Le Monde d'Antigone

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Espoirs et déboires des compagnies pétrolières en Arctique

Publié le 06/12/2017 à 03:02 par monde-antigone

 
Les compagnies pétrolières soufflent le chaud et le froid dans l'Arctique
AFP, Romandie news - 05 dec 2017
https://www.romandie.com/news/Les-compagnies-petrolieres-soufflent-le-chaud-et-le-froid-dans-l-Arctique/869744.rom


OSLO - Le géant pétrolier Statoil et ses partenaires ont donné mardi leur feu vert à un projet de 5 milliards d'euros dans l'Arctique norvégien, une région qui peine cependant à combler les attentes mirobolantes du secteur. Après avoir réussi à diviser les coûts prévisionnels par 2 pour rendre le projet commercialement viable, le consortium a décidé de développer le gisement Johan Castberg qui devrait entrer en exploitation fin 2022 en mer de Barents. Gisement le plus septentrional du pays, c'est aussi "le plus gros projet pétro-gazier offshore au monde à recevoir un feu vert en 2017" avec des réserves récupérables estimées entre 450 et 650 millions de barils équivalent-pétrole, a souligné Statoil dans un communiqué. Son avenir a pourtant longtemps été incertain. (...)

Le gouvernement a salué "un jalon" bon pour l'emploi, qui rapportera 138 milliards de couronnes de rentrées fiscales. La solution technologique retenue pour Johan Castberg "facilite le développement ultérieur de cette province pétrolière", s'est également félicitée la Direction norvégienne du pétrole. Cet organisme public a placé de grands espoirs dans la mer de Barents qui recèlerait, selon ses estimations, près de 65 % des réserves restant à découvrir au large de la Norvège. Les campagnes de prospection s'y sont toutefois soldées par des résultats très décevants en 2014 et cette année.

Signe que l'Arctique n'est peut-être pas l'eldorado promis, la Direction du pétrole a d'ailleurs aussi annoncé mardi que seules 11 compagnies norvégiennes et internationales s'étaient portées candidates dans le cadre d'un nouveau cycle de concessions dans lequel un nombre record de 102 blocs étaient offerts, dont 93 en mer de Barents. Lors du précédent round en 2015, 26 groupes pétroliers s'étaient disputé 57 blocs. Cet engouement s'expliquait notamment par l'ouverture à la prospection d'une vaste zone jusqu'alors totalement inexplorée le long de la frontière maritime avec la Russie, a fait valoir la Direction du pétrole.

Greenpeace, pour sa part, voit dans la chute du nombre de candidatures le signe d'un désintérêt croissant de l'industrie pétrolière pour l'Arctique. "Quand (le ministre norvégien du Pétrole et de l'Énergie, Terje Søviknes) comprendra-t-il ce que de plus en plus de compagnies pétrolières commencent à comprendre: le pétrole de l'Arctique n'est pas rentable si on veut satisfaire au traité de Paris" sur le climat?", a demandé un responsable de l'ONG, Halvard Haga Raavand, sur Twitter. Greenpeace et deux autres ONG ont récemment traîné l'État norvégien en justice pour obtenir l'annulation de licences d'exploration accordées en 2015 en mer de Barents, arguant qu'elles étaient anticonstitutionnelles et contraires aux objectifs de l'accord de Paris.

Coûteuses en raison de leur éloignement des infrastructures humaines et des conditions climatiques extrêmes, les activités pétrolières dans la région se heurtent à une hostilité croissante liée non seulement à des considérations environnementales mais aussi à leur viabilité économique future. "Il y a un scepticisme croissant, au moins parmi les grandes compagnies pétrolières. Ces dernières années, plusieurs majors se sont retirées", a noté Thina Saltvedt, analyste chez Nordea Markets. "Même si on a beaucoup réduit les coûts comme dans le cas de Johan Castberg, ce sont des contrées où il est plus cher de produire qu'au Moyen-Orient ou dans le pétrole de schiste aux États-Unis", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Pour ne rien arranger, le seul champ pétrolier déjà exploité en mer de Barents, Goliat exploité par Eni, a connu de multiples déboires (surcoûts, retards, problèmes techniques...), à tel point que les médias norvégiens le qualifient de "gisement à scandale".


Norvège: Feu vert pour un projet pétrolier de 5 Mds € dans l'Arctique
AFP, Romandie news - 05 dec 2017
https://www.romandie.com/news/Norvege-feu-vert-pour-un-projet-petrolier-de-5-mds-EUR-dans-l-Arctique/869651.rom


OSLO - Le géant pétrolier norvégien Statoil et ses partenaires ont donné mardi leur feu vert au développement du gisement offshore Johan Castberg dans l'Arctique pour 5 milliards d'euros, une facture divisée par deux par rapport aux prévisions initiales. Le gisement doit entrer en exploitation fin 2022, à environ 240 km de la ville norvégienne de Hammerfest, ce qui en fait le projet le plus septentrional du pays. Avec des réserves récupérables estimées entre 450 et 650 millions de barils équivalent-pétrole, Johan Castberg "est le plus gros projet pétro-gazier offshore au monde à recevoir un feu vert en 2017", a noté Statoil dans un communiqué.

Son avenir a longtemps été incertain: l'investissement requis était initialement chiffré à plus de 100 milliards de couronnes, nécessitant un baril à 80 $ pour être rentable. Grâce à une redéfinition du concept et à la baisse des coûts dans le secteur parapétrolier, la facture a été ramenée à 49 milliards de couronnes avec un point d'équilibre à moins de 35 $ le baril. Le prix du baril de Brent dépasse aujourd'hui 62 $. Cet investissement est une bonne nouvelle pour le secteur pétrolier en Norvège, où la production d'or noir a été divisée par 2 depuis le pic atteint en 2000-2001.

Si les défenseurs de la nature ont dénoncé un projet "indéfendable", le gouvernement a salué "un jalon" bon pour l'emploi, qui rapportera 138 milliards de couronnes de rentrées fiscales. Selon Statoil, l'exploitation de Johan Castberg devrait représenter environ 1.700 emplois. Le concept technologique retenu pour Johan Castberg "facilite le développement ultérieur de cette province pétrolière", s'est aussi félicitée la Direction norvégienne du pétrole. Selon elle, la mer de Barents recèlerait 65 % des réserves restant à découvrir sur le plateau continental norvégien. Des campagnes de prospection s'y sont pourtant soldées par des résultats décevants en 2014 et l'été dernier. Le seul champ pétrolier déjà exploité dans la région, Goliat opéré par l'italien Eni, a quant à lui connu de multiples déboires (surcoûts, retards, problèmes techniques...).

Plus généralement, les activités pétrolières en Arctique, loin des infrastructures terrestres, se heurtent à une hostilité croissante liée non seulement à des considérations environnementales mais aussi à leur viabilité économique future. L'État norvégien vient ainsi d'être traîné en justice par Greenpeace et deux autres ONG, qui réclament l'annulation de licences d'exploration accordées en mer de Barents (mais qui ne concernent pas Johan Castberg). Le verdict est attendu en janvier. Outre Statoil, qui en détient 50 %, le projet regroupe Eni (30 %) et la société publique norvégienne Petoro (20 %).


EDIT (8 décembre 2017)


La Russie lance son titanesque projet gazier Yamal dans l'Arctique
par Andrea Palasciano
AFP, Yahoo! actualités - 08 dec 2017
https://fr.news.yahoo.com/russie-lance-titanesque-projet-gazier-yamal-larctique-095608223--finance.html


SABETTA (Russie) - C'est un projet hors norme, au bout du monde: la Russie inaugure vendredi son gigantesque site gazier Yamal, en Sibérie arctique, érigé dans des conditions climatiques et géologiques extrêmes, avec la participation du groupe français Total et de la Chine. Le groupe privé russe Novatek, à la tête du consortium international qui mène le projet, a prévu de faire partir la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) du port de Sabetta vendredi, après avoir annoncé cette semaine le début de la production de GNL sur la première ligne de production, dont la capacité prévue est de 5,5 millions de tonnes par an.

Ce projet à 27 milliards de dollars, un des plus vastes et ambitieux du monde dans le secteur, vise à construire en trois étapes une usine de liquéfaction de gaz permettant de produire à terme 16,5 millions de tonnes par an à partir de 2019. Ce lancement est un premier succès pour le projet, détenu par Novatek (50,1 %), le français Total (20 %) et les chinois CNPC (20 %) et Silk Road Fund (9,9 %), qui a connu des défis techniques et financiers. Car si la péninsule de Yamal dispose de ressources considérables, il s'agit également d'une région isolée au nord du cercle arctique, à 2.500 km de Moscou, où le thermomètre peut descendre jusqu'à - 50°C.

Depuis le début du chantier fin 2013, il a fallu construire un aéroport et un port en plus des réservoirs et de l'usine elle-même, en dépit de la glace omniprésente une grande partie de l'année. "Malgré des conditions d'exploitation difficiles, Yamal LNG a été livré à temps et en respectant le budget. C'est inhabituel dans l'industrie du GNL", estime Samuel Lussac, spécialiste du cabinet Wood Mackenzie. Avec ce lancement, "Novatek, autrefois fournisseur local de gaz, devient un acteur mondial du GNL", ajoute-t-il. Le projet permettra également à Total de monter en puissance dans le secteur GNL, dont il est le 2e acteur mondial. "À Yamal, on est partis de rien pour bâtir une cathédrale du XXIe siècle. Parmi tous les défis surmontés pour mener à bien ce projet gigantesque, je veux souligner en particulier notre faculté à maintenir le cap malgré les sanctions", s'est félicité vendredi le PDG de Total, Patrick Pouyanné.  "Nous sommes restés fidèles à nos partenaires russes en dépit de cet aléa, parce que c’est dans les épreuves que nos partenaires comptent sur nous et réciproquement", a-t-il ajouté.

Le financement du chantier a en effet été compliqué par les sanctions américaines contre Novatek, qui avaient brusquement rendu impossible le financement du projet par les banques occidentales. Celui-ci a pu finalement se réaliser grâce à l'apport de fonds chinois. Un soulagement pour la Russie, pour qui ce projet présente une importance stratégique pour démontrer sa capacité à exploiter les ressources considérables de l'Arctique et afin de renforcer sa présence sur le marché disputé du GNL et alimenter ainsi davantage les pays asiatiques, alors qu'elle exporte actuellement surtout vers l'Europe par gazoducs. Mais selon Samuel Lussac, les premiers mois montreront "si l'usine peut fonctionner sans accroc dans l'environnement hostile de l'Arctique". "Le transport par le passage du Nord-Est en est à ses débuts, il n'y a pas de certitude quant à sa viabilité en tant que voie majeure de livraison de GNL", souligne-t-il.

La Russie mise beaucoup sur le développement du trafic par cette route, un raccourci maritime rendu accessible par le réchauffement climatique et ponctué de ports et de bases militaires susceptibles de secourir les navires en détresse. Cette route, qui longe les côtes septentrionales de la Sibérie, permet aux navires de gagner 15 jours par rapport à la voie classique qui passe par le canal de Suez, selon Total. À Yamal, où le site ne disposait d'aucune voie d'accès terrestre ou maritime au début du projet, 15 méthaniers brise-glace seront progressivement mis en service d’ici à 2019 pour livrer le GNL vers l'Europe (46 %) et l'Asie (54 %), selon le groupe.

Le premier d'entre eux, le méthanier "Christophe de Margerie", du nom de l'ancien PDG de Total décédé dans un accident d'avion en 2014 en Russie, doit emporter la première cargaison de Yamal vendredi. Après Yamal, Novatek prévoit de développer un nouveau projet dans le Grand Nord, Arctique-2. Ce projet géant sur la péninsule de Gydan, dans la mer de Kara, dont la fin de la première phase de construction est prévue en 2022-2023, doit à terme produire autant que Yamal.


EDIT (4 janvier 2018)


Arctique/pétrole: les ONG perdent un procès emblématique contre la Norvège
par Pierre-Henry Deshayes
AFP, Romandie news - 04 jan 2018
https://www.romandie.com/news/Arctique-petrole-les-ONG-perdent-un-proces-emblematique-contre-la-Norvege/877824.rom


OSLO - La justice norvégienne a débouté jeudi Greenpeace et deux autres ONG opposées à l'attribution par la Norvège de licences pétrolières dans l'Arctique, une affaire emblématique montrant que la lutte contre le réchauffement se joue de plus en plus dans les prétoires. Dans un jugement encore susceptible de faire l'objet d'un appel, le tribunal d'Oslo a estimé que l'État norvégien n'avait pas violé la Constitution en octroyant en mai 2016 des concessions en mer de Barents à 13 groupes pétroliers, parmi lesquels le champion national Statoil, les américains Chevron et ConocoPhillips, et le russe Lukoil.

Conjointement avec les organisations Nature et Jeunesse et Campagne des Grands-Parents pour le Climat, Greenpeace avait assigné la Norvège en justice, en invoquant pour la première fois une récente disposition constitutionnelle qui garantit le droit de tous à un environnement sain. Les plaignants avaient aussi fait valoir que l'autorisation de nouvelles activités pétrolières dans l'Arctique, région a fortiori fragile, allait à l'encontre de l'Accord de Paris signé par la Norvège en 2016, qui vise à limiter à moins de 2°C le réchauffement climatique.

S'il a reconnu que le paragraphe 112 de la Constitution apportait de nouveaux droits, le tribunal d'Oslo a conclu que l'attribution de licences d'exploration pétrolière ne violait pas lesdits droits. Le juge a notamment estimé que la Norvège, 1er producteur de pétrole et de gaz naturel d'Europe de l'Ouest, ne pouvait être tenue pour responsable des émissions de gaz carbonique générées dans d'autres pays.

Les plaignants devront par ailleurs payer les 580.000 couronnes (plus de 59.000 €) de frais judiciaires de l'Etat. "Nous sommes satisfaits que le tribunal ait donné un contenu clair au paragraphe sur l'environnement (...) qui peut être utilisé pour stopper des décisions politiques néfastes", a réagi le chef de Greenpeace Norvège, Truls Gulowsen. "En même temps, nous sommes très déçus qu'il ait créé un vide juridique en prétendant que les émissions dues au pétrole norvégien à l'étranger ne sont pas couvertes par cette disposition de la Constitution", a-t-il dit à l'AFP. "Cela a été un travail novateur et nous avons montré que la lutte contre l'industrie pétrolière est une bataille difficile", a commenté la cheffe de Nature et Jeunesse, Ingrid Skjoldvaer.

Une victoire des ONG aurait eu de sérieuses répercussions économiques pour le royaume qui doit sa richesse au pétrole. Celui-ci lui a permis d'amasser un fonds souverain de plus de 1.000 milliards de dollars, le plus important au monde. Face au déclin de sa production pétrolière, divisée par 2 depuis 2000, la Norvège compte aujourd'hui sur le Grand Nord: selon des estimations officielles, la mer de Barents recélerait environ 65 % des ressources restant à découvrir au large du pays. Lors du procès en novembre, l'État norvégien avait affirmé que l'attribution des licences d'exploration avait été conforme à la loi. Son défenseur, le procureur général Fredrik Sejersted, avait aussi dénoncé un "show" des ONG.

"La politique pétrolière de la Norvège est l'affaire du Parlement, pas du système judiciaire", a commenté jeudi Tommy Hansen, porte-parole de l'organisation représentant le secteur pétrolier. "Et c'est un Parlement unanime moins une voix qui avait adopté le 23e cycle de concessions pétrolières. Il bénéficie donc d'une solide majorité politique et démocratique", a-t-il déclaré à l'AFP. L'horizon de l'industrie pétrolière dans le Grand Nord norvégien n'est pas dégagé pour autant: les dernières campagnes de prospection ont été décevantes et les coûts d'exploitation d'éventuelles découvertes s'annoncent élevés, ce qui a détourné plusieurs majors de la région.

L'affaire illustre en tout cas la judiciarisation croissante du combat contre le réchauffement planétaire. Le Grantham Research Institute on Climate Change de Londres a ainsi répertorié plus de 260 affaires ayant trait au climat dans 25 juridictions, la plupart depuis moins de 10 ans. Ce chiffre exclut les États-Unis où le nombre de contentieux de ce genre est supérieur à 700. Les Pays-Bas ont été condamnés en 2015 à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 % avant 2020, une décision qui a fait l'objet d'un appel. En novembre, la justice allemande a aussi accepté d'examiner la requête d'un paysan péruvien qui veut contraindre le géant de l'énergie RWE à réparer les effets du changement climatique dans les Andes.

"Il n'y a aucun doute que c'est un procès qui inspirera d'autres procès liés au climat", a réagi jeudi Ketil Lund au nom de la Campagne des Grands-Parents pour le Climat. Lui-même est un ancien juge de la Cour suprême norvégienne. Les plaignants devront par ailleurs payer les 580.000 couronnes (plus de 59.000 €) de frais judiciaires de l'État. Malgré ce premier verdict, l'horizon de l'industrie pétrolière dans le Grand Nord norvégien n'est pas totalement dégagé: de récentes campagnes de prospection se sont avérées décevantes et les coûts d'exploitation d'éventuelles découvertes s'annoncent élevés, ce qui a poussé à détourner plusieurs majors de la région.


EDIT (22 juillet 2020)


Gazprom Neft et Shell s'allient pour explorer une péninsule arctique
AFP, Planète énergies - 21 jul 2020
https://www.planete-energies.com/fr/depeches-afp/russie-gazprom-neft-et-shell-s-allient-pour-explorer-une-peninsule-arctique


MOSCOU - Gazprom Neft, branche pétrolière du géant gazier russe Gazprom, a annoncé mardi son intention de s'allier à l'anglo-néerlandais Shell pour explorer et exploiter une péninsule arctique isolée riche en hydrocarbures.Les deux groupes ont "signé un accord pour établir une co-entreprise pour explorer et développer les zones (...) de Leskinsky et Poukhoutsïaïakhsky dans la péninsule de Gydan", selon un communiqué qui précise que ces zones se situent dans le nord-est de cette péninsule située au coeur du Grand Nord russe.

Le groupe ajoute que la co-entreprise sera détenue à 50/50 par Gazprom Neft et Shell et gérée "sur une base de parité". "La clôture de la transaction est prévue pour 2020", ajoute Gazprom Neft, sans préciser le montant de l'opération. Cette co-entreprise a pour objectif de développer "un grand pôle d'exploration prometteur" dans une zone dont les ressources sont "peu connues" et "considérablement éloignées des infrastructures" de transport et du secteur des hydrocarbures, bien présent ailleurs dans la péninsule. Selon Gazprom Neft, le premier site concerné fait une superficie de plus de 3.000 km² et pourrait refermer plus de 100 millions de tonnes d'équivalent pétrole. La deuxième zone, de plus de 800 km², a des ressources estimées à environ 35 millions de tonnes d'équivalent pétrole.

Sur place, de études sismiques ont débuté et le forage du premier puits d'exploration aura lieu d'ici fin 2020. Les ressources de la péninsule de Gydan sont "l'un des enjeux stratégiques de Gazprom Neft et par conséquent, l'évolution de la situation du marché n'a pas affecté nos plans", a déclaré Vadim Iakovlev, vice-directeur général de l'exploration et de la production chez Gazprom Neft. "Malgré les incertitudes économiques et la pression sur notre industrie, la Russie est un pays d'intérêt stratégique pour Shell", a renchéri Cederic Cremers, président du groupe Shell en Russie. Le géant russe du GNL, Novatek, construit actuellement un gigantesque usine de liquéfaction de gaz naturel sur cette même péninsule de Gydan, dont les trois trains de production doivent être lancés respectivement en 2023, 2024 et 2026.