Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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Rassembler des foules sous un même drapeau
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Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
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Nouvelle poussée de fièvre xénophobe en Afrique du sud

Publié le 03/09/2019 à 00:09 par monde-antigone

 
La fièvre xénophobe sème le chaos à Johannesburg
RFI - 02 sep 2019
http://www.rfi.fr/afrique/20190902-afrique-sud-fievre-xenophobe-seme-le-chaos-johannesburg


En Afrique du Sud, ces dernières heures ont été marquées par la violence contre les ressortissants étrangers (Africains). Depuis dimanche 1er septembre, des centaines de magasins ont été vandalisés et on compte 3 morts selon autorités à Johannesburg. Ce lundi, la journée de mobilisation de certains Sud-africains, qui veulent se débarrasser des étrangers, continue. Ce mouvement de contestation a été lancé par les chauffeurs routiers, qui arrêtent depuis plusieurs semaines les conducteurs étrangers et brûlent leurs cargaisons. Le mouvement s'était amplifié la semaine dernière dans le centre de la capitale Pretoria, avec le pillage de nombreux magasins tenus par des migrants.

C’est un mouvement national lancé par plusieurs corporations. Deux en particulier: les chauffeurs de poids lourds ainsi que les associations de taxis. Comme la semaine dernière à Pretoria, ce sont les chauffeurs de taxis de la ville de Johannesburg qui sont allés brûler des dizaines de magasins appartenant à des étrangers. Ces violences ne sont pas récentes. Depuis un an, les conducteurs étrangers, Zimbabwéens, Congolais ou Zambiens sont persécutés sur les routes car accusés de voler le travail des locaux. 200 sont morts dans ces violences depuis un an.

Aujourd’hui, c’est donc l’heure d’en découdre, selon les conducteurs sud-africains, qui ont installé des barrages informels sur de nombreuses routes du pays. Mais en réalité le gros des violences se concentrent jusque-là dans au moins sept quartiers de Johannesburg depuis dimanche soir, où de simples citoyens viennent détruire piller et brûler.

Dans le sud de Johannesburg, dans le quartier de Turffontein, plus de 500 habitants s’en sont pris à une dizaine de magasins, pillant tout sur leur passage. Il est très clair que les établissements visés appartiennent à des étrangers, des Pakistanais, Somaliens ou Nigérians. Aucun magasin sud-africain n’a été vandalisé. C’est le cas du magasin de Sebastian qui lui, est Sud-Africain. « Ils ont décidé de cibler les magasins des migrants, des Congolais et des Pakistanais. Ils n’ont pas touché aux Sud-Africains. C’est injuste car ces gens travaillent dur. Regardez, si vous jetez un œil, c’est vide maintenant », constate-t-il.

Sivuyile Nama est porte-parole de la communauté, responsable des pillages. Il explique l’action des criminels et le ras le bol de ses concitoyens. « L’Afrique du Sud accueille un nombre impressionnant de migrants. Peut-être même le plus de réfugiés dans le monde ! Donc, qui est supposé s’occuper d’eux ? », interroge-t-il avant de pointer du doigt le gouvernement. « Les gens veulent du travail et le gouvernement ne nous donne aucune solution. Et on a besoin d’une sortie de crise très rapidement dans ce pays », ajoute-t-il.

Est-ce alors une nouvelle vague d’attaques xénophobes ? Du coté des autorités, on calme le jeu. Le ministre de la police, Bheki Cele, préfère parler de criminalité. « Pour moi, c’est de la simple criminalité. Les gens volent mais pour le moment, il n’y a rien qui me fasse dire qu’il y a un conflit entre Sud-Africains et les étrangers. On parle de criminalité, pas de xénophobie », dit-il. Pourtant, le motif des manifestants était clair. Leur communiqué disait. « Trop c’est trop. Les étrangers dehors ! ».

La situation est extrêmement tendue dans le reste de la métropole. Les boutiques du centre-ville sont fermées pour la plupart. Les policiers sont accusés d’inaction par la société civile. En fait, ils sont complétement dépassés par ces rassemblements spontanés. Ils n’ont pas pu empêcher la mort de trois personnes la nuit dernière. Trois personnes brûlées dans leur magasin, juste après avoir vu des dizaines de Sud-africains casser la vitrine et voler leurs produits.

Joint par RFI, Sheikh Amir, président d’une association de Somaliens d’Afrique du Sud, considère que les étrangers servent actuellement de boucs émissaires. « J’ai vu des magasins incendiés et pillés. L’intimidation, les insultes et le harcèlement, nous, les migrants, nous avons l’habitude. Mais en ce moment, il s’agit de crimes. Des bandes circulent en minibus. Elles pillent des magasins et les incendient. On ne parle pas d’intimidation. Des policiers sont sur place, mais ils ne font pas grand-chose. Nous sommes même portés à croire que la police et les autorités sont les instigateurs de cette violence. Dès que l’économie commence à ralentir, les migrants servent toujours de boucs émissaires. Le sentiment anti-migrant qui est très fort, est propagé, depuis un mois, de la base au sommet de la classe politique », souligne-t-il.

Pour un premier bilan, ce lundi 2 septembre, on compte une cinquantaine de magasins vandalisés, plus de 60 arrestations et donc 3 morts pour le moment. Un policier confiait à RFI que le bilan devrait rapidement monter compte tenu du chaos qui règne dans les rues de Johannesburg.


L'Afrique du Sud à nouveau victime d'une poussée de violences xénophobes
AFP, L'Obs - 02 sep 2019
https://www.nouvelobs.com/monde/20190902.AFP3665/l-afrique-du-sud-a-nouveau-victime-d-une-poussee-de-violences-xenophobes.html


JOHANNESBURG - La police sud-africaine a procédé à des dizaines d'arrestations lundi après une vague de violences et de pillages survenue à Johannesburg, la plus grande ville du pays, et de manifestations de chauffeurs-routiers visant les étrangers. (...) L'Afrique du Sud est le théâtre régulier de violences urbaines qui visent souvent les communautés immigrées, accusées d'être responsables des difficultés de son économie et de son taux de chômage record (29 %). (...)

D'autres incidents graves ont été signalés lundi dans le reste du pays, en lien avec une grève controversée des chauffeurs-routiers sud-africains, qui dénoncent le recours croissant de leurs employeurs à des étrangers. Les forces de l'ordre ont rapporté avoir interpellé au moins 20 personnes dans la seule province du KwaZulu-Natal (nord-est) après l'incendie de plusieurs camions. Des routiers en colère ont par ailleurs bloqué des routes autour du Cap, la 2ème ville du pays, y causant de gigantesques embouteillages, a déploré le ministre provincial des Transports, Bonginkosi Madikizela.

Depuis plus d'un an, la colère monte au sein du secteur routier sud-africain, les chauffeurs nationaux y dénonçant la place prépondérante prise par leurs collègues étrangers, souvent sans-papier et moins rémunérés qu'eux. "Le peuple sud-africain a faim mais il reste à la maison, alors que des entreprises du pays préfèrent employer des étrangers payés moins cher", a déploré lundi auprès de l'AFP la représentante d'un syndicat de routiers, Sipho Zungu. "Ca fait deux ans que l'on discute avec le gouvernement et les patrons, mais il n'y toujours pas de solution", a-t-elle ajouté.

Clairement dirigée contre les étrangers, cette colère s'est soldée par la mort de dizaines de routiers étrangers depuis le début de l'année dernière, a révélé la semaine dernière un rapport de l'ONG Human Rights Watch. Les principaux syndicats du secteur routier ont condamné les violences et pris leurs distance avec le mouvement. Le ministre des Finances Tito Mboweni a déploré les incidents de lundi. "L'expérience montre que les pays ouverts à l'immigration ont une activité économique plus dynamique", a-t-il rappelé. Première puissance industrielle du continent, l'Afrique du Sud accueille de nombreux migrants venus de toute l'Afrique australe.


EDIT (11 novembre 2020)


Afrique du Sud, une xénophobie grandissante
par Marinelle Ngiese
Le Journal international - 06 nov 2020
http://www.lejournalinternational.info/afrique-du-sud-une-xenophobie-qui-rejette-lautre/


En Afrique du Sud, les immigrés sont tourmentés par les attaques répétées des natifs sud-africains. En effet, depuis quelques années, une véritable haine est née contre les ressortissants étrangers. Les sud-africains veulent les chasser car ils menaceraient leur place et leurs privilèges. Le travail, entre autres, est une des causes principales de cette colère. L’unité entre les habitants de la nation arc-en-ciel semble donc se détériorer jusqu’au point de non-retour

— Chronologie d’un pays en crise — En 2008, de violentes manifestations xénophobes font surface en Afrique du Sud. Soixante-deux personnes sont mortes et 25.000 ressortissants sont partis du pays. Après un moment de calme, les émeutes ont resurgi en 2015, et sont devenues de plus en plus populaires. En effet, à cause des conflits ethniques, des guerres, et de la pauvreté, de nombreux africains émigrent. En 2017, le HCR a révélé que l’Afrique comptait chaque jour au moins 34.000 déplacés. En 2017, plus de 700.000 étrangers ont émigré en Afrique du Sud. La même année, en février, une manifestation xénophobe dégénère. Les Sud-Africains, accusent les immigrés de « voler » du travail, de provoquer l’insécurité économique et d’être des criminels.

Johannesburg, Afrique du Sud, 24 mai 2008: Des milliers de protestataires sud-africains et immigrés militent contre les attaques xénophobes; Il y'a beaucoup de réfugiés du Zimbabwe, qui ont été déplacés dans l'Afrique du Sud dans une vague de violence anti-étrangers. Beaucoup de sud-africains pauvres ont blâmé les immigrants, qui selon eux leur "vole" des opportunités.
Deux ans après, en septembre 2019, des sud-africains pillent de nombreux magasins et foyers tenus par des migrants, dans le but d’exiger leur départ du pays. Selon le HCR, 1.500 étrangers sont partis d’Afrique du Sud pour fuir les attaques xénophobes.

En outre, l’Afrique du Sud est touchée par un chômage de masse, le taux de chômage dépassant les 30 %. Ce taux peut être bien plus élevé dans les townships, où beaucoup de familles sont en situation de précarité. De plus, malgré les politiques de discrimination positive, le pays est toujours marqué par de fortes inégalités sociales. Ce climat renforce la difficulté pour les sud-africains de cohabiter avec les immigrés. En effet, le manque d’opportunités professionnelles offertes aux sud-africains accroît leur aversion pour les étrangers.

— La place du gouvernement sud-africain au sein de cette situation épineuse — Jacob Zuma, ancien président, a simplement appelé à l’arrêt des attaques xénophobes en 2015. Mais, après la fin de son mandat en 2018, ce n’est qu’en septembre 2019 que le président Cyril Ramaphosa condamne les attaques xénophobes. De plus, l’ancien maire de Johannesburg, Herman Mashaba, a un passif xénophobe. En effet, il ne condamnait pas les attaques subies par les étrangers, car il considérait les immigrés comme la source principale des problèmes sévissant à Johannesburg.
En mai 2019, le gouvernement a mis en place un plan d’action national pour lutter contre le racisme, la xénophobie et la discrimination raciale. Mais le plan n’a pas permis de mettre fin aux violences subies par les ressortissants. Au contraire, les étrangers ont continué à fuir le territoire.

De plus, des lois répressives concernant l’immigration et le travail ont été mises en place. En effet, le gouvernement souhaite réduire l’embauche des ressortissants étrangers au sein du pays. Les permis de travail de certains secteurs deviennent de plus en plus difficiles à obtenir. En outre, le vice-ministre sud-africain déplore qu’il y ait une charge financière sur les épaules des pays quant à la situation des immigrés, alors que les besoins humanitaires sont importants. Il souhaite aussi réduire les abus du régime d’asile. Ce gouvernement permet d’ailleurs la détention des immigrés illégaux dans des conditions déplorables au sein des centres de détention. De plus, les responsables des manifestations et des actes xénophobes ne sont jamais jugés.

— Les réactions internationales face à la situation en Afrique du Sud — Fin août 2019, lors de la 7e conférence sur le développement du continent africain à Tokyo, Muhammadu Buhari et Cyril Ramaphosa ont discuté des meurtres des immigrés nigérians en Afrique du Sud. Cependant, des pillage de masse des maisons et commerces tenus par des étrangers en Afrique du Sud en septembre 2019 ont détérioré ces relations. En représailles, des magasins tenus par des sud-africains au Nigéria ont été attaqués. A cause de ce climat tendu, le gouvernement sud-africain a décidé de fermer l’ambassade du Nigéria. Geoffrey Onyeama, ministre des Affaires Etrangères du Nigéria, et le Président Buhari, ont quant à eux fermement condamné les attaques xénophobes.

Du côté du Zimbabwe, les médias ont aussi condamné les attaques des immigrés du pays. De plus, en septembre 2019, Monica Mutsvangwa, ministre de l’Information au Zimbabwe, a déclaré que le gouvernement était très choqué de l’attaque xénophobe envers les immigrés. Le rapatriement des zimbabwéens touchés par ces attaques a donc été demandé.

Moussa Faki, le président de la Commission de l’Union Africaine a réagi aux attaques. Il a appelé l’Afrique du Sud à aborder les évènements en allant à la racine du problème, pour comprendre ce qu’il se passe et promouvoir la paix et la stabilité.
En 2020, Human Rights Watch a publié un rapport sur la situation. L’ONG, qui a collecté plusieurs témoignages des étrangers vivant en Afrique du Sud, condamne ces attaques à répétition, et souhaite que le gouvernement mette fin à cette situation critique.

— Conclusion — Le retour des attaques xénophobes en Afrique du Sud en septembre 2020 sous les mouvements #PutSouthAfricanFirst (faites passer les Sud-Africains en premier) et #ForeignersMustGo (les étrangers doivent partir) n’arrangent pas la situation. De plus, alors que le pays était déjà en récession, la crise sanitaire a empiré sa situation financière. En effet, depuis l’arrivée du Covid-19, l’Afrique du Sud subit une crise qui pourrait impacter l’économie, ainsi que les opportunités professionnelles. De plus, la crise sanitaire a révélé le traitement inégalitaire des immigrés au sein du pays, le gouvernement sud-africain ne s’étant pas préoccupé de la santé des réfugiés. Toutes ces raisons montrent que le climat conflictuel entre sud-africains et immigrés ne risque pas de s’arranger prochainement.

30/11/2020 >> La préférence nationale est au cœur d'un mouvement de chauffeurs routiers en Afrique du Sud. Ils accusent les employeurs d'embaucher des étrangers moins bien payés. Mais le mouvement de blocus a dérapé, entraînant la mort d'un chauffeur tué par balles. Une trentaine de véhicules ont été incendiés.