Le Monde d'Antigone

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Fuite de ruthénium-106: On n'en a pas fini avec Mayak

Publié le 30/11/2017 à 03:38 par monde-antigone

 
Les autorités russes ont fini par reconnaître, il y a une dizaine de jours, une surconcentration d'un élément radioactif dans plusieurs régions de Russie, mais sans préciser ce qui l'aurait provoquée. Et on n'est pas près de le savoir. 60 ans après la première catastrophe nucléaire connue à ce jour, le site de Mayak demeure inapprochable...

La dernière fois qu'on avait (un peu) parlé de Mayak, c'était en février 2013 parce qu'un météorité était tombé à proximité du site [ Un "météorite" s'écrase près du site nucléaire de Mayak ]


Fuite de ruthénium: Une militante russe réfugiée en France s'attaque au tabou du nucléaire en Russie
Franceinfo: - 29 nov 2017
https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-ma-planete/fuite-de-ruthenium-une-militante-russe-refugiee-en-france-s-attaque-au-tabou-du-nucleaire-en-russie_2468374.html


Aujourd'hui une militante russe témoigne sur les conditions de vie autour du site nucléaire de Maïak. Elle est persuadée que le ruthénium 106 retrouvé en Europe de l'Ouest vient d'une fuite sur ce site.

”J'ai dû partir précipitamment de Russie avec mes enfants. Les médias russes m’ont accusée d’espionnage. J’aurais pu être accusée de trahison par l’Etat. (...) Tous les territoires situés autour de Maïak auraient dû être évacués avant cette situation, parce que la zone est très contaminée par l'activité quotidienne de Maïak. (...) La société est fermée et très patriotique. Il y a une idéologie spéciale qui consiste à garder le secret dans n'importe quelle situation. On a été élevés pour la production nucléaire, on était patriote de notre usine” (— Nadezhda Kutepova)

Nadezhda Kutepova alerte depuis 15 ans sur les dangers du site de Maïak, dans l'est de la Russie. Cette militante russe des droits de l'homme a créé une ONG, Planète de l'espoir, pour défendre les victimes de la catastrophe de 1957. A l'époque, une terrible explosion s'était produite sur le site nucléaire militaire de Maïak, tenu au secret. Les autorités mettront plus de 16 ans à reconnaitre les faits. Près de 60 ans après l'explosion, il y a encore des conséquences. "Une fille de 6 ans est morte d'un cancer du foie. Son cancer a été lié au fait que sa grande mère avait travaillé pour le nettoyage de la catastrophe de 1957", assure Nadezhda Kutepova.

Il y a deux ans, la militante a été placée sur la liste des agents de l'étranger parce que son association était en partie financée par des ONG d'Europe de l'Ouest. Aujourd'hui, Nadezhda préfère prendre rendez-vous avec franceinfo dans un lieu public, même si elle vit plus sereinement en France avec ses enfants. Pour Nadezhda Kutepova, qui vient d'Ozersk, la ville fermée créée pour les travailleurs de Maïak, il y a peu de doute sur le fait que le site pollue encore l'environnement, et ce jusqu'en Europe de l'Ouest.

L'immense site de Maïak compte deux réacteurs, des sites de stockage de déchets nucléaires, des usines, notamment une de retraitement de combustible usé. Pour Nadezhda Kutepova, c'est sans doute de là que vient la fuite de ruthénium constatée en Europe en septembre. Le ruthénium est un radioélément qui vient de ce processus de retraitement. La semaine dernière, les services météorologiques russes ont reconnu la présence du ruthénium dans l'air, mais Rosatom, l'agence fédérale de l'énergie atomique, nie le moindre problème. Le sujet est également tabou au sein même de la population d'Ozersk, la ville fermée, où la militante a vécu 43 ans.

Plusieurs agences de radioprotection comme l'IRSN en France, mais aussi le ministère de la Sécurité allemand, ont remonté la piste de cette radioacitivité à des doses assez fortes autour de Maïak. Pourtant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ne compte pas faire d'inspection sur place. Pour Nadezhda Kutepova, comme pour certains experts du nucléaire d'Europe de l'Ouest, il est toujours aussi difficile de savoir ce qui se passe vraiment sur les sites nucléaires russes plus de 30 ans après la catastrophe de Tchernobyl.


La pollution radioactive au ruthénium 106 reconnue par la Russie
AFP, Futura Sciences - 21 nov 2017
http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/developpement-durable-pollution-radioactive-ruthenium-106-reconnue-russie-34635/


L'agence de météorologie russe a reconnu qu'une concentration inhabituelle de ruthénium 106 avait été détectée fin septembre dans plusieurs régions de Russie. Celle-ci proviendrait d'un site de retraitement des combustibles nucléaires.

Ce qu'il faut retenir:
- Du ruthénium 106 a été détecté en Europe fin septembre.
- Ce radionucléide artificiel proviendrait du site de retraitement de Maïak, où une catastrophe nucléaire a eu lieu en 1957.
- Greenpeace demande une enquête pour dissimulation d'accident nucléaire car la Russie avait d'abord nié être responsable.


L'agence russe de météorologie Rosguidromet a reconnu lundi qu'une concentration « extrêmement élevée » de ruthénium 106 avait été détectée fin septembre dans plusieurs régions de Russie, confirmant les rapports de plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité. Selon Rosguidromet, la concentration la plus élevée a été enregistrée par la station d'Arguaïach, un village du sud de l'Oural situé à 30 km du complexe nucléaire Maïak, touché par un des pires accidents nucléaires de l'histoire en 1957 et servant aujourd'hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé.

« Le radio-isotope Ru 106 a été détecté par les stations d'observation d'Arguaïach et de Novogorny » entre le 25 septembre et le 1er octobre, précise l'agence russe dans un communiqué, ajoutant qu'à Arguaïach, « une concentration extrêmement élevée » de ruthénium 106, « excédant de 986 fois » les taux enregistrés le mois précédent, a été détectée. Ces deux stations sont situées dans le sud de l'Oural, près de la ville de Tcheliabinsk, proche de la frontière avec le Kazakhstan. L'agence russe précise que le ruthénium 106 a ensuite été détecté au Tatarstan puis dans le sud de la Russie, avant qu'il ne se fixe à partir du 29 septembre « dans tous les pays européens, à partir de l'Italie et vers le nord de l'Europe ».

Dans un communiqué, Greenpeace Russie a appelé Rosatom, la société d'État russe qui gère l'activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie, à « mener une enquête approfondie et à publier des données sur les évènements arrivés à Maïak ». Ce communiqué, publié sur le site Internet de l'association, ajoute que « Greenpeace va envoyer une lettre au parquet pour demander l'ouverture d'une enquête sur la dissimulation éventuelle d'un incident nucléaire ». Mi-octobre, Rosatom avait assuré dans un communiqué cité par les médias russes: « Dans les échantillons relevés du 25 septembre au 7 octobre, y compris dans le sud de l'Oural, aucune trace de ruthénium 106 n'a été découverte à part à Saint-Pétersbourg », rejetant les conclusions des réseaux européens de surveillance de la radioactivité.

Fin septembre, plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité avaient repéré du ruthénium 106 dans l'atmosphère. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français avait ensuite indiqué, après une enquête, que « la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l'Oural », sans être en mesure de préciser la localisation exacte du point de rejet. L'IRSN précisait que la source de la pollution ne pouvait provenir d'un réacteur nucléaire, car d'autres éléments radioactifs auraient été détectés, et faisait « l'hypothèse d'un rejet issu d'une installation » liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

Le ruthénium 106 est un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, par ailleurs utilisé pour des traitements médicaux. « Les niveaux de concentration dans l'air en ruthénium 106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l'environnement », a noté l'IRSN.
Depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine soviétique, en 1986, qui avait contaminé une bonne partie de l'Europe, les craintes de l'Occident sur la sécurité des installations nucléaires soviétiques puis russes n'ont jamais été levées.


EDIT (1er décembre 2017)


La Russie a-t-elle caché un accident atomique ?
20minutes - 01 dec 2017
http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/La-Russie-a-t-elle-cache-un-accident-atomique--28630596


Depuis l'augmentation significative des niveaux de ruthénium-106 en Europe fin septembre, la question n'a pas été tranchée. Mais d'où vient cette mystérieuse pollution radioactive? Les indicateurs pointent vers la région du sud de l'Oural en Russie. La semaine dernière, Moscou a annoncé qu'une commission scientifique russe allait enquêter sur l'origine de cette radioactivité. Le géant nucléaire russe Rosatom a, de son côté, énergiquement nié en être à l'origine.

Parmi les stations ayant enregistré les plus fortes doses de ruthénium-106, un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, figure celle d'Arguaïach, située à proximité du complexe Maïak, touché en 1957 par l'un des pires accidents nucléaires de l'histoire. Certains le considèrent même comme étant plus grave que celui qui s'est produit à Tchernobyl, en 1986. Le complexe nucléaire Maïak, qui sert aujourd'hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé, s'était également empressé d'affirmer que «la pollution radioactive au ruthénium-106 détectée par l'agence Rosguidromet n'est pas liée» à ses activités.

Face à l'inquiétude suscitée par la détection de cette pollution radioactive, l'agence de régulation des produits agricoles Rosselkhoznadzor avait publié un communiqué démentant une «possible contamination radioactive» de terres agricoles russes.

Simon Proud, un chercheur à l'université d'Oxford, a comparé les images du satellite européen Sentinel 2. Au mois d'août (photo de gauche), le toit de l'édifice est encore visible, note-t-il, tandis que sur le cliché pris au mois d’octobre, on aperçoit ce qui ressemble à un gros point noir. Pour être sûr qu'il ne s'agit pas d'une ombre, le chercheur a comparé avec d'autres images satellites de l'année précédente. Et à aucun moment ce mystérieux point noir n'apparaît.

Une construction ou rénovation de l'édifice pourrait en être la cause mais la coïncidence avec la pollution radioactive est troublante relève la presse autrichienne. «S'il est impossible de dire avec certitude, et seulement sur la base d’images aériennes, que les deux événements sont liés, c'est un bon point de départ pour une enquête approfondie», note Simon Proud.

14/12/2017 >> Selon Associated Press, Yuri Mokrov, conseiller du directeur général du centre nucléaire de Mayak, a reconnu que le traitement des combustibles usés conduit à des rejets de ruthénium-106 dans l’environnement. Pure routine...