Le Monde d'Antigone

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La population mondiale pourrait décliner à partir de 2050

Publié le 10/02/2019 à 00:47 par monde-antigone

 
La population mondiale pourrait décliner à partir de 2050
par Sophie Kloetzli
Uzbek & Rica - 05 fev 2019
https://usbeketrica.com/article/population-mondiale-decliner-2050


Et si l’humanité se dirigeait non pas vers la surpopulation, mais vers un déclin démographique ? Dans leur ouvrage "Empty Planet: The Shock of Global Population Decline" (Penguin, Random House), publié le 5 février, John Ibbitson et Darrel Bricker remettent en question les prédictions de l’ONU en la matière. Selon les deux journalistes canadiens, la transition démographique mondiale arrivera plus tôt que prévu.

Partout, l’explosion démographique semble s’être imposée comme une évidence. 9 milliards d’êtres humains en 2050, 11 milliards d’ici 2100: les chiffres des Nations Unies indiquent une claire augmentation de la population mondiale au cours des prochaines décennies, portée notamment par une explosion démographique jugée interminable en Afrique. Et avec elle, une hausse des émissions de gaz à effet de serre, de la pollution plastique et de la consommation globale.

Ces prédictions n’auraient toutefois rien d’évident, à en croire Empty Planet, publié le 5 février par deux journalistes canadiens. Comme l’indique le titre de ce livre, John Ibbitson et Darrel Bricker tablent plutôt, à terme, sur une réduction du nombre d'êtres humains vivant sur Terre: « Dans une trentaine d'années, la population mondiale commencera à décliner. Une fois que le déclin aura commencé, il ne s’arrêtera plus », écrivent-ils, précisant qu'un nombre croissant de démographes commence à revoir les prédictions de l'ONU à la baisse.
« Nous allons faire face non pas à une explosion de la population, si présente dans l'imaginaire collectif, mais à un déclin implacable de l'humanité, un massacre génération après génération. C'est du jamais vu. D'après ces démographes, la population de la planète plafonnera à 9 milliards entre 2040 et 2060 avant de décliner. D'ici la fin du siècle, on pourrait être de retour aux chiffres actuels avant de poursuivre son déclin », détaillent-ils dans cet extrait du livre publié sur la plateforme Medium.

La thèse du déclin démographique n’est pas tout à fait neuve. On avait déjà entendu parler de la tendance à la baisse de fertilité masculine, qui pourrait mener, à terme, à une extinction pure et simple de l'humanité. Mais les auteurs, eux, insistent plutôt sur la transformation du mode de vie des femmes: « Les prédictions de l’ONU reposent sur trois paramètres: les taux de fécondité, de migration et de décès », explique Darrel Bricker au magazine Wired. « Elles ne prennent pas en compte l’expansion de l’éducation des femmes, ni la vitesse de l’urbanisation croissante (qui sont en partie liées) ».

Selon le démographe autrichien Wolfgang Lutz, interrogé par les deux journalistes, si l’on inclut l’éducation des filles dans l’équation, les humains ne devraient être que 8 ou 9 milliards en 2100, et non 11 milliards comme l’estime l’ONU. « Lutz dit souvent que l’organe reproducteur humain le plus important est l’esprit. Si vous changez la vision qu’ont les gens de la reproduction, vous changez tout », poursuit John Ibbitson dans cette même interview, validant l'équation suivante: niveau d'éducation plus important + carrière professionnelle = plus petit nombre d'enfants.
Et les deux co-auteurs d’accuser, toujours dans Wired, l’ONU d’avoir une « vision sinistre » de l’Afrique: l’organisation internationale ne prédirait quasiment aucun changement dans les taux de fécondité des femmes africaines pendant le premier quart de siècle. Or, rappellent les auteurs, le taux d’urbanisation de nombreuses régions d'Afrique serait deux fois plus rapide que la moyenne observée à l'échelle mondiale.

Les journalistes ont donc mené leur propre enquête, interrogeant des femmes dans 26 pays – de l’Inde au Brésil en passant par la Belgique et le Kenya – sur leurs intentions de maternité. Partout, la réponse tourne autour de 2 enfants par femme, révèlent-ils.
« Les populations sont déjà en train de décliner dans une douzaine de pays. D'ici 2050, ce chiffre sera multiplié par trois », lit-on dans le livre. Parmi les principaux pays touchés par ce déclin aujourd'hui: le Japon, la Corée du Sud, l'Espagne, l'Italie, ainsi qu'une majorité de pays d'Europe de l'Est. La Chine devrait suivre dans quelques années. Puis le Brésil et l'Indonésie, d'ici le milieu du siècle.
Même l'Inde, qui pourrait devenir – voire serait déjà – le pays le plus peuplé de la planète, devrait voir sa population se stabiliser d'ici une génération avant de décliner. Idem en Afrique sub-saharienne et au Moyen-Orient, qui connaissent aujourd'hui des taux de fécondité très élevés, mais dont la fin du baby-boom devrait arriver plus vite que ne l'estime l'ONU.

Mais l'issue ne sera pas forcément joyeuse, notamment d'un point de vue économique. Le vieillissement de la population qui se profile, précisent les auteurs dans leur ouvrage, devrait peser sur les actifs, qui crouleront sous les frais d'assurance santé et de retraite. Et inciter les couples à avoir plus d'enfants serait vain: « Une fois que la norme d'un ou deux enfants s'impose, on ne peut plus revenir en arrière. »

Si les auteurs disent vrai, et que la transition démographique mondiale arrive plus vite que prévu, cela pourrait bien limiter un peu les dégâts infligés à l’environnement – et faciliter la réalisation des objectifs fixés en vue d’un monde durable. À condition de ne pas oublier la fameuse équation IPAT: baisser la population ne servira à rien si l'on ne diminue pas les autres facteurs de l'équation, notamment celui du niveau de consommation par individu. [... Et si l'on ne met pas fin à l'organisation capitaliste de la société, les échanges marchands et la gestion prédatrice des ressources naturelles; ndc]


EVOLUTION DE LA POPULATION MONDIALE - De 2,54 milliards d'habitants en 1950, elle est passée à 3 milliards en 1960...puis les 3,5 milliards ont été atteints en 1968. les 4 milliards en 1974; 4,5 milliards en 1981; les 5 milliards en 1987; 5,5 milliards en 1992; les 6 milliards en 1999; 6,5 milliards en 2005; les 7 milliards en 2011. Les derniers chiffres des estimations communiqués par l'ONU sont, pour l'année 2015, de 7,38 milliards.

La courbe de la progression annuelle de la population mondiale a connu une forte progression entre 1953 et 1973 (le baby boom des "30 Glorieuses"), puis une période de stabilisation à 75 millions dans les années 70, avant de réaccélérer au début des années 80 jusqu'à un pic à 92 millions en 1987-1989. Elle a ensuite fortement ralenti jusqu'en 1998-2003 (à 78 millions). Elle est ensuite remontée progressivement jusqu'à atteindre un nouveau plafond en 2012-2014 à 85 millions. Elle semblait légèrement fléchir en 2015... 


Chine: La population a baissé pour la première fois en 2018
AFP, Le Point - 03 jan 2019
https://www.lepoint.fr/monde/chine-la-population-a-baisse-pour-la-premiere-fois-en-2018-experts-03-01-2019-2283168_24.php


PEKIN - La population de la Chine, la plus nombreuse au monde, a baissé l'an dernier pour la première fois depuis au moins 70 ans, selon des experts, malgré l'abandon de la politique de l'enfant unique. Les chiffres officiels ne seront connus que courant janvier, mais sans attendre, le spécialiste Yi Fuxian, chercheur basé aux Etats-Unis à l'Université du Wisconsin-Madison, estime que la population de la Chine a reculé l'an dernier de 1,27 million de personnes. Une paille par rapport à une population totale de 1,39 milliard d'habitants, plus de 20 fois la population de la France, mais tout de même une première dans l'histoire de la République populaire de Chine, fondée en 1949. (...)

Face au vieillissement de la population, Pékin autorise désormais depuis 2016 toutes les familles à avoir deux enfants. Problème: face aux coûts de l'éducation, de la santé et du logement, beaucoup de couples préfèrent en rester à l'enfant unique, voire à pas d'enfant du tout... Résultat, le nombre de naissances a décliné de 2,5 millions l'an dernier, estime Yi Fuxian, alors que Pékin tablait sur une augmentation de 790.000 naissances. Le total selon lui devrait atteindre 10,31 millions pour 2018. Dans le même temps, le nombre de décès a augmenté à 11,58 millions, estime le chercheur, qui fonde ses chiffres sur des statistiques locales. L'année écoulée est "un tournant historique pour la population chinoise", déclare-t-il à l'AFP, jugeant que la tendance est peut-être même "irréversible" compte tenu de la baisse du nombre de femmes en âge de procréer. (...)

La Chine entre dans "une crise démographique", s'alarme l'économiste Ren Zeping, du groupe immobilier Evergrande, alors que l'Inde devrait dans quelques années rattraper la Chine au rang de pays le plus peuplé de la planète. La population en âge de travailler (de 16 à 59 ans) a chuté de près de 5,5 millions de personnes en 2017, déclinant pour la 6e année consécutive pour tomber à 902 millions de personnes (65 % de la population totale). Selon des estimations du gouvernement, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus devrait atteindre 487 millions de personnes en 2050, soit 35% de la population contre 241 millions (17,3 % de la population) fin 2017. Le nombre de femmes en âge de procréer devrait lui reculer de plus de 39 % au cours des 10 prochaines années, selon He Yafu, un démographe indépendant, qui juge vraisemblables les estimations du professeur Yi. Ce dernier, critique de longue date de la politique de l'enfant unique, encourage désormais le gouvernement chinois à abolir la limite de deux enfants par famille et à soutenir la natalité par de généreux congés parentaux et des incitations fiscales [sinon] "la crise du vieillissement sera plus grave que celle du Japon et les perspectives économiques encore plus sombres", prévient-il.


EDIT (18 juin 2019) Rien de nouveau, mais des précisions.


Population mondiale: 9,7 milliards de personnes en 2050
AFP, La Libre - 18 jun 2019
https://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/population-mondiale-9-7-milliards-de-personnes-en-2050-5d08b60ad8ad580bf0659bed


NEW YORK - La population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards de personnes en 2050 contre 7,7 milliards aujourd'hui, avec un doublement des habitants de l'Afrique subsaharienne, selon un rapport de l'ONU publié lundi. Parmi ses prévisions, l'ONU prévoit une population qui pourrait atteindre près de 11 milliards d'individus en 2100. Le rapport "Perspectives de la population dans le monde" confirme par ailleurs le vieillissement de la population mondiale en raison d'une espérance de vie croissante et d'une baisse de la fécondité.

Le nombre de pays connaissant une réduction de taille de la population augmente, note aussi le Département des affaires économiques et sociales de l'ONU d'où est issu le rapport. Depuis 2010, 27 pays ou territoires ont connu une réduction d'au moins 1 % de la taille de leurs populations, une baisse due à des faibles niveaux de fécondité. Dans ses prédictions, l'ONU prévoit que la population en Chine devrait diminuer de 31,4 millions, soit environ 2,2 %, entre 2019 et 2050.

Composante majeure de l'évolution de la population dans certains pays, un afflux de migrants devrait être constaté cette décennie au Belarus, en Estonie, Allemagne, Hongrie, Italie, au Japon, en Russie, Serbie et Ukraine, contribuant à compenser les pertes de population causées par un excès de décès par rapport aux naissances. D'ici à 2050, plus de la moitié de la croissance projetée de la population mondiale se concentrera, précise le rapport, dans neuf pays: Inde, Nigeria, Pakistan, République démocratique du Congo, Ethiopie, Tanzanie, Indonésie, Egypte et Etats-Unis.
 
L'indice de fécondité global, qui a baissé de 3,2 naissances par femme en 1990 à 2,5 en 2019, devrait encore diminuer pour s'établir à 2,2 en 2050. Ce dernier taux approche du niveau de fécondité de 2,1 naissances par femme qui est nécessaire pour assurer le remplacement des générations et éviter le déclin de la population à long terme en l'absence d'immigration, indique le communiqué de l'ONU. Concernant l'espérance de vie, les habitants des pays les plus pauvres vivent encore sept ans de moins que la moyenne mondiale. Elle devrait s'établir à 77,1 ans en 2050 contre 72,6 ans en 2019, indique le rapport. En 1990, cette espérance de vie était de 64,2 ans.


EDIT (15 juillet 2020)


8,8 milliards d'humains en 2100, moins que prévu par l'ONU
AFP, France24 - 15 jul 2020
https://www.france24.com/fr/20200715-8-8-milliards-d-humains-en-2100-moins-que-prévu-par-l-onu


Une nouvelle étude publiée mercredi remet en cause les projections de l'ONU et la croissance continue de la population mondiale au long du XXIe siècle en raison de la baisse du taux de fécondité. Une bonne nouvelle pour l'environnement, mais un bouleversement pour l'équilibre de nos sociétés où les plus de 80 ans seraient 6 fois plus nombreux. La population mondiale va décliner dès la 2e moitié du siècle pour atteindre 8,8 milliards en 2100, soit 2 milliards de moins que les projections de l'ONU, selon une étude publiée mercredi 15 juillet dans The Lancet.

C'est "une bonne nouvelle pour l'environnement (moins de pression sur les systèmes de production alimentaire et moins d'émission de CO2)", indique à l'AFP Christopher Murray, directeur du respecté Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) à Seattle, qui a mené cette étude. Mais "l'inversion de la pyramide des âges aura des conséquences profondes et négatives sur l'économie et l'organisation des familles, des communautés et des sociétés", tempère-t-il. Même si ces projections ne sont pas "gravées dans le marbre" et que des changements de politiques pourraient modifier les trajectoires des différents pays.

Selon le dernier rapport de l'ONU sur la population mondiale, la Terre devrait porter 9,7 milliards d'habitants en 2050 et 10,9 milliards en 2100, contre 7,7 milliards actuellement. Mais la nouvelle étude remet en cause cette croissance continue au long du XXIe siècle. Les chercheurs de l'IHME, organisme financé par la fondation Bill et Melinda Gates qui fait référence pour ses études mondiales en santé publique, prédisent un pic dès 2064, à 9,7 milliards de personnes, avant un déclin jusqu'à 8,8 milliards en 2100.

Ce déclin sera lié en grande partie au développement de l'éducation des filles et de l'accès à la contraception qui va faire baisser le taux de fécondité à 1,66 enfant par femme en 2100, contre 2,37 aujourd'hui, selon l'étude. Une chute de la fécondité beaucoup plus rapide que ce que prévoit l'ONU. Dans 183 pays sur les 195 étudiés, ce taux tomberait d'ici 2100 sous les 2,1 enfants par femme permettant de maintenir la population sans apport migratoire.

Mais l'évolution démographique, intégrant aussi la mortalité et les migrations, variera selon les régions et les pays, selon les chercheurs. Ils anticipent une possible redistribution des cartes économiques et géopolitiques, même si la puissance d'un État ne se réduit pas nécessairement à la seule taille de sa population.

Ainsi, la Chine pourrait perdre près de la moitié de ses habitants (1,4 milliard aujourd'hui, 730 millions en 2100), avec un déclin du nombre de personnes en âge de travailler qui va "entraver" sa croissance économique. Les États-Unis, appelés à perdre prochainement leur place de première économie mondiale, pourraient ainsi repasser devant la Chine d'ici la fin du siècle, si l'immigration continue à pallier la fécondité en baisse, selon l'étude.

L'Asie et l'Europe devraient perdre des habitants. Elles abritent une grande partie des 23 pays qui devraient voir leur population réduite au moins de moitié : Japon (128 à 60 millions), Thaïlande (71 à 35), Espagne (46 à 23), Italie (61 à 31), Portugal (11 à 4,5), Corée du Sud (53 à 27). Même si quelques pays comme la France y échappent (65 à 67 millions). À l'opposé, l'Afrique sub-saharienne pourrait voir tripler sa population (1 à 3 milliards), tirée notamment par le Nigeria (206 à 790 millions d'habitants), qui deviendrait en 2100 le 2e pays le plus peuplé au monde, derrière l'Inde mais devant la Chine.

"Ce sera véritablement un nouveau monde, un monde auquel nous devrions nous préparer dès aujourd'hui", a commenté le rédacteur en chef du Lancet, Richard Horton. Dans ce monde où la population en âge de travailler aurait diminué mais où les plus de 80 ans seraient 6 fois plus nombreux (141 à 866 millions), il faudrait "réévaluer la structure actuelle des systèmes d'aides sociales et des services de santé", insiste Christopher Murray.

"La réponse à ce déclin des populations risque de devenir une des préoccupations politiques majeures dans de nombreux pays", poursuit dans un communiqué son collègue Stein Emil Vollset. "Mais cela ne doit pas compromettre les efforts pour améliorer la santé reproductive des femmes ou le progrès des droits des femmes", insiste-t-il. Pour modifier la trajectoire démographique, ils évoquent à l'inverse des "politiques sociales" pour aider les femmes à travailler tout en ayant le nombre d'enfants qu'elles souhaitent. Mais aussi des "politiques d'immigration libérales". "Nous estimons que plus tard dans le siècle, les pays qui ont besoin de travailleurs migrants devront rivaliser pour attirer ces migrants", qui devraient venir principalement d'Afrique sub-saharienne et du monde arabe, indique Christophe Murray.