Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
01.03.2026
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Le dollar est descendu mercredi, pour la première fois depuis décembre 2015, sous la barre des 90 points à l'US dollar index qui mesure la valeur du billet vert par rapport à un panier de 6 devises (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise). Une évolution que le secrétaire américain au Trésor a clairement tenu à assumer lors de son passage à Davos, mercredi. Une évolution que personne n'imaginait il y a un an, avant l'élection de Trump, puisque, rappelez-vous, Goldman Sachs pariait sur une parité 1 $ = 1 €.
Hier, interrogé par CNBC, Trump a dit tout le contraire de ce qu'avait déclaré son ministre la veille, se déclarant en faveur d'un "dollar fort", mais y a-t-il encore des gens qui l'écoutent et qui le prennent au sérieux, à part les robots crétins du Forex qui ont fait remonter le dollar sur la base de quelques mots clés ?
Si ce qu'on apprend en cours d'économie est vrai, à savoir que la valeur d'une monnaie est le reflet de la vigueur d'une économie, alors le gratin du capitalisme réuni à Davos a de quoi s'inquiéter. L'envolée des indices de Wall Street portés par les bénéfices des entreprises n'est pas un signe de bonne santé mais résulte au contraire d'une stratégie de guerre économique visant à rendre les marchandises vendues par les multinationales américaines plus compétitives sur les marchés étrangers. Si l'on en arrive à tels expédients, cela signifie que la politique économique ultra protectionniste voulue par Trump ne rend pas l'économie américaine aussi solide qu'on veut le faire croire.
La guerre des monnaies, plus ou moins gelée depuis 2015-2016, ne semble pourtant pas proche de se rallumer. Nous n'en sommes pas à assister à une bataille de taux. Ils sont encore très bas et les banques centrales prennent d'infinies précautions pour ne pas risquer de réactions brutales.
La BCE a d'ailleurs annoncé qu'elle ne comptait rien faire de plus que ce qu'elle fait actuellement concernant les rachats d'actifs. Reprenant son couplet bien connu, elle a précisé qu'elle se tenait prête à les augmenter si cela s'imposait... A partir de quelle ligne rouge ? 1,30 $ ? 1,35 $ ? Personne ne sait; pas même Draghi ! Mais le dollar est un sujet d'inquiétude mineur comparé à l'inflation. Tant que l'euro demeurera stable par rapport à toutes les monnaies autres que le dollar, la BCE n'a pas vraiment intérêt à intervenir.
L'euro, qui a gagné 3 % depuis le début de l'année par rapport au dollar, s'appréciait hier soir à presque 1,25 $ (1,2485 $), sur le point de franchir une barre psychologique, renouant avec ses niveaux de décembre 2014. On attend à présent de connaître la réaction de la Banque du Japon dont les interventions se sont bornées jusqu'à présent à maintenir les taux d'emprunt à zéro.
L'impact de la baisse du dollar est surtout sensible dans le domaine des échanges commerciaux. Elle fait remonter les cours des matières premières par un effet d'ajustement (de grands patrons français commençaient hier à s'en inquiéter). Ainsi l'indice CRB est repassé au dessus de la ligne symbolique des 200 pts qu'il n'avait plus connus depuis octobre 2014; le Brent a dépassé 70 $ (encore une barre psychologique); les taux des bonds du Trésor sont remontés à 2,64 %.
Les planètes sont moins bien "alignées". Chacun se dit qu'une récession aux USA ferait plonger la croissance mondiale, sans parler du krach boursier qui ne manquerait pas de l'accompagner. Les signes de faiblesse sont guettés avec anxiété, et la faiblesse structurelle affichée actuellement par le dollar en inquiète plus d'un...
J'ajoute que la dévalorisation des devises concourt à faire progresser l’endettement mondial dont l'encours était estimé par l'IIF (Institute of International Finance) à 226.000 milliards de dollars en octobre 2017, soit plus de 3 fois le PIB mondial !
La Maison-Blanche veut-elle relancer la guerre des monnaies ?
AFP, Le Point - 25 jan 2018
http://www.lepoint.fr/economie/la-maison-blanche-veut-elle-relancer-la-guerre-des-monnaies-25-01-2018-2189490_28.php
Alors que la BCE se réunit ce jeudi et devrait annoncer la poursuite de sa politique actuelle de soutien à l'économie, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a pris les marchés financiers par surprise. Il a fait plonger le billet vert avec une déclaration abrupte en faveur d'un dollar faible qui tranche drastiquement avec la traditionnelle doctrine américaine. Au Forum économique de Davos, en Suisse, M. Mnuchin a fait voler en éclats le discours en vigueur depuis plusieurs décennies qui assure, comme le répétait à l'envi Robert Rubin, le secrétaire au Trésor de Bill Clinton, qu'« un dollar fort est dans l'intérêt des États-Unis ». Au contraire, M. Mnuchin a crûment laissé tomber mercredi qu'un « dollar plus faible » était « bon » pour le pays puisqu'il favorise « le commerce et les opportunités ».
L'idée est qu'un dollar plus faible va rendre les exportations américaines plus compétitives, tandis qu'en renchérissant les prix à l'importation il va décourager celles-ci et donc réduire le déficit commercial de la première économie mondiale, un des objectifs du président Trump. Dans la foulée de cette déclaration coup de poing, le billet vert a perdu 1 %, faisant s'envoler l'euro au plus haut niveau depuis plus de 3 ans. En prenant cette position, Steven Mnuchin semble brandir une arme supplémentaire dans la guerre commerciale menée par Washington qui veut promouvoir « l'Amérique d'abord ».
« Cela fait un peu partie de la guerre commerciale », résume Joseph Gagnon, économiste au Peterson Institute for International Economics, qui se félicite de cette déclaration. « J'étais content d'entendre ça. Un dollar fort a été très dommageable et cela dure depuis trop longtemps », estime cet économiste, affirmant que l'Europe et surtout l'Allemagne ont profité de cet écart des devises pour gonfler leur excédent commercial avec les États-Unis. Il reconnaît qu'avec des taux d'intérêt supérieurs à l'UE et un cycle économique plus avancé la monnaie américaine justifie d'être un peu plus forte que l'euro. « Mais, quand l'euro était tombé à 1,09 $, c'était bien trop faible. Je pense qu'à taux d'intérêt et cycle économique comparables l'euro devrait être à 1,50 », assure cet ancien économiste de la Fed.
Au vu de l'ampleur de la réaction mercredi sur le marché des changes - l'euro ayant passé le cap des 1,2415 $ mercredi à New York -, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, lui aussi à Davos, a voulu calmer le jeu. Il a assuré que son collègue du Trésor n'avait pas voulu agir sur le billet vert: « Il ne préconisait rien. Il disait simplement que ce n'est pas la plus grande préoccupation du monde pour nous en ce moment », a-t-il affirmé. La Maison-Blanche, pour sa part, est restée évasive, soutenant entre les lignes la position de M. Mnuchin. « Nous avons un dollar stable qui reflète comment l'économie se porte », a déclaré la porte-parole de Donald Trump, Sarah Sanders, soulignant le rôle de devise de réserve du billet vert. « Nous croyons à une monnaie qui circule librement », a-t-elle ajouté.
Les mots de Steven Mnuchin auraient-ils dépassé sa pensée ? Pas sûr. Pour Joel Naroff, économiste indépendant interrogé par l'AFP, « M. Mnuchin est un homme qui dit ce qu'il pense, sans trop de filtre ». « Parlait-il au nom de tout le gouvernement, je ne sais pas. Mais je soupçonne qu'ils vont être contents si le dollar baisse », a-t-il ironisé. Mais, pour d'autres observateurs, c'est une stratégie risquée pour l'administration que de faire baisser le billet vert par des commentaires. « Cela peut provoquer une course des devises vers le bas, car tout le monde veut avoir une monnaie plus compétitive que le dollar ou que son partenaire commercial », prévient Greg Daco, économiste en chef d'Oxford Economics aux États-Unis. « Si l'administration dit maintenant ouvertement qu'elle veut un dollar plus faible, cela ouvre la porte à une baisse artificielle des autres monnaies qui veulent rester en dessous du dollar », a-t-il expliqué.
Certains pays émergents, voire la Chine, pourraient ainsi laisser déprécier leur monnaie pour rester compétitifs commercialement. Il évoque même la zone euro qui, « optant pour la façon la moins dérangeante possible, pourrait choisir de retarder la remontée des taux d'intérêt », laquelle aurait pour effet de faire grimper l'euro encore davantage. D'autres soulignent aussi que, si un dollar plus faible peut réduire le déficit commercial, il présente également le risque d'importer de l'inflation. Les prix à l'importation deviennent plus chers, accélérant l'inflation, ce qui peut en retour décourager les consommateurs et ralentir leurs dépenses, moteur de l'économie américaine. « Il faut garder cela à l'esprit quand on parle de dollar plus faible. Ce n'est pas nécessairement entièrement positif. C'est peut-être une déclaration audacieuse, mais est-elle judicieuse ? » s'interroge M. Daco.
Jordan (BNS) ne croit pas à une guerre des monnaies imminente
par John Revill
Reuters, Boursorama - 25 jan 2018
http://www.boursorama.com/actualites/jordan-bns-ne-croit-pas-a-une-guerre-des-monnaies-imminente-a9c61b7f1ff4f1f374a3419aee17059c
ZURICH - Le président de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan, a déclaré jeudi ne pas croire à l'imminence d'une guerre des monnaies à la suite des propos du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, selon lequels l'affaiblissement du dollar est une bonne chose pour les exportations des Etats-Unis. Thomas Jordan a refusé de réagir directement aux déclarations de Steven Mnuchin, qui ont contribué à déprécier davantage le billet vert.
Dans une interview à CNBC en marge du Forum économique mondial à Davos, le président de la BNS a déclaré que les effets des déclarations sur les taux de change étaient amplifiés par un contexte mondial de faiblesse des taux d'intérêt. "Chaque fois que la politique monétaire change quelque part, les retombées sont plus importantes que par le passé parce que l'instrument des taux d'intérêt n'est plus disponible comme auparavant", a-t-il dit. "Peut-être ne devrions-nous pas nous concentrer sur la volatilité quotidienne", a-t-il poursuivi. "Comme d'habitude, le marché des changes va de nouveau se reconcentrer sur les fondamentaux et se corriger". La politique de la BNS consistant à contenir la hausse du franc repose toujours sur des taux d'intérêt négatifs et la possibilité d'intervenir sur le marché des changes, a dit Thomas Jordan. "Ce que nous ne visons pas, c'est un taux de change précis", a-t-il déclaré. "Nous regardons toutes les devises en même temps et voyons quel est l'impact sur l'économie suisse et ensuite, si nécessaire, décidons d'intervenir ou non."