Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
21.01.2026
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Pékin porte un coup au commerce mondial des déchets
AFP, La Tribune - 29 jul 2017
http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/pekin-porte-un-coup-au-commerce-mondial-des-dechets-745719.html
L'annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre sur la planète recyclage. Le 18 juillet dernier, la Chine a informé l'OMC de son intention d'interdire l'entrée sur son territoire à 24 catégories de déchets solides, dont certains plastiques, papiers et textiles. (...) Confrontée à une situation critique concernant la pollution de son air et de ses sols, la Chine invoque l'argument environnemental. "Nous avons constaté que de grandes quantités de déchets de mauvaise qualité, et même de déchets dangereux, sont mélangés avec des déchets solides. (...) Cela pollue sérieusement l'environnement de la Chine" précise ainsi le ministère de l'Environnement dans sa notification à l'OMC.
Dans le même temps, la Chine tente probablement de favoriser sa propre industrie de recyclage. Elle a en effet lancé en 2017 un plan visant une augmentation de 67 % du chiffre d'affaires de l'industrie du recyclage en 2020, par rapport à 2015. Pékin a d'ailleurs annoncé son intention de fermer les nombreuses usines de recyclage les plus polluantes du pays a déjà commencé depuis plusieurs mois à renforcer le contrôle de la qualité des déchets importés.
Mais cette décision pourrait avoir de lourdes conséquences pour l'industrie mondiale des déchets dans son ensemble. En effet, la Chine est aujourd'hui le 1er importateur de déchets. En 2015, elle a absorbé 49,6 millions de tonnes de déchets solides sur les 180 millions de tonnes exportées dans le monde cette année-là pour une valeur de 86 milliards de dollars. Les ferrailles constituent l'essentiel des exportations (87 millions de tonnes en 2015), devant le papier (57,5 millions de tonnes), les métaux non ferreux (16,3 millions de tonnes) et les plastiques (11,8 millions de tonnes).
Ces volumes, qui ont doublé depuis le début des années 2000, ne représentent qu'une petite partie de la production mondiale de déchets, estimée à plus d'un milliard de tonnes pour les seuls déchets ménagers. Et bien que le commerce mondial des déchets soit très réglementé, notamment par la Convention de Bâle entrée en vigueur dans les années 90, on estime que 20 % des volumes produits font l'objet d'un commerce illégal. Celui-ci affecte principalement les déchets d'équipements électriques et électroniques "recyclés" dans les pays en développement au mépris de toute norme environnementale et sanitaire.
En 2015, la Chine a importé 7,3 millions de tonnes de déchets plastiques, essentiellement d'Europe, du Japon et des Etats-Unis, ainsi que 27 millions de tonnes de déchets papiers. Les Etats-Unis et l'Europe risquent d'être particulièrement affectés par la décision de Pékin. Les premiers ont exporté 42,8 millions de tonnes de déchets en 2015, pour une valeur totale de 23,7 milliards de dollars, dont 5,6 milliards de dollars pour les métaux, papiers et plastiques.
C'est à la Chine que l'Europe vend plus de 50 % de ses exportations de déchets, notamment films plastiques ou de papiers et cartons. Or les capacités des usines de recyclage européennes ne permettront pas d'absorber ces volumes si la Chine les refuse désormais. Bien sûr, la décision chinoise favorisera les acteurs capables d'exporter des déchets de qualité, c'est-à-dire notamment déjà correctement triés. Mais le marché de certaines matières, comme les plastiques recyclés souffre déjà de surcapacité, la filière manquant de débouchés chez les industriels.
Au-delà des risques d'engorgement dans les sites de traitement européens, c'est la pression à la baisse sur les cours mondiaux des matières recyclées qui menace le commerce mondial des déchets. En 2013 déjà, les mesures prises par la Chine pour renforcer les contrôles sur les déchets arrivant sur son territoire avaient ainsi entraîné une baisse des prix des matières premières recyclées sur les marchés mondiaux.
Pourquoi, dès demain, la France va crouler sous les déchets plastiques
par Nina Godart
BFM Business - 31 oct 2017
http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/pourquoi-des-demain-la-france-va-crouler-sous-les-dechets-plastiques-1289123.html
La Chine a prévenu qu'elle cesserait d'importer toutes sortes de déchets, en particulier plastique, sur son sol fin octobre. L'Europe y envoie la moitié des détritus qu'elle ne traite pas sur son sol. Le secteur du recyclage en France prévoit de fortes turbulences pour les prochains mois. Les stocks sont d'ores et déjà en train de gonfler, affirme la fédération des professionnels du recyclage. (...) À compter de ce mercredi 1er novembre, les pays producteurs qui envoient quelques 50 millions de tonnes de déchets solides en Chine par an, dont 9 millions de plastiques, vont devoir se débrouiller avec leurs poubelles. (...)
Pékin explique vouloir ainsi lutter contre la pollution de ses sols et contre les centres de recyclage qui contreviennent aux normes environnementales. Soit 2/3 des usines du secteur selon ses estimations. Dans le cadre de son plan "National sword" (épée nationale), le pays souhaite également s'attaquer au commerce illégal de déchets, qui représenterait 20 % des importations totales de la Chine. Problème, l'Europe n'a absolument pas les infrastructures nécessaires pour absorber les tonnes d'ordures que la Chine n'accepte plus. D'ailleurs aucun autre pays au monde ne les a, souligne Federec, la fédération française des entreprises du recyclage. Même pas la Turquie et l'Inde, qui importent déjà de colossaux tonnages venus d'Europe.
Le bannissement chinois représente certes "une formidable opportunité d'accroître le recyclage en France et en Europe", selon la Federec. Sauf qu'il faudra du temps. Or les stocks commencent déjà à grossir parce que les douanes chinoises accroissent déjà depuis plusieurs mois leurs contrôles sur les importation de déchets, affirme Federec. La fédération s'attend ainsi à une période de turbulences d'au moins un an. C'est-à-dire plus d'incinérations sur les premiers mois. Difficile dans ces conditions de préparer le recyclage de "100 % des matières plastiques en 2025" sur lequel s'est engagé le Premier ministre Edouard Philippe cet été.
D'autant qu'avec des stocks nationaux de déchets qui vont s'accumuler, les prix vont chuter et les marges des recycleurs avec. Sachant qu'en termes de matières premières recyclées, l'offre est déjà supérieure à la demande. Du coup, le secteur se met en ordre de bataille au plan mondial. Le BIR, le bureau international du recyclage, demande à Pékin de réviser sa décision. En France, les collecteurs de déchets dont le secteur a rapporté 8,1 milliards d'euros en 2016 en appellent à l'État. La Fédération voudrait obliger les industriels à utiliser une part de plastique recyclés dans leur production. La filière va faire entendre sa voix sur la nécessité de trouver des débouchés pour rester compétitif avec des millions de tonnes de déchets supplémentaires en stock lors de l'élaboration de la feuille de route pour l'économie circulaire, qui commençait le 24 octobre, et dont le rendu est attendu début 2018.
Le gagnant de l'histoire semble pour beaucoup être la filière recyclage chinoise. Ces dernières années, la Chine a alimenté sa croissance à moindre frais grâce à ces déchets qu'elle recyclait pour les réutiliser dans ses productions. Mais cette année, le pays "a lancé un plan pour augmenter de 67 % le chiffre d'affaires de l'industrie du recyclage en 2020, par rapport à 2015", explique un expert d'EY. En Europe aussi, certaines entreprises y voient leur intérêt. Les exportateurs de déchets de qualité, ceux qui sont déjà triés et correctement conditionnés, pourront vendre plus cher. Et les entreprises comme la britannique MBA Polymers, spécialiste du recyclage des plastiques de haute qualité, y voit une fantastique opportunité.
EDIT (21 janvier 2018)
La Chine ferme sa poubelle, panique dans les pays riches
AFP, Romandie news - 21 jan 2018
https://www.romandie.com/news/ZOOM-Dechets-la-Chine-ferme-sa-poubelle-panique-dans-les-pays-riches_RP/882625.rom
Mise en décharge ou incinération? En bloquant l'importation de certains déchets, la Chine, première destination mondiale du recyclage, fait peser le risque d'un "scénario-catastrophe" pour l'environnement dans les pays riches... et met dans la panade sa propre industrie de la récupération.
Depuis le 1er janvier, la porte du géant asiatique est fermée à 24 catégories de déchets solides, dont certains plastiques, papiers et textiles, une mesure annoncée seulement 6 mois plus tôt par Pékin, qui avance des motifs écologiques. Ce redessinage du marché planétaire des déchets s'avère problématique pour les industriels américains et européens, habitués à voir une Chine avide de matières premières absorber la majeure partie de leurs déchets pour les recycler, et qui disposent de très peu de temps pour se retourner. "C'est un séisme" et "on a toujours l'onde de choc. Cela a mis notre industrie en situation de stress car la Chine est tout simplement le 1er marché mondial pour l'exportation de matières recyclables", se désole Arnaud Brunet, directeur du Bureau international du recyclage (BIR) basé à Bruxelles.
L'UE exporte la moitié de ses plastiques collectés et triés, dont 85 % vers la Chine. Les Etats-Unis ont eux envoyé en 2016 en Chine plus de la moitié de leurs exportations de déchets de métaux non ferreux, papiers et plastiques, soit 16,2 millions de tonnes. "On va chercher des solutions alternatives, essayer d'identifier de nouveaux marchés de substitutions, à supposer qu'ils aient les capacités de traitement: on parle de l'Inde, du Pakistan ou du Cambodge", suggère M. Brunet. Mais cela pourrait prendre du temps: "Les capacités de traitement ne se déplacent pas comme ça du jour au lendemain", et dans l'immédiat l'accumulation des déchets, notamment en Europe, est "un risque majeur", prévient-il. Avec comme "scénario-catastrophe" la perspective que ces déchets soient incinérés ou placés en décharge. Aux Etats-Unis, "des usines cherchent comment entreposer" leurs déchets supplémentaires et "certaines les stockent sur des parkings ou sur des sites extérieurs", indique à l'AFP Brandon Wright, porte-parole de la NWRA, fédération américaine des déchets et du recyclage.
L'impact immédiat va être dévastateur: selon des estimations "prudentes" du BIR, les exportations mondiales de papier vers la Chine pourraient plonger d'1/4 entre 2016 et 2018 et celles de plastiques s'effondrer de 80 % en 2 ans, passant de 7,35 à 1,5 million de tonnes. Mais certains se montrent plus rassurants: "Nous travaillons depuis des années pour nous développer en Inde, au Vietnam, en Thaïlande, et même en Amérique latine", assure Brent Bell, un responsable de Waste Management, le premier recycleur nord-américain d'ordures ménagères. "Les investissements récents de plusieurs papetiers américains nous permettent de déplacer (les déchets) vers ces marchés alternatifs", poursuit M. Bell, interrogé par la radio NPR.
L'interdiction de Pékin pose aussi un épineux problème aux entreprises chinoises du recyclage, extrêmement dépendantes des déchets occidentaux. "Cela va devenir difficile de travailler", admet Zhang Jinglian, propriétaire d'une société de traitement des déchets plastiques, Huizhou Qingchun. Plus de la moitié de sa "matière première" est importée et sa production va donc être réduite "d'au moins un tiers", explique-t-il à l'AFP, disant avoir dû récemment se séparer d'une dizaine d'employés. Les répercussions sont plus drastiques encore pour la société Nantong Heju, dans le Jiangsu (est): "Nous stoppons notre activité et cherchons désormais à nous reconvertir", confie un responsable à l'AFP.
La décision chinoise pourrait à terme avoir pour effet positif de muscler les filières de retraitement. L'UE a dévoilé mardi sa stratégie pour réduire l'utilisation des plastiques à usage unique, avec pour objectif que tous les emballages de ce type soient recyclables d'ici 2030. Seulement 30 % des déchets plastiques des Européens sont recyclés à l'heure actuelle. Le reste finit incinéré pour produire de l'énergie (39 %) ou en décharge (31 %). "Nous devrions utiliser cette décision pour nous remettre en question et nous demander pourquoi nous, Européens, ne sommes pas capables de recycler nos propres déchets", argue le commissaire Frans Timmermans.
28/05/2019 >> La Malaisie va renvoyer 3.000 tonnes de déchets plastiques dans leurs pays d'origine, notamment en France et aux États-Unis.
15/06/2019 >> Les Philippines et l'Indonésie retournent également les déchets reçus des USA.
31/10/2020 >> Le Sri Lanka renvoie 242 conteneurs de déchets au Royaume-Uni (voir brève du jour)