Le Monde d'Antigone

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Dernière mise à jour : 14.02.2026
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Turbulences sur le peso argentin, le FMI appelé au secours

Publié le 11/05/2018 à 04:23 par monde-antigone

 
L'Argentine, qui n'en finit plus de vivre de crédits et d'émettre de la dette, subit de plein fouet les conséquences de la hausse du dollar. Le relèvement des taux rend en effet le dollar plus rémunérateur et donc plus attractif au détriment des monnaies émergentes.
Il y a quelques semaines pourtant, les observateurs entrevoyaient le bout du tunnel pour les finances publiques argentines après la victoire de Macri aux élections de mi-mandat en octobre 2017 (Voir plus bas l'article de L'Expansion du mois de janvier). Mais il a suffi d'une remontée du dollar de 4 % en 3 semaines pour que le climat change et que les symptômes chroniques réapparaissent brutalement. Au point de devoir faire appel à nouveau au docteur Mabuse, le FMI de sinistre mémoire, qu'on espérait ne plus jamais revoir.

L'accalmie sur les marchés émergents aura été de courte durée. L'Argentine n'est pas la seule à avoir des problèmes avec sa monnaie. D'autres économies, dont les bases financières sont fragiles, souffrent également dans de moindres mesures, notamment la Turquie et l'Inde. La Turquie a vu le 2 mai dernier sa note de crédit dégradée par S&P, l'enfonçant un peu plus dans la catégorie des investissements considérés comme "spéculatifs", alors que la faiblesse de la roupie indienne commence à inquièter les investisseurs qui ont beaucoup misé sur les perspectives de croissance promises par le FMI.

Les difficultés économiques et financières que connaît l'Argentine ne manqueront pas d'avoir bientôt une traduction sociale. En décembre, déjà, l'adoption par le parlement d'une réforme des retraites avait provoqué des manifestations qui avaient dégénéré en émeutes. Cette réforme prévoyait de réduire de plus de moitié l'augmentation des pensions et de repousser l'âge de départ à la retraite de 65 à 70 ans pour les hommes, de 60 à 63 ans pour les femmes. La suite ne sera pas paisible. Macri a promis, avant la fin de son mandat, de réviser le système fiscal et le code du travail dans un sens toujours plus libéral. La crise du peso va rajouter de l'huile sur le feu. Ça va chauffer... 

>> Vendredi, 3 heures après l'ouverture des marchés, le peso perdait encore 4,2 % à par rapport à la clôture de jeudi. Le dollar s'échangeait à 24,24 pesos, bien que le pays a entamé des discussions avec le FMI pour obtenir une aide dont on ne connaît pas encore le montant (le chiffre de 30 Mds $ est évoqué).


Buenos Aires appelle le FMI au secours du peso
AFP, France24 - 09 mai 2018
http://www.france24.com/fr/20180509-argentine-buenos-aires-appelle-fmi-secours-peso-economie-inflation-bourse-faillite


Les marchés financiers chahutent le peso argentin, au point de menacer la stabilité économique du pays. Le gouvernement de Buenos Aires a annoncé, mardi, avoir entamé des discussions avec le FMI, au risque de retomber dans une dépendance financière. L’Argentine ne peut plus faire face, seule, aux tourments de sa monnaie, qui est soumise à de fortes turbulences en Bourse ces derniers jours, et se tourne vers le FMI pour obtenir de l’aide. "De manière préventive, j'ai décidé d'entamer des discussions avec le FMI pour qu'il nous accorde une ligne de soutien financier", a annoncé le président Mauricio Macri lors d'une allocution télévisée, mardi 8 mai.

Sur un mois, la valeur du peso argentin a fondu d’environ 10 %, obligeant la Banque centrale de Buenos Aires à relever son taux directeur à 40 %, le niveau le plus élevé du monde. Pourtant, le pays était reparti sur le chemin de la croissance, et espérait cette année contenir son inflation, de l’ordre de 24,8 % en 2017. Le mouvement de départ des fonds étrangers en faveur du dollar, la semaine dernière, a déstabilisé le peso. Et cette dévaluation du peso par le jeu des marchés risque sans aucun doute de doper à son tour la hausse des prix.

Les discussions avec le FMI sont désormais ouvertes. Le gouvernement refuse de dévoiler le montant en cours de négociation. Selon l'agence Bloomberg, l'Argentine aurait sollicité un crédit de 30  milliards de dollars auprès de cet organisme international. L’intervention du FMI est cependant redoutée. La crise de 2001, quand l’Argentine était alors secouée par la pire crise financière de son histoire, qui avait fait chuter successivement quatre présidents en une semaine et mené le pays au défaut de paiement, reste un véritable traumatisme national.

Les Argentins se méfient du FMI et ils sont nombreux à l'accuser d'avoir validé les politiques économiques des années 1990, qui ont mené à la faillite de la 3e économie d'Amérique latine. Pour l'économiste Marina Dal Pogetto, le recours au FMI, "n'est pas une bonne nouvelle pour l'Argentine", "politiquement, cette décision ne se fera pas sans coût interne". Le président argentin Mauricio Macri s’est justifié: "Pendant les deux premières années (de mandat, 2016 et 2017), nous avons eu un contexte international très favorable, mais ce contexte est en train de changer" et "nous sommes parmi les pays au monde qui dépendent le plus du financement externe".


L'Argentine applique une thérapie de choc pour enrayer la dévaluation de sa monnaie
AFP, Romandie news - 04 mai 2018
https://www.romandie.com/news/L-Argentine-applique-une-therapie-de-choc-pour-enrayer-la-devaluation-de-sa-monnaie/914891.rom


L'Argentine a sorti vendredi l'artillerie lourde pour enrayer la dégringolade de sa monnaie: la Banque centrale a relevé en quelques jours son taux directeur de 27 à 40 %, dans un pays à l'économie fragile, meurtri par la crise de 2001. Le dollar s'apprécie depuis la hausse des taux des bons du Trésor américain, et d'autres monnaies trinquent, comme le peso argentin qui a perdu 10 % face au billet vert en l'espace d'un mois, la plus forte dépréciation depuis décembre 2015, quand le nouveau gouvernement a abandonné la politique de contrôle des changes, préférant laisser flotter sa monnaie.

La décision de la Banque centrale argentine de porter le taux à 40 % est "une chimiothérapie de choc", selon l'économiste Guillermo Nielsen, qui avait participé à la renégociation de la dette argentine, après la crise économique de 2001. Il s'agit de la 3e hausse rapprochée en une semaine, après une augmentation du taux jeudi, de 30,25 % à 33,25 %, alors que la BCRA a également vendu 7,5 milliards de dollars en une dizaine de jours pour limiter la chute du peso argentin. La dépréciation de la monnaie nationale a été de 7,64 % pour la seule journée de jeudi.

Le ministre de l'Economie Nicolas Dujovne s'est exprimé vendredi lors d'une conférence de presse pour expliquer la stratégie du gouvernement. "Nous voulons tranquilliser les Argentins, nous sommes convaincus que l'économie argentine est sur le bon chemin, elle croît (...) Nous avons des outils pour éviter une crise. Une fois que la volatilité sera contenue, nous pourrons normaliser notre politique", a dit le ministre. "Avec cette décision de la BCRA, nous baissons notre objectif de déficit budgétaire de 3,2 % à 2,7 % du PIB pour 2018. Nous ferons plus d'économies, et nous reporterons des chantiers publics d’infrastructures", a déclaré le ministre de l'Economie. Les marchés ont réagi aussitôt: le peso a regagné 5 % face au dollar. La hausse des taux d'intérêt décidée par la BCRA vise à convaincre les Argentins de placer leur argent, plutôt que d'acheter des dollars, monnaie refuge quand l'inflation est forte.

Après une amélioration en 2017, la hausse des prix s'est accélérée au cours des derniers mois. La Banque centrale et le ministre ont confirmé l'objectif de 15 % d'inflation en 2018 tandis que le FMI prévoit pour cette année 19,2 % de hausse des prix. Les instituts économiques privés misent sur une inflation dépassant les 20 %, comme c'est le cas depuis 10 ans. (...) D'après les statistiques officielles, le coût de la vie a déjà augmenté de 6,7 % au 1er trimestre. Le peso argentin a longtemps été surévalué par rapport au dollar car l'ex-présidente argentine Cristina Kirchner avait établi un contrôle des changes pour endiguer la fuite de capitaux vers l'étranger. Le gouvernement de centre-droit du président Mauricio Macri a rompu avec cette politique et laisse flotter la monnaie, tout en intervenant de temps en temps.

La hausse des taux des bons du Trésor américain la semaine dernière a déclenché une dépréciation des monnaies dans la région. "La hausse du dollar va impacter les prix alors que les gens ont du mal à arriver à la fin du mois", redoute Juan Carlos Schmid, un des responsables de la puissante centrale syndicale CGT. "Plus d'ajustements fiscaux, dit-il encore, cela veut dire plus de chômage, plus de fermetures d'entreprises, plus d'angoisse pour les salariés". (...) La croissance économique de la 3e économie d'Amérique latine a été de 4,7 % lors des 2 premiers mois de 2018, après une hausse du PIB de 2,8 % en 2017. Le pronostic pour 2018 est de plus de 3 %.


L'Argentine dans un labyrinthe économique: déficit, inflation et dette
AFP, L'Expansion - 20 jan 2018
https://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/l-argentine-dans-un-labyrinthe-economique-deficit-inflation-et-dette_1977855.html


BUENOS AIRES - Réduire le déficit budgétaire de 4 % et une inflation supérieure à 20 %, maîtriser l'endettement: tels sont les défis macroéconomiques pour 2018 du gouvernement argentin de Mauricio Macri, dont les réformes tardent à donner les résultats escomptés.

La résistance des syndicats et de l'opposition oblige le président de centre-droit Mauricio Macri à procéder de manière progressive pour opérer son changement de modèle économique, passant d'un régime protectionniste hérité de ses prédécesseurs Nestor et Cristina Kirchner (2003-2007 et 2007-2015), à un système plus libéral, renforcé par une nette victoire lors des législatives de mi-mandat en octobre, le gouvernement a imposé au Parlement une réforme controversée des retraites, qui a déclenché une forte mobilisation, et une réforme fiscale. En mars, il veut refonder le code du travail, pour rendre l'Argentine plus attractive pour les investisseurs étrangers. Les opposants dénoncent le risque de perte d'acquis sociaux.

La 3ème économie d'Amérique latine (derrière le Brésil et le Mexique) s'est redressée en 2017, avec une croissance annuelle de 2,8 %, de quoi compenser le mauvais cru de 2016, avec une récession de 2,3 %. Les statistiques officielles reflètent une reprise économique mais le pouvoir d'achat n'a pas augmenté pour autant: la pauvreté affecte 28,6 % des 41 millions d'Argentins, étranglés par une inflation annuelle supérieure à 20 % depuis une décennie, même si un infléchissement de la courbe de la hausse des prix en 2017 donne de l'espoir (40 % en 2016, 24,8 % en 2017).

Début 2016, le gouvernement s'était fixé comme objectif de parvenir à 17 % d'inflation en 2017 et 12 % en 2018. Deux ans plus tard, il espère en 2018 limiter l'inflation à 15 %. "L'Argentine ne gagnera contre l'inflation que lorsqu'elle équilibrera ses comptes", souligne l'économiste Ramiro Castiñeira, pointant le déficit budgétaire de 3,9 % en 2017 et l'émission monétaire comme carburant de l'inflation. L'inflation est le cauchemar des Argentins. "La hausse des prix est supérieure à ce que reconnait le gouvernement. Tout va mal car la promesse de contrôler l'inflation n'a pas pu être tenue", peste Roberto Martínez, un chauffeur de camion de Buenos Aires.

Bien parti pour enchaîner avec un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2019, Mauricio Macri, un homme d'affaires de 58 ans, devra offrir à ses compatriotes des résultats tangibles et perceptibles durant la seconde partie de son mandat, pour s'assurer de leur confiance. "Comme le gouvernement n'a pas de majorité au parlement, il doit aller doucement. En Argentine, où son modèle est critiqué, les consensus sont rares", estime M. Castiñeira, directeur de l'institut Econométrica. "Macri a gagné, car il a réussi à faire passer jusqu'ici toutes les lois qu'il voulait", considère l'économiste Mario Blejer. Le gouvernement "va dans la direction correcte" et Mauricio Macri se construit au passage "un fort leadership", ajoute M. Blejer (...).

Dans un pays qui a fait banqueroute en 2001, faute de pouvoir rembourser ses dettes, l'endettement des deux dernières années inquiète. La dette publique a bondi de 30 % depuis l'arrivée au pouvoir de Macri en décembre 2015. La situation n'est cependant pas alarmante, car le niveau d'endettement reste raisonnable. Après la crise de 2001, grâce aux exportations de soja dont le cours a explosé sur les marches international, l'Argentine a remboursé ses créanciers et ne s'est pratiquement pas endettée de 2001 à 2015. Le ministre argentin des Finances Nicolas Caputo a annoncé que la dette publique atteindrait 37 % en 2020, contre 31,3 % aujourd'hui. "C'est parfaitement viable", assure-t-il.
 
14/05/2018 >> Le peso argentin continue de dégringoler face au dollar, il recule de 6,16 % à l'ouverture des marchés, portant sa dépréciation depuis fin mars à 19 %.


EDIT (18 mai 2018)


La crise du peso met en évidence la fragilité de l'économie argentine
AFP, Romandie news - 17 mai 2018
https://www.romandie.com/news/La-crise-du-peso-met-en-evidence-la-fragilite-de-l-economie-argentine/919020.rom


L'Argentine semble avoir réussi à résoudre, au moins à court terme, la crise du peso et arrêté sa dépréciation, en déployant l'artillerie lourde, même si cette politique est intenable dans le temps, font remarquer les analystes. Pour stabiliser le peso, la Banque centrale de république argentine (BCRA) a porté son taux d'intérêt directeur à 40 % et injecté en quelques semaines plus de 10 milliards de dollars pour soutenir sa monnaie.

Le président argentin Mauricio Macri se veut rassurant, estimant "surmontées, les turbulences sur le marché des changes", tout en pointant du doigt un mal endémique: le déficit budgétaire de la 3e économie d'Amérique latine, pourtant passé de 6 % à 4 % du PIB depuis son arrivée au pouvoir fin 2015. "C’est évident, sinon, on entre dans une logique de financement permanent de l’Etat. C’est un vrai problème structurel, bien identifié depuis longtemps par le FMI, difficile à résoudre politiquement", dit Stéphane Straub, économiste de la Toulouse School of Economics, fondée par le Prix Nobel Jean Tirole.

"Dans le temps, poursuit l'économiste français, si les taux devaient rester à ce niveau-là, ça va poser des problèmes sur le moyen-long terme. Mais pour pouvoir baisser les taux, il faut que la confiance revienne, c’est là que l’intervention du FMI peut être utile, pour ramener la confiance et freiner les fuites de capitaux et la pression sur la monnaie". Inflation annuelle à plus de 20 %, balance commerciale déficitaire, 4 % de déficit budgétaire, plombent encore les velléités réformatrices de la 3e économie d'Amérique latine, dont la croissance annuelle était de 2,8 % en 2017.

Pour l'économiste argentin Matias Carugati, l'instabilité récente du taux de change reflète "une crise de confiance due au fait que l'Argentine a une économie assez fragile". Il convient que rémunérer un placement à hauteur de 40 % "n'est pas tenable à moyen terme, c'est un taux de très court terme pour rassurer le marché des changes".

Etranglée par la dette lors de la crise économique de 2001, l'Argentine s'était alors déclarée en défaut de paiement. Depuis, toute convulsion de l'économie rappelle cet épisode douloureux pour les Argentins. Le gouvernement de centre-droit de Mauricio Macri, élu en 2015, assure que c'est temporaire, le temps d'assainir l'économie après des années de mauvaise gestion, que le passif reste très modéré, mais l'endettement de l'Argentine a explosé depuis deux ans. L'opposition à M. Macri s'en inquiète. L'émission récente de bons du Trésor très attractifs pour les investisseurs accentue encore l'endettement.

Pour Matias Carugati, il n'y a pas lieu de s'affoler, "si c'est ponctuel, et pas récurrent. Si la situation se stabilise, il y aura de la marge pour émettre des bons à un taux inférieur", mais elle peut aussi mener l'économie à la récession. "L'Argentine, dit-il, n'a pas de problème de solvabilité, tant qu'il y a à l'horizon à moyen terme croissance économique et inflation qui convergent à des niveaux normaux, et un ajustement fiscal. Si cela est possible, on verra". Les 42 millions d'Argentins ont hâte de voir l'économie repartir et sont nombreux à redouter l'intervention du FMI, et les conditions de rigueur budgétaire qu'ils pose généralement.

Mauricio Macri a sollicité l'aide du Fonds, sous la forme d'un prêt, mais assure que l'organisme ne dictera pas la marche à suivre. "Personne ne va poser des conditions, assure-t-il. Ils vont nous dire de combien devra être la réduction du déficit, mais il nous appartient de décider comment on le réduira". "Le FMI est associé à des épisodes douloureux de l’histoire argentine, reconnait l'économiste Stéphane Straub, mais ce n'est pas le même FMI, ni les mêmes dirigeants (argentins) que dans les années 1990. Le gouvernement Macri paie les pots cassés, de la mauvaise gestion antérieure et du maquillage statistique. Il y a un ajustement nécessaire".

Le ministre argentin de l'Economie Nicolas Dujovne a prévenu: "nous allons avoir un peu plus d'inflation, un peu moins de croissance" en 2018, du fait de la crise du peso d'avil-mai 2018, qui marque un point d'inflexion dans la gouvernance de Mauricio Macri. De son côté, le FMI a indiqué jeudi qu'il entendait conclure un accord "rapidement" avec l'Argentine, relevant que la situation du pays est très différente de ce qu'elle était il y a 15 ou 20 ans. "Le FMI pourrait avancer rapidement et a l'intention d'avancer rapidement", a déclaré son porte-parole Gerry Rice lors d'une conférence de presse sans toutefois avancer de date dans la mesure où "les détails (de l'accord) sont en discussions" et "les modalités exactes de l'accord restent à discuter".


EDIT (26 mai 2018)


"Non au FMI": L'opposition manifeste en Argentine
AFP, Romandie news - 26 mai 2018
https://www.romandie.com/news/Non-au-FMI-l-opposition-manifeste-en-Argentine/921572.rom


Des centaines de milliers d'Argentins ont manifesté vendredi leur opposition à l'accord en négociation entre la 3e économie d'Amérique latine et le FMI.  Ils redoutent notamment ce que le FMI exigera du gouvernement comme contrepartie au prêt sollicité au lendemain de la récent crise du peso, qui s'est déprécié de 20 % face au dollar, en un peu plus d'un mois. "Nous savons ce qu'est le colonialisme néo-libéral qui n'offre que la misère. Il faut l'affronter dans la rue et dans les urnes" de la présidentielle de 2019, selon une déclaration commune lue à la tribune par un des manifestants. (...)

Pour réduire le déficit budgétaire de 3,9 % du PIB, le gouvernement a annoncé qu'il devrait engager une politique de rigueur, seul moyen selon lui pour maîtriser une inflation endémique et soutenir la croissance. Une partie de la population estime avoir déjà consenti de nombreux sacrifices, notamment du fait de la suppression partielle des subventions de l'Etat aux factures d'eau, d'électricité et de gaz, dans un pays où l'inflation dépasse les 20 % depuis 10 ans.


07/06/2018 >> L'Argentine obtient 50 Mds $ d"'aide" du FMI en échange d'une cure d'austérité.


14/06/2018 >> Le peso argentin perd 6 % en une journée face au dollar. En tout, il s'est déprécié de 30 % depuis avril. Le ministre argentin des finances Luis Caputo remplace Sturzenegger à la tête de la Banque centrale de la république d'Argentine (BCRA).

09/07/2018 >> Plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestent à Buenos Aires contre le FMI et la politique de rigueur.

13/08/2018 >> La Banque centrale de la République argentine (BCRA) relève son taux directeur de 40 à 45 % pour tenter de freiner la chute du peso argentin qui a perdu près de 40 % de sa valeur depuis le début de l'année.

29/08/2018 >> Macri demande au FMI un déblocage anticipé des versements. Le peso descend à 40 pour un dollar. Le taux directeur est porté à 60 %. Les investisseurs craignent que l'Argentine ne puisse honorer ses engagements sur sa dette en dollars en 2019.

25/09/2018 >> Démission du gouverneur de la BCRA, Luis Caputo. On évoque des "frictions" entre lui et le FMI sur la politique monétaire.

26/09/2018 >> Le FMI relève son prêt à l'Argentine à 57 Mds $.

29/08/2019 >> L'Argentine demande un rééchelonnement de sa dette de 57 Mds $ au FMI.

01/09/2019 >> Suite à la forte dépréciation de sa monnaie, l'Argentine impose par décret un contrôle des changes aux entreprises exportatrices. Cette mesure restera en vigueur  (au moins) jusqu'au 31 décembre 2019.