Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
14.02.2026
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Des milliers de manifestants anti-charbon dans une forêt allemande
AFP, Sciences & Avenir - 06 oct 2018
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/des-milliers-de-manifestants-anti-charbon-dans-une-foret-allemande_128295
"Aucune envie de charbon": en musique et en couleurs, des milliers de manifestants ont investi samedi une forêt dans l'ouest de l'Allemagne sauvée provisoirement du déboisement et devenue le symbole de la lutte contre les énergies fossiles. Sous un ciel bleu et des températures dignes d'un été indien, jeunes, familles et retraités se félicitaient de leur victoire obtenue la veille après la décision d'un tribunal suspendant les travaux de déboisement de l'énergéticien RWE, qui devaient permettre l'agrandissement d'une énorme mine de charbon.
Cette journée constitue une nouvelle victoire pour les organisateurs, parmi lesquels les associations environnementales Greenpeace et Bund, qui estiment à 50.000 le nombre de participants, soit le "plus gros rassemblement anti-charbon jamais vu" dans la région. De son côté, la police, présente en nombre dans ce bois proche d'Aix-la-Chapelle et devenu un symbole des tensions autour de la dépendance allemande au charbon brun, extrait à ciel ouvert sur de vastes surfaces, n'a pas donné de chiffres. "J'étais pas mal déprimé ces dernières semaines et avais perdu confiance dans l'Etat de droit. Mais tout va mieux depuis hier", se réjouit Marc Stoppenbach, 47 ans. Travaillant dans la communication et portant une pancarte "la forêt de Hambach reste, sortons du charbon de suite !", il est venu avec son fils en espérant "qu'il soit aussi déterminé à s'engager pour un avenir propre et à protéger notre environnement".
La veille, la Cour régionale administrative de Münster avait estimé que RWE n'avait "pas le droit de déboiser la forêt de Hambach" tant que la justice n'aura pas examiné le recours déposé sur le fond par Bund, soit d'ici 2020 selon RWE. Une véritable victoire, certes provisoire, pour les militants écologistes venus défendre les quelque 200 hectares restant de ce bois, dont 3.900 hectares ont déjà été défrichés par RWE pour sa mine.
Allemagne: La justice suspend l'extension d'une vaste mine de charbon
AFP, Sciences & Avenir - 05 oct 2018
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/allemagne-la-justice-suspend-l-extension-d-une-vaste-mine-de-charbon_128277
La justice allemande a suspendu vendredi le déboisement controversé d'une forêt pour agrandir une énorme mine de charbon, offrant aux militants écologistes qui occupent les lieux un succès tardif après 6 ans de bataille. Cette décision intervient alors que les jours de ce lieu symbolique paraissaient comptés. La forêt de Hambach cristallise les tensions autour de la dépendance allemande au charbon brun, extrait à ciel ouvert sur de vastes surfaces. Non seulement l'énergéticien RWE a déjà défriché 3.900 des 4.100 hectares de ce bois proche d'Aix-la-Chapelle, dans l'ouest de l'Allemagne, mais la police a expulsé ces dernières semaines les dizaines de militants installés dans les arbres depuis 6 ans.
Se prononçant en appel et en référé, la Cour régionale administrative de Münster a estimé vendredi que RWE n'avait "pas le droit de déboiser la forêt de Hambach" tant que la justice n'aura pas examiné le recours déposé sur le fond par l'association environnementale Bund, soit d'ici 2020 selon RWE. "C'est une bonne journée pour la protection de la nature et du climat et un jalon pour le mouvement anti-charbon", s'est réjoui Martin Kaiser, de l'association Greenpeace, lors d'une conférence de presse. Comme Bund s'oppose à l'agrandissement de la mine exploitée par RWE en invoquant une directive européenne sur la protection de la faune et la flore, la justice doit "décider de questions complexes, qui ne peuvent être tranchées en référé", précise la Cour administrative. Les requérants font notamment valoir que la forêt abrite des espèces rares comme le vespertilion de Bechstein, une petite chauve-souris, et doit donc être qualifiée de zone protégée. Or le projet de RWE soutenu par les autorités régionales implique de raser à partir du 15 octobre la moitié des 200 derniers hectares de la forêt, ce qui porterait une atteinte "irréversible" à ce territoire, "injustifiée" aux yeux des magistrats.
Si la présence des militants installés dans les arbres de Hambach était tolérée depuis des années, RWE a récemment décidé de faire valoir ses droits et la police a entamé en septembre l'expulsion des occupants, démantelant 86 constructions provisoires. L'opération a entraîné l'arrestation de près de 300 personnes et 27 policiers ont été blessés dans des confrontations avec les militants, qui ont pour certains jeté des cocktails Molotov, des pierres et des sacs d'urine ou d'excréments, selon la police locale. Un journaliste indépendant couvrant l'événement a par ailleurs fait une chute mortelle mi-septembre, depuis un pont reliant deux cabanes construites dans des arbres [Voir l'article qui suit; ndc]. Une manifestation, qui devrait rassembler ce samedi plusieurs milliers d'opposants à l'agrandissement de la mine, a finalement été autorisée par la justice après une interdiction par la police régionale. [Deux militantes anarchistes, Jazzy et Winter, arrêtées lors de l'évacuation, ont été libérées le 2 octobre après 2 semaines passées en détention provisoire; ndc]
La forêt de Hambach est devenue en Allemagne le symbole des adversaires du charbon, qui continue à représenter près de 40 % de la production d'électricité en raison notamment de la sortie du nucléaire à l'horizon 2022, décidée en 2011 par le gouvernement d'Angela Merkel. "Nous resterons dépendants encore un bon moment du lignite", c'est-à-dire du charbon brun bon marché mais très polluant, a récemment déclaré sur la chaîne ARD l'un des responsables de RWE, Frank Weigand. Le gouvernement allemand, qui a reconnu en juin qu'il n'atteindrait pas ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre pour 2020, a créé une commission chargée de réfléchir à la sortie du charbon, sans fixer pour l'heure d'échéance tant le sujet est techniquement et socialement épineux.
Les énergies renouvelables sont certes montées en puissance, dépassant les 30 % de la consommation d'électricité allemande, mais elles posent encore des difficultés liées à leur caractère intermittent et leur transport depuis le Nord, balayé par le vent, jusqu'au Sud industriel. Un abandon rapide du charbon compromettrait donc "la sécurité de l'approvisionnement", martelait l'an dernier RWE, tout en alertant sur le sort des "75 000 employés directs et indirects du secteur de la lignite". Le groupe a pour le moment indiqué dans une communiqué s'attendre à un effet négatif sur son bénéfice d'exploitation d'au moins 100 millions d'euros par an entre 2019 et une éventuelle reprise des travaux.
Forêt de Hambach (Allemagne): il s’appelait Steffen…
Un blogueur militant chute mortellement lors de l’opération policière
par Violette Bonnebas
Reporterre - 20 sep 2018
https://reporterre.net/Il-s-appelait-Steffen-A-Hambach-un-blogueur-militant-chute-mortellement-lors-de
BERLIN - Il s’appelait Steffen. Proche des milieux écologistes allemands, il couvrait depuis déjà plusieurs mois la vie des habitants de la Zad de Hambach. Ces militants s’opposent à la destruction de la forêt millénaire de Hambach, dans l’ouest de l’Allemagne, menée par la compagnie électrique RWE pour étendre une mine de charbon géante à ciel ouvert. Ce mercredi 19 septembre, cela faisait 7 jours que le jeune photojournaliste suivait l’évacuation surdimensionnée – 3.500 policiers, canons à eau, chevaux, hélicoptères – des quelques 150 militants de la Zad et de leurs 51 cabanes perchées dans les arbres. Peu avant 16h, il a chuté d’un pont suspendu entre deux cabanes, à 14 m de hauteur. Gravement blessé, il a été transporté en urgence à l’hôpital de Cologne mais n’a pu être réanimé et est décédé.
Dans une conférence de presse organisée dans l’urgence, le porte-parole de la police régionale Paul Kemen a assuré qu’ « aucune opération n’était alors en cours dans le secteur où a lieu l’accident ». Selon lui, un policier serait venu au pied de l’arbre pour donner à Steffen M. une carte mémoire d’appareil photo. Le journaliste serait tombé en tentant de la remonter via un système de câbles et poulies. Mais le collectif de zadistes Hambi Bleibt donne une autre version des faits. « Le SEK [unité d’élite de la police allemande] était en train d’arrêter un activiste près du pont suspendu. Notre ami était apparemment en chemin pour filmer l’interpellation lorsqu’il est tombé », écrivent les militants sur leur site internet.
Les opérations d’évacuation de la Zad ont été immédiatement suspendues. Sur place, le deuil et la stupeur règnent parmi les militants et les policiers, selon le journaliste de la Tageszeitung Malte Kreutzfeldt. « Nous sommes profondément bouleversés, a réagi le collectif de militants Hambi bleibt. Nos pensées vont à ses proches, ses amis et tous ceux qui se sentent concernés ». Les zadistes demandent l’arrêt définitif de l’évacuation. « Nous demandons à la police et RWE de quitter immédiatement la forêt et de stopper cette opération dangereuse. Aucune autre vie humaine ne doit être mise en danger. » De son côté, la compagnie, premier énergéticien d’Allemagne, a déclaré sur Twitter « regretter un accident tragique ».
"Hambi bleibt" est le nom du collectif de lutte de la forêt. Hambi est le diminutif de Hambach. "Hambi Bleibt" signifie à peu près: la forêt de Hambach doit survivre. La forêt de Hambach est devenue ces dernières années le symbole de la lutte contre le charbon en Allemagne. Occupée depuis 6 ans par des militants écologistes, elle est promise à la destruction par son propriétaire, la compagnie d’énergie RWE, qui souhaite exploiter son sous-sol riche en lignite. Sur les 4.100 hectares que comptait la forêt à l’origine, il n’en reste plus aujourd’hui que 200. A la suite du feu vert de la justice allemande, RWE entend en raser la moitié à partir du 1er octobre. Le gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a lancé la semaine dernière l’évacuation de la Zad, officiellement pour « risques élevés d’incendie ».
EDIT (15 octobre 2018)
Forêt de Hambach: Nous avons squatté Manheim !
Contra info - 14 oct 2018
https://fr-contrainfo.espiv.net/2018/10/14/foret-de-hambach-nous-avons-squatte-manheim/
Il y a deux semaines, des personnes ont été chassées de leurs maisons dans la forêt de Hambach. Depuis déjà plusieurs années, les habitant-e-s sont expulsées des villages envioronnants ainsi qu´à Manheim tandis que le grand public n’etendend parler que des manifestantions dans la forêt.
L’exploitation minière de charbon en Rhénanie ne concerne pas uniquement les habiatant-e-s de la région, mais fait partie d’un problème plus global.
Peu importe a certains que le loir voit son vieux chêne être détruit, que des fermier-es locales voient leur champs se dessécher et leur habitat démoli, que des humains doivent quitter les rues dans lesquelles ils ont appris à faire du vélo, ou que des villages péruviens soient menacés par la fonte de glaciers.
Toutes les créatures vivantes souffrent ensemble du compprtement de RWE et de cette culture destrucrice en général.
Les multinacionales comme RWE et les politiciens doivent prendre leurs responsabilité face à cette situation. Puisqu`illes ne veulent pas changer leur méthodes de production énergétiques alors, en tant que personnes ordinaires, nous sommes obligés d’agir.
Nous n’accepterons pas la destruction de ces maisons, c’est pourquoi nous les occupons.
Pour se faire, nous avons l’intention d’ouvrir un espace de vie libre et autogéré, qui encourage la créativité, la qualité de vie et soutienne les personnes engagées dans les luttes contre RWE. Nous demandons également [poliment ?; ndc] à RWE de rendre leurs maisons aux personnes qui veulent retourner y vivre ["Monsieur RWE, veuillez avoir l'extrême obligeance de bien vouloir rendre les maisons que vous avez prises"... ???; ndc].
Vivre dans les zones rurales devient de plus en plus attrayant pour un grand nombre d’être humains. Loin de la vie anonyme des petits appartements hors de prix dans les jungles urbaines à travers le monde, les gens peuvent s’entraider, habiter ensemble et construire des projets de vie durables pour différentes générations.
Nous voulons rendre cela possible, ensemble, dans l’unité.
Avec des gen-tes qui vivent ensemble à Manheim depuis des déciennes.
Avec des gen-tes qui vivaient ici et qui sont déjà partis avec leurs familles.
Avec des gen-tes qui sont venues ici pour combattre la destruction sytématique de la nature.
Et avec des gen-tes qui ont été obligeés de fuir leur maison dans d’autres parties du monde, pour être à nouveau chassées ici.
Nous nous élevons contre la destruction irrespectueuse de toutes formes de lieux de vie !
Habitons les maisons vides et créons de nouvelles perspectives pour nous tous !
Pour plus d’informations: www.hambacherforst.org/
EDIT (25 février 2019)
L’Allemagne renonce enfin au charbon et sauve une forêt millénaire menacée par une multinationale
par Rachel Knaebel
Basta! - 25 fev 2019
https://www.bastamag.net/L-Allemagne-renonce-enfin-au-charbon-et-sauve-une-foret-millenaire-menacee-par
La forêt de Hambach, dans l’ouest du pays, menacée par l’extension d’une mine de lignite, sera sauvée, au moins jusqu’à 2020. Une belle victoire pour ses défenseurs, dont la lutte est devenue emblématique du mouvement climatique allemand. La commission chargée de plancher sur une sortie du charbon, qui fournit de l’électricité à plus d’un tiers de la population, a également annoncé une date pour l’arrêt définitif de son extraction et de sa combustion: 2038. La reconversion de l’industrie et de ses salariés ainsi que le développement des énergies renouvelables pour remplacer le très polluant charbon devraient coûter 80 milliards d’euros.
Après des mois de manifestations cet été et cet automne, une "zone à défendre" installée dans les arbres et un mort pendant l’opération policière d’évacuation, la forêt – millénaire – de Hambach, dans l’ouest de l’Allemagne, semble bel et bien sauvée. Le groupe énergétique allemand RWE prévoyait d’y démarrer l’abattage des arbres en octobre dernier pour agrandir sa mine de charbon à ciel ouvert. Les autorités de la région ont annoncé la semaine dernière qu’aucuns travaux de déboisement n’auraient lieu avant 2020.
Fin janvier, la commission chargée d’étudier les scénarios possibles de sortie allemande du charbon a recommandé de préserver définitivement la forêt de Hambach. Cette "Commission charbon" a aussi précisée une échéance importante: celle où l’Allemagne ne devra plus recourir au très polluant charbon pour produire de l’électricité. Le pays aura jusqu’en 2038 pour fermer l’ensemble de ses centrales au charbon, qui alimente encore plus d’un tiers de la population en électricité. Le rapport final de cette commission qui réunit des élus, des représentants des entreprises énergétiques, des syndicats et des organisations environnementales propose une sortie du charbon planifiée et progressive, sur le modèle de la sortie du nucléaire. Une partie des centrales à charbon allemandes devront ainsi fermer dès 2022. Aucune nouvelle centrale ne sera construite. Les projets de nouvelles mines de charbon à ciel ouvert ne devraient pas non plus voir le jour.
La forêt millénaire de Hambach n’aura donc pas besoin d’être rayée de la carte. Ce bois est devenu emblématique de la lutte qui se joue depuis plusieurs années pour en finir avec le charbon allemand. La consommation de cette énergie très émettrice de CO2 n’a pas augmenté depuis la décision de 2011 de sortir du nucléaire en 2022, mais elle représente toujours plus de 36 % de l’électricité consommée dans le pays. L’Allemagne extrait toujours chaque année plus de 170 millions de tonnes de lignite de ses sous-sols. Les opérations d’occupation des mines à ciel ouvert par le mouvement Ende Gelände depuis 2015, la ZAD de cabanes érigée dans de la forêt de Hambach, puis les grèves lycéennes pour le climat qui ont commencé dès décembre outre-Rhin, ont contribué à placer la sortie du charbon au cœur du débat public.
L’échéance de 2038 apparaît comme une étape historique pour la transition énergétique allemande. Elle semble cependant très lointaine face à l’urgence climatique. « Les recommandations de la commission ne correspondent pas aux exigences de l’accord de Paris pour le climat », estime l’association environnementale Bund, la branche allemande des Amis de la terre. Pour elle, il faudrait sortir du charbon d’ici à 2030, date à laquelle 65 % de la consommation de l’électricité allemande devrait provenir des énergies renouvelables. Le grand groupe énergétique allemand RWE, qui exploite les mines et centrales à charbon de la Ruhr, s’est de son côté inquiété de l’annonce: « Les propositions de la commission auront de sérieuses conséquences sur le business de la lignite de RWE ». Le PDG de l’entreprise a ajouté: « Nous sommes engagés pour préserver les intérêts de nos travailleurs et de nos actionnaires. » En septembre dernier, RWE affirmait encore qu’une sortie du charbon en 2038 était « inacceptable ». Dans les années 1990, l’entreprise avait obtenu une autorisation pour exploiter le charbon rhénan jusqu’en 2045.
Pour devenir contraignantes, les propositions de la commission charbon devront encore être transposées en loi, et être financées. La commission a estimé à 40 milliards d’euros les sommes qu’il faudrait allouer aux régions minières allemandes pour leur reconversion. Un plan est également prévu pour les 20 000 personnes qui travaillent encore dans les mines et les centrales à charbon: des formations seront financées ainsi que des départs en retraites anticipés. L’État allemand devrait aussi dédommager les entreprises du secteur et intervenir pour modérer la hausse des prix de l’électricité.