Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
05.03.2026
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La lutte contre l'apartheid et le pouvoir politique de l'ANC se sont constitués en prenant appui sur le prolétariat noir des mines. Le déclin du secteur minier obligera fatalement l'ANC à s'adapter, à changer de génération et à se réinventer pour ne pas disparaître.
L'Afrique du Sud face au déclin constant du secteur minier
par Michelle Gumede
AFP, France Soir - 06 fev 2019
http://www.francesoir.fr/actualites-economie-finances/lafrique-du-sud-face-au-declin-constant-du-secteur-minier
LE CAP - L'Afrique du Sud doit une grande partie de ses richesses aux mines mais le secteur dégraisse à tour de bras et pose un défi au gouvernement du président Cyril Ramaphosa qui doit combattre un chômage record en cette année électorale.
La conférence mondiale annuelle Mining Indaba, qui réunit cette semaine au Cap entreprises, investisseurs, syndicats et dirigeants politiques, se focalise sur les moyens de trouver de nouveaux gisements et de créer des emplois. "Il faut comprendre que les ressources minières sont des ressources qui s'épuisent", explique le ministre sud-africain des Mines, Gwede Mantashe, "ce n'est pas comme du Coca-Cola où il suffit de mélanger de l'eau et du sirop". "Dans les mines, le gisement est limité. Vous l'exploitez jusqu'au bout et c'est fini. Il n'y a pas moyen de créer d'autres emplois au même endroit", ajoute-t-il.
A leur apogée dans les années 1980, les mines sud-africaines employaient 760.000 personnes et contribuaient à 21 % du PIB du pays. Aujourd'hui, elles ne comptent plus que 450.000 employés et rapportent à peine 7 % de la richesse nationale. Le chômage affiche lui un taux record de près de 28 %. "Nous ne pourrons pas réduire le chômage et la pauvreté de manière significative sans augmenter les investissements, en particulier dans le secteur minier", a estimé mardi le président Cyril Ramaphosa lors de la conférence. Son ministre des Mines se veut cependant optimiste. Il a accordé l'an dernier 11 nouveaux permis d'exploitation et table, sans entrer dans le détail, sur la découverte de nouveaux gisements qui "pourront absorber des emplois perdus ailleurs".
M. Mantashe se félicite aussi d'"un environnement favorable aux investissements" depuis l'arrivée au pouvoir, il y a un an, de Cyril Ramaphosa. Le nouveau président, fondateur du Syndicat national des mineurs (NUM) et homme d'affaires à succès, ne compte pas ses efforts pour rassurer les investisseurs. Il a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités, après les nombreux scandales du règne de Jacob Zuma. Il joue gros à l'approche des élections législatives de mai, même si son parti, le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, est donné pour l'instant gagnant.
Les experts dressent cependant un portrait très noir du secteur minier (diamant, or, platine, charbon...), touché de plein fouet par la baisse des cours et l'augmentation constante des coûts opérationnels et de main d'oeuvre. A l'origine du déclin, l'analyste Johann Pretorius, du cabinet Renaissance Capital, cite "la complexité croissante" de l'exploitation des mines, notamment la profondeur des gisements, et "les revendications des syndicats". Les grèves sont fréquentes dans le secteur. La plus grande centrale syndicale (Cosatu) a appelé ses 1,6 million d'adhérents à cesser le travail le 13 février pour dénoncer "les suppressions d'emplois dans tous les secteurs de l'économie". "L'Afrique du Sud possède des ressources inexploitées significatives mais le coût du travail n'est pas compétitif", note encore Johann Pretorius à l'AFP.
Dans ce contexte, les plans de dégraissages se succèdent. L'an dernier, le producteur de platine Impala Platinum a annoncé vouloir supprimer 13.000 emplois. Le producteur d'or Gold Fields veut faire de même avec plus de 1.000 postes, soit un tiers de ses effectifs. "L'Afrique du Sud semble avoir préféré un fort taux de chômage à des salaires bas. Conséquence, nous estimons que notre secteur des métaux précieux va se réduire dans la prochaine décennie", ajoute Johann Pretorius. Mais d'autres facteurs limitent les investissements, selon lui, notamment les incertitudes qui planent sur la régulation du secteur et une réforme foncière qui autoriserait des expropriations sans indemnisation des propriétaires. Avec ce projet controversé, le gouvernement entend "corriger les inégalités" du passé entre la majorité noire et la minorité blanche, héritées du régime de l'apartheid.
L'Afrique du Sud se lance aussi progressivement dans l'automatisation de ses mines, laissant craindre chez les syndicats de nouvelles suppressions de postes. Mais le président de la société australienne Resolute Mining, John Welborn, rejette ses inquiétudes. Sa compagnie d'or est en train d'automatiser entièrement une mine au Ghana. Et selon lui, ce projet va contredire "l'idée selon laquelle si on a des robots, personne n'a d'emploi". "Je suis absolument convaincu", assure-t-il, "que la technologie nous permet d'intégrer et d'employer des travailleurs locaux à des postes plus qualifiés pour qu'ils puissent gérer la mine".
EDIT (21 avril 2019)
Afrique du Sud: Le travail difficile des activistes dans les régions minières
RFI - 21 avr 2019
http://www.rfi.fr/afrique/20190420-afrique-sud-le-travail-difficile-activistes-regions-minieres
La Commission pour les droits environnementaux, GroundWork, Earthjustice et Human Rights Watch ont dévoilé cette semaine un rapport recensant les tentatives d’intimidation et les tactiques pour empêcher les manifestations des communautés vivant à côté des mines sur les 5 dernières années. Il devient de plus en plus compliqué pour ces activistes d’exprimer leurs inquiétudes pour leur santé ou leur environnement.
Dans sa ville du Kwazulu-Natal, Lucky est connu pour son militantisme. Mais son combat pour dénoncer les dégâts environnementaux des mines lui a déjà valu plusieurs ennuis: « On a essayé de m’intimider, raconte-t-il. Une fois des gens ont pointé une arme sur moi, me disant que je devais arrêter de parler des mines et de mobiliser les gens, car ces mines créent des opportunités pour les affaires ».
Les associations ont compilé plusieurs de ces cas dans leur rapport. Et souvent, peu d'enquêtes sont ouvertes par la police. Pour Katharina Rall, de HRW, il devient difficile pour ces communautés d’exprimer leur opposition aux mines. « Il y a vraiment un grave risque d’attaques, mais aussi beaucoup d’intimidation et de harcèlement, explique-t-elle. Après, c’est extrêmement difficile d’organiser les manifestations parce que les municipalités et la police travaillent contre les militants. Il y a aussi beaucoup d’arrestations, c’est un moyen d’intimider les militants ». Les attaques sont allées jusqu’à la mort en 2016 d’un activiste, abattu devant chez lui.
La commission des droits de l’homme du pays a aussi commencé à documenter ces violences. « La loi est là: la section 24 de la Constitution évoque les droits environnementaux, la section 17, le droit de manifester, souligne Jonas Ben Sibanyoni, l’un des membres de la commission. Mais le problème, c’est que les mines et les institutions de l’État ne respectent pas la loi ». Le Conseil des industries minières a affirmé, en réponse au rapport, ne pas être au courant de ces violences.