Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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13.02.2026
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J'ai posté à la date du 27 juillet 2014 (en rubrique 34a) un topic intitulé "Un américain se proclame « roi du Soudan du nord »":
http://monde-antigone.centerblog.net/3512-
Un certain Jeremiah Heaton a établi ce royaume sur une petite portion de territoire coincé entre le Soudan et l'Egypte et qui n'est revendiquée par aucun de ces Etats. Il l'a fait pour faire plaisir à sa fille Emily parce qu'elle rêvait de devenir princesse ! Un vrai conte de fée ! L'histoire est assez niaise pour avoir intéressé les studios Disney qui vont en faire un film d'animation. Le Hollywood Reporter a révélé il y a quelques jours que le projet "Princess of North Soudan" était en cours d'écriture. On s'attend à ce que ce film soit une sorte de célébration du colonialisme. Tout le contraire du chef d'oeuvre de John Huston "L'homme qui voulait être roi".
En 2004, l'humoriste anglais Danny Wallace avait proclamé publiquement la souveraineté de son appartement ! Pour les besoins d'une émission de la BBC "How to Start Your Own Country", il l'avait appelé Kingdom of Lovely. Dans un registre approchant, la présipauté de Groland a rencontré un succès qui l'a érigée à la hauteur d'une institution. Il est difficile de se promener quelque part sans apercevoir à l'arrière d'une voiture le "GRD" de gros résidu dégénéré. La parodie, loin de porter un coup fatal à la vacuité d'une telle l'entreprise et à la prétention de devenir "quelqu'un", ne fait que souligner (jusqu'à les exalter) certains de ses aspects les plus ridicules. Finalement elle ne contribue qu'à conforter l'étalage de vanité qu'elle prétendait dénoncer après l'avoir dépoussiérée par une interprétation au second degré.
Pour qui en doutait encore, l'époque merveilleuse du pays d'Oz est révolue. L'époque actuelle permet aux royaumes imaginaires d'antan de ne plus le rester, et de prendre forme grâce aux attributs d'une existence juridique. L'histoire du "roi du Soudan du nord" n'est qu'un exemple parmi de nombreux autres de proclamations d'Etats qui ont vu jour ces derniers temps. Il ne se passe plus un trimestre sans que la presse ne signale ce qui devient peu à peu un phénomène de société. Citons le Liberland situé entre la Serbie et la Croatie, et plus récemment le royaume d'Enclava entre la Croatie et la Slovénie [Voir les brèves en bas du topic (2)].
La montée des particularismes, les replis identitaires dans un paradigme de crise, le degré de défiance que l'on enregistre envers les gouvernements en place, ou encore le succès d'un jeu de pouvoir comme Forge of Empires, sont quelques éléments qui me viennent à l'esprit qui peuvent expliquer la multiplication de ces singulières souverainetés autoproclamées: les micronations. Le phénomène a pris de la dimension depuis les années 70 et va en s'accélérant. Il existe aujourd'hui des centaines de micronations de par le monde, répertoriées ou pas, fondées pour toutes sortes motifs, le plus souvent assez extravagants.
Il s'agit bien là de "micronations" qu'il ne faut confondre ni avec les micro-Etats, ni avec les Etats non reconnus. La différence n'est pas que sémantique.
Les micro-Etats se définissent d'abord comme "micro" parce que de très petite superficie, de moins de 1.000 km² (pour donner un ordre de grandeur). Mais ce sont des Etats dont la souveraineté est reconnue par les autres Etats sans soulever d'opposition.
Il y en a de 2 sortes:
- les micro-Etats continentaux: ce sont pour la plupart des survivances des temps féodaux: Vatican (dernier vestige des Etats pontificaux), Monaco (principauté depuis le XIIIe siècle), Saint Marin (république depuis le XIIIe siècle), Liechtenstein (principauté depuis 1719), etc.
- les micro-Etats insulaires comme Nauru, Niue, Tuvalu, îles Cook, etc. On les découvrent au moment des défilés des délégations olympiques. Ils proviennent du démembrement des empires coloniaux. Entre les XVIIe et XIXe siècles, les navires britanniques, en sillonnant les mers du monde, ont planté l'Union Jack sur le moindre caillou qui émergeait de l'eau. Beaucoup sont aujourd'hui indépendants.
En tout, on dénombre une petite trentaine de tout petits Etats qui répondent à ces critères. Ayant très peu de ressources naturelles, beaucoup se sont reconvertis en paradis fiscaux.
Les Etats non reconnus, eux — qu'il faut distinguer des régions autonomes (Kurdistan, Punt, Ecosse, Etats d'un ensemble fédéral etc.) — sont des entités étatiques qui revendiquent leur indépendance, qui ont une existence de fait (gouvernement, appareil d'Etat), mais qui n'ont pas d'existence dans le droit international parce que l'intégralité du territoire qu'ils occupent fait l'objet d'une revendication ou d'un conflit armé avec un ou plusieurs Etats membres de l'ONU. Il y en a actuellement une quinzaine dans le monde: Abkhazie, Chypre du nord, Etat islamique, "Emirat" du Front al-Nosra en Syrie, Gouvernement Fajr Libya, Haut-Karabagh, Kosovo, Novorussie (ou Nouvelle Russie), Ossétie du sud, Palestine, République sahraouie, Somaliland, Taïwan (ou république de Chine), Transnistrie (ou république moldave du Dniestr). [La Corée du nord n'en fait pas partie bien qu'elle réunisse toutes ces conditions: elle est en état de guerre avec la Corée du sud, plusieurs autres pays ne la reconnaissent pas (USA, France, Japon...), et pourtant elle est membre de l'ONU. Va comprendre Charles !]
Les micronations, en revanche ne sont reconnus par aucun Etat souverain reconnu, bien qu'ils revendiquent ce statut en présentant des signes apparents de souveraineté: constitution, gouvernement, lois, drapeau, emblème, hymne national, monnaie, passeport, timbres, produits dérivés de toute nature, .. ou encore, depuis peu, un domaine dans le cyberespace. On dit que les passeports délivrés par le NSK, micronation regroupant des groupes d'artistes slovènes, auraient servi de sauf-conduits pendant le siège de Sarajevo dans les années 90 quand les lieux où ces artistes se produisaient étaient déclarés "territoires indépendants".
Au début, la plupart du temps, ça commence comme une plaisanterie. Un simple mètre carré de terrain (sur terre ou sous la mer) est parfois suffisant pour proclamer une indépendance et y attacher des prétentions. Au bout d'un moment, le projet se concrétise et la personne qui en est à l'origine finit par se prendre très au sérieux. Il s'autoproclame alors prince, grand-duc, roi, et même empereur ! Cette trajectoire est assez symptomatique des références réactionnaires auxquelles se rattachent ces roitelets d'opérette incapables d'imaginer le monde autrement que par l'entremise d'un titre de noblesse. Rares sont les "micronations" qui échappent à ce canevas. L'Etat de tutelle tolère l'hurluberlu tant qu'il ne lui porte pas préjudice; il en fait une attaction locale, un attrape-touristes.
A La Cure, un petit village à la frontière franco-suisse, un jeune contrebandier a profité du temps d'entrée en vigueur du traité de Dappes de 1862 pour faire construire à cheval sur le tracé de la frontière, sur le champ qui lui appartenait, un bâtiment abritant un magasin. Cette astuce lui a permis à l'époque de trafiquer "légalement". Le bâtiment aménagé en hôtel jouit encore aujourd'hui d'un statut légal d'extraterritorialité. Une aubaine dont s'est saisi un certain Arbez pour créer sa principauté d'Arbezie... et attirer une clientèle curieuse de dormir la tête en France et les pieds en Suisse.
Aujourd'hui n'importe quel prétexte est bon pour revendiquer une indépendance. Certains vont jusqu'à rechercher le moindre espace appelé "terra nullius", c'est-à-dire laissé vacant sur le cadastre planétaire. Par exemple, le royaume d'EnenKio revendique en Micronésie un atoll des îles Marshall sur lequel ne s'exerce aucune souveraineté. D'autres îlots inhabités du Pacifique laissés à l'écart de toute reconnaissance ont été de la même façon déclarés indépendants. En Antarctique, la Terre Marie Byrd qui s'étend sur 1.610.000 km² (!), est curieusement la plus grande région du monde à n'appartenir à aucun Etat, même si des opérations y sont conduites de temps en temps par l'institut de géophysique de l'Université du Texas. Comme le traité de 1959 sur l'Antarctique interdit toute nouvelle revendication par un pays, ce quartier de continent est revendiqué en tant qu'individu par Travis McHenry (au nom d'un Grand duché de Westarctica) tandis que 5 petites îles un peu au large (et qui ne sont pas concernées par le traité) sont revendiquées par un autre "Grand duché", Flandrensis.
Les fondateurs des micronations, pour la plupart, s'emploient à faire des recherches historiques en remontant très loin dans le passé, espérant exhumer une déclaration seigneuriale susceptible de servir à leur entreprise. Ils exploitent toute faille ou vice de procédure dans la rédaction d'un traité pour tenter de faire valoir un droit. Ainsi le village de Seborga à une vingtaine de kilomètres de Monaco prétend n'avoir jamais été italien parce que le fief aurait été une principauté ecclésiastique à l'époque carolingienne et que, bien plus tard, le roi de Sardaigne "oublia" d'acquitter le rachat de cette terre si bien que la transaction n'apparaît sur aucun traité. Un fleuriste fort en gueule s'est saisi de l'histoire dans les années 50-60 pour se faire appeler "Son Altesse Sérénissime" et se faire même attribuer une limousine de fonction ! Après sa mort, c'est un promoteur immobilier qui lui a succédé. Celui-ci projette aujourd'hui de faire du village l'égal de Monaco !
Pour la reconnaissance, ils adressent une demande en bonne et due forme à l'ONU, à la Cour de justice de La Haye, et ils attendent, ils attendent... En fait, non. Ils savent qu'aucune micronation n'aura jamais gain de cause. La reconnaissance de la presse est plus rapide. A défaut d'une reconnaissance institutionnelle, c'est le premier pas vers une renommée internationale... A l'origine de ces déclarations d'indépendance, il y a bien sûr la vanité, la mégalomanie, le dérangement psychiatrique, mais depuis quelques années, l'argent et le défi protestataire sont devenus plus courants.
L'argent quand une combine fait croire qu'il est possible d'échapper au fisc par une subtilité que la loi n'avait pas prévue. L'argent quand on fait croire à des gens crédules qu'on peut devenir citoyen d'un confetti en versant quelques milliers de dollars à la personne qui s'en prétend le propriétaire à travers un groupe privé.
Le défi protestataire est souvent une réaction de colère qui ferme la porte à toute forme d'arrangement. En Nouvelle Zélande il y a 25 ans, un village a trouvé dans cette manifestation le moyen de refuser l'implantation d'une fonderie. Mais ce sont souvent des fermiers, des propriétaires à forte personnalité qui utilisent dans les pays anglo-saxons l'arme de la sécession en réaction à un litige avec les autorités. Toutefois la dernière en date est venue d'un village du Latium...
Ecologistes, LGBT, anarchistes, ONG participent aussi à ce mouvement. Le mythe de la communauté libre s'y est réalisé à maintes reprises avec des fortunes diverses après mai-68, traversé par l'aspiration à se soustraire à l'emprise du système. Par exemple un royaume gay et lesbien des Îles de la mer de Corail a été créé en 2004 par un groupe de militants gay du Queensland pour protester contre une loi fédérale interdisant le mariage homosexuel. Toutefois l'expérience de Cristiana au Danemark reste sans doute la plus emblématique... Mais elle a fini par être rattrapée par des histoires d'argent, comme quoi, même en courant très vite, même en érigeant des murs de protection, on n'échappe pas au capitalisme [ http://monde-antigone.centerblog.net/148- ]. La république libre de Maddalena, fondée en 2011 dans le Val de Suse pour s'opposer à la ligne TGV Lyon-Turin, est la dernière d'une longue tradition de "communes libres" héritées de celle de Paris et de la Révolution française. Une fois que cette lutte prendra fin, la commune dépérira dans une sorte de folklore, comme celle de Montmartre.
Les articles qui suivent illustrent la diversité de ce phénomène à travers la même obsession d'un pouvoir incarné dans la nation et l'Etat. Chacun d'eux contient les ingrédients d'un bon scénario de cinéma. Ce sont des fables sur la connerie du pouvoir. Les micronations ne sont qu'une reproduction simplifiée, en modèle réduit, des éléments qui composent la communauté des nations, des symboles et protocoles dont elle s'entoure et qui lui confèrent cette stupide autorité. Il est vain d'imaginer le pouvoir exprimé autrement, sans lois, sans constitution, sans monnaie, sans costume d'apparat. A bas tous les drapeaux !
Top 15 des micro-nations, ces (tout) petits pays qui aimeraient être reconnus
Topito - 24 oct 2013
http://www.topito.com/top-micronation-reconaissance-internationale
Il y a déjà 197 états dans le Monde, ce n’est pas assez et voilà qu’on nous annonce qu’il y a des micro-nations ! Mais c’est quoi au juste une micro-nation ? C'est bien simple chers topiteurs c'est un état crée par une poignée de personne qui prétend à sa reconnaissance internationale, mais ne l’est pas. A la différence de certains peuples indépendantistes, ces entités tiennent de l’invention de passionnés, illuminés, et surtout plaisantins, qui plantent un drapeau sur le fronton de leur maison. Voyage en 15 étapes en territoires inconnus ou presque.
1. République de Molossia - Il était une fois un fermier du Nevada qui se nommait Kevin Baugh, et qui avait pour rêve d’enfant de créer son propre pays. Un jour il se leva et dit: « Hey, mais si je mettais un drapeau au-dessus de mon jardin en m’habillant en dictateur sud-américain ce serait pas trop la classe ? ». Depuis même ses voisins ont intégré Molossia, qui compte 27 habitants. La nation située dans le désert de l’Ouest américain déclare avoir une colonie sur Vénus du nom de Vesperia de 129.191.196.914,91 m² (pas mal quand même) et une île mexicaine. La République possède une Assemblée nationale, mais la loi martiale étant autorisée, le président à tous les droits. Le pays a été en guerre avec l’Allemagne de l’Est, rien que ça. Aujourd’hui Molossia est une véritable industrie touristique qui émet un tas de produits dérivés, monnaies, timbres, drapeaux.
2. Province de Bumbunga - Alex Brackstone est un immigrant britannique en Australie, ancien montreur de singes, prospecteur d'uranium et facteur, une chouette vie en perspective. Mais en 1975, quand la monarchie risque d’être abolie dans le pays des kangourous, Brackstone en fervent monarchiste, décide de fonder un petit état indépendant pour que Sa Majesté puisse encore avoir un contrôle en Océanie. La Province de Bumbunga est située au nord-est de la ville d’Adélaïde, son gouverneur autoproclamé veut y construire une carte gigantesque du Royaume-Uni en… fraisiers, et aussi délivrer des passeports, monnaies. Mais les autorités australiennes ne prennent pas à la rigolade cet illuminé et décident de limiter ses actions à quelques émissions de timbres. En 1999, il est arrêté pour détention illégale d’armes, il retourna alors dans son pays. Snif.
3. République libre du Frioul - En juillet 1997, entre deux pastis, Jean-Claude Mayo et quelques amis décidèrent de déclarer indépendante l’île sur laquelle ils habitent dans l’archipel marseillais du Frioul. Ayant pour motif : « dans notre société, on n'a jamais le droit de faire le con ». Un de ses amis fût nommé président à vie sous le nom très viril d’Egrégore le Virtuel, tandis que son humble fondateur préfère devenir premier ministre. La micro-nation s’éteint en 2000, puis renaît en 2012, adoptant une devise: « Pour l'art et l'insolence, sans insolation » s’accompagnant du trio star « Drapeau, Monnaie (le PAGA), Timbre » qui montre qu’il s’agit là d’un état complètement souverain, ou presque.
4. Principauté de Hutt River - En 1970, un fermier australien est offusqué par une nouvelle loi du gouvernement qui prévoit des quotas agricoles. Son exploitation menaçant de faire faillite, il fait son grand rebelle et proclame la Principauté de la province de Hutt River, qui deviendra Principauté de Hutt River en 2005. Mais ce dernier à toutes ses raisons: une ancienne loi royale prévoit un dédommagement ou l’indépendance d’un territoire de sujets qui sont victimes d’un enrichissement injuste de la part d’un ses vassaux. Considérant le gouvernement australien comme vassal de la Reine d’Angleterre, et la loi des quotas comme un enrichissement injuste, il réclame donc la souveraineté de Hutt River. L’Australie ne reconnaît pas sa micro-nation, mais n’oblige plus à payer d’impôts au fermier, qui, tous azimuts, fait vivre sa principauté depuis plus de 40 ans, accueillant 20.000 visiteurs par an (oui vous n’avez pas rêvé).
5. Ville libre de Christiania - On sait les Danois aiment la liberté, peut-être un peu trop, quand un groupe de hippies autoproclament libre un quartier de Copenhague, la capitale. Prônant l’anarchisme, la vente de cannabis, et la pensée libertaire. Et le mieux c’est que le gouvernement à prit goût à cela en laissant ses habitants libres de leurs actes avec le commerce de la drogue qui rapporte des millions d’euros (ça valait le coup de broder trois points jaunes sur un drapeau rouge). La ville libre est régie par une assemblée, 9 lois y sont appliquées: il est par exemple interdit d’utiliser une voiture privée.
6. Principauté de Sealand - Le Sealand est la seule entité de ce top qui peut véritablement prétendre à être une nation indépendante. Son histoire est quasi passionnante. Roy Bates, ancien major de l’armée britannique investit un Fort Maunsell, tours fortifiées marines construites pendant la Seconde Guerre Mondiale au large des côtes de Grande-Bretagne. Il y fonde une principauté en s’y autoproclamant prince tout puissant, mais l’ancien vétéran à plus d’un tour dans son sac, cette plateforme est située dans les eaux internationales: c’est une terra incognita, autrement dit elle n’appartient à aucun état. La Principauté possède une Constitution et un Premier ministre qui s'avéra être un traître. Il provoque un coup d’Etat et arme des complices pour liquider la famille, Roy Bates fait appel à l’armée britannique pour l’aider.
La Principauté vit désormais pleinement sa vie de nation non reconnue par aucun Etat, même si elle est très surveillée par son grand-frère britannique qui limite les actions du Sealand, qui signifie littéralement « Pays de la mer », au tourisme et à l’achat de produits dérivés: monnaies, titres de noblesse (Baron, Comte ou Chevalier de l'Ordre militaire souverain de Sealand).
7. Hospodariat de Melténie - La vie en mer c’est parfois isolant, très même. Alors pour passer le temps des scientifiques roumains ont décidé de fonder leur propre nation. Petite particularité: ils ne réclament aucun territoire « stable », c’est-à-dire que l’Hospodariat de Melténie est constituée d’embarcations voguant entre la Mer Noire et le Détroit de Gibraltar. L’indépendance a été déclarée le 23 juin 1995 à la télévision locale de Constanta (Roumanie). Depuis les citoyens (72, quand même) nomment un Hospodar à vie… qu’il faut reconfirmer chaque année. Nous admirerons le beau drapeau de qualité Paint au passage.
8. République d’Uzupis - Après l’indépendance de la Lituanie en 1990, les artistes du quartier d’Uzupis dans la capitale, Vilinus, décidèrent que la censure c’était trop pas bien, alors au cas où le nouvel Etat serait aussi tolérant que l’Union Soviétique, l’indépendance du quartier fut organisée. Une constitution comportant 41 points, pour le moins hilarante, a été mise en place. En voici quelques-uns hauts en couleur: « 1. L'Homme a le droit de vivre près de la petite rivière Vilnalé et la Vilnalé a le droit de couler près de l'Homme »; « 12. Le chien a le droit d'être chien »; « 27. L'Homme devrait se souvenir de son nom » ou encore « 37. L'Homme a le droit de n'avoir aucun droit ».
9. Dominion du Melchizedek - Autres que les passionnés et rigolos qui s’amusent à créer leur petit pays, il y a des malins qui en profitent. Dans le grand monde des paradis fiscaux, nous appelons à la barre le Dominion du Melchizedek. Basé sur une île de l’archipel des Marshall, ce dernier a pour but de faciliter le blanchiment d’argent à grande échelle (sûrement en truquant les achats de timbres sur les homards, 2 millions d’unités, ça fait peut-être beaucoup). Se disant un Etat ecclésiastique similaire au Vatican, il arbore néanmoins sur ses armoiries en plus de symboles chrétiens, des musulmans et des juifs. Jérusalem est d'ailleurs sensé être sa patrie. Plus c’est gros (et plus le dessous de table aux autorités l’est aussi) plus ça marche: depuis 1986 le dominion continue d’élire son président. En même temps un paradis fiscal dans un paradis fiscal, ça ne choque personne.
10. Other World Kingdom (OWK) - Attention bizarre. Other World Kingdom, en français « Royaume de l’Autre Monde », prône le BDSM, autrement dit la domination totale de la femme sur l’homme. Aménagé dans un château du XVIe siècle dans la province tchèque de Zdar nad Sazavou (on nettoiera en sortant promis), l’organisation a ouvert en 1996. S’étendant sur trois hectares, le château de la Reine ne manque de rien: une salle des fêtes, une bibliothèque, une salle du trône, une salle de torture, une salle de classe, une salle de gym, et surtout une vaste prison au sous-sol. Plusieurs chambres sont à disposition pour « s’amuser avec les visiteurs ». OKW possède en plus du fameux trio Drapeau, Monnaies, Timbres, une police (féminine), un tribunal et des passeports. L’Etat est un matriarcat où la Reine est le monarque absolu, son objectif principal est: « d'avoir de nombreuses créatures mâles sous l'autorité illimitée des Femmes supérieures dans autant de territoires que possible. » Il existe même plusieurs classes d’habitants: citoyenne, sujet de la reine et « esclave » qui est réservé aux hommes.
11. Royaume de Redonda - Une des plus anciennes micro-nation de l’Histoire ! En 1865 un citoyen britannique vivant aux Antilles demande à la Reine Victoria s’il peut avoir le titre de Roi de Redonda sur une île inhabitée des Caraïbes, en échange de quoi aucune révolte n’y éclatera. Acceptant la demande, la lignée de rois (souvent contestée) continue à régner sur l’île toujours déserte. Comme le premier roi était un fervent écrivain, il transmit son titre et ses droits à un autre écrivain qu’il aimait bien, et ainsi de suite. C’est cette façon de procéder qui enragea certains descendants d’autres rois qui réclament le titre. Aujourd’hui un festival de littérature se tient sur le territoire de Redonda (surprenant n’est-ce pas ?).
12. Moresnet neutre - En 1816, les Pays-Bas et l’Empire Allemand n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la nationalité de la ville frontalière de Moresnet, qui abrite une mine. La municipalité est scindée en 3 parties: une Néerlandaise, une autre allemande et la dernière neutre sous contrôle des deux Etats. On la considéra comme micronation, qui émit des timbres et adopta l’espéranto. Mais abritant la plus grande réserve de zinc d’Europe, l’Allemagne et la naissante Belgique n’arrivent pas à se mettre d’accord. Durant la Première Guerre mondiale, l’Empire allemand l’annexe, puis suite à sa défaite de la Grande Guerre, est rattaché à la Belgique. Le Moresnet neutre est considéré comme une des plus anciennes micro-nations, rien que ça !
13. République indépendante de Figuerolles - Cette micro-nation venue de Marseille a même fait l’objet d’un reportage dans le journal de France 3, c’est dire l’aura exceptionnelle qu’elle possède sur le Monde: une simple maison située sur une calanque qui devient République après le retour d’un ancien pilote de Normandie. Pour l'instant elle n'a pas de drapeau, ni monnaie, mais Marseille n'ayant pas trop la côte en ce moment ça devrait venir prochainement.
14. Wirtland - Quand on est déçu de ses dirigeants, à part crier dans la rue avec une banderole ou essayer de déclencher une rébellion en prenant en otage un vélo libre-service, il n’y a pas grand-chose à faire. Fondé en août 2008, le site internet Wirtland veut réunir sous un même Etat tous les mécontents, et ça marche: 2 855 se sont inscrits ! En janvier 2010, Wirtland rachète un terrain à Nauru (île de l’Océan Pacifique). Comme si tous les opprimés de la terre étaient réunis, c’est beau…
15. (bonus) Principauté de Groland - Ce n’est pas vraiment une micro-nation, mais il serait impossible de ne pas parler de Groland. Depuis 1992, enchaînant blagues pour le moins douteuses sur sketchs hilarants. Le président Christophe Salengro, aux allures d’une caricature de De Gaulle, successeur de « Mémé Quéquette » clame la devise « Groland, je mourrirai pour toi ! ». Empli d’un riche passé préhistorique où l’on a retrouvé des ossements de majorettes, puis s’affranchissant de l’envahisseur austro-boche, il affirme son indépendance en devenant une principauté. Vous roulerez moins bête en voyant l’autocollant « Groland » sur le pare-brise de votre voisin à côté de « Bébé à bord ».
Alors, où est ce que vous voudriez déménager ?
Un Etat fait par ses propres mains
par Marina Volkova
Alterinfo - 17 fev 2012
http://www.alterinfo.net/Un-Etat-fait-par-ses-propres-mains_a71493.html
Les Etats virtuels avec leurs propres constitutions, emblèmes, timbres, et parfois même leur propre monnaie apparaissent de temps en temps sur Terre. Le plus célèbre d’entre eux - la plate-forme anti-aérienne du Sealand, où a voulu s’implanter récemment le site Wikileaks pour se protéger contre les puissances réelles. Les objectifs de la création de ces nouvelles entités sont parfois absurdes. Mais il y a aussi des projets très concrets qui rapportent à leurs créateurs un revenu stable et des émotions positives. Par exemple, le royaume de l'île Sainte-Marie, proclamé par un homme d'affaires russe dans l'océan Atlantique.
Les organisateurs des Etats virtuels sont loin de se vanter tous de leur capacité à raisonner rationnellement. Dans leur majorité, leurs gouverneurs sont des rêveurs. Par exemple, la République de Whangomomona, qui a été créée pour attirer les touristes dans une petite zone rurale de la Nouvelle-Zélande, a déjà vu changer quatre présidents. Seuls deux d'entre eux étaient des être humains, car une chèvre et une caniche ont également été à la tête de ce petit pays. L’empire Aérique du Canadien Eric Liss n’est pas moins étrange. Il a créé un micro-pays qui prétend ressembler à des territoires terrestres et interplanétaires, qui sont appelées des territoires Aériques.
Il y a des Etats, dont les créateurs sont des personnes avec une certaine idéologie. C’est le cas de la République socialiste de Bjorn, créée par des étudiants suédois avec des visions marxistes. Leur état occupe un territoire de 6 m² sur une pierre, « qui ressemble à un tracteur », sur un lac à Skane (Suède). Mais évidemment, il y a aussi des cas « particulièrement graves ». Dans le classement des raisons les plus improbables pour leur apparition, la première place revient sans aucun doute à la principauté de Dubeldeka. Elle a été proclamée dans la ville australienne de Braemar Lodge lors d'un conflit à la mairie sur l'emplacement des canalisations des égouts.
Pour créer son propre Etat, c’est Kirill Schreiber, un entrepreneur avec l’esprit créatif qui habite à Saint-Pétersbourg, qui a eu une approche plus pratique. Il y a plusieurs années, avec l’aide de plusieurs amis qui habitent dans différents pays de l’Union européenne et l’Amérique latine, il a déjà créé un royaume sur la crête Atlantique. Il l’a appelé d'après le nom de sa fille – l’ïle de la princesse Maria. Il s’agit d’un espace virtuel moderne, un point minuscule sur la carte du monde, qui se trouve sous l'eau, à une profondeur de 64 m, et 1000 miles de la côte ouest de la France.
Les créateurs de l’île n’ont rien dépensé pour l’achat de cette île, mais ils ont du investir des fonds pour réaliser leur but principal - la monnaie virtuelle. La création de cet Etat a eu lieu pendant 2008, l’année de crise. Kirill Schreiber, qui se dit fièrement être le régent de l’île de la princesse Marie se souvient, comment tout cela s’est passé. « Nous avons choisi un endroit sur la crête de l'Atlantique, qui va progressivement vers le haut. Nous avons écrit la Constitution, la Déclaration d'Indépendance, traduit tout cela pour toutes les langues possibles, puis créé un site. Nous avons ensuite envoyé la déclaration de l’indépendance à tous les chefs d'Etats et de gouvernements, aux ambassades, et aux Nations Unies. Notre Etat magique, se trouve maintenant à une profondeur de 64 m, c’est environ 300 miles au nord des îles Açores. Nous avons introduit notre propre monnaie – le thaler. Un thaler est égal à une 1 once d'or, juridiquement, il a des droits de tirage spéciaux, et est l'une des monnaies électroniques. Notre monnaie a d’ailleurs été reconnue par la Banque centrale de Russie ». Lorsque les thalers virtuels vont commencer à apporter des revenus, Kirill et ses amis vont essayer de transformer l’histoire virtuelle en une histoire vraie. « Nous prévoyons de construire une île magique fait de déchets européens, et y ériger une station océanographique » - poursuit le régent de l’île de la princesse Marie. (...)
L'avocat qui voulait être empereur
par Jean-Louis Tremblais
Le Figaro magazine - 14 aot 2009
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/08/14/01006-20090814ARTFIG00495--l-avocat-qui-voulait-tre-empereur-.php
En ce 21 juin, solstice d'été, le sourire de Me Samson est au zénith. Oubliées la robe noire et les procédures juridiques. Ici, à Waterloo, il endosse un autre costume, et non des moindres: celui de Napoléon Ier. Comme chaque année, 1.200 passionnés, issus d'une vingtaine de nations, reconstituent pendant un week-end l'ultime bataille de l'aventure impériale (18 juin 1815, pour les lecteurs fâchés avec les dates). Une manifestation qui attire 25.000 spectateurs. C'est Frank Samson, 41 ans, avocat de profession, qui a été désigné pour incarner l'Empereur. En effet, l'Américain Mark Schneider, qui tient habituellement ce rôle envié, a été retenu outre-Atlantique et il a fallu le remplacer au débotté. (...) Frank Samson n'en est pas à son coup d'essai en matière de dédoublement. Quatre fois par an, il enlève ses lunettes, emporte sa perruque (pour la mèche en pointe, que ne lui permet pas son crâne glabre !), ressort le célèbre bicorne et l'uniforme de colonel de la Garde, afin de commémorer quelques temps forts de la geste napoléonienne: à Golfe-Juan, à Brienne, à Boulogne-sur-Mer et à Eckmühl (Allemagne). (...)
Car Frank Samson, comme l'indique sa carte de visite (sobrement intitulée « L'Empereur et son Etat-Major ») est un souverain en exercice. Sous le nom de Frank-Marc 1er, il règne sur l'empire de la Basse-Chesnaie, qu'il a créé en sa demeure bretonne le 2 décembre 1996. On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. L'historique de cette entité trop méconnue précise: « C'est un micro-Etat ludique d'Europe de l'Ouest, enclavé dans le territoire français, entre les villes de Tinténiac et de Bécherel, dans l'Ille-et-Vilaine, à proximité immédiate de la ville de Saint-Thual. D'une superficie de 1,1 ha, l'empire de la Basse-Chesnaie est donc l'une des plus petites micro-nations du monde ».
Cette « monarchie impériale héréditaire de primogéniture mâle d'ascendance divine », qui compte 129 ressortissants, est régie par une constitution de 52 articles. Elle dispose d'un drapeau (bleu-jaune-vert, frappé du « F » impérial), d'une devise (Ad majorem propriae gloriam, soit: « Pour ma plus grande gloire »), d'une décoration récompensant les sujets les plus méritants (l'Ordre de l'Excellence impériale), de fournisseurs officiels (outre le tailleur précité, on y trouve un bottier, un fourrier et un orfèvre, la Cour menant grand train). Parmi les faits d'armes qui font la renommée de la dynastie, citons l'invasion - pacifique - des Glénan en août 2008 (ce qui permet à Frank-Marc Ier de porter aussi le titre de roi des Glénan) et l'ascension du Kilimandjaro en février 2009. (...)
N'y a-t-il pas un hiatus entre sa fascination pour le Premier Empire, centralisateur autant qu'autoritaire, et sa croisade anti-Etat farouchement libertaire ? « Aucun, réplique-t-il. Politiquement, je me définis comme monocrate (pouvoir d'un seul, ndlr), quelle que soit la forme du régime: monarchie, principauté, empire... Mais je ne reconnais ni la légitimité ni l'autorité de l'Etat républicain qui prend les citoyens en otages et les tond comme des moutons, au nom de lois votées par des parlementaires professionnels. La législation automobile (permis à points, radars et autres inventions liberticides) est une pompe à fric pour le gouvernement et une insulte aux droits de l'individu. Dès que vous prenez le volant, vous êtes un délinquant potentiel. Cela confine au délire ! Si j'avais eu 20 ans en Mai 68, je serais descendu dans la rue avec enthousiasme. Comme cet Etat-sangsue me répugne, je vote n'importe quoi, de l'extrême gauche à l'extrême droite, selon mon humeur et la saison ». Frank-Marc Ier serait-il un anar qui s'ignore ? Peut-être, mais au sens d'Antonin Artaud (qui - soit dit en passant - jouait Marat dans le Napoléon d'Abel Gance): « L'anarchiste est celui qui a un tel besoin d'ordre qu'il n'en admet aucune parodie ». (...)
L'empire d'Aérica (contraction de Eric et de América) a été fondée par Éric Lis quand il était enfant (mais il l'est resté). Il revendique divers territoires terrestres... et interplanétaires ! Le drapeau s'inspire du drapeau canadien. La feuille d'érable est remplacée par le smiley sourire.
Entrevue avec Éric Lis, empereur d’Aerica
Propos recueillis par Guillaume Rosier, Ilan Dehé
The Aerican empire - 21 oct 2009
http://www.aericanempire.com/quartierlibre2009.html
Il n’y a pas si longtemps, dans une galaxie proche, très proche, à Montréal, a commencé l’histoire de l’empire d’Aerica. Aujourd’hui, les portes du palais impérial, avenue du Docteur- Penfield, s’ouvrent. Sur le ton de la plaisanterie, Éric Lis, étudiant de 27 ans à l’Université McGill, demande: « Avez-vous vos laissez-passer ? » Entrevue avec un futur médecin devenu empereur.
Comment en êtes vous venu à créer votre propre État ?
C’était le jour de mes 5 ans, le 8 mai 1987. J’étais avec mes copains, et nous nous sommes demandés: « Qu’est ce qu’on peut faire aujourd’hui ? » Nous avons décidé de créer notre propre galaxie, un peu comme dans Star Wars. Le projet étant légèrement surdimensionné, nous avons opté pour la création d’un empire nommé Aerica, sans doute en lien avec mon prénom Éric et l’empire américain. C’est donc un rêve qui a pris forme au fil des ans. Quand j’étais en 4e secondaire, c’était les « années Internet » et je me suis rendu compte qu’une centaine de micronations avait été créée à travers le monde. C’est aussi à ce moment que des personnes ont commencé à rejoindre mon empire. Bien qu’elle trouve l’idée un peu excentrique, ma famille est fière de ma créativité et m’a toujours soutenu.
Considérez-vous Aerica comme une vraie nation ?
Nous cherchons à devenir un vrai pays. C’est difficile, mais c’est possible. Il y a 303 citoyens répartis sur tous les continents dont une centaine en Amérique du Nord. Notre ministre des Affaires étrangères a déjà envoyé des lettres aux États-Unis et à l’ONU. De mon côté, j’en ai envoyé aux gouvernements québécois et canadien pour leur demander une reconnaissance ou une non-reconnaissance. Le fait de ne pas être reconnu est déjà une prise en considération. Mais nous n’avons jamais eu de réponse. Si pour certains, créer son propre État paraît impossible, ce n’est pas une raison pour ne pas essayer. Si on n’a pas quelque chose d’impossible à réaliser dans sa vie, on s’ennuie ferme.
Comment votre empire fonctionne-t-il politiquement ?
Il y a un empereur nommé à vie qui nomme des ministres. Le Sénat est composé de 14 sénateurs, deux par colonie, qui sont élus pour 4 ans. Nous avons également un forum de discussion. Vingt ministres et ambassadeurs répartis sur la planète sont en charge de représenter l’empire. La semaine prochaine, nous commanderons des documents pour faire des pièces de monnaie. Si ça fonctionne, nous essaierons d’imprimer nos billets et même nos timbres. Je suis très excité par ces projets. Nous avons aussi un drapeau et une religion.
La principauté de Hutt River
http://www.empire-me.net/nation/show/id/4?lang=fr
La fondation de la principauté de Hutt River (Principality of Hutt River) en Australie, à proximité de Perth, remonte à 1970, quand un fermier, Leonard Casley, s'est autoproclamé "His Royal Highness Prince Leonard" et a fait de sa ferme la capitale du nouvel État. A la suite d’un conflit sur les quotas de production de céréales imposés aux exploitants agricoles par les autorités australiennes, Leonard George Casley a décidé de faire sécession; il a envoyé un courrier en ce sens au Premier ministre, dans lequel il proclamait l’indépendance de sa propriété et la volonté de faire de sa ferme la capitale de nouvel Etat.
L'indépendance de la principauté est toujours contestée, mais le prince Leonard s’emploie toujours à faire reconnaître son Etat par les Nations unies. Le droit international dispose que, pour exister, un État doit avoir un peuple, un territoire et un gouvernement. Ce dernier manquant à la Principality of Hutt River au moment de sa fondation, le prince Léonard a constitué en 1988 la Royal Hutt River Defence Force – une armée plus symbolique qu'active. Pour imposer son autonomie, la principauté a même déclaré la guerre à l'Australie, mais sans prendre les armes. Rien d'étonnant donc à ce que le gouvernement australien ait ignoré cette déclaration de guerre, tout comme il avait ignoré la fondation de l'État.
Même si la principauté n'est toujours pas un État souverain, le prince a été très actif pendant toutes ces années de règne. Non seulement il a su capter l'attention des médias, mais aussi attirer de nombreux touristes sur son territoire de 75 km². Aujourd'hui, la principauté tire la plus grande partie de ses recettes du tourisme et des céréales. Leonard a obtenu de la poste australienne une disposition qui oblige cette dernière à transporter le courrier affranchi avec des timbres de la principauté. Et la principauté ne faisant plus officiellement partie de l'Australie, Casley ne paye plus l'impôt.
Les 23 habitants de Hutt River sont les membres de la famille Casley et leurs amis. Mais parallèlement, environ 13.000 étrangers ont la citoyenneté et un passeport Overseas – une manière d’exprimer leur soutien et peut-être (surtout ?) d’avoir une sorte de souvenir. Le prince Leonard aime raconter que quelques citoyens munis de passeports de la principauté ont franchi les frontières de pays membres de l'ONU. L'autonomie et donc l’indépendance de la tutelle australienne restent le cheval de bataille de la Principality of Hutt River.
Un prince en eaux troubles
Le JDD - 08 aot 2014
http://www.lejdd.fr/International/Europe/Micronations-a-Sealand-un-prince-en-eaux-troubles-679363
Il était une fois, dans les eaux internationales au large des côtes du Suffolk, une forteresse antiaérienne. La plate-forme de Fort Roughs, construite par la Royal Navy en 1941, fut désaffectée après la guerre et oubliée de tous. Jusqu'en 1966, lorsqu'un ancien major de l'armée britannique, Roy Bates, se mit en tête d'en prendre possession. L'année suivante, le 2 septembre, il proclama l'indépendance de la principauté de Sealand et s'en déclara le souverain, sa femme, Joan, devenant la Première dame et son fils Michael le prince héritier. Ils furent heureux et firent beaucoup d'affaires. Drôle de palais princier, en réalité. Une plate-forme de métal rouillé coiffant deux énormes piliers de béton plantés dans les eaux grises de la mer du Nord. De larges inscriptions à la peinture blanche, sur la carcasse rongée par le sel, qui donnent à l'endroit un air de squat postindustriel. Pour l'ambiance, on est plutôt du côté de Waterworld que chez Disney.
L'histoire écrite par Roy Bates et les siens ressemble, elle, à une chanson de geste. L'épopée commence par une bataille navale. À peine installé, le maître de Sealand doit repousser au canon un assaut de la marine britannique – selon d'autres sources, c'est le jeune prince Michael, alors âgé de 15 ans, qui aurait tiré une fusée d'alarme pour éloigner des employés des phares et balises venus réparer une bouée de navigation aux abords de la plate-forme. Quoi qu'il en soit, un tribunal situe l'incident hors de toute juridiction britannique, offrant à Roy Bates une reconnaissance de facto de la souveraineté de Sealand. Autres hauts faits de la saga, en 1978: un assaut de la plate-forme par des pirates en Jet-Ski, une prise d'otage, et un bras de fer diplomatique avec l'Allemagne.
Entre-temps, le prince de Sealand a abandonné son objectif initial, la diffusion offshore d'une station de radio pirate, pour bâtir son micro-État. Il rédige une Constitution, compose un hymne national, dessine des timbres et des pièces de monnaie à l'effigie de son épouse. Il se met aussi à délivrer des passeports. On en retrouvera plusieurs entre les mains d'individus impliqués dans de sombres affaires judiciaires, ce qui contribuera à ternir la réputation de la principauté. En 1999, le prince Roy (qui décédera en 2012) confie la régence de Sealand à son fils Michael. Celui-ci entreprend rapidement de transformer les lieux en "paradis numérique": il s'associe avec une mystérieuse société, HavenCo Ltd, spécialisée dans le stockage et le transfert de données électroniques, et annonce bientôt le lancement d'un casino en ligne. Las, en 2006, un incendie dû à un court-circuit endommage la plate-forme. Le prince Michael décide de s'en défaire. Il est à deux doigts de la vendre à Pirate Bay, un site suédois spécialisé de téléchargement illégal, alors en délicatesse avec la justice. L'affaire ne se fait pas. "Nous avons eu beaucoup d'offres, mais il semble qu'elles ne venaient pas des bons acheteurs", constate aujourd'hui Michael Bates, qui a renoncé à vendre Sealand.
Sibyllin, il dit avoir "mis sur pied un nouveau projet HavenCo", sur lequel il ne souhaite pas s'étendre. La principauté tire aussi quelques bénéfices de la vente de monnaie numismatique et de titres nobiliaires: "C'est exactement ce que faisaient les monarques français du XIIIe siècle pour financer leurs guerres", commente le prince. Sealand a également son équipe de football, en réalité une obscure formation danoise qui représente la principauté lors d'improbables matches internationaux. Le minuscule pays compte au total "un peu plus de 100 citoyens", selon Michael Bates, mais seulement une poignée de résidents. Souvent 3 ou 4. Et toujours au moins un: l'héliport étant hors d'usage, l'unique moyen d'accéder à la plate-forme est aujourd'hui une nacelle activable seulement depuis son sommet. Ce qui donne au lieu un petit côté donjon de Raiponce. On n'est finalement pas si loin des contes de Grimm.
Une île minuscule des Shetlands se déclare indépendante du Royaume-Uni
JDD - 19 jun 2008
http://www.ladepeche.fr/article/2008/06/19/460396-ile-minuscule-shetlands-declare-independante-royaume-uni.html
Une île minuscule de l'archipel des Shetlands, au nord-ouest de l'Ecosse, a déclaré son indépendance, arguant qu'elle n'aurait jamais dû légalement être intégrée au Royaume-Uni, indique le journal local Shetland News jeudi. Stuart Hill, l'unique résident de l'île Forvik, affirme que son territoire, situé à l'ouest de l'archipel, ne reconnaît ni l'autorité du gouvernement britannique ni celle de l'Union européenne et qu'il doit devenir une dépendance de la Couronne britannique, à l'image des îles anglo-normandes.
Le rocher d'un hectare veut faire sécession du Royaume-Uni, s'autogouverner et arrêter de payer des impôts. L'indépendantiste de 65 ans, surnommé "Capitaine calamité" après l'échec d'un tour des îles britanniques en bateau il y a 7 ans, veut aussi frapper sa propre monnaie, la "gulde", ses timbres et avoir un drapeau. Il voudrait aussi inspirer les quelque 22.000 habitants des autres îles de l'archipel, et souligne que les îliens pourraient ainsi réclamer leur part des revenus des taxes sur les hydrocarbures extraits dans les eaux environnantes."La relation entre les Shetlands et le Royaume-Uni est fondée sur le principe que les îles font partie de l'Ecosse" explique-t-il, selon la version électronique du journal local qui l'a interrogé dans sa résidence, une tente pour deux personnes. Mais "ce principe est fondé sur une tromperie au plus haut niveau qui a été obtenue par un subterfuge", dénonce-t-il. "En déclarant Forvik une dépendance de la couronne, je rétablis simplement la relation légale correcte entre cette partie des Shetlands et la Couronne", insiste Stuart Hill.
Le rebelle qui a publié une déclaration d'indépendance, avance que les Shetlands se trouvent dans une situation de vide juridique depuis que les îles ont été données au roi Jacques III d'Ecosse par le roi Christian Ier de Danemark en 1469. L'archipel des Shetlands situé à 210 kilomètres au nord-ouest de la côte écossaise, est formé de plus de 100 îles. Ses habitants préservent jalousement leur héritage culturel viking et entretiennent des liens étroits avec la Norvège.
En 1860, un Français, Antoine de Tounens, est parti en Amérique du sud créer le royaume d'Araucanie et de Patagonie avec le soutien des Mapuche qui étaient en guerre contre les colons espagnols. Son État s'étendait sur de vastes territoires. Le royaume a été pris au sérieux mais il n'a pas reçu l'aide attendue de Napoléon III dont l'armée était engagée au Mexique. En 1862, les autorités argentines et chiliennes ont mis fin à l'aventure de ce Français illuminé qui les gênait et qui se faisait appeler Orélie-Antoine 1er. Le plus drôle dans cette histoire, c'est que ses héritiers se disputent aujourd'hui férocement le trône d'un royaume qui n'existe plus depuis plus de 150 ans !
Dordogne: La succession du prince d'Araucanie divisée
SudOuest - 19 jun 2014
http://www.sudouest.fr/2014/06/19/dordogne-la-succession-du-prince-d-araucanie-divisee-1590603-2216.php
Alors que le nouveau prince ne fait toujours pas l'unanimité, la première pierre du musée du prince Philippe d'Araucanie, son prédécesseur, sera posée ce dimanche, à Chourgnac-d'Ans. Depuis le décès en janvier de Philippe Boiry qui faisait vivre le titre de prince d'Araucanie de son lointain ancêtre Antoine de Tounens, la succession de cette monarchie d'opérette se divise.
L'élection de Jean-Michel Parasiliti di Para n'a pas fait l'unanimité. On en aura la preuve ce dimanche 22 juin [2014], avec l'organisation d'une cérémonie dans la maison de La Chèze à Chourgnac, organisée par son filleul François d'Arboussier et Franz Quatreboeufs de Malimensu. Ils y poseront la première pierre d'un musée du prince Philippe d'Araucanie avant une messe dans la chapelle. Le nouveau prince, Antoine IV, sera évidemment absent.
Le Royaume d'Araucanie et de Patagonie a été fondé en 1860 par les indiens Mapuche dans le territoire occupé désormais par l'Argentine et le Chili. Orélie-Antoine de Tounens, un avoué français vivant en Araucanie, a été élu par les Mapuche pour être le premier roi d'Araucanie et de Patagonie. En 1862, il a été fait prisonnier par des soldats chiliens et, après une longue captivité, a été expulsé en France. Il a organisé trois expéditions pour réclamer son trône et rallier les Mapuche contre le Chili qui avait envahi et colonisé les territoires Mapuche. Né à La Chèze, sur la commune de Chourgnac, le roi Orélie-Antoine 1er est mort en 1878 à Tourtoirac, en Dordogne.