Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
18.01.2026
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L'année 2015 a été l'année la plus chaude sur la planète depuis que l'on relève les températures, avec des records battus 10 fois sur 12. C'est d'après moi l'un des événements majeurs de l'année. L'accélération du phénomène est très inquiétante. Démonstration dans l'Arctique.
Vers un Arctique sans glace
Entretien avec Bruno Tremblay, professeur au Département des sciences atmosphériques et océaniques à l’Université McGill.
Propos recueillis par Jean-Frédéric Légaré-Tremblay
Le Devoir - 02 dec 2015
http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/456736/climat-vers-un-arctique-sans-glace
Peu de régions dans le monde subissent autant les effets des changements climatiques que l’Arctique. La glace fond à vitesse grand V. Où en est la fonte des glaces dans l’Arctique ? Et quelle est la tendance ?
Le signal le plus clair sur la perte de glace est donné en septembre, à la fin de la période de fonte. Et selon les dernières données prises à cette période, la glace perd chaque décennie 12 % de la surface qu’elle couvre. Le phénomène s’accélère, puisque la fonte des glaces ne faisait reculer cette superficie que de 6 % dans la décennie suivant 1979, année où l’on a commencé à prendre des mesures quotidiennes par satellite — auparavant, les données étaient récoltées de façon plus impressionniste. Les années 2002, 2005, 2007 et 2012 ont connu des fontes records. En 2012, la superficie glacée a reculé de 50 % depuis la moyenne des années 1980. Et le volume a quant à lui fondu de 75 %. C’est donc dire que la glace perd plus rapidement de l’épaisseur que de la superficie: au terme de la fonte annuelle, les glaces peuvent récupérer une partie de la superficie perdue, mais pas de leur épaisseur.
Selon les modèles climatiques utilisés — qui sont conservateurs —, l’Arctique sera entièrement libre de glace en été d’ici 2030 à 2060. Déjà, le passage qui longe le continent eurasien sur son flanc nord-est est devenu libre de glace en 2005. C’est aussi le cas en Sibérie. Le passage du Nord-Ouest, dans l’archipel arctique canadien, est régulièrement libre de glace depuis 2007. Il faut souligner que c’est au Canada, dans le nord de l’archipel, que se trouvent les glaces marines les plus épaisses de l’Arctique. En hiver, alors qu’elles ne dépassent pas 1 m du côté eurasiatique, elles atteignent 6 à 7 m dans cette zone canadienne.
Que font le Canada, la Russie et les autres pays nordiques de cette situation ?
Le WWF parraine le projet The Last Ice Area, au nord de l’archipel arctique canadien et groenlandais. Ce pourrait être le dernier refuge de glaces. Le projet, mené en association avec les communautés inuites et les gouvernements canadien et groenlandais, vise à préserver ce sanctuaire pour la faune polaire. Mais on voudrait que les gouvernements s’engagent fermement en ce sens.
Le Canada, la Russie et les États-Unis voient davantage en la fonte des glaces en Arctique une occasion de développement économique qu’un enjeu environnemental. Cette zone regorge en effet de ressources naturelles: minerais, hydrocarbures, etc. Au Canada, le nouveau gouvernement libéral mettra peut-être un développement moins agressif que celui envisagé par les conservateurs en avant. Aux États-Unis, l’administration Obama irait aussi en ce sens, mais la majorité républicaine au Congrès l’en empêche. Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que les pays nordiques se sont beaucoup souciés de ce phénomène.
Quelles mesures sont ou pourraient être utilisées pour atténuer les effets du réchauffement sur l’Arctique ?
Des ingénieurs mettent deux techniques en avant: la séquestration du carbone et l’ensemencement de nuages. La première technique consiste à capter le CO2 dans l’atmosphère et à l’enfouir sous la forme solide du carbonate de calcium. La seconde repose sur l’envoi par fusée dans la stratosphère de sulfite, qui agit alors comme noyau de condensation pour les nuages. À cette hauteur, des nuages de glace se forment. Et contrairement aux nuages à basse altitude, qui créent un effet de serre, ceux-là ne retiennent pas la chaleur au sol tout en réfléchissant le soleil. Bref, ils font baisser la température. Mais ces techniques ambitieuses ne sont pas sans soulever des problèmes. Leur mise en application ne semble pas être pour tout de suite.
D’autres techniques sont mises en avant, mais semblent encore moins réalisables. On songe par exemple à conserver le pergélisol en injectant des produits réfrigérants dans le sol. Ça semble farfelu, mais certains y croient…
Mais sauver les glaces ne pourra véritablement se faire qu’en réduisant les émissions de GES. Si on réduit les émissions, les glaces reviendront. C’est directement proportionnel. L’atmosphère contient aujourd’hui 400 ppm de gaz carbonique. À l’ère préindustrielle, elle en contenait 280. Or à 350 ppm environ, nous serions en mesure de conserver les 3 à 4 millions de km² de glace qui existent en ce moment.
EDIT (31 décembre 2015)
Douceur anormale sur l'Arctique, plus de 0° au Pôle Nord
AFP, Yahoo! actualités - 30 dec 2015
https://fr.news.yahoo.com/douceur-anormale-larctique-0-degré-au-pôle-nord-214401777.html
MONTREAL - Le Pôle Nord était anormalement doux mercredi avec des températures comprises entre 0 et 2°C, supérieures d'au moins 20 degrés aux normales saisonnières, en raison d'une puissante et violente dépression qui affecte l'Atlantique Nord, selon les services météorologiques canadiens. Après avoir fait connaître à l'Est du Canada un Noël exceptionnellement chaud (15,9°C le 24 décembre à Montréal alors que les températures sont souvent proches de -10°C à cette période), cette dépression a gagné l'océan Atlantique nord. Elle est actuellement centrée sur l'Islande, y faisant chuter la pression de l'air à 928 hectopascals, et entraînant des vents de 140 km/h et des vagues de 15 m de haut.
"C'est une dépression extrêmement violente et extrêmement puissante, ce n'est donc pas surprenant que les températures chaudes soient poussées si au nord et que des vents violents touchent l'Angleterre où l'armée a été mobilisée face aux intempéries", a déclaré à l'AFP Natalie Hasell, météorologue au ministère canadien de l'Environnement. "Cette dépression profonde fait avancer de l'air chaud jusqu'au Pôle Nord, où les températures sont au moins supérieures de 20 degrés Celsius par rapport à la normale, se situant autour du point de congélation avec 0, 1 et 2 degrés", a ajouté cette spécialiste des épisodes climatiques extrêmes.
Des scientifiques américains du North Pole Environmental Observatory (NPEO) ont relevé que le mercure avait brusquement grimpé ces deux derniers jours, passant de - 37°C lundi, à - 8°C mercredi, sur une balise dans l'Arctique située à environ 300 km du Pôle Nord, a indiqué à l'AFP James Morison, chercheur au NPEO. L'Arctique est la région du globe la plus affectée par le réchauffement climatique, avec des températures dorénavant supérieures à 3°C minimum par rapport à l'ère pré-industrielle, selon les instituts internationaux.
EDIT (22 août 2018)
Une couche de l’Arctique réputée incassable est en train de se fissurer
par Clothilde Bru
Konbini - 22 aot 2018
https://news.konbini.com/news/couche-arctique-reputee-incassable-en-train-fissurer
Une nouvelle preuve du réchauffement climatique, pour le moins alarmante, vient de s’ajouter à une liste déjà longue. Ce mois-ci, une zone réputée incassable de l’Arctique s’est fissurée à deux reprises, pour la première fois de l’histoire, rapporte le quotidien britannique The Guardian. De nombreux experts comptaient sur cette partie, la plus ancienne et la plus solide de ce continent, pour supporter l’augmentation des températures à venir. Interrogée par le quotidien britannique, une chercheuse de l’Institut danois de météorologie, Ruth Mottram a expliqué: "Cette partie a souvent été surnommée 'la dernière zone de glace', on pensait que c’était la dernière mer gelée pérenne du monde".
Située au nord du Groenland, cette couche de l’Arctique a gagné sa réputation grâce à sa capacité à supporter les chaleurs estivales. Mais avec une température record de 17°C enregistrée au début du mois d’août, difficile de résister. C’est à cause de ce pic de chaleur qu’une faille, formée en février dernier, ce serait rouverte récemment. Selon Le Guardian, ce phénomène inédit est donc lié à des vents chauds et un phénomène de réchauffement climatique jusqu’à 2 fois plus important au pôle Nord que dans le reste du monde. De son côté, un chercheur de l’Institut norvégien de météorologie, Thomas Lavergne, s’est montré assez pessimiste sur l’avenir du continent: "Je ne peux pas dire combien de temps cette faille d’eau béante restera ouverte, mais même si elle venait à se refermer dans les jours qui viennent, le mal serait fait".
EDIT (5 septembre 2018)
La glace la plus épaisse se brise, une première
AFP, 20minutes - 05 sep 2018
https://www.20min.ch/ro/news/monde/story/La-glace-la-plus-epaisse-se-brise--une-premiere-15935706
La glace la plus épaisse de l'Arctique, au large de la côte nord du Groenland, s'est brisée cet été pour la première fois depuis le début des relevés. Cette région pourrait devenir plus rapidement libre de glace que l'on supposait jusqu'ici.Une fissure a été observée en juillet dans la banquise, laissant apparaître un large couloir de mer ouverte. Jusqu'ici, à cet endroit, la couche de glace comprimée par la gyre de Beaufort oscillait entre quatre et vingt mètres et était pratiquement impénétrable pour les brise-glace. «Depuis que j'ai commencé à étudier la banquise dans les années 1970, c'est la première fois que je vois cela», a indiqué à Keystone-ATS Konrad Steffen, directeur de l'Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL). (...)
En cause, le "jet stream" polaire, un courant d'air en forme de vagues enrobant l'hémisphère nord et qui a apporté de l'air chaud de l'Atlantique. «C'est pourquoi nous avons eu ces températures anormalement chaudes dans l'Arctique», ajoute le Pr Steffen. Comme l'eau absorbe davantage d'énergie solaire que la glace qui la réfléchit, la mer se réchauffe, ce qui contribue à accentuer la fonte. Des chercheurs de l'Université de Yale rapportaient récemment dans la revue Science Advances la présence de grosses quantités d'eau chaude dans le bassin du Canada.
Ce réservoir de chaleur est encore piégé sous la surface, mais s'il venait à se mélanger avec les eaux proches de la surface, cela suffirait à faire fondre complètement la banquise arctique, avertissait la responsable de l'étude Mary-Louise Timmermans. « Nous savions déjà qu'avec le changement climatique, l'Arctique serait tôt ou tard libre de glace en été. Il semble que cela se produira beaucoup plus rapidement que l'on pensait », commente Konrad Steffen. Jusqu'ici, il y avait la banquise permanente et la banquise annuelle, qui se reforme chaque année. Or déjà maintenant, il n'y a presque plus que de la banquise annuelle, souligne le professeur. (...)