Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
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Le Sud, en première ligne du réchauffement climatique

Publié le 23/08/2018 à 00:51 par monde-antigone

 
Réchauffement climatique: L’Afrique et l’Asie premières victimes économiques
par Dominique Pialot
La Tribune - 10 aot 2018
https://www.latribune.fr/economie/international/rechauffement-climatique-l-afrique-et-l-asie-premieres-victimes-economiques-787492.html


L'hémisphère nord vient de subir l'une des pires périodes de canicule de son histoire moderne. Mais il devrait néanmoins demeurer la zone la plus tempérée, et donc la moins exposée aux conséquences du changement climatique, notamment sur le plan économique.

Selon une étude réalisée par le cabinet britannique Verisk Maplecroft, c'est en effet en Asie du Sud Est et en Afrique que les conséquences économiques du réchauffement climatique devraient peser le plus lourd dans les 30 prochaines années. En cause: la baisse de productivité due à des températures de plus en plus élevées et le poids des activités intensives en main d'œuvre dans ces économies émergentes, et en particulier dans leurs exportations. En outre, sous l'effet de la croissance démographique et de l'urbanisation, c'est dans ces mêmes pays que le recours à la climatisation va progresser le plus, alors même que leurs systèmes électriques sont d'ores et déjà fragiles. En conséquence, les risques de coupures d'électricité seront d'autant plus élevés, et menaceront notamment les entreprises installées dans ces pays.

L'étude du cabinet britannique montre ainsi que 10,8 % de la valeur des exportations de l'Afrique de l'Ouest sont menacés par la hausse des températures d'ici à 2050, 7,9 % en Afrique sub-saharienne, 6,1 % au Moyen-Orient, et 5,2 % en Asie du Sud et Asie du Sud Est. Les pays africains représentent la moitié des 48 pays notés en « risque extrême » dans l'indice de stress chaleur élaboré par Verisk Maplecroft. Sur la base des valeurs actuelles, cela correspond à une perte annuelle de 78 Mds $ par an pour l'Asie du Sud Est et près de 10 Mds $ pour l'Afrique. Sans surprise, le Royaume-Uni, l'Irlande, la Finlande et la Scandinavie sont parmi les moins exposés. À titre de comparaison, 3,9 % de l'économie sud-américaine et seulement 1 % de l'économie américaine et 0,1 % de l'économie européenne sont menacées.

L'agriculture ainsi que les secteurs pétrolier et minier sont les plus exposés à la baisse de productivité liée à la chaleur, car ils sont très intensifs en main-d'œuvre travaillant le plus souvent à l'extérieur. Cette baisse de la productivité pourrait entraîner des pénuries pour certains produits ou au moins des hausses de coût de production. Ces menaces sur la chaîne d'approvisionnement pourraient à leur tour inciter les acheteurs à modifier leurs sources d'approvisionnement et à délaisser ces pays, entraînant ainsi un effet boule de neige sur ces économies régionales. À titre d'illustration de secteurs particulièrement menacés, les auteurs de l'étude citent le pétrole au Nigeria ou encore les exportations de cacao en Côte d'Ivoire et au Ghana. En Asie du Sud Est, c'est plutôt le secteur manufacturier qui est le plus concerné, notamment au Vietnam et en Thaïlande, spécialisés dans les mécanismes et les composants électriques, et qui représentent près des 2/3 de la valeur des exportations de la région menacée par le réchauffement climatique.

Globalement, la consommation due à l'utilisation de la climatisation de 2.000 térawattheures (TWh) aujourd'hui selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), devrait tripler d'ici à 2050 pour faire face à la conjonction du réchauffement, de la croissance démographique et de l'urbanisation galopante. Cette hausse devrait se concentrer essentiellement dans les pays les plus menacés par les vagues de chaleur et dans lesquels l'urbanisation sera la plus forte, à savoir, une fois encore, l'Afrique et l'Asie du Sud Est. Ce sont également des régions dans lesquelles les systèmes électriques sont déjà les plus fragiles, et donc les plus à risque face à de telles hausses de consommation.

Seuls 76 % des Africains ont aujourd'hui accès à l'électricité, et les entreprises installées sur le continent subissent en moyenne huit blackouts par an. Indépendamment de la climatisation en tant que telle, la hausse de la population urbaine, qui devrait atteindre 235 % d'ici à 2050, met en évidence les défis auxquels fait face le système électrique de la région. Cette conjonction entre zones les plus menacées par la hausse des températures et les plus concernées par une urbanisation rapide s'observe également, bien que dans une moindre mesure, au Moyen-Orient et en Asie. Les plaques tournantes de la production industrielle telles que Delhi ou Dacca sont les plus exposées aux risques de blackouts. Ces derniers surviennent déjà fréquemment en période estivale en Inde, un pays qui devrait voir sa population urbaine plus que doubler d'ici à 2050.

Il semble donc indispensable pour toutes ces régions d'anticiper ces effets imbriqués de la hausse des températures, de l'urbanisation et de la climatisation. Côté systèmes électriques, la solution est probablement à chercher dans une complémentarité entre des réseaux modernisés et renforcés et une multiplication des sources de production décentralisée d'énergies renouvelables.


Si l'Accord de Paris s'effondre, l'Australie devra payer 126 milliards de dollars par an
par Nick Baker, traduit par Joanna Cabot
SBS news - 05 aot 2018
https://www.sbs.com.au/yourlanguage/french/fr/article/2018/08/05/si-laccord-de-paris-seffondre-laustralie-devra-payer-126-milliards-de-dollars-par?language=fr


Quel est le coût pour l'Australie si l'Accord de Paris sur le changement climatique s'effondre ? Environ 126 milliards de dollars par an, selon un nouveau rapport. Une équipe de scientifiques australiens d’universités locales et du CSIRO a identifié l’impact économique des pays respectant l’Accord de Paris.

Le rapport montre que si l’Accord de Paris était annulé et que le réchauffement ne se limitait pas à 2°C, le monde perdrait 23 Mds $ par an à long terme. Le co-auteur du rapport, Tom Kompas, de l'Université de Melbourne, a déclaré que cela équivaut à ce que le monde connaisse 4 à 6 crises financières mondiales comme celle de 2008 chaque année. Le professeur Kompas a déclaré à SBS News que les coûts proviennent principalement de la "perte de productivité agricole, de la perte de productivité humaine et de la perte de terres" provoquée par le changement climatique.

Selon le rapport, l’Asie du Sud, du Sud-Est et l’Afrique ont été les plus durement touchées par les hausses de température, ce qui montre bien que les pays les plus pauvres sont les plus touchés par le changement climatique. "Les pertes de PIB sont choquantes [dans ces domaines]", a déclaré le professeur Kompas. Pour l'Australie, les coûts proviennent des "changements de niveau de la mer et en particulier de la perte de productivité agricole" causés par le changement climatique.

En regardant les chiffres sur le plus long terme, le professeur Kompas a déclaré que le réchauffement ne serait pas limité à 2°C et coûterait 14.000 $ par an à chaque ménage australien. Alors que le gouvernement australien n’a pas imputé les coûts exacts de l’impact du changement climatique, le ministère de l’Environnement et de l’Énergie a reconnu que "l’Australie subit des conséquences économiques importantes du changement climatique dans plusieurs secteurs". Alors que d’autres études ont été publiées sur les impacts économiques du changement climatique, ce rapport se veut le premier modèle de grande dimension à décomposer les coûts pour chaque pays. Et le professeur Kompas a déclaré que les scientifiques étaient surpris par les chiffres. "Les économistes du monde entier ont largement sous-estimé les dommages causés par le changement climatique... Les travaux antérieurs ne sont même pas proches des 23 milliarrds de dollars de dommages mondiaux", a-t-il déclaré. (...)


EDIT (31 août 2018)


Plus d'un million de Zimbabwéens menacés de pénurie alimentaire
AFP, La Presse - 31 aot 2018
http://www.lapresse.ca/international/afrique/201808/31/01-5194861-plus-dun-million-de-zimbabweens-menaces-de-penurie-alimentaire.php?


HARARE - Les Nations unies ont mis en garde contre les risques de pénurie de nourriture qui menacent plus d'un million de Zimbabwéens pauvres en raison de la chute de la production agricole causée par la sécheresse persistante dans le pays. « Le PAM se prépare à prendre en charge les besoins alimentaires les plus urgents de 1.135.500 personnes pendant le pic de la saison creuse (janvier-avril) 2018-2019 », a déclaré la porte-parole de l'institution à Harare, Ashley Baxstrom. Le Zimbabwe compte au total plus de 16 millions d'habitants.

Cette déclaration intervient après la publication d'un rapport du Réseau d'alerte des famines (FEWSNET) qui a pointé du doigt la baisse dangereuse des stocks alimentaires des ménages les plus pauvres dans les zones arides du Zimbabwe. « Ces conditions alimentaires devraient se prolonger jusqu'en mars 2019 », a mis en garde le réseau d'alerte. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 61 millions d'euros seront nécessaires pour financer l'aide d'urgence nécessaire. Toute l'Afrique australe connaît depuis plusieurs années une sécheresse persistante, dont les effets sont encore aggravés par les anomalies climatiques de type El Niño.


EDIT (12 septembre 2018)


L'ONU annonce que la faim dans le monde a progressé en 2017
B.L., avec AFP, BFM Business - 11 sep 2018
https://www.bfmtv.com/planete/l-onu-annonce-que-la-faim-dans-le-monde-a-progresse-en-2017-1521222.html


La faim a progressé dans le monde en 2017 pour la 3e année consécutive, selon 5 agences des Nations Unies qui mettent en cause la "variabilité du climat" comme l'une des "causes principales des graves crises alimentaires" du monde. En 2017, 821 millions de personnes dans le monde étaient en situation de manque chronique de nourriture contre 804 millions en 2016, soit une personne sur neuf sur la planète, estime le rapport annuel sur "L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde" publié mardi.

Le nombre de personnes souffrant de la faim retrouve ainsi son niveau "d'il y a 10 ans" et confirme "l'inversion de la tendance à la baisse" engagée depuis 2015, souligne le rapport rédigé par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM), et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

"La situation s'aggrave en Amérique du Sud, et dans la plupart des régions d'Afrique, et le recul de la sous-alimentation qui caractérisait l'Asie jusqu'à une période récente, semble considérablement ralentir dans cette région" note le rapport. "Si nous ne redoublons pas d'efforts nous risquons de manquer totalement l'objectif de l'élimination de la faim d'ici à 2030", prescrite par les Objectifs de développement durable de l'ONU, s'inquiètent les agences onusiennes.

Après s'être penché l'an dernier sur l'influence des conflits pour expliquer la remontée de la faim dans le monde, le rapport analyse en détail les liens avec le climat. "La variabilité du climat et les extrêmes climatiques sont des facteurs essentiels de la récente recrudescence de la faim dans le monde et l'une des principales causes des graves crises alimentaires" souligne le texte. "De plus en plus d'éléments laissent à penser que le changement climatique a déjà des répercussions sur l'agriculture et la sécurité alimentaire" ajoute le rapport.

Côté santé, l'ONU s'alarme de l'augmentation de l'obésité chez les adultes, avec "plus d'un adulte sur huit dans le monde" concerné par ce fléau, désormais rangé dans les "multiples formes de malnutrition" existantes. Seul progrès, la proportion d'enfants souffrant de retards de croissance diminue à 22 % contre 25 %, mais touche encore 151 millions d'enfants. L'ONU s'inquiète aussi de la santé des femmes: "une femme sur trois en âge de procréer souffre d'anémie", avec "d'importantes conséquences" pour leur santé et celle de leurs enfants.