Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
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Rassembler des foules sous un même drapeau
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
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Eurosatory 2016: Les industriels de l’armement exposent

Publié le 15/06/2016 à 00:09 par monde-antigone


Le parc des expositions de Paris-Nord Villepinte accueille du 13 au 17 juin le 25e Salon international de la Défense et de la Sécurité. "Lieu incontournable pour des lancements technologiques en première mondiale: plus de 450 systèmes et matériels nouveaux identifiés en 2014.Plus de 1500 matériels et systèmes d’armes réellement présents sur des surfaces intérieure et extérieure de 175.964 m². Des espaces de démonstrations dynamiques extérieures (véhicules blindés / pont motorisé/ combattant du futur/ vol de drones) et intérieures (vol de minidrones/ robots en actions/ simulation)".

Le public connaisseur se masse particulièrement autour des stands de Renault Trucks et du ministère de la Défense. On s'extasie devant le Sherpa Light Scout, un 4x4 blindé au pare-brise allongé et rectangulaire équipé d'une mirailleuse sur le toit. Très efficace pour mater les foules au Moyen-Orient et en Afrique.

C'est beau de voir en vrai tout ce qui permet de faire la guerre et de réprimer partout dans le monde ! Un seul regret: les exposants n'indiquent pas le nombre de personnes qui ont été "neutralisées" (des méchants naturellement) avec ces armes et ces engins...


Des manifestants repeignent des tanks en rouge au salon Eurosatory, « vitrine de la répression mondiale »
par Olivier Petitjean
Observatoire des multinationales - 14 jun 2016
http://multinationales.org/Des-manifestants-repeignent-des-tanks-en-rouge-au-salon-Eurosatory-vitrine-de


Des tanks repeints en rouge, couleur sang. C’est ainsi que quelques dizaines de militants ont salué, à leur manière, l’ouverture du salon international de l’armement Eurosatory, qui se tient à Villepinte du 13 au 17 juin. Avec ses centaines d’exposants venus des quatre coins de la planète, Eurosatory ne semble pas connaître beaucoup de tabous: ni régimes dictatoriaux, ni équipements de tortures. Le tout sur fond de boom du commerce des armes, notamment à destination du Moyen-Orient. Un secteur où la France est tout sauf exemplaire [Parce que, dans le secteur de l'armement, il y a des Etats "exemplaires" ?; ndc]

Avec plus de 1.500 exposants du monde entier, Eurosatory est l’un des plus importants salons internationaux de l’industrie de la défense et de la surveillance. Et aussi l’un des plus contestés et des plus contestables, si l’on examine la liste des exposants. Il se tient aujourd’hui dans un contexte de boom du commerce des armes au niveau mondial. Un boom qui profite notamment à la France (mais aussi à l’Allemagne) qui a vu ses ventes d’armes exploser en 2015. L’hexagone serait en passe de devenir n°2 mondial, derrière les États-Unis mais devant la Russie.

Une grande partie de ces armes sont exportées vers les pays du Moyen-Orient comme l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte ou les Émirats arabes unis. Aucun de ces régimes n’est particulièrement réputé pour son respect des droits de l’homme et de la démocratie, mais la diplomatie française a visiblement choisi de passer outre [Parce qu'il y aurait des armes compatibles avec "le respect des droits de l'homme" ?; ndc]. Et tant pis si certaines de ces armes sont utilisées dans le cadre du conflit au Yémen, où les belligérants sont accusés par l’ONU elle-même de crimes contre l’humanité. Les manifestants ont d’ailleurs choisi de repeindre en rouge le char Leclerc, produit de l’entreprise française Nexter, qui s’est illustré au cours de cette guerre.

Équipements de torture - À titre d’illustration de l’absence totale de garde-fous éthiques ou politiques qui semble régner dans l’industrie française de l’armement (publique et/ou privée), Amnesty international signale la présence au sein d’Eurosatory de nombreux stands de pays sous le coup d’embargos sur les armes, comme la Russie, la Chine ou la Biélorussie. Sont également à Villepinte des firmes françaises accusées par les Nations unies d’avoir violé l’embargo sur les exportations d’armes en Côte d’Ivoire: « ACMAT Defense, le groupe Marck et sa filiale Sofexi, Nobel Sport ou encore SAE Alsetex ».

Et bien entendu, des équipements de guerre extérieure aux moyens de répression intérieure, il n’y a souvent qu’un pas. C’est ainsi que les blindés vendus à l’Égypte par Renault Trucks auraient surtout été utilisés à l’intérieur de ses frontières. Une autre entreprise française tenant stand à Eurosatory, MagForce, y ferait même selon Amnesty la « promotion d’équipements de torture » - ce pourquoi elle a été bannie, il y a quelques années, d’un autre salon d’armement au Royaume-Uni. Les organisateurs d’Eurosatory ne semblent pas avoir autant de scrupules.

Amnesty rappelle aussi qu’Eurosatory n’est pas le seul salon français dédié à l’armement et à la répression. Il y a aussi le salon Euronaval, le salon du Bourget, ainsi que le salon Milipol, organisé en novembre dernier et qui se tiendra à nouveau fin 2017. Des firmes chinoises y avaient déjà exposé des équipements de torture théoriquement interdits en Europe. En pleine période de boom, l’industrie de l’armement et de la surveillance connaît-elle encore des tabous.


Eurosatory 2016: Les industriels de l’armement exposent près de Paris
par Olivier Fourt
RFI - 14 jun 2016
http://www.rfi.fr/france/20160614-eurosatory-2016-industriels-armement-exposent-paris-marchands-armes


Le salon de l'armement Eurosatory a ouvert ses portes au centre des expositions de Paris-Nord Villepinte. Dans un contexte troublé, lié au terrorisme et aux tensions en Europe centrale, les affaires des marchands d’armes se portent bien. Eurosatory est une vitrine convoitée par de nombreux industriels sur la planète. Les contrats, eux, se chiffrent en centaine de millions de dollars.

Etats-Unis, Russie, Serbie, Turquie, Suisse... Il suffit d'arpenter les allées du salon pour s'en convaincre, l'édition 2016 d'Eurosatory est une nouvelle fois très tournée vers l'international. Avec plus de 1.500 exposants, 33 pavillons nationaux, 57.000 visiteurs venus de 140 pays, ce salon met en relation l'offre et la demande comme s'il s'agissait d'un business ordinaire. Stands soignés, hôtesses polyglottes, animations en 3D, les budgets de défense explosent dans le monde et la demande en armement terrestre est forte. Même en Europe de l'Ouest, les budgets commencent à remonter. Du côté des fabricants, tout le monde vient vendre ses fusils, ses blindés, ses obus. « Tout le monde fabrique, tout le monde souhaiterait fabriquer. Qui ne fabrique pas, s'y met ! [...] Après, il faut voir quelle protection est garantie aux soldats en fonction des différents constructeurs », indique Stephano Chmielewski, le directeur du Groupement des industries françaises de l'armement terrestre, qui réunit près de 200 entreprises, et assure représenter 20.000 emplois directs et... autant d'emplois indirects.

L'Europe se renforceLe catalogue d'Eurosatory annonce, cette année, pas moins de 18 exposants rien que pour la Slovénie, un pays de 2 millions d'habitants ! En Europe, on compte une bonne quinzaine de constructeurs de chars et de blindés. Une industrie longtemps éclatée mais qui commence à « se consolider » avec le mariage « arrangé » l'an dernier entre le français Nexter et l'allemand Krauss Maffei Wegmann. « Ce qui se passe entre les deux entreprises est un bel exemple de coopération. La nouvelle entité, KNDS, est condamnée au succès, et je pense qu'ils ont tous les atouts pour se comprendre et s'intégrer pour constituer une société qui sera performante à l'exportation et sur le territoire européen, qui est leur terrain de chasse naturel ». Le ministre français Jean-Yves Le Drian évoquait pour sa part, lundi soir, « une société prometteuse ». Mais le nouveau géant du blindé en Europe va avancer pas à pas. Durant des années, il y aura certainement des activités redondantes. « Marier » l'entreprise publique Nexter à l'entreprise familiale KMW représente un pari sur l'avenir. Historiquement, la gouvernance des deux maisons n'a rien de commun. Chez Nexter, la CGT ne voulait pas de cette alliance. La CFDT reconnaît pour sa part qu'il va falloir se mettre au syndicalisme « à l'allemande ». Dans un communiqué, KNDS assure que l'alliance « constitue une opportunité exceptionnelle et permettra d'améliorer la compétitivité et la présence internationale des deux sociétés ».

Des armes pour l'Arabie saoudite - Pour l'heure, chez Nexter-KMW, le char « Leclerc rénové » et le Léopard 2 restent donc au catalogue, même si le tank français n'est plus en production. L'Arabie saoudite a montré de l'intérêt pour les deux chars lourds ! « Le royaume est en guerre au Yémen et l'Europe ne pense qu'à lui vendre des armes ! », s'indigne Aymeric Elluin, chargé de campagne « armes et impunités » à Amnesty International. Accréditation autour du cou, dossier sous le bras, il arpente les allées du salon et connaît aussi bien les modèles présentés que les industriels chargés d'en faire la promotion ! Il explique: « Il y a deux pays qui utilisent le char Leclerc: la France et les Emirats arabes unis, plusieurs centaine de Leclerc ont été livrés aux EAU, [...] les PDG de Nexter expliquaient récemment que ce char avait fait forte impression auprès des militaires de la région dans son engagement au Yémen [...]. Donc nous avons un soutien français vis à vis d'une coalition militaire qui bafoue ouvertement le droit international humanitaire en permanence, donc est-il plus important de fournir des emplois en France ou assurer le respect de la légalité internationale, car au Yémen ce sont les populations civiles qui sont les premières touchées, des millions de personnes qui sont en train de mourir ou de dépérir ». En 2015, la France a exporté pour plus de 15 milliards d'euros d'armement dans le monde, à 80 % dans la zone Proche et Moyen-Orient.

Les guerres, vitrines des marchands d'armes... - Sur le stand ACMAT-Renault Truck Defense, presque tous les blindés sont peints en camouflage couleur beige. Juste en face, le ministère français de la Défense a monté un décor de cinéma rappelant le milieu désertique avec sable et des buissons synthétiques. A l'entrée du stand trône le nouveau véhicule de forces spéciales françaises destiné au Sahel. Dans ses vidéos, le ministère affiche fièrement le label « combat proven », une cocarde bleu blanc rouge, décernée aux matériels ayant fait ses « preuves en opération ». « On ne va pas faire la guerre pour vendre du matériel ! L'opération Serval, puis Barkhane sont des conséquences, des nécessités pas des actions marketing ! Les produits qui ont été déployés démontrent que l'industrie française est capable de faire du matériel durable dans le temps, 40 ans parfois, [...] mais il y a eu aussi de l'intérêt, de la part d'un pays concurrent, qui a acquis du matériel d'origine française pour le céder ensuite dans le cadre de l'anti-terrorisme ». En clair, le patron du GICAT évoque l'achat par le Pentagone d'une soixantaine de blindés « bastion » fabriqués par Renault Truck Défense, livrés ensuite à des forces partenaires dont le Mali, via une société américaine. Ces blindés polyvalents ont également trouvé preneur au Burkina Faso. Un peu moins d'une centaine de véhicules aurait été commandée, selon nos informations. L'armée tchadienne avait pour sa part choisi le PATSAS-Bastion: un blindé de 10t qui avait fait son apparition en opération au début de Serval. Il est encore présenté cette année à Eurosatory hérissé de mitrailleuses de différents calibres. Un peu plus loin, c'est une délégation mauritanienne qui manipule le dernier né des fusils de la marque belge FN-Herstal. La lutte contre le terrorisme au Sahel alimente aussi un commerce lucratif.

La Russie en veilleuse - Habituée du Salon, la Russie a fait profil bas cette année. Pourtant, elle s'est livrée à une véritable démonstration en Syrie, particulièrement lors de la reconquête de la ville de Palmyre où des unités du génie, avec leurs véhicules blindés flambant neuf, sont entrés dans les ruines sous les caméras de télévision. L'agence d'armement russe Rosoboronextport propose toutefois son T90C, déjà vendu en Algérie ces dernières années. Amnesty dénonce cette présence: « On ne fait pas des sanctions pour ensuite autoriser la promotion de matériel de guerre sur un salon international, au titre de relations stratégiques, ou amicales, pour ne pas se froisser avec un pays ». Ce à quoi le général Duquesne, délégué général adjoint du GICAT, répond: « Ces entreprises sont dans le respect des règles, à savoir qu'elles ne peuvent pas exposer de matériels, elles peuvent présenter leurs solutions, des brochures ou des maquettes, mais pas de matériel de guerre, au titre des sanctions internationales approuvées par la France ». A y regarder de plus près, on trouve en fait beaucoup de matériels d'origine russe sur le salon, mais il s'agit surtout d'anciennes armes soviétiques de Type AK 47 ou RPG, dont la construction se poursuit dans les ex-pays de l'Est.


Armement: Quels sont les pays africains en vue au salon Eurosatory ?
par Laurent De Saint Perier 
Jeune Afrique - 14 jun 2016
http://www.jeuneafrique.com/333456/politique/armement-pays-africains-vue-salon-eurostatory/


Le ministre de la Défense français a reçu lundi 13 juin à l'hôtel de Brienne les représentants de plusieurs gouvernements venus passer commande d'armements (...). Parmi les États africains les plus en vue se trouvaient l'Égypte et la Côte d'Ivoire.
 
Déclinant des palettes de verts et de bleus, à liserés rouges, blancs ou dorés, festonnés de fourragères et piqués de décorations, des bouquets d’uniformes  de toutes les nations ont égayé, ce 13 juin, la pelouse de l’hôtel de Brienne, siège aristocratique du ministère français de la Défense. Pour la deuxième fois, son locataire Jean-Yves Le Drian y donnait un cocktail à l’occasion de l’ouverture du salon Eurosatory, le premier au monde dans le domaine de l’armement terrestre et aéro-terrestre, qui accueille cette année, du 13 au 17 juin dans le nord de Paris, 57.000 visiteurs de plus de 130 pays différents.

« Cette 13ème édition est particulière. Elle s’inscrit, nous en avons tous conscience, dans un contexte sécuritaire de grande tension, sur notre territoire national comme dans différentes régions du monde où nos forces sont engagées, dans un contexte de militarisation de la menace terroriste et d’intensification de cette menace », souligne d’emblée Jean-Yves Le Drian qui, en palabres confidentiels avec des homologues et potentiels clients, a fait patienter ses hôtes plus d’une heure. Un contexte qui semble profiter à la France, même si le ministre attribue le succès de ses exportations à l’excellence industrielle et à la qualité de l’offre hexagonale: « l’année 2015 a connu près de 17 milliards d’euros de commande, plus de 2 fois le chiffre de 2014 qui lui-même était un record historique ». Une explosion des ventes en-deçà même de celle du marché de l’armement, les exportations françaises ayant vu leur part mondiale reculer de 9,8 %  entre les périodes 2006-2010 et 2011-2015, selon l’étude sectorielle publiée en février par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

En guerre déclarée contre le terrorisme sur son propre sol, l’Égypte a été un client très apprécié en 2015 pour avoir acquis 24 Rafales, 2 portes-hélicoptères Mistral et une Frégate européenne multimission (FREMM). Une demi-douzaine d’uniformes frappés de l’aigle de la République arabe d’Égypte entoure un vice-ministre de la Défense qui a fait le déplacement du Caire: de nouvelles emplettes en vue ? Peu disert, un officier français qui les accompagne n’évoque que l’entretien des excellentes relations bilatérales. (...)

Autre gros client de la France et guerroyeur au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite semble mécontenter deux industriels qui pestent sur d’insolubles retards de paiements et c’est sans doute pour tenter de trouver le moyen de palier la décision prise en février par Riyad de ne pas livrer à Beyrouth pour 3 milliards de dollars d’armes françaises achetées pour l’armée libanaise que deux généraux aux écussons frappés du cèdre assaillent le ministre français à sa descente de l’estrade.

Plus réjoui, le ministre ivoirien de la Défense parade entre gradés et vendeurs d’armes: fin avril, les Nations unies ont levé l’embargo qui touchait le pays depuis 12 ans. Son gouvernement vient-il faire son grand marché ? « Nous venons plutôt prendre des contacts avec les industriels, tempère un conseiller. Le ministre aujourd’hui s’est notamment arrêté au stand de Nexter pour s’intéresser au blindé rapide et multirôle Titus. C’est le type d’engin dont nous avons besoin pour lutter contre la menace terroriste, celle de Boko Haram au sud mais aussi celle d’Al Qaïda qui progresse au nord, comme nous devons opposer à la piraterie maritime du Golfe de Guinée des petits vedettes plutôt que de gros patrouilleurs ».

La nature des menaces sur le continent lui dicte en effet d’importer davantage d’armes légères que d’équipements lourds et sophistiqués, au regret d’un responsable des études économiques du GICAT, le groupement d’industriels français qui organise Eurosatory, soulignant que la meilleure valeur ajoutée de la France vient de ses armes de pointe, avions, navires ou systèmes complexes de surveillance.

Avec l’Égypte, le Maroc est un des rares clients africains pour ce type d’armement, comme les deux satellites espions Pléiades vendus à Rabat par Thales et Airbus en 2013. Le royaume chérifien était d’ailleurs le premier client de la France sur la période 2011-2015, absorbant 16 % de ses exportations alors qu’il est engagé dans une course à l’armement avec son voisin algérien. Ce dernier a davantage le goût des armes russes: « les Algériens ont encore l’histoire en travers de la gorge, ils considèrent qu’on leur doit tout et qu’on doit tout leur donner. Mais on n’est pas là pour faire des cadeaux ! », commente un officier français de l’armée de terre, sirotant une flûte de champagne sous les regards de pierre de Flore et Zéphyr qui s’ébattent au fronton du palais républicain, loin des théâtres où s’exprime le génie français des armes.


La France profite pleinement de la croissance du marché mondial de l’armement
par Laurent Lagneau
Zone militaire - 14 jun 2016
http://www.opex360.com/2016/06/13/la-france-profite-pleinement-de-la-croissance-du-marche-mondial-de-larmement/


En 2015, la France a battu un record en terme de prises de commandes sur le marché de l’armement. Selon le rapport sur les exportations d’équipements militaires remis au Parlement au début du mois, il est question d’un montant supérieur à 16 milliards d’euros. Dans le même temps, d’après une étude de l’institut britannique IHS Jane’s, le marché mondial de l’armement a connu une « année record » en 2015, avec un montant total de 65 milliards de dollars, soit une hausse de 6,6 milliards sur un an. Jamais une telle croissance n’avait été observée jusqu’à présent. L’instabilité au Moyen-Orient, la hausse des budgets militaires en Europe et les tensions en mer de Chine méridionale expliquent en partie cette évolution. Évolution qui profite donc à l’industrie française de l’armement, qui « est même « de loin la grande gagnante à l’heure actuelle », estime IHS Jane’s.

Si les exportations américaines d’équipements militaires restent solidement ancrées à la première place (elles ont même progressé de 10 %), la France tire son épingle du jeu et pourrait même se hisser sur la 2ème marche du « podium ». « En 4ème position parmi les poids lourds du secteur, Paris a doublé son carnet de commandes à l’exportation, qui est passé de 36 à 55 milliards de dollars entre 2014 et 2015, explique IHS Jane’s. Du coup, la France va doubler la Russie et l’Allemagne « pour devenir le 2ème plus grand exportateur mondial d’équipements de défense » à partir de 2018.

« La France a relancé son industrie de défense et bénéficié de ventes régulières plusieurs années consécutives », a souligné Ben Rhodes, analyste senior à IHS Jane’s, qui explique que l’industrie française a su profiter de « l’effacement relatif » des États-Unis au Moyen-Orient, région qui totalise 21,6 milliards de dollars d’importations d’équipements militaires. Et pour cause: « La valeur combinée des importations de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis dépasse celles de toute l’Europe de l’Ouest réunies », a-t-il fait valoir.

Qui plus est, cette tendance risque fort de s’affirmer dans les années qui viennent, ne serait-ce déjà avec le contrat concernant les 12 futurs sous-marins australiens, remporté par DCNS avec son Shortfin Barracuda. En outre, la vente de 36 Rafale à l’Inde finira bien par aboutir, de même que celle de 60 appareils aux Émirats arabes unis. Et cela d’autant plus qu’IHS Jane’s estime que le marché de l’armement devrait encore progresser pour atteindre les 69 milliards de dollars.


Les deux Grands modernisent leurs armes nucléaires
par Bernard Bridel
AFP, La Tribune de Genève - 14 jun 2016 
http://www.tdg.ch/monde/deux-grands-modernisent-armes-nucleaires/story/11220984

(...) Depuis le pic de 70.000 têtes nucléaires enregistré au milieu des années 80, le nombre d’armes atomiques continue de baisser année après année dans le monde pour s’établir aujourd’hui à quelque 15.400, réparties entre 9 pays (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord). Selon le SIPRI, ce déclin est dû avant tout aux réductions effectuées dans leurs arsenaux par la Russie et les Etats-Unis – qui détiennent à eux deux près de 93 % des armées nucléaires dans le monde – à la suite de trois traités signés par les deux superpuissances depuis 1991. Cependant, « le rythme des réductions semble ralentir par rapport à il y a une décennie et ni la Russie ni les États-Unis (…) n’ont réalisé de réduction significative dans leurs forces stratégiques depuis (…) le nouvel accord START » sur le désarmement entré en vigueur en 2011.

Mais surtout, déplore le SIPRI, alors qu’ils ont ralenti le rythme de leur désescalade, Russes et Américains ont lancé d’importants programmes de modernisation de leurs arsenaux nucléaires. C’est ainsi que Washington s’apprête à dépenser 1.000 milliards de dollars ces 30 prochaines années pour moderniser ses armes atomiques. « Un contraste frappant avec la promesse du président Obama de réduire le nombre d’armes nucléaires et leur rôle dans la stratégie américaine de sécurité nationale », affirme Hans Kristensen, coauteur du rapport.

Pire, selon certains politiciens américains comme la sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, la modernisation des bombes du type H B61 les rendrait plus précises et donc « plus utilisables ». Un véritable tournant dans la stratégie nucléaire qui a toujours été orientée vers la dissuasion et non l’utilisation de l’arme ultime. Enfin, relève le SIPRI, les autres puissances nucléaires (Chine en tête) ont toutes commencé à déployer de nouveaux systèmes de vecteurs d’armes nucléaires ou annoncé leur intention de le faire. Bref, « en dépit de la réduction continue du nombre d’armes, les perspectives de progrès réel vers le désarmement nucléaire demeurent sombres » conclut Shannon Kile, l’un des auteurs du rapport.


EDIT (19 juin 2016)


Les champs de bataille vont se robotiser
AFP, La Tribune de Genève - 15 jun 2016
http://www.tdg.ch/monde/champs-bataille-robotiser/story/31488568


Drone personnel de reconnaissance, missile « intelligent », robot logistique: le champ de bataille se numérise à vitesse grand V, combattants et blindés opérant de plus en plus en réseau. Ces nouvelles technologies, qui bousculent l'art de la guerre, sont au coeur du Salon international de Sécurité et de Défense Eurosatory organisé à Villepinte, près de Paris. Star du salon, le nano, micro ou minidrone offre désormais toute une palette d'assistance au sol avec une obsession, réduire au maximum le risque létal pour le combattant.

Les armées disposent déjà depuis plusieurs décennies de drones tactiques, sorte d'avions sans pilote dédiés au renseignement militaire, et pour certaines d'entre elles comme l'US Air Force de drones de combat. Elles cherchent toutes à se doter désormais de petits « compagnons » ailés plus légers et maniables, qui aident le soldat à évoluer dans son environnement immédiat.

« Le microdrone (jusqu'à 2 kg) c'est la jumelle déportée. Votre vision est déportée 2 km devant », explique le général Charles Beaudoin, directeur de la Section technique de l'armée de Terre française (STAT). Sur des théâtres où la mine est souvent l'ennemi n°1, comme au Mali, ce type d'appareil, qui vole 1 à 3 km avec une autonomie de 15 à 20 mn, permet de repérer des mouvements suspects d'individus et de déceler l'état de la piste en amont. « Si la terre a été remuée, on peut penser qu'un explosif est enterré. C'est vraiment le robot éclaireur du combattant (...) Il faut voir l'ennemi avant qu'il nous voie pour défaire une embuscade », résume le général Beaudoin, qui espère en équiper prochainement l'armée française. « L'idée c'est que chaque section d'infanterie, chaque peloton de cavalerie, une entité de 20 à 40 hommes, ait plusieurs drones. On offre des drones aux gamins à Noël, nos jeunes sont aussi mûrs pour cela », note-t-il.

Miniaturisé à l'extrême, le nanodrone norvégien Black Hornet, semblable à une grosse libellule avec un poids d'à peine 18 g, tient dans la paume de la main. « On le met en vol en moins de 2 mn. Vous ne le voyez pas, vous ne l'entendez pas », constate un officier français. Il peut donc s'approcher extrêmement près d'une cible sans être détecté.

Dans un registre ultranumérique digne du jeu vidéo, l'armée de Terre française aura bientôt aussi sa propre référence, le système Scorpion, centré sur la mise en réseau des équipements et des hommes. « Dans ce "combat collaboratif", tous les véhicules et tous les échelons partagent leurs informations et agissent comme une seule entité », relève le Directeur général de l'armement, Laurent Collet-Billon. Lorsqu'un blindé sera désigné laser, l'alerte sera ainsi donnée à tous les véhicules en réseau et le système de combat proposera immédiatement des orientations de tourelle et de tir en direction de l'ennemi. Ce Système d'information du combat Scorpion (SICS), dont une première version sera livrée en 2017, reliera les futurs véhicules de l'armée de Terre française, le Griffon (transport de troupes) - dont une maquette a été présentée au salon - et le Jaguar (engin de reconnaissance et de combat).

En 2017, l'armée française recevra aussi ses premiers missiles antichar MPP (Missiles de Moyenne Portée), successeurs du Milan, qui seront équipés d'une caméra visualisant leur trajectoire jusqu'à la cible. « Le tireur aura un retour image jusqu'au bout de la manoeuvre. Il pourra rediriger le missile en cas de risque collatéral », assure l'amiral Xavier Paitard, conseiller auprès du missilier MBDA.

Longtemps synonymes de science-fiction, les robots trouvent aussi de plus en plus d'applications dans le domaine militaire. Précurseurs, les Israéliens ont mis au point toute une gamme de véhicules sans pilote (blindés, bulldozers, camions) capables de manoeuvrer sur le champ de bataille, neutraliser des engins explosifs ou transporter du matériel. Innovation française, le robot sur roues tous terrains « Baudet » propose quant à lui de transporter tout le barda du soldat en le suivant à la trace, grâce à un système de mémorisation de la forme des jambes.


EDIT ( 14 décembre 2016)


Les budgets militaires repartent à la hausse, partout dans le monde
BFM Business - 13 dec 2016
http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/les-budgets-militaires-repartent-a-la-hausse-partout-dans-le-monde-1070116.html


Après un ralentissement en 2015, les dépenses mondiales de défense sont reparties à la hausse en 2016 dans le monde. Cette année, elles devraient atteindre le chiffre faramineux de 1.570 milliards de dollars, "déclenchant une décennie de dépenses mondiales de défense élevées", selon le rapport annuel Jane's Defense Budgets, publié par le cabinet IHS Markit, qui analyse les budgets militaires de 105 pays, totalisant 99 % de la dépense mondiale. L'analyse par pays révèle des tendances lourdes marquées par la géographie des risques militaires possibles et la montée en puissance de l'Asie dans ce domaine, comme sur le plan économique.

- Les États-Unis restent, et de loin, la 1ère puissance militaire mondiale. Ils dominent le monde, avec 622 Mds $ consacrés à leurs forces armées, soit 40 % des dépenses militaires mondiales. "Depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis ont dépensé plus de 9.350 Mds $ pour leur défense", relève le cabinet IHS Markit.
- La Chine reste la puissance militaire montante de l'Asie. Elle conserve sa 2e place (sauf si l'on considère l'UE comme un ensemble) avec 191,8 Mds $ de dépenses en 2016. Son budget de la défense devrait quasiment avoir doublé sur la décennie en cours, passant de 123 Mds $ en 2010 à 233 Mds $ en 2020. D'ici 2020, le budget de la défense de la Chine sera environ 4 fois plus élevé que celui du Royaume-Uni. Il dépassera même la somme que les 28 pays de l'UE (en incluant le Royaume-Uni) y consacreront à la fin de la décennie. [Les chiffres officiels fournis par Pékin sont probablement sous estimés; ndc]
- L'Inde entre pour la première fois dans le top 5 des puissances dépensant le plus pour leur défense, surpassant, avec le 4e budget mondial, la Russie et l'Arabie Saoudite. L'Inde deviendrait, selon IHS Market, le 3e plus grand budget de la défense à l'échelle mondiale en 2018, dépassant alors l'ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni. "L'Inde a besoin de nouveaux équipements pour réaliser son effort de modernisation. Au cours des trois prochaines années, l'Inde redeviendra un marché clé pour les fournisseurs de défense" expliquent les spécialistes d'IHS Markit. La récente signature du contrat de vente de 36 avions Rafale à l'Inde, confirme cette analyse.
- Les 28 pays de l'UE totalisent 219 Mds $ de dépenses militaires, soit un peu plus d'1/3 du budget américain (622 Mds $), et plus que celui de la Chine (191,8 Mds $). Le Royaume-Uni (3e, 53,8 Mds $), la France (7e, 44,3 Mds $) et l'Allemagne (9e, 35,8 Mds $) gardent leurs places respectives dans le classement. "Le budget militaire de la Chine va doubler celui de l'UE d'ici 2020, avec une projection à 232 Mds $ pour la Chine et 230,4 Mds $ pour l'UE à cette date" (cette projection pour 2020 inclut le budget britannique dans celui de l'UE, malgré le Brexit qui se profile). Les pays baltes, qui craignent les visées expansionnistes de leur puissant voisin russe depuis l'annexion de la Crimée, affichent la plus forte augmentation de leurs dépenses militaires. Alors que le budget militaire combiné de cette région était de 930 millions de dollars en 2005, il est passé à 1,45 milliard en 2016 et sera de 2,1 milliards en 2020.
- Pour la Russie, le budget militaire de 2016 a été marqué par la première réduction des dépenses de défense observée depuis la fin des années 1990. Cette année la Russie est ainsi tombée au 6e rang mondial. "Nous nous attendons à ce que le budget de la défense russe baisse à nouveau l'an prochain et il se situera sous celui la France en 7e position d'ici 2020, sur la base des plans actuels, avec un budget total de défense de 41,4 Mds $" expliquent les analystes d'IHS Markit.
[Le Top10: USA, Chine, Royaume-Uni, Inde, Arabie saoudite, Russie, France, Japon, Allemagne, Corée du sud].


EDIT (23 décembre 2016)


Poutine et Trump veulent renforcer les arsenaux nucléaires de leurs pays
AFP, France24 - 22 dec 2016
http://www.france24.com/fr/20161222-poutine-trump-armes-nucleaires-etats-unis-russie-twitter


Le président russe Vladimir Poutine et le président élu américain Donald Trump ont indiqué, jeudi, que leurs pays devaient renforcer leur arsenaux nucléaires respectifs. Tour à tour, le président russe Vladimir Poutine et le président élu américain Donald Trump se sont exprimés, jeudi 22 décembre, sur les questions d’armement nucléaire, indiquant que leurs pays respectifs devaient renforcer leur arsenaux.

C’est le président russe qui a lancé la première salve, en ordonnant le renforcement en 2017 de la force de frappe nucléaire de son pays, afin de la rendre capable de percer tout bouclier antimissile en référence à celui que Washington entend déployer en Europe orientale. "Il faut renforcer le potentiel militaire des forces nucléaires stratégiques, avant tout à l'aide de systèmes de missiles capables de garantir le franchissement des systèmes de défense antimissile existants ou à venir", a déclaré le président russe lors d'une réunion avec l'ensemble des responsables des armées russes. "Il faut faire attention à n'importe quel changement dans l'équilibre des forces et de situation politico-militaire dans le monde et surtout aux frontières russes. Et corriger à temps nos plans pour éliminer les menaces potentielles contre notre pays", a ajouté Vladimir Poutine, cité par les agences russes. Le président russe avait accusé fin juin l'OTAN de vouloir entraîner son pays dans une course aux armements "frénétique" et de rompre "l'équilibre militaire" en vigueur en Europe depuis la chute de l'URSS.

Répondant implicitement au maître du Kremlin, le président élu des États-Unis a publié un simple tweet sur cette question hautement stratégique. "Les États-Unis doivent grandement renforcer et accroître leur capacité nucléaire tant que le monde n'aura pas retrouvé la raison dans le domaine des armes nucléaires", a-t-il écrit sur le réseau social, son moyen de communication favori. Ce bref commentaire tranche avec les positions exprimées par le président sortant Barack Obama qui, dans un discours prononcé en 2009, avait appelé à un monde sans armes nucléaires.

Donald Trump a rencontré en Floride, mercredi, un groupe de responsables militaires, dont le responsable du programme de missiles américain, le vice-amiral James Syring. Les discussions ont porté sur la possibilité de réduire les coûts de certains programmes de défense. Les États-Unis disposent actuellement d'un arsenal de 7.000 têtes nucléaires, juste derrière la Russie qui en possède quelques centaines de plus. Après la victoire du milliardaire à la présidentielle américaine en novembre, le président russe avait dit espérer un "dialogue constructif" et un "travail mutuel" avec Washington "pour sortir les relations entre la Russie et les États-Unis de leur situation critique". De son côté, Donald Trump a plusieurs fois loué les qualités de dirigeant de Vladimir Poutine et dit espérer avoir une "très bonne relation" avec lui.