Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· 37 - Lointains échos dictatures africain (402)
· 00 - Archivage des brèves (791)
· .[Ec1] Le capitalisme en soins intensifs (551)
· 40 - Planète / Sciences (389)
· 10 - M-O. Monde arabe (386)
· . Histoires et théories du passé (224)
· 20 - Japon, Fukushima (237)
· .[Ec2] Métaux, énergies, commerce (253)
· 24 - USA (311)
· 19 - Chine [+ Hong Kong, Taïwan] (322)

Statistiques

Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour : 14.02.2026
8744 articles


Rechercher

La Chine programme le déclin de sa demande de charbon

Publié le 03/01/2016 à 06:04 par monde-antigone


J'ai attendu un peu avant de créer cette page. Je n'ai aucune confiance dans la presse officielle chinoise, mais il semble bien que le mouvement de fermeture des mines soit amorcé et aille en s'accélérant. Beaucoup (les moins rentables) ont fermé avant le Nouvel an chinois, d'autres ont prévu de fermer après. La plupart se trouvent dans le nord-est, au nord, pas très loin de la frontière avec la Mongolie, et dans le Xinjiang (la région des Ouighours). Les mines fournissent beaucoup d'emplois. Il y a aussi beaucoup d'accidents, beaucoup dont la presse ne parle pas.


En Chine, le boom du charbon touche à sa fin et les mines en surcapacités mordent la poussière
AFP, Romandie news - 09 dec 2015
http://www.romandie.com/news/En-Chine-le-boom-du-charbon-touche-a-sa-fin-et-les-mines-en-surcapacites-mordent-/656967.rom


DAIFONG (Chine) - Le visage noirci, des milliers de mineurs émergent chaque jour des entrailles de la terre à Datong (nord de la Chine), mais après des années d'envolée, la demande chinoise de charbon – première source de pollution du pays – ralentit nettement, et le secteur est plombé par les surcapacités. Tongmei Group est emblématique des entreprises d'Etat chinoises – mastodontes à la gestion hasardeuse et à la rentabilité limitée, que Pékin s'efforce de réformer. A Datong, ville de 3 millions d'habitants dans l'aride province du Shanxi, Tongmei reste le poumon de l'économie locale, avec 200.000 employés (dont les familles totalisent un million de personnes), de vastes parcs de logements et même des hôpitaux qu'il administre.

Le charbon, dont la Chine est le 1er consommateur mondial, reste l'indispensable carburant de la croissance économique du pays, fournissant quelque 70 % de sa production électrique. La consommation du pays a doublé sur la décennie 2004-2014, jusqu'à dépasser 4 milliards de tonnes par an. Le coût est lourd: une explosion des gaz à effet de serre et une pollution atmosphérique endémique, dont l'épisode d'airpocalypse en cours à Pékin fournit une saisissante illustration. Mais cet âge d'or du charbon pourrait toucher à sa fin, avec le net ralentissement de la croissance économique chinoise, au plus bas depuis un quart de siècle. Le volume de charbon que brûle la Chine ne progresse plus qu'au ralenti, et les cours dégringolent à des niveaux plus vus depuis une décennie.

Si Pékin a approuvé cette année la construction d'au moins 150 nouvelles centrales à charbon, celles-ci pourraient rester partiellement inemployées et contribuer à gonfler une bulle de production d'électricité, avertit l'ONG Greenpeace. Pris en étau, le groupe Tongmei se voit contraint de raboter les salaires et d'accroître son offre – la mine opère 24h/jour, avec une capacité maximale de production de 6.000 tonnes/heure. "Si nous ne produisons pas davantage, nous ne pourrons plus continuer à opérer et à payer les employés", soupire un responsable, Liu Congying. "Ce n'est clairement pas une stratégie durable".

Très dépendant du charbon, le Shanxi (40 millions d'habitants) a vu son PIB n'augmenter que de 2,8 % cette année, très en-dessous de la croissance nationale. "Il nous faut préserver la stabilité sociale", insiste M. Liu, qui descendait dans les mines dans les années 1960. Mais son groupe en a-t-il encore les moyens. "Il est probablement à court d'argent", avertissait Zhang Zhibin, analyste du secteur. Un conglomérat minier du Heilongjiang (nord-est) avait fait sensation en septembre en annonçant le licenciement de... 100.000 personnes. Symptôme-choc d'un milieu sinistré.

Pour M. Zhang, la consommation chinoise de charbon a atteint un sommet et pourrait commencer à reculer durant les prochaines années: une aubaine pour limiter les émissions polluantes du pays (Pékin s'est engagé à stabiliser ses émissions de CO2 autour de 2030), mais un désastre pour les villes comme Datong. "Les faillites vont se multiplier", prévient-il. Le Premier ministre Li Keqiang a récemment appelé à diminuer les surcapacités des industries traditionnelles et le nombre des firmes-zombies, qui survivent grâce aux subsides publiques. Il visait, selon l'exégèse des médias d'Etat, le secteur minier et la sidérurgie. "Le secteur étatique est inefficace, mais il garde un rôle crucial dans le tissu social", tempérait Joe Zhang, consultant et ancien gestionnaire d'entreprise publique. Inquiet du chômage et du mécontentement populaire, Pékin pourrait maintenir son soutien financier.

Un mineur de 38 ans, M. Xu, accueille l'AFP dans son appartement de Datong, fourni par l'entreprise et équipé d'un aquarium, d'un téléviseur écran-plat et du chauffage central. "Nos logements sont bien meilleurs qu'auparavant", remarque-t-il. Témoin de la prospérité du secteur, son salaire a été multiplié par 10 entre la fin de la décennie 1990 et ces dernières années, pour atteindre jusqu'à 6.000 yuans mensuels (860 €). Mais cette année, sa rémunération a fondu de 15 %. Soucieux de diversification, les officiels du Shanxi entendent doper le tourisme et attirer des industries manufacturières. Tongmei Group, de son côté, se lance dans l'électricité et l'industrie chimique. Mais M. Xu a du mal à imaginer sa ville en centre touristique ou en havre du secteur des services. Qui pourrions-nous servir ? Si des dizaines de milliers d'entre nous fondent leurs sociétés, quels clients achèteront nos produits', s'interroge-t-il. Nous n'avons rien ici. Juste le charbon.


La Chine accélérera les fusions de mines de charbon
XinHua - 14 dec 2015
http://french.peopledaily.com.cn/Economie/n/2015/1214/c31355-8989815.html


La Chine accélérera la fermeture et les fusions de petites mines de charbon, afin de réduire la pollution et d'améliorer l'efficacité énergétique, a déclaré, samedi [12 décembre], Lian Weiliang, directeur adjoint de la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR). Il a indiqué que les petites mines de charbon étaient dangereuses et que les ressources ne pouvaient être utilisées de manière satisfaisante.

La Chine compte plus de 7.000 mines de charbon dont la capacité de production annuelle est inférieure à 300.000 tonnes chacune. Leur nombre excessif a conduit à une concurrence déstabilisante, a indiqué M. Lian lors d'une foire nationale du charbon. Il a appelé les provinces productrices de charbon à examiner les mines sans permis, à fermer les sites non-conformes aux standards, et à limiter la production de charbon de qualité inférieure, accusée d'être une source de pollution de l'air en Chine.


La Chine prête à réduire davantage sa production de charbon
[China set to cut more coal production]
par Fergus Ryan
China spectator - 08 mai 2015
http://www.businessspectator.com.au/news/2015/5/8/china/china-set-cut-more-coal-production


La Chine a planifié la fermeture de 1.254 mines de charbon dans le but d'éliminer 77,79 millions de tonnes de capacité de production obsolètes en 2015, continuant de supprimer ses industries le plus polluantes. Le mouvement vise à promouvoir l'utilisation des énergies renouvelables et de freiner l'expansion de l'industrie charbonnière, selon un communiqué conjoint publié par l'Administration nationale de l'énergie et l’Administration de la Sûreté des mines de charbon. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a indiqué que Pékin avait l'intention d'aller de l'avant en proposant de réduire la croissance de la consommation du charbon dans les "secteurs clés". La production de charbon en Chine a diminué de 2,5 % l'année dernière, la première baisse en 14 ans, tandis que la consommation de charbon a chuté de 2,9 %, selon l'association de l'industrie du charbon du pays. En mars, l'Association de l'industrie de charbon de Chine estimait que 90 % des mines de charbon du pays enregistraient des pertes sur la base de données officielles et indiquait que les marges de profit pour l'industrie étaient tombées à un plus bas de 10 ans.


L'AIE prédit la fin de l'âge d'or du charbon en Chine
Reuters - 18 dec 2015
http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN0U10XT20151218


SINGAPOUR - La demande de charbon en Chine, 1er consommateur mondial, va ralentir au cours des 5 prochaines années du fait de son changement de modèle économique, ouvrant la voie à une baisse de la demande mondiale de cette énergie fossile malgré la montée en puissance de l'Inde, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Dans un rapport sur ses perspectives à moyen terme jusqu'en 2020 publié vendredi, l'AIE estime que "l'âge d'or du charbon en Chine semble terminé" en raison de la stagnation du secteur du BTP et des travaux d'infrastructure, et des efforts déployés par les autorités pour promouvoir des industries moins gourmandes en énergie, dans un contexte de lutte contre la pollution.

L'AIE prévoit que la demande chinoise en charbon passera de 2.843 millions de tonnes équivalent charbon (tec) en 2014 à 2.640 millions en 2020 selon un scénario "probable" envisageant un pic de la demande en Chine. En conséquence, la demande mondiale baisserait de 5.540 millions de tec en 2014 à 5.509 millions en 2020 (un scénario moins baissier table toutefois sur une hausse de la demande de 0,8 % par an, et une demande à 5.814 millions de tec en 2020). Cette diminution serait également le fruit, selon l'AIE, de politiques économiques plus axées sur l'environnement et de l'usage accru du renouvelable dans les pays développés.

Le directeur exécutif de l'AIE Fatih Birol, qui a présenté vendredi ce rapport à Singapour, a jugé que les investissements dans des projets fortement gourmands en énergies carbonées seraient plus risqués après l'accord de Paris sur le climat. "Les investisseurs sont libres de faire ce qu'ils veulent, mais j'imagine une pression plus forte sur les investissements de ce type dans les années à venir", a-t-il dit. "Les énergies renouvelables sont plus en plus répandues. Avec la baisse du coût des renouvelables et un solide soutien des Etats, elles deviennent l'option privilégiée par de nombreux investisseurs". L'AIE prévoit également que l'Inde deviendra d'ici 2020 le 2e pays consommateur de charbon derrière la Chine, au lieu des Etats-Unis, et que l'Asie du Sud-Est sera également une région à forte demande. Aux Etats-Unis, prédit l'AIE, la consommation chutera de 75 % d'ici 2020 grâce à l'exploitation du gaz de schiste.