Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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trouve toujours son origine dans une imposture.
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.

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Dernière mise à jour : 07.03.2026
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"On avait tout en main pour éviter la catastrophe climatique

Publié le 10/11/2021 à 05:23 par monde-antigone

 
"On avait tout en main il y a 40 ans pour éviter la catastrophe climatique", fustige un chercheur
RTS [Tout un monde] - 08 nov 2021
Propos recueillis par Fouad Boukari, adaptation web: Katharina Kubicek
https://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/12625248-on-avait-tout-en-main-il-y-a-40-ans-pour-eviter-la-catastrophe-climatique-fustige-un-chercheur.html


Toutes les conditions étaient réunies il y a 40 ans pour éviter l'emballement du réchauffement climatique post-industriel, des connaissances aux outils technologiques, à peu de choses près, affirme le chercheur américain Keith Larson dans l'émission "Tout un monde". Keith Larson n'attend pas plus de la deuxième semaine de la COP26 que de la première. Depuis 10 ans à la tête du Centre de recherche sur les impacts climatiques à Abisko, en Laponie suédoise, il peut se targuer d'une vue globale sur la situation actuelle.

La COP26 "sera un échec", avance-t-il. "Nous ne négocions pas une date de fin de l'utilisation des combustibles fossiles. Pendant des décennies, nous avons traité le changement climatique comme s'il s'agissait d'une responsabilité individuelle: « mangez moins de viande, volez moins, faites moins d'enfants, changez vos ampoules ! » La majorité des gens dans le monde n'ont pas ce choix. Alors, nous avons commencé à parler de nos empreintes écologiques, ce qui n'est qu'une autre version de la responsabilité individuelle. Et puis nous avons commencé à acheter des compensations carbone et à planter des milliers d'arbres pour nous donner bonne conscience quand nous volons."

Mais la réalité, souligne le chercheur, est que la plupart de ces arbres meurent. "Si vous plantez 2.000 arbres, trois d'entre eux vivent jusqu'à 100 ou 50 ans". "Ce que la plupart des gens ne réalisent pas à propos de l'Accord de Paris et à propos de ce que nous négocions à la COP26, ce sont deux choses: nous parlons de la vitesse à laquelle nous réduirons nos émissions de carbone, mais il ne s'agit même pas d'arriver complètement à zéro. Et deuxièmement, on parle d'émissions négatives, mais cela repose sur une technologie que nous devons encore inventer, qui n'existe pas maintenant, et on suppose qu'il y aura un intérêt économique à retirer le carbone de l'atmosphère et l'injecter dans le sol", expose-t-il.

Le pessimisme de Keith Larson ne se limite pas uniquement aux décision politiques, car il y a surtout ce qu'il observe sur le terrain. Pour lui, la machine climatique a commencé à s'emballer: l’être humain a ouvert la boîte de Pandore dans le Grand Nord, où le climat se réchauffe à présent deux à trois fois plus vite que partout ailleurs sur la planète. "L'Arctique est le système de refroidissement de la Terre. Donc, si l'Arctique commence à stocker plus de chaleur, il va également libérer plus de dioxyde de carbone et de méthane, à cause des processus naturels. Le permafrost va dégeler, et ce sol qui dégèle contient beaucoup de carbone. Nous prévoyons que d'ici la fin du siècle, ce permafrost qui ne représente que 12 % des terres mondiales pourrait envoyer 100 gigatonnes de gaz carbonique supplémentaires dans l'atmosphère", décrit le scientifique.

"Même si demain, toute la population de la planète éteignait d'un coup la totalité de ses sources de gaz à effet de serre, nous en avons déjà envoyé tellement dans l'atmosphère que la Terre continuerait quand même à se réchauffer pendant des siècles et peut-être même pendant des centaines de milliers d'années", alerte-t-il. Et cette bombe à retardement liée au permafrost n'est pas vraiment intégrée dans le dernier rapport du GIEC, et donc pas prise en compte dans les négociations de la COP26.

Comme solutions, pour Keith Larson, la science a fait sa part du travail. Ce qu'il faut maintenant, selon lui, c'est travailler sur les consciences, les mentalités, sur notre cerveau. "Nous ne vivons chacun que 4.000 semaines environ sur cette planète, et nous avons créé cette idée que le bonheur vient d'éléments matériels. Ensuite, lors des négociations sur le climat à la COP, nous avons l'arrogance de dire que tout tourne autour de la Chine. Mais on ne se demande jamais pourquoi presque tout ce qu'on achète dans les magasins vient de Chine ? On dit qu'on s'inquiète pour les droits de l'Homme, les Ouïghours, la Birmanie. Mais nous n'avons aucun problème à acheter des téléphones portables fabriqués avec des terres rares extraites par des enfants-esclaves en Afrique."

Pour le chercheur, il y a donc quelque chose dans notre psychologie que nous devons mieux comprendre pour appréhender ces problèmes. "Je pense que lorsqu'on parle de changement climatique, de perte de biodiversité, les journalistes doivent passer plus de temps avec des psychologues, des neuropsychologues, des personnes qui étudient le cerveau et qui étudient le comportement humain. Parce qu'à ce stade, vous pouvez aller sur internet et trouver tout ce dont vous avez besoin pour découvrir le fonctionnement de notre système climatique et comment il pourrait être moins mauvais ou incroyablement mauvais à l'avenir. Mais nous devons comprendre que le changement climatique n'est pas une crise de la planète, c'est une crise humaine. C'est tout !"

Face à cette "crise humaine", les moyens de l'atténuer assez rapidement existent déjà. Car au-delà d'une prise de conscience sur notre mode de consommation, il y a toutes les alternatives possibles en matière d'énergie, et une bonne partie de ces technologies ne datent pas d'aujourd'hui. "Le premier rapport du GIEC est sorti en 1990. Cette année-là, si nous avions mis fin aux subventions des combustibles fossiles, si nous avions fixé une date de fin pour leur utilisation, si nous avions créé une taxe sur le carbone, nous aurions pu commencer à utiliser l'argent de cette taxe et d'autres ressources pour commencer à améliorer la vie des gens de manière authentique", regrette Keith Larson.

"Nous aurions aujourd'hui un smartphone dans notre poche. Nous aurions aussi Netflix. Mais la plupart des personnes dans le monde, qui vivent dans les grandes villes, ne souffriraient pas de la pollution, car elles seraient alimentées par les énergies renouvelables. Ces technologies existent depuis les années 1970 ! Il y avait des panneaux solaires sur la Maison Blanche dans les années 70, quand Jimmy Carter était président. Mais nous avons laissé quelqu'un ou un groupe de personnes avec leurs "belles histoires" (pour le chercheur, le lobby du pétrole notamment, ndlr) détourner notre culture".
Pour la petite histoire, il y a bel et bien eu 32 panneaux solaires installés par le président américain Jimmy Carter sur la Maison Blanche, en 1979, en guise de réaction à la crise pétrolière. Sept ans plus tard, Ronald Reagan faisait discrètement démonter l’installation. Mais ces panneaux ont été dénichés en 2010 par les artistes suisses Christina Hemauer et Roman Keller, qui ont consacré un film documentaire à cette histoire.

Pour Keith Larson, le crash climatique est inéluctable. Mais il garde espoir en l'humanité et ses capacités d'adaptation dans un monde qui sera de plus en plus invivable, et surtout espoir dans l'évolution des espèces.


La plus grande délégation à la COP26 est celle… de l’industrie fossile
par Fanny Scuderi
Le Temps (CH) - 09 nov 2021
https://www.letemps.ch/monde/plus-grande-delegation-cop26-celle-lindustrie-fossile


Les délégués à la COP26 liés à l’industrie des énergies fossiles sont plus nombreux que ceux de n’importe quel pays, révèle une analyse de Global Witness. De quoi exaspérer certaines ONG.

« Si le lobby des combustibles fossiles était une délégation nationale à la COP26, elle serait la plus importante avec 503 délégués », soit une vingtaine de personnes de plus que la plus grande délégation nationale, dénonce l’ONG Global Witness. Elle fait partie d'un groupe d'organisations qui ont analysé la liste provisoire de l’ONU des participants accrédités. Au total, quelque 40.000 inscriptions ont été prises en compte.

Le Brésil tient la plus grande délégation étatique, avec 479 personnes envoyées à Glasgow, relève la BBC. Elle est suivie par la Turquie (376), la République démocratique du Congo (373), le Ghana (337) et la Russie (312). 27 délégations étatiques ont enregistré des lobbyistes des combustibles fossiles, dont le Canada, la Russie et le Brésil, indique le communiqué de Global Witness, qui présentent plusieurs autres chiffres:

Le lobby des combustibles fossiles à la COP est plus important que le total combiné des 8 délégations des pays les plus touchés par le changement climatique au cours des deux dernières décennies – Porto Rico, Myanmar, Haïti, Philippines, Mozambique, Bahamas, Bangladesh, Pakistan.

Plus d’une centaine d’entreprises des combustibles fossiles sont représentées à la COP, dont le russe Gazprom, la multinationale pétrolière anglo-néerlandaise Shell et la compagnie britannique BP, ainsi que 30 associations professionnelles. « D’autres industries polluantes fortement impliquées dans la crise climatique, telles que la finance, l’agroalimentaire et les transports sont également présentes », mais elles n’ont pas été inclues dans cette analyse, précise le communiqué.
 
Les lobbyistes des combustibles fossiles devraient être exclus des pourparlers, jugent les ONG. « L’industrie des combustibles fossiles a passé des décennies à nier et à retarder toute action réelle contre la crise climatique », justifie Murray Worthy de Global Witness, cité par la BBC. « Leur influence est l’une des principales raisons pour lesquelles 25 ans de pourparlers sur le climat de l’ONU n’ont pas conduit à de réelles réductions des émissions mondiales ».

(...) En pleine COP26, la publication d’une enquête fouillée par le Washington Post promet de créer quelques remous. L’article publié lundi révèle un important écart entre les émissions de gaz à effet de serre (GES) déclarées par les Etats aux Nations unies et celles réellement rejetées dans l’atmosphère. La différence se chiffrerait entre 8,5 milliards et 13,3 milliards de tonnes équivalents CO2 pour une année, une échelle comparable aux émissions annuelles des Etats-Unis ou encore de la Chine. De quoi influer sur la lutte contre la crise climatique.


COP26: Les engagements pris par les Etats ne permettront pas de réduire sensiblement la hausse des températures
AFP, Franceinfo: - 09 nov 2021
https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop26/cop26-les-engagements-pris-par-les-etats-ne-permettront-pas-de-reduire-sensiblement-la-hausse-des-temperatures_4838679.html


Une trentaine d'Etats ont annoncé de nouveaux engagements mais la trajectoire des températures mondiales n'en sera pas pour autant modifiée, alerte le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE/ UNEP].

Le compte n'y est pas. Les nouveaux engagements sur le climat annoncés par les participants à la COP26 mèneraient toujours vers un réchauffement de 2,7°C – ou au mieux 2,1°C – en prenant en compte les promesses de neutralité carbone, selon la dernière estimation de l'ONU publiée mardi 9 novembre, pendant la COP26.

Avant le début de la conférence climat de Glasgow, le rapport annuel de référence du PNUE mettait en garde contre un réchauffement "catastrophique" de + 2,7°C, ou de + 2,2°C en ajoutant les objectifs de neutralité carbone pour le milieu du siècle. Depuis, 33 pays ont pris de nouveaux engagements dont le Brésil, l'Argentine, et surtout l'Inde qui a renforcé ses objectifs de réduction d'émissions pour 2030 et annoncé la neutralité carbone pour 2070.

Malgré cela, les nouvelles prévisions ne changent que de façon minime. Les engagements actuels de 152 pays permettraient de réduire les émissions de 4,8 gt d'équivalent CO2 supplémentaires d'ici 2030, contre 0,7 gt lors de la précédente estimation. L'amélioration est notamment liée aux nouveaux objectifs pour 2030 de l'Arabie saoudite et de la Chine. En termes de trajectoire de température, le monde se dirigerait toujours vers 2,7°C d'ici 2100, très loin des objectifs de l'accord de Paris de limiter le réchauffement bien en deçà de + 2°C, si possible à + 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

En ajoutant les nouvelles promesses de neutralité carbone, la hausse de température pourrait être limitée à 2,1°C, soit 0,1°C de mieux que la précédente estimation. Mais le PNUE reste prudent en raison du "manque de transparence des promesses de neutralité carbone" et de l'absence "de mécanisme pour en rendre compte et de système de vérification". Le Programme relève également que "très peu des engagements pour 2030 mettent clairement les pays sur un chemin vers la neutralité carbone" et que "parvenir à ces objectifs de neutralité carbone reste incertain".