Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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Rassembler des foules sous un même drapeau
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Dernière mise à jour : 05.02.2026
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Le pétrole de schiste cherche son seuil de rentabilité

Publié le 17/01/2017 à 03:47 par monde-antigone


- Plusieurs facteurs plaident actuellement en faveur d'un relèvement des cours du pétrole: les annonces de relance de l'activité économique par Trump (augmentation de la demande), l'accord trouvé par l'OPEP et quelques pays hors-OPEP, dont la Russie, pour réduire substanciellement leur production (baisse de l'offre).
- Plusieurs facteurs d'augmentation d'offre poussent en revanche les cours à la baisse: le besoin pour l'Iran d'écouler ses stocks, la réouverture des puits de schiste américains à mesure que les prix se rapprocheront du seuil de rentabilité des 60 $. Mais avec la réduction des coûts de production, ce seuil pouurait, dit-on, se situer plus bas (à partir de 55 $). Trump a promis de favoriser la production de schiste et la réouverture des puits... mais si la production augmente, les prix seront tirés vers le bas et la rentabilité du schiste américain redeviendra à nouveau problématique.

Ces forces haussières et baissières s'annulent. On le voit à travers la stabilisation que l'on observe depuis plusieurs jours et qui pourrait fort bien durer, avec un baril de WTI à 52 $ et le Brent à 55 $. Mais l'absence de visibilité et les incertitudes politiques sont telles que personne, pas même un producteur de schiste américain, ne s'aventure à prédire à quel niveau seront les cours dans 6 mois... 3 mois... ou même un mois. Les articles qui suivent traduisent ces tendances contradictoires.


Le pétrole fait du sur-place, soutien du dollar, prudence sur la production
AFP, Yahoo! actualités - 17 jan 2017
http://www.romandie.com/news/Le-petrole-fait-du-surplace-soutien-du-dollar-prudence-sur-la-production/768704.rom


NEW YORK - Les cours pétroliers ont terminé en très légère hausse mardi à New York, mais en baisse à Londres, aidés par un accès de faiblesse du dollar mais les investisseurs sont restés prudents après la hausse consécutive aux accords de limitation de la production. Le prix du baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, a avancé à 52,48 $ sur le contrat pour livraison en février au Nymex. A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a en revanche concédé 39 cents à 55,47 $ sur le contrat pour livraison en mars à l'Intercontinental Exchange (ICE).

"Je pense que la faiblesse du dollar joue un rôle", a avancé Carl Larry de Frost & Sullivan. Le billet vert s'affaiblissait nettement mardi face à la plupart des monnaies, souffrant notamment des propos du futur président américain Donald Trump, au Wall Street Journal pendant le week-end, le jugeant "trop fort". Ce repli du billet vert rend mécaniquement le pétrole, libellé dans cette monnaie, moins onéreux pour les opérateurs utilisant d'autres devises, les poussant à des achats d'opportunité.

Concernant l'offre, des nouvelles contradictoires ont renforcé la volatilité des cours mardi. "Il y a eu des informations indiquant que l'Irak avait réduit quelque peu sa production mais ensuite j'ai vu un article faisant état d'une hausse de la production libyenne", a rapporté Kyle Cooper de IAF Advisors. La Libye, même si elle est membre de l'OPEP, a été exonérée des accords de réduction de la production conclus par le cartel à la fois en son sein et avec des pays extérieurs, notamment la Russie. Ces accords avaient fait bondir le prix du baril au cours des derniers mois de 2016 mais depuis le début de l'année le brut se montre très hésitant dans l'attente de savoir si les pays producteurs appliquent réellement ces pactes entrés en vigueur le 1er janvier. (...)


Le pétrole recule, craintes d'une augmentation de la production mondiale
AFP, Romandie news - 09 jan 2017
http://www.romandie.com/news/Le-petrole-recule-craintes-dune-augmentation-de-la-production-mondiale/766976.rom


LONDRES - Les cours du pétrole reculaient lundi en fin d'échanges européens, les craintes sur une augmentation de la production mondiale pesant sur les cours alors même que certains pays affirment avoir commencé à appliquer les baisses d'extraction promises.

Les prix de l'or noir cédaient du terrain alors que l'Iran a augmenté ses exportations en décembre, et que le nombre de puits actifs aux Etats-Unis a augmenté la semaine dernière, selon le décompte établi par le groupe Baker Hughes. L'Iran aurait exporté plus de 13 millions de barils de pétrole qui étaient stockés dans des navires en décembre, ce qui lui permet de regagner des parts de marché et de profiter de la hausse des prix, ont rapporté les analystes de Inenco. Le pays s'était engagé à plafonner sa production dans le cadre de l'accord de baisse de la production des membres de l'OPEP, même si l'Iran avait été exempté d'une baisse par rapport à ses extractions de novembre en raison du bas niveau de ses exportations, fortement perturbées par les sanctions internationales jusqu'en 2016.

Les Etats-Unis, dont les groupes pétroliers privés ne sont pas engagés par l'accord de l'OPEP et de ses partenaires, pourraient également profiter de la hausse des prix pour relancer leur production, qui nécessite des cours plus élevés pour être rentable. Le nombre de puits actifs aux Etats-Unis a encore augmenté pour la 10e semaine consécutive, avec 4 nouveaux puits actifs pour un total de 529 puits fin janvier, ont noté les analystes de Inenco. Par ailleurs, l'Irak, qui s'est également engagé à réduire sa production, a fait état d'exportations en hausse dans le Sud du pays, tandis qu'au nord, le gouvernement régional kurde a fait savoir qu'il ne se tenait pas engagé par l'accord conclu par le gouvernement national.


Aux Etats-Unis, l'investissement dans le pétrole de schiste va repartir
par Swetha Gopinath
Reuters, Capital - 29 dec 2016
http://www.capital.fr/bourse/actualites/aux-etats-unis-l-investissement-dans-le-petrole-de-schiste-va-repartir-1196380


L'année 2017 devrait être marquée par une reprise des investissements des spécialistes américains du pétrole de schiste dans l'exploration et la production, la remontée des cours incitant les banques à rouvrir les robinets du crédit après deux ans de régime sec. La relance du crédit est encore limitée mais la réduction annoncée de la production de nombreux grands pays producteurs d'or noir l'an prochain devrait aboutir à une augmentation de la part de marché du pétrole de schiste américain, ce qui facilitera l'accès aux capitaux. Les analystes de Raymond James estiment ainsi que les producteurs de pétrole et de gaz spécialisés dans l'Amérique du Nord devraient augmenter leurs investissements de 30 % en 2017. Plusieurs de ces compagnies, comme Pioneer Natural Resources, Diamondback Energy et RSP Permian ont déjà annoncé avoir revu à la hausse leurs budgets et prévoir d'augmenter leur production.

Les producteurs de pétrole et de gaz renégocient tous les 6 mois leurs lignes de crédit avec leurs banques sur la base de la valeur de leurs réserves. Lors du dernier cycle de négociations, à l'automne, 34 compagnies ont vu leurs lignes de crédit revalorisées, de 5 % en moyenne, soit de 1,3 milliard de dollars au total, selon les données rassemblées par Reuters. Les crédits mis à leur disposition par les banques ont ainsi atteint 30,3 milliards de dollars, contre 28,9 milliards au printemps, alors qu'ils avaient été amputés de 40 % sur les 3 cycles de négociation précédents. "Les esprits animaux semblent de retour sur le marché de l'exploration-production, même si c'est à un rythme lent", a déclaré Kyle Owusu, analyste de Reorg Research en reprenant l'expression utilisée par certains économistes pour qualifier l'esprit d'entreprise.
 
La production globale de pétrole des Etats-Unis devrait diminuer légèrement en 2017 à 8,8 millions de barils par jour (bpj) contre 8,9 millions cette année, selon le département de l'Energie. Mais la production de pétrole de schiste pourrait passer de 200.000 à 500.000 bpj selon des analystes. L'accès accru au crédit devrait permettre aux compagnies qui en bénéficient d'envisager de nouvelles campagnes d'exploration aussi bien que des opérations de croissance externe. "Je crois que nous allons continuer d'utiliser cette capacité d'emprunt pour financer des acquisitions", a ainsi déclaré Kaes Van't Hof, un dirigeant de Diamondback, lors d'une téléconférence le mois dernier.


Le schiste reprend du poil de la bête aux Etats-Unis
AFP,Romandie news - 08 jan 2017
http://www.romandie.com/news/Le-schiste-reprend-du-poil-de-la-bete-aux-EtatsUnis/766739.rom


NEW YORK - La hausse des cours du pétrole redonne des couleurs aux hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis qui ont particulièrement souffert de la chute des prix ces dernières années, le secteur discernant également dans l'élection de Donald Trump des raisons d'espérer. "Certains des gisements les plus faciles à exploiter reprennent la production mais l'avenir reste encore incertain pour d'autres. Je pense qu'ils attendent encore des preuves plus tangibles avant de sortir du bois", estime David Pursell, directeur chez Tudor, Pickering, Holt & Co, une banque d'investissement spécialisée dans l'énergie.

La chute du marché du pétrole, l'une des plus accentuée depuis l'embargo décrété par les pays arabes en 1973, s'est traduite par le licenciement de milliers d'employés du secteur et a donné un coup d'arrêt à l'industrie du schiste américaine, auparavant en plein essor. "Les opérateurs restent encore prudents avec leur argent mais nous voyons très certainement une reprise des investissements avec la remontée des prix", ajoute Jason McFarland, président de l'Association des professionnels du forage à Houston (Texas). L'élection de Donald Trump, qui a choisi pour son gouvernement plusieurs responsables du secteur tel le secrétaire d'Etat désigné Rex Tillerson, ex-PDG d'ExxonMobil, et veut placer à la tête de l'Agence de la protection de l'environnement (EPA) Scott Pruitt, un climato-sceptique, a aussi changé la donne.

Mais c'est la décision en décembre du cartel pétrolier de l'OPEP et d'autres pays producteurs comme la Russie de réduire leur production qui a donné un coup de fouet au marché. Les cours du pétrole à New York ont terminé vendredi à près de 54 $ le baril, plus de 2 fois plus qu'il y a un an. Cette décision doit toutefois encore se concrétiser et elle n'est valable que pour 6 mois. Les producteurs dont les coûts sont élevés ne doivent pas penser qu'ils ont reçu carte blanche pour augmenter leur production, a souligné l'AIE dans un rapport en décembre. Ils doivent y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans de nouveaux investissements, ajoute l'agence basée à Paris. D'autres incertitudes affectent le marché, comme la croissance de la consommation aux Etats-Unis alors que Donald Trump s'apprête à entrer à la Maison Blanche avec un ambitieux programme de relance économique. Le maintien de la progression de la consommation d'énergie en Inde et la santé de l'économie chinoise sont d'autres inconnues qui pèsent sur la demande mondiale en hydrocarbures.

La production venant du schiste aux Etats-Unis offre toutefois une plus grande souplesse que celle d'autres origines géographiques. Les progrès technologiques dans ce domaine avaient permis de porter en 2015 la production américaine a 9,6 millions de barils/jour (b/j), 80 % de plus qu'en 2010. Elle est ensuite retombée à environ 8,6 millions de b/j et a quelque peu repris ces dernières semaines pour atteindre 8,8 millions b/j. "Nous n'avons pas beaucoup d'expérience en matière de reprise rapide de certains sites de production car cela ne s'est jamais produit avant", souligne Neil Atkinson, responsable pour les marchés pétroliers à l'AIE. "La question en suspens et de savoir à quelle vitesse les gens peuvent réagir s'ils pensent que la hausse des prix va continuer", ajoute-t-il.

Selon des premières indications, le nombre de puits a fortement augmenté dans le bassin dit Permian dans l'ouest du Texas pour s'établir actuellement à 267 contre 209 il y a un an, selon des chiffres de l'entreprise de services pétroliers Baker Hughes. Chaque puit emploie directement quelque 20 personnes et une douzaine d'emplois indirects, selon Jason McFarland. Mais l'activité reste encore inférieure à ce qu'elle était il y a un an sur le bassin schisteux Eagle Ford, également dans le Texas, et sur celui de Bakken, dans le Dakota du nord. Le bassin Permian offre des coûts de production plus bas et se trouve à proximité d'oléoducs, souligne Jesse Thompson, économiste à l'antenne de Dallas de la Fed. On entend parler d'embauches. On sait que les tendances dans le secteur sont en train de changer mais il y a aussi encore des personnes qui se font licencier et des entreprises en difficulté. C'est une période de transition, souligne-t-il.


EDIT (25 mars 2017) Fin 2015, les monarchies du Golfe ont déclaré la guerre aux producteurs de schiste américains pour faire descendre les cours sous le seuil de rentabilité évalué à l'époque à 60 $. Deux ans plus tard, malgré une tentative de limiter la production pour faire remonter les cours à 60 $, l'Arabie saoudite constate l'échec de sa politique. Les Américains produisent comme jamais après avoir abaissé le seuil de rentabilité à 45 $, peut-être 40...


L’OPEP encore mise à mal par les producteurs de pétrole de schiste américains
par Christophe Barraud, chef économiste et stratégiste chez Market Securities
Forbes - 23 mar 2017
http://www.forbes.fr/finance/lopep-encore-mise-a-mal-par-les-producteurs-de-petrole-de-schiste-americains/


L’émergence des producteurs américains de pétrole de schiste a bouleversé l’équilibre sur le marché de l’or noir ces dernières années. Les rivalités avec les pays exportateurs de pétrole (OPEP, Russie, etc.) se sont intensifiées, chacun cherchant à produire toujours plus et à défendre ses parts de marché. Au 1er trimestre 2016, au moment où la demande mondiale montrait des signes de fléchissement, cette situation s’est traduite par un excès d’offre significatif et a précipité la chute des cours à des niveaux jamais observés depuis 2003.

De nombreux producteurs américains, ayant un coût marginal plus élevé que leurs concurrents, ont été poussés à la faillite. Néanmoins, avec un marché toujours en surplus d’offre, la remontée des cours ne s’est faîte que très progressivement, rendant la situation difficilement tenable pour certains pays exportateurs à l’image de l’Arabie Saoudite qui a vu ses réserves de change s’effondrer (- 13 % en 2016).

Dans ce contexte, partant  de l’hypothèse que les producteurs de pétrole de schiste américains ne seraient pas en mesure de revenir sur le marché avant 2018, les membres de l’OPEP sont parvenus à un accord historique visant à réduire leur production. En novembre dernier, le cartel s’est engagé à diminuer sa production de 1,2 million de barils par jour (Mb/j) pour une durée de 6 mois à compter du 1er janvier 2017. De même, d’autres pays non-membres de l’OPEP se sont également joints à l’effort global à hauteur de 562.000 barils par jour (b/j). Cette contraction de la production avait pour ambition de ramener les stocks de pétrole vers la moyenne observée ces 5 dernières années et ainsi retrouver l’équilibre (offre/demande) dès le 1er semestre 2017. Si l’effet positif s’est immédiatement fait ressentir, propulsant les prix de l’or noir (WTI, Brent) à plus de 50 $, l’enthousiasme semble déjà s’essouffler.

Conformément à sa posture initiale, l’Arabie Saoudite ne souhaitait pas perdre de parts de marché en s’engageant dans un accord avec d’autres producteurs. La réduction de l’offre aurait dû permettre un retour rapide à l’équilibre en jugulant le surplus existant. Il semblerait néanmoins que les membres du cartel aient surestimé le seuil de rentabilité des producteurs de pétrole de schiste. Grâce au progrès technologique ainsi qu’à une rationalisation des effectifs et des moyens de production, les producteurs américains ont déjoué tous les pronostics des spécialistes et sont vraisemblablement rentables dès 45 $ (WTI). Ce prix correspond à la moyenne observée au 3e trimestre 2016 et coïncide avec le moment où les banques américaines ont étendu leur ligne de crédit pour la première fois en 2 ans.

Au plus haut depuis plus d’un an, la production de pétrole américaine a ainsi franchi le seuil des 9,1 Mb/j  début mars tandis que les compagnies pétrolières ne cessent d’ouvrir de nouveaux puits. Selon Baker Hugues, ces derniers sont en hausse de près de 100 % depuis le 27 mai 2016 et ont connu une croissance continue sur les 9 dernières semaines. En parallèle, les exportations américaines de pétrole sont aussi largement orientées à la hausse et ont atteint leur plus haut historique le 17 février dernier, soulignant ainsi la volonté des producteurs de reconquérir des parts de marché à l’étranger.

En janvier dernier, Donald Trump a relancé les projets controversés d’oléoducs Keystone XL et Dakota Access Pipeline (DAPL).  Le Keystone XL devrait rendre possible l’acheminement de 830.000 b/j de la province de l’Alberta au Canada jusqu’au Nebraska d’où ils pourront rejoindre les raffineries américaines. Quant au Dakota Access Pipeline, l’oléoduc devrait permettre le transport de près de 500.000 b/j depuis les sites de Bakken (un des principaux pôles de production de pétrole de schiste) au nord-ouest du Dakota du Nord vers l’Illinois. En proie à de vives contestations notamment de certaines minorités amérindiennes, le projet, s’il aboutissait, devrait largement fluidifier les conditions de transport et diminuer les coûts qui y sont associés.  Les producteurs verraient alors leur rentabilité s’améliorer et seraient tentés d’accroître leur production.

La mise en place d’une  taxe d’ajustement frontalière inciterait également les producteurs américains à pomper davantage. A l’heure actuelle, les détails sur la mise en place de cette taxe sont très maigres et le périmètre des  biens qui pourraient être ciblés n’est pas encore défini. Si le pétrole s’avérait concerné, alors les coûts d’un baril équivalent importé augmenteraient mécaniquement. Les raffineries américaines devraient privilégier les producteurs domestiques car même s’ils demandent un prix plus élevés, ils resteront plus compétitifs que leurs homologues étrangers.

Sur la base des données de janvier et février 2017, les membres de l’OPEP semblent respecter leur accord. Selon l’IEA le cartel a honoré ses engagements à 91 % ramenant la production de l’organisation à 32 Mb/j. L’Arabie Saoudite a notamment créé la surprise en janvier en réduisant sa production davantage qu’attendue.

Pourtant, le momentum semble s’atténuer, les acteurs du marché prenant conscience de la menace américaine. Lors du dernier rapport mensuel de l’OPEP, l’Arabie Saoudite a déclaré avoir pompé 263.000 b/j de plus par rapport à janvier, dépassant à nouveau une production journalière de 10 Mb/j. Selon l’IEA, les non-membres de l’OPEP auraient rempli seulement 37 % de leurs engagements, tandis que l’OPEP aurait gonflé sa production de 260.000 b/j en février. En parallèle, la Russie, qui s’était engagée sur une réduction de 300.000 b/j, a pour l’instant diminué sa production de seulement 100,000 b/j selon Reuters (stable de janvier à février). Cependant, le pays aurait accéléré ses réductions à 160.000 b/j à la mi-mars si l’on se fie aux déclarations du ministre de l’énergie Russe Novak.

Tout comportement de « passager clandestin » fragilisera l’accord existant et réduira les perspectives d’une extension de ce dernier. Alors que les attentes du marché sont élevées, la réunion de l’OPEP du 25 mai pourrait précipiter la chute des prix en cas de statu quo. Les membres du cartel devront arbitrer entre une prolongation de leur accord au risque de perdre des parts de marchés, ou pourront préférer s’en tenir à leur entente initiale au détriment du prix du baril.


Le gouvernement américain valide le projet Keystone
par Jeff Mason et Ethan Lou
Reuters, Boursorama - 24 mar 2017
http://www.boursorama.com/actualites/le-gouvernement-americain-valide-le-projet-keystone-xl-73234ab5c27b4fe002cd307903c53f67


WASHINGTON/ CALGARY - Le gouvernement américain a donné vendredi son feu vert à la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis, une décision saluée par l'industrie pétrolière et dénoncée par les défenseurs de l'environnement. Donald Trump a formellement annoncé l'attribution du permis présidentiel à l'entreprise énergétique canadienne TransCanada  TRP.TO  lors d'une cérémonie à la Maison blanche.

Le président américain était entouré du directeur général de TransCanada, Russell Girling, et de Sean McGarvey, président du syndicat Building Trades Union. "TransCanada va désormais être en mesure d'achever efficacement et rapidement cet oléoduc qui aurait dû voir le jour depuis longtemps", a commenté Donald Trump. Le projet, qui remonte à 2008, doit permettre de relier sur près de 1.900 km les sables bitumineux de l'Alberta aux réseaux d'oléoducs du Nebraska. L'ancien président Barack Obama l'avait rejeté en 2015, estimant qu'il n'aurait aucun impact sur le prix de l'essence et contribuerait aux émissions de gaz à effet de serre. Son successeur en a ordonné la mise en oeuvre dans un décret signé le 24 janvier, 4 jours après son investiture, ce qui a incité TransCanada à déposer un nouveau dossier.

En prenant une décision accélérée sur ce dossier, Donald Trump entend marquer sa volonté d'aller vite dans l'approbation des grands projets d'infrastructures, alors que les procédures de validation peuvent parfois prendre des années. Pendant sa campagne, le magnat de l'immobilier avait promis 1.000 milliards de dollars d'investissements sur 10 ans dans des grands travaux. Donald Trump affirme que Keystone XL permettra la création de 28.000 emplois aux Etats-Unis. Un rapport du département d'Etat paru en 2014 estimait l'impact du projet à seulement 3.900 emplois de chantier et 35 postes permanents. Le président américain, chantre de l'"America First", a exigé que les nouveaux oléoducs soient construits avec de l'acier produit aux Etats-Unis, mais Keystone XL dérogera à cette règle car une grande partie de l'acier destiné au projet a déjà été fabriqué et stocké, selon la Maison blanche.

Le projet Keystone XL doit permettre d'acheminer plus de 800.000 barils par jour de pétrole lourd canadien jusqu'aux raffineries et ports du golfe du Mexique, via le réseau existant d'oléoducs qui part du Nebraska. Le ministère canadien des Ressources naturelles s'est félicité de la décision de Donald Trump. "L'importance d'un marché commun de l'énergie sur le continent ne peut être sous-estimée", a dit un porte-parole. Le président de l'American Petroleum Institute, Jack Gerard, a salué une "nouvelle bienvenue" qui améliorera selon lui la sécurité énergétique des Etats-Unis. Mais le feu vert accordé par la nouvelle administration ne veut pas dire que le chantier va démarrer prochainement car TransCanada doit encore boucler son financement, obtenir de nombreux permis locaux et repousser les recours prévisibles.

Etant donné que Barack Obama avait bloqué le projet en s'appuyant sur un rapport d'impact sur l'environnement commandé par le département d'Etat en 2014, les opposants à Keystone XL devraient faire valoir que la décision de l'ancien président ne peut être annulée sans une nouvelle évaluation. La quête des permis s'annonce également difficile. "Le permis présidentiel n'est qu'une partie des permis qu'il
faudra obtenir au niveau fédéral, au niveau des Etats et au niveau local", explique Fred Jauss, du cabinet juridique Dorsey & Winney. "D'autres agences fédérales comme le Corps du Génie, les commissions de régulation des Etats et même les conseils locaux pourraient avoir des exigences", dit-il. "En outre, TransCanada pourrait devoir conclure des accords avec des centaines de propriétaires potentiellement affectés par le tracé du pipeline". (...)


[AFP,  24/03/2017] Selon TransCanada, l'acheminement de pétrole par des oléoducs souterrains est bien plus sûr que le transport maritime ou ferroviaire. La société a ainsi affirmé que 4,6 millions de km d'oléoducs transportaient quotidiennement "99,9998 % du pétrole et du gaz naturel à travers les Etats-Unis de manière sûre et fiable". Le projet Keystone XL prévoyait d'équiper l'oléoduc de 21.000 capteurs capables de fournir des rapports toutes les 5 secondes par satellite et d'isoler des tronçons présentant des problèmes en quelques minutes grâce à des vannes actionnées à distance.