuis le 15 décembre2020, China Three Gorges Corporation (CTG) est partenaire officiel des JO pour la production en électricité. Une base éolienne CTG située dans la région de Zhangbei a été installée avec une capacité de 49,5 MW dans la phase I. Le projet sera connecté au réseau électrique flexible à courant continu de Zhangbei par une ligne de 220 kV. Ces installations et projets innovants garantiront un approvisionnement suffisant en électricité verte pour l’événement. Le réseau de Zhangbei devrait fournir 22,5 milliards de kWh d’électricité verte à Beijing chaque année, soit environ 10 % de sa consommation annuelle d’électricité, ce qui équivaut à une économie annuelle de 7,8 millions de tonnes de charbon standard et de 20,4 millions de tonnes de CO2.
« Des énergies propres ont également été utilisées lors des précédents JO, mais tous les sites des JO d’hiver de Beijing seront alimentés avec le réseau vert de la ville, ce qui est une première dans l’histoire des JO », explique Juan Antonio Samaranch, président de la commission de coordination du CIO pour Beijing-2022. « Cela constituera une référence pour le développement vert et durable des sites et de l’ensemble du territoire ».
Transports verts
Lors d’une conférence de presse sur les faibles émissions de CO2, le 26 mai2021, Zhao Tongan, directeur adjoint du département des transports du Comité, a mentionné que pratiquement tous les services de transport seraient alimentés par des énergies propres et serviraient de démonstration des véhicules à hydrogène. Ceux-ci utilisent de l’hydrogène ou des substances contenant de l’hydrogène pour réagir avec de l’oxygène dans une pile à combustible et produire de l’électricité pour alimenter un moteur électrique, faisant avancer les véhicules. Leur utilisation généralisée réduira efficacement la pollution atmosphérique causée par les véhicules à essence.
« Nous avons tenu compte de diverses situations, telles que les basses températures et l’altitude élevée pour maximiser l’utilisation de véhicules économes en énergie afin de réduire les émissions CO2. Sur les sites de compétition de Yanqing et de Zhangjiakou, nous utilisons principalement des véhicules à hydrogène », indique M. Zhao. En novembre2021, des bus à hydrogène ont officiellement commencé à desservir la zone centrale du site de Yanqing. Ces bus sont équipés de moteurs à pile à hydrogène et de 8 cylindres de stockage, transportant 26,4 kg d’hydrogène. Ils peuvent être démarrés à des températures aussi basses que - 30 °C, ont une vitesse nominale de 100 km/h, et une autonomie d’environ 450 km, et peuvent s’adapter aux conditions des villes du nord. Chaque bus peut réduire les émissions CO2 de 70 kg aux 100 km, ce qui équivaut à l’obsorption de 14 arbres ordinaires en une journée, contribuant ainsi à l’objectif de zéro émission et zéro pollution.
« Pendant cette période, l’utilisation des véhicules à énergie propre permettra de réduire les émissions d’environ 11.000 tonnes de CO2, ce qui équivaut à l’accumulation du puits de carbone de plus de 50.000 mu (3.333,3 hectares) de forêt pendant un an », dévoile M. Zhao, ajoutant que Beijing et Zhangjiakou construisent des stations de ravitaillement en hydrogène, des piles de recharge et d’autres installations de soutien comme prévu pour répondre aux besoins des véhicules à hydrogène et des véhicules électriques.
Tous ces efforts confirment que, lorsque le rideau se lèvera sur les JO et les Jeux paralympiques d’hiver de 2022 à Beijing le 4 février, le monde découvrira de jeunes athlètes s’efforçant de réaliser leurs rêves et une nation s’efforçant d’atteindre un objectif bénéfique pour l’ensemble de l’humanité, à savoir la réduction des émissions nocives et donc l’atténuation du changement climatique.
Au fait, quel est le coût des JO ? Le Comité d'organisation est très discret sur cette question. Le budget préliminaire annoncé en 2015 par Pékin dans son dossier de candidature était d'environ 1,5 milliard de dollars pour les chantiers de construction... mais sans compter l'autoroute et la ligne TGV entre Pékin et le site de Chongli ! En 2018, la facture des chantiers dépassait déjà 2 milliards de dollars avant même la construction des infrastructures pour les sports de glisse et les disciplines de ski. Les fonds publics financent la plus grande partie des projets.
EDIT (9 février 2022) Le budget opérationnel de Pékin-2022 s’élève officiellement à 3,9 milliards de dollars. Cette somme correspond au montant déboursé au cours de la quinzaine olympique: coûts liés à la cérémonie d’ouverture, de clôture, la logistique, la gestion des délégations. Cela ne concerne pas l’infrastructure générale, village olympique, transports. Le Comité d'organisation a fait passer les différentes infrastructures sportives dans la colonne investissements.
L'ardoise des Jeux olympiques de Pékin s'annonce salée pour la Chine
par Michael Peuker
RTS - 09 fev 2022
https://www.rts.ch/info/monde/12852516-lardoise-des-jeux-olympiques-de-pekin-sannonce-salee-pour-la-chine.html
(...) Dans une récente enquête, BusinessInsider a épluché les dépenses en lien avec Pékin 2022. La réalisation d'infrastructures et la modernisation des sites alpins de Yanqing et de Zhangjiakou est estimé à près de 21 milliards de dollars. La construction du TGV reliant ces deux localités à la capitale a, pour sa part, avalé plus de 9 milliards. En ajoutant le percement d’une nouvelle ligne de métro et le réaménagement des différents sites de Pékin 2008, la douloureuse s’élèverait à plus de 38,5 milliards de dollars au total, soit près de 10 fois le budget opérationnel consacré à ces Jeux Olympiques.
Un montant probablement sous-estimé affirme Andrew Zamablist: "Ces chiffres ne tiennent pas compte du coût environnemental et humain. Ces jeux se tiennent dans une région très aride. Annuellement, des milliards de mètres cubes d’eau sont déviés du sud du pays vers le nord, assoiffé. La population, les agriculteurs dépendent de cette ressource si rare. Hormis le coût financier des installations de pompage mises en place pour alimenter les canons à neige le long des pistes, le coût social et environnemental est très élevé".
De son côté, Pékin justifie ces dépenses par sa stratégie de développement des sports d'hiver. Le gouvernement chinois tente d’encourager sa population à venir dévaler les pentes des centaines de stations sorties de terre ces dernières années. Un passe-temps qualifié de sain et une opportunité économique pour les régions concernées, souvent éloignées des grands centres urbains moteurs de croissance. C'est sous l’égide de ce plan de développement que la Chine a inscrit une grande partie des dépenses liées aux JO. Les villages olympiques seront reconvertis en structure d’accueil, les nouveaux transports profiteront à la population pékinoise désireuse de s’éloigner de la capitale le temps d’un week-end.
Autant d'arguments qui peinent à convaincre Andrew Zambalist. "Toute analyse rationnelle, tenant compte des véritables besoins économiques, sociaux et environnementaux actuels de la Chine, conclurait non seulement que ce ne sont en aucun cas des projets prioritaires, mais que ces projets sont complètement insensés du point de vue de la durabilité et des besoins des gens. Si elles sont effectivement utilisées à l’avenir, ces infrastructures seront fréquentées par la minorité la plus aisée. (...)
07/02/2022 >> Images surréalistes. La compétition de Big Air en freeski a pour décor une friche industrielle et des cheminées d'usines à Shougang, dans la banlieue ouest de Pékin.