Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
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C'est la demande qui conduit le marché pétrolier

Publié le 01/07/2019 à 00:49 par monde-antigone

 
Il y a exactement un mois, le 30 mai, les cours du pétrole s'établissaient à 58 $ pour le WTI et 67 $ pour le Brent. Aujourd'hui, on les retrouve respectivement à 58 et 64 $. Apparemment, pas beaucoup de changement...

Pourtant, au moment des attaques de tankers en mer d'Oman, on nous a parlé d'une "flambée" sur le pétrole. Les économistes s'inquiétaient. La remontée de 5 $ en une semaine faisait suite à une baisse bien plus accentuée depuis les 62 et 72 $ du mois de mai. En réalité, cet épisode confirme que, fondamentalement, c'est la loi de l'offre et de la demande qui dirige les cours et pas des événements extérieurs qui ne produisent que des surréactions spéculatives et temporaires. Et il n'y a pas non plus de relation directe entre les cours mondiaux du pétrole et le relèvement des tarifs d'assurance.

Le pétrole ne peut pas se mettre à "flamber" quand la demande se tasse, parce que la croissance mondiale ralentit. C'est impossible ! On attend d'ailleurs de la réunion de l'OPEP de ce lundi la reconduction des accords entre l'Arabie saoudite et la Russie pour limiter la production et soutenir les cours. Et lorsque la Fed va annoncer dans quelques jours qu'elle remonte ses taux d'intérêt pour soit-disant soutenir la croissance, on verra les cours du pétrole s'orienter à la baisse, et tendre vers 54 et 60 $. Dernier argument qui prendra du poids dans les mois à venir: la campagne présidentielle. Trump, s'il veut se faire réélire, n'a pas intérêt à faire grimper le prix à la pompe.

Je reproduis ci-dessous quelques articles d'il y a une quinzaine de jours qui essayaient de remettre les faits à leur place.


Poutine s'entend avec les Saoudiens pour prolonger la baisse de production
AFP, Connaissance des énergies - 30 jun 2019
https://www.connaissancedesenergies.org/afp/petrole-poutine-sentend-avec-les-saoudiens-pour-prolonger-la-baisse-de-production-190630
 

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé vendredi s'être entendu avec l'Arabie saoudite pour prolonger leur accord sur une baisse de production pétrolière afin de soutenir les cours. "Nous nous sommes mis d'accord. Nous allons prolonger cet accord, la Russie comme l'Arabie saoudite. Pendant quelle période? On va y réfléchir. Pour 6 ou 9 mois. Il est possible que ça soit jusqu'à 9 mois", a-t-il déclaré aux journalistes, en marge du sommet du G20 à Osaka. Cela devrait être officialisé mardi à Vienne, à l'occasion d'une réunion entre les ministres des 14 membres de l'OPEP, dont l'Arabie saoudite, et leurs 10 partenaires, menés par la Russie.

L'OPEP et ses alliés, qui pompent la moitié du pétrole du globe, avaient décidé en décembre d'abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de baril par jour (mbj). La stratégie a été payante, puisque le prix du baril s'est envolé d'environ 30% au premier trimestre, avant de se modérer. "Nous croyons que nos accords de stabilisation de l'offre (...) ont eu un effet positif", avait affirmé M. Poutine dans un entretien au Financial Times publié cette semaine, assurant que les pays producteurs chercheraient à Vienne à maintenir la "stabilité" du marché, confronté à une offre abondante et à une demande en berne.

Arrivé samedi soir à Vienne, où se trouve le siège de l'OPEP, le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Falih, a indiqué que sa "préférence" allait à une reconduction de la limitation de l'offre pour une durée de 9 mois, et dans les mêmes volumes."Nous allons en parler" lors des réunions des pays exportateurs de pétrole qui débutent lundi dans la capitale autrichienne, a ajouté M. al-Falih, interrogé par des journalistes. Constatant que la demande de pétrole "ralentit un peu mais (que) le marché est toujours solide", il a dit espérer un rééquilibrage "dans les 6 à 9 mois".


Pétrole: La peur d’une chute de la demande joue sur les prix
par David Hodari et Ira Iosebashvili
L'Opinion - 13 jun 2019
https://www.lopinion.fr/edition/wsj/petrole-prix-baissent-peur-d-chute-demande-189779


Les prix du pétrole ont fortement chuté mercredi [12/06] alors que les chiffres montrant que les stocks ont augmenté la semaine dernière ont renforcé les inquiétudes concernant le ralentissement de la demande mondiale. Les contrats à terme West Texas Intermediate [WTI] ont chuté de 4 % à 51,14 $ le baril sur le New York Mercantile Exchange, leur plus bas niveau de règlement depuis janvier. Le Brent, l’indice mondial de référence, a reculé de 3,7 % à 59,97 $ le baril sur le marché à terme ICE de Londres, son plus bas niveau depuis 19 semaines.

Les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis ont augmenté de 2,2 millions de barils la semaine dernière, selon les données de l’Energy Information Administration (EIA) américaine, mercredi. Les analystes et les traders interrogés par le Wall Street Journal s’attendaient à une baisse des stocks de 600.000 barils. Les prix étaient déjà en baisse avant le rapport de mercredi et ont prolongé leurs pertes jusqu’à la clôture. Les inquiétudes suscitées par le ralentissement de la croissance mondiale ont pesé sur les prix du pétrole brut au cours des dernières semaines, alimentées par l’escalade du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine, dont les investisseurs croient de plus en plus qu’il nuira à la demande de pétrole et d’autres matières premières.

Le Brent est en baisse de près de 20 % par rapport à son plus haut du mois d’avril, ce qui le rapproche d’un marché baissier. Les contrats à terme WTI ont chuté d’environ 17 % au cours du dernier mois. Une chute du Brent en dessous de 60 $ le baril place le niveau de référence au-dessous de celui nécessaire pour équilibrer les budgets nationaux en Arabie saoudite et dans d’autres pays producteurs de pétrole. La baisse des prix du WTI, quant à elle, devrait peser sur les producteurs de pétrole américains.

Sur le marché boursier, (...) l’indice énergétique S&P a chuté de 21 % au cours des 12 derniers mois. Les actions de sociétés comme Exxon Mobil et Diamondback Energy ont chuté de 10 % ou plus au cours de cette période. En comparaison, l’indice S&P500 dans son ensemble a augmenté d’environ 3 % au cours des 12 derniers mois. L’EIA a abaissé mardi [11/06] ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2019 à 1,2 million de barils par jour, soit une baisse de 14 % par rapport aux projections du mois précédent, ce qui contribue aux inquiétudes persistantes concernant la santé de l’économie mondiale.

L’affaiblissement des données économiques en Chine a incité son gouvernement à lancer des vagues de mesures de relance, dont la plus récente est lancée cette semaine. Pourtant, les marchés pétroliers ont ignoré les tentatives de Pékin pour soutenir l’économie. « Je suis étonné que les mesures de relance n’aient pas provoqué l’optimisme habituel, et c’est ce pessimisme face à la croissance qui continue de peser sur le pétrole », explique Norbert Rücker, responsable de la recherche matières premières chez Julius Baer.

Le fléchissement de la demande a entraîné une accumulation, non corrigée des variations saisonnières, des stocks. Ceux de pétrole brut aux Etats-Unis sont d’environ 8 % supérieurs à la moyenne quinquennale pour cette période de l’année et se situent à un sommet depuis près de 2 ans.

Alors que les fortes baisses se sont calmées au cours des dernières sessions, la baisse de mercredi a ramené les prix du pétrole au niveau le plus bas de leur récente fourchette de prix. « D’une manière générale, deux sujets peuvent stimuler la demande, explique Martijn Rats, stratège pétrolier mondial et responsable de la recherche sur les actions pétrolières et gazières européennes chez Morgan Stanley. D’une part, la résolution des tensions commerciales et, d’autre part, l’adoption de nouvelles politiques pour faire face à l’affaiblissement de l’économie mondiale aux Etats-Unis ou en Chine. »

Les prix du pétrole pourraient connaître une nouvelle flambée dans les semaines à venir, les signaux des principaux pays producteurs devenant de plus en plus divergents en prévision d’un sommet entre l’OPEP et de ses alliés qui devrait avoir lieu à Vienne à la fin du mois. Les commentaires des responsables saoudiens cette semaine ont laissé entendre que les participants étaient sur le point de s’entendre sur la prolongation de la réduction de la production actuelle de l’OPEP+, mais les observations des chiffres du marché pétrolier russe ont contredit cette annonce.

Avec les questions qui pèsent sur la date de la conférence, « quand ils tiendront la réunion, nous pourrions assister à des négociations assez difficiles, déclare Warren Patterson, stratégiste des matières premières chez ING. Le PDG de Rosneft a suggéré qu’une réduction prolongée donnerait plus de parts de marché aux Etats-Unis et qu’un scénario où ils ne prolongent pas les coupes ne serait pas beau à voir. »


La demande de pétrole brut risque de moins augmenter que prévu, les cours accentuent leur repli
BFM Bourse - 12 jun 2019
https://www.tradingsat.com/petrole-brent-MP0000000BRN/actualites/petrole-brent-la-demande-de-petrole-brut-risque-de-moins-augmenter-que-prevu-les-cours-accentuent-leur-repli-866293.html


Les cours pétroliers reculent de nouveau fortement en réaction à l'abaissement des prévisions de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) quant à l'évolution de la demande mondiale de brut en 2019 et 2020, ainsi qu'à l'annonce d'une nouvelle hausse du niveau des stocks américains. Déjà en repli lundi et mardi sur fond de craintes d'un affaiblissement de la demande mondiale de brut au regard du regain de tensions commerciales entre Washington et Pékin notamment, le cours du baril de Brent (de la mer du Nord) et celui du WTI (brut léger américain) flanchent de nouveau (...).

Prévisions de croissance revues en baisse - Deux actualités expliquent ce nouveau net recul des cours du brut. La première est la publication, dans la matinée, d'un rapport de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) dans lequel l'institution abaisse ses prévisions de croissance de la demande de pétrole pour l'année en cours ainsi que pour 2020. L'EIA anticipe une hausse de la demande de seulement 1,22 millions de barils par jour cette année, soit 160.000 bpj de moins que dans ses précédentes prévisions. Pour 2020, l'agence n'attend plus qu'une augmentation de 1,42 millions de bpj, ce qui correspond à une révision en baisse de 110.000 bpj.

Du côté de l'offre, L'EIA s'attend à une augmentation de 1,36 million de bpj de la production américaine cette année, ce qui la porterait à 12,32 millions de barils par jour, une prévision inférieure de 140.000 bpj à celle du rapport mensuel que l'agence avait publié en mai dernier. Si la croissance de la production US devrait ralentir, l'EIA anticipe tout de même que celle-ci va atteindre de nouveaux records, en 2019 puis en 2020, pour culminer à 13,5 millions de bpj d'ici 18 mois. C'est ce qu'a déclaré Linda Capuano, prévisionniste de l'agence fédérale, après la publication du fameux accord. Et si les États-Unis sont récemment devenus les premiers producteurs de pétrole brut, devant la Russie et l'Arabie saoudite -qui s'évertuent tant bien que mal à réguler l'offre pour éviter une chute plus drastique des cours-, c'est en grande partie grâce au boom du pétrole de schiste, issu de la fracturation hydraulique.

Nouvelle hausse surprise des stocks US - L'autre élément qui pèse sur les cours est l'annonce du niveau des stocks de pétrole brut, qui ont de nouveau augmenté lors de la semaine écoulée (+ 2,2 millions de barils) pour s'établir à 485,5 millions, là où les analystes interrogés par l'agence Bloomberg anticipaient - une nouvelle fois à tort - une baisse de l'ordre d'1 million de barils. La production s'est quant à elle établie, en moyenne, à 12,3 millions de bpj - tout près de son record de 12,4 millions de barils par jour établi lors de la semaine précédente.


Golfe: Tensions sur le transport maritime et les primes d'assurance
RFI - 15 jun 2019
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190615-golfe-tensions-transport-maritime-primes-assurance


L'inquiétude monte chez les transporteurs maritimes après les deux dernières attaques contre deux pétroliers près du détroit d'Ormuz, dans le golfe Persique, par lequel transite 30 % de la production mondiale de pétrole. L'incident du jeudi 13 juin, dans lequel deux tankers, un pétrolier norvégien et un méthanier japonais, ont été victimes de tirs et d'explosions d'origine encore indéterminée, intervient un mois après les sabotages de quatre pétroliers au large des Émirats arabes unis.

Les États-Unis accusent l'Iran de vouloir perturber le marché mondial en commettant ces attaques. Washington soupçonne Téhéran de chercher à perturber l'approvisionnement du marché mondial en bloquant le détroit d'Ormuz par lequel passe 30 % du pétrole transporté par voie maritime, une menace déjà évoquée par le passé par l'Iran. Les Iraniens « ne vont pas fermer » le détroit, a assuré cependant vendredi Donald Trump. « Il ne va pas être fermé, il ne va pas être fermé pendant longtemps et ils le savent. Cela leur a été dit dans les termes les plus forts ». Mais les transporteurs maritimes sont inquiets: « Si ces eaux devenaient dangereuses, l'approvisionnement de l'ensemble du monde occidental pourrait être menacé », a expliqué à l'AFP Paolo d'Amico, le président d'Intertanko, une association de pétroliers dont font partie les deux propriétaires des navires touchés jeudi.

Cette tension pousse à la hausse les tarifs d’assurance et donc les prix des marchandises, explique à RFI Henry Allard, président de Filhert Allard Martime, une société de courtage. « Il y a d’abord une aggravation des risques, du fait de la situation, et particulièrement des risques liés à ce qu’on appelle dans notre jargon la "fortune de guerre", donc un événement de guerre. Ce qui a valu, d’ailleurs, depuis déjà 3 semaines-un mois, que le golfe Persique ou tout au moins une grande partie du golfe Persique, ne soit plus en tarif automatique, mais soit la garantie d’accorder au cas par cas, avec des primes d’assurance qui sont valables 7 jours à compter du jour où elles sont fixées. Donc c’est forcément une zone, aujourd’hui, à traiter au cas par cas... Et il est certain qu’avec ces nouveaux événements ça va s’aggraver encore davantage et surtout la zone va s’étendre. C’est-à-dire qu’elle va certainement aller jusqu’à la mer d’Oman. Donc, c’est une aggravation des risques pour les assureurs maritimes. C’est donc une aggravation des coûts pour les armateurs, qui ensuite vont les répercuter aux affréteurs... qui sont les propriétaires des cargaisons. Ça va surenchérir, bien sûr, le prix du produit sur le marché international » [Heu, non, pas tant que ça. Si répercussion il y a, elle prendra plusieurs mois, au moins un trimestre; ndc]. (...)