Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Dernière mise à jour :
09.02.2026
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Deux textes sur les émeutes de Zurich du 6 février
Une fête de la révolte
Indy Suisse, Le Jura libertaire - 09 fev 2010
http://juralibertaire.over-blog.com/article-une-fete-de-la-revolte-a-zurich-44624238.html
Sans aucun doute, ce dernier samedi soir [06.02.2010] a été une fête. 500-800 personnes se sont pris les rues de Zurich et ont créé une marge de manoeuvre qui semble se réduire quotidiennement.
De nombreuses personnes issues de milieux très différents ont ensemble profité de l’occasion pour attaquer ce qui représente l’oppression quotidienne et le pouvoir des riches ; ou, tout simplement, pour enlever à la ville sa façade hypocrite. Joyeusement a été brisé au moins pour un petit instant la glace épaisse de la pacification sociale. Tout de même, on croit moins que des vitres brisées changent le monde, que l’idée de révolte qui se répand ; basée sur le rêve d’un vivre ensemble qui s’enrichit par le fait que toutE et chacunE puisse s’épanouir librement et en tant que personne unique. Si nous balançons des pavés contre les flics, c’est parce que nous considérons les autorités de tout genre comme assassines de ce rêve. Si nous détruisons des banques et des bâtiments administratifs, c’est pour renforcer déjà maintenant l’idée d’un monde sans argent et sans bureaucratie. Ce n’est pas les décombres que nous cherchons, mais les sentiers qui les traversent. Dans les moments de révolte, la possibilité de briser la normalié, l’assujettissement et l’acceptation du quotidien surgit, pour poser des questions et expérimenter avec des réponses qui dépassent la politique. Maintenant, que l’espace s’est ouvert, qu’est-ce qu’on peut en faire ? Comment s’opposer à l’Etat ? Comment répandre et faire durer la rupture avec la normalité ? Comment devenir dangereux ? Certainement pas en cherchant une niche pour une culture et une économie alternative, qui se limite à la quête de son droit d’existence. L’Etat ne disparaîtra pas sans la révolte généralisée des exploitéEs, autant que les riches et les puissantEs ne céderont pas leurs privilèges sans résistance. La rebellion peut s’exprimer de différentes manières, mais à partir du moment, où, avec l’idée de rejeter toute forme de domination, il n’y a ni revendications ni partenaires de négociation, à partir de ce moment-là commence quelque chose qui tient de nouveau à nous...
Cette machine immense, qui nous ôte toute liberté, pour la vendre ensuite dans le monde à l’envers des marchandises, nous enferme dans les prisons, les asiles psychiatriques et les centres d’expulsion, pour nous enchaîner touTEs au code pénal, nous contrôle et nous humilie, nous force quotidiennement à l’école ou au boulot, pour un ordre social qui n’est certes pas le nôtre ; cette machine est construite, gérée, réparée et protégée à des endroits concrets par des personnes réelles. Il n’y a pas besoin de 500 personnes pour attaquer. Une petite bande de bons potes suffit.
La nuit est de notre côté...
Rien n’est passé !
Pour un monde sans domination !
*********
Bilan des dégâts de samedi
Dès le début et quasiment pendant tout le défilé, les murs à gauche et à droite ont été remplis de slogans, de tags et de graffiti. Presque chaque coin de mur blanc a dû céder son innocence. Les flics n’étaient pas du tout au courant et donc presque invisible. Au Limmatplatz, ce rêve humide panoptique (env. une quinzaine de caméras de surveillance), certainEs ont essayé de détruire ces caméras avec de longs bâtons, ce qui a partiellement fonctionné. Des bagnoles qui avaient l’air chères, une des „Trouble Shooters“ (bande de foutuEs socialistes) et, particulièrement réjouissant, celle du porte-parole de la police urbaine Cortesi, qui est apparu au mauvais moment à côté de la manif, ont été démolies. Le long de la Langstrasse, de nombreux bordels et boîtes de nuit ont été barbouillés de slogans contre le sexisme et le patriarcat. En plus, les vitres des locaux suivants ont volé en éclats :
- McDonalds [toujours la cible la plus banale d’une critique du capitalisme ringarde, et quand même une des plus grande multinationales, à laquelle on peut reprocher plein de choses. Des conditions de travail horribles resp. exploitation (ici, et surtout dans les pays économiquement „arriérés“), poursuites et assassinats de syndicalistes, coupes de forêts pluviales et appropriations et gaspillages de ressources en général]
- Hooters [grande chaîne de restauration internationale qui emploie uniquement des femmes, étant obligés de porter des petits shorts et décolletés profonds. Sans doute le point de rencontre du pire machisme et de l’oppression patriarcale.]
- Une joaillerie [malheureusement, rien à piller (verre blindé), mais les petits plaisirs de la bourgeoisie ont au moins été bousillés symboliquement.]
- ZKB [Banque cantonale de Zurich, qui essaie de se procurer une image „alternative“ par des hypocrisies écologiques et sociales, piège dans lequel trop de gens tombent. Une des quatre plus grande banques en Suisse. Capitalistes, bureaucrates, bofs. point barre.]
- Mercedes [Encore une fois les plaisirs bourgeois, qui nous prêchent un monde mort avec des marchandises censées compenser le manque de vie]
- Un local yuppi [Construit sur les décombres d’un ancien squat, ne pouvait malheureusement pas vraiment être endommagé, car des gens qui ricanaient stupidement étaient assis directement derrière les vitres.]
- Un shop mobilezone [Siemens, Nokia et Cie. sont souvent à fond dans le business de technologies de surveillance (les natels en tant que tels sont une puce dans la poche) et sont également connus pour leurs mouvaises conditions de travail.]
- RBS coutts [Banque spécialisée sur la gestion de grosses fortunes.]
- Tamedia [une entreprise médiatique suisse éditant, entre autres, le TagesAnzeiger, le 20min, Finanz und Wirtschaft, Schweizer Familie. On bouffe cette merde bourgeoise quotidiennement, pour nous empêcher, par de la causerie ennuyeuse, de mettre en question les racines de ce monde. La tendance policière se montre dans le style et dans les omissions. Les journalistes servent aux dominantEs et leurs valeurs pourries. Bien sûr, il serait plus beau de saboter leurs imprimeries...Mais n’empêche, ça a fait du bien !]
Malheureusement, le défilé a été bloqué à la Stauffacherbrücke par quelques fourgons de flics (qui lui barraient la route pour la première fois) se précipitant désespérément sur place, ce qui a empêché la pénétration du centre-ville. Après quelques pavés, balles en caoutchouc et lacrymos, le défilé a fait demi-tour et restait dans le 4e jusqu’à 2h du mat.
Il n’y a pas eu d’arrestations !