Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
14.02.2026
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Sur la route de Calais, les migrants campent en plein Paris
par Margaux Baralon
La Croix - 22 mai 2015
http://www.la-croix.com/Actualite/France/Sur-la-route-de-Calais-les-migrants-campent-en-plein-Paris-2015-05-22-1314910
Avant la découverte des tentes alignées, avant de croiser le regard hagard des personnes entassées là, c’est le bruit qui d’emblée frappe le visiteur. Celui, assourdissant, du métro aérien qui va et vient. Le hurlement des rames sur les rails vrille les tympans des nombreux hommes et quelques femmes qui campent juste au-dessous de la ligne 2, boulevard de la Chapelle, dans le 10e arrondissement de Paris. Depuis décembre, ils sont environ 200 immigrés à stationner dans ce qui est devenu une reproduction miniature de l’ancien camp de Sangatte près de Calais. Près de la gare d’Austerlitz, 300 autres migrants offrent le même tableau.
La plupart de ceux qui survivent sur ce terre-plein au milieu des voitures viennent du Soudan ou d’Érythrée. Fuyant la guerre et la misère, ils ont traversé la Méditerranée sur des embarcations de fortune. Pour la majorité d’entre eux, Paris n’est qu’une étape avant la Belgique, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Certains ont même déjà tenté la traversée de la Manche, en vain, et préfèrent attendre ici de retrouver un passeur et suffisamment de courage pour réessayer. Malgré le froid qui traverse les tentes et les os, l’odeur d’urine, les déchets et la peur de se faire dépouiller, les conditions de vie sont moins misérables sous un pont de métro que dans la « jungle » calaisienne.
Omar est arrivé il y a 3 jours. Assis sur un muret qui surplombe la voie ferrée, les yeux perdus dans le vague, ce Soudanais de 17 ans n’attend qu’une chose?: passer la Manche. « L’Angleterre, c’est mieux que la France », justifie-t-il dans un anglais hésitant. Qu’y a-t-il de si bien là-bas?? « Mes cousins et le club de Chelsea », dont il est un fervent supporter. L’esquisse d’un avenir. En attendant de trouver un plan pour grimper clandestinement dans un camion, le jeune homme regarde passer le temps et les trains.
Le travail des associations est rendu d’autant plus difficile que La Chapelle n’est qu’un lieu de transit. « Chaque fois que je viens, je ne revois jamais les mêmes personnes », explique Rano Sharafetdinova, en charge du logement à France Terre d’asile (FTA). Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Le camp, elle s’y rend chaque semaine depuis qu’au début de l’année l’association a commencé à faire des maraudes et informer les migrants des démarches à effectuer pour déposer une demande d’asile. Avec un succès mitigé. « Ils nous écoutent mais cela ne va pas plus loin. Même lorsque nous prenons pour eux des rendez-vous à la préfecture, ils ne viennent pas toujours. » Les propositions de logement pour quelques nuits aux plus fragiles, notamment les mères accompagnées de jeunes enfants, rencontrent peu d’écho.
Jamila, qui se terre dans une tente bleue avec son fils de 6 mois, pourrait pourtant trouver une solution temporaire. Érythréenne, elle a 18 ans et de grands yeux noirs et fuyants. Coincée entre un paquet de couches et une pile de couvertures, elle explique avoir traversé la Méditerranée en Zodiac depuis la Libye. Elle veut prendre le train pour rejoindre son frère en Allemagne dès le lendemain. Et malgré la fraîcheur des nuits pluvieuses de mai, elle refuse les propositions de Rano. Être entourée de gens qui parlent sa langue réchauffe plus sûrement que quatre murs et un toit.
Au cabinet de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, on explique envisager « une solution adaptée, avec un guichet unique pour renforcer l’accès à l’asile, un diagnostic social et des propositions d’hébergement d’urgence ». Mais « aucun calendrier n’est fixé » et on n’attend pas « une grande efficacité du guichet unique » pour ces migrants de passage. La perspective d’une évacuation des campements n’est pas écartée.
Pour Pierre Henry, président de FTA, « La Chapelle est devenu l’arrière-base de Calais parce que les pouvoirs publics ont laissé la situation s’embourber avec l’idée qu’un dispositif précaire est dissuasif. » Or, il n’en est rien. « Mieux vaut la misère ici que la misère là-bas », lance Farid avec résignation, disant tout haut ce que tous les migrants pensent tout bas. « Là-bas », c’est cette Algérie que le jeune homme de 25 ans a quittée il y a six mois. « Il n’y a rien dans ce pays. Pas de travail ». Pierre Henry souligne aussi que la lenteur des réponses apportée n’aide pas. Dans le camp, certains ont déjà vu leur demande d’asile acceptée mais n’ont pas trouvé de logement. Cela « nuit à notre crédibilité » assure le responsable.
Ali, 25 ans, est dans ce cas. Ce Soudanais a obtenu le statut de réfugié il y a plus de deux mois et veut apprendre le français pour pouvoir décrocher un emploi. Mais en attendant un toit, il en est réduit à dormir dans sa tente verte montée sur une palette de chantier et un matelas. « J’aime la France et je veux y rester, murmure-t-il dans un sourire. Mais parfois, j’ai l’impression que c’est elle qui ne m’aime pas. »
Un camp de migrants au coeur de Paris
par Laurent Therrien
Radio Canada - 18 mai 2015
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/05/18/003-camp-migrants-au-coeur-paris.shtml
Près de la gare du Nord, au centre de Paris, le métro aérien passe dans un grand vacarme sur le pont de la place de la Chapelle. En dessous, plus de 300 migrants s'entassent dans des tentes. Ils sont Éthiopiens, Camerounais ou Soudanais. Réfugiés dans ce camp de fortune depuis des mois, la plupart espèrent quitter Paris pour l'Angleterre, où le processus d'immigration est plus souple. D'autres attendent en vain que la France leur accorde l'asile politique. Dans les tentes et sur les matelas qui s'agglutinent sur près d'un kilomètre, les migrants vivent d'espoir.
Zerihun, un jeune Éthiopien de 24 ans, n'a rien mangé depuis la veille. « J'ai voyagé pendant 50 jours pour arriver ici, confie-t-il. Je suis passé par le Soudan, la Libye et l'Italie. Ce n'est pas une vie ça. Tout ce que je souhaite, c'est fuir la misère une fois pour toutes ». Nimeri, originaire du Soudan, se plaint quant à lui des conditions sanitaires du campement improvisé. « L'urine et les déchets s'accumulent partout. Les gens sont malades. J'ai la gale et je n'arrive pas à dormir à cause du métro qui passe toujours au-dessus de nos têtes. Ça me rend fou », déplore celui qui a vécu dans les camps de réfugiés soudanais. « J'étais mieux traité au Soudan », lâche-t-il. Pour le directeur général de l'organisme France Terre d'Asile, Pierre Henry, le gouvernement et la mairie de Paris n'en font pas assez pour les aider. « Ceux qui arrivent à Paris sont des survivants. Leur voyage jusqu'à Paris est extrêmement dangereux. Ils se sont endettés pour être ici. Mais attirer l'attention des pouvoirs publics en leur faveur, ce n'est pas évident », soutient-il. (...)
Si les actions des pouvoirs publics se font timides pour l'instant, d'autres ont décidé de prendre les choses en main. C'est le cas de Philippe, ce Parisien de 53 ans déterminé à améliorer le quotidien des migrants. « Je viens ici tous les jours et je leur apporte une quinzaine de poulets grillés. Je ne demande qu'un sourire en retour. [...] Ce sont devenus mes amis », affirme-t-il. Il confie avoir hébergé une centaine d'entre eux dans son appartement, à tour de rôle. Ceux qui réussissent à s'en sortir lui écrivent régulièrement. « Ils m'appellent Papa Philippe », dit-il. Pedro est quant à lui directeur d'un organisme de charité du quartier. À son arrivée, place de la Chapelle, il salue les migrants et s'assure que tous sont en santé. Quelques-uns lui demandent des médicaments. « Même si on leur donne à manger tous les soirs, ils sont mal nourris, l'hygiène fait défaut et la plupart souffrent de problèmes intestinaux. Mais le réel problème, c'est le manque d'intérêt des gouvernements », croit-il. On estime que plus de 300 000 migrants sont arrivés en Europe cette année. Selon l'OIM, la plupart n'ont toujours pas obtenu leur statut de réfugié. Pendant ce temps, les tentes se multiplient place de la Chapelle.
Un camp de réfugiés en plein Paris
par Yann Castanier
StreetPress - 20 mai 2015
http://www.streetpress.com/sujet/1432112822-un-camp-de-refugies-en-plein-paris
« Les habitants du quartier sont très gentils », explique Khalit, un migrant soudanais. Installé dans une tente près du métro La Chapelle, il fait partie des 200 migrants qui vivent ici en attendant mieux. Une centaine de tentes sont alignées sous le métro entre La Chapelle et Barbès. Depuis l’été dernier, c’est ici que les migrants d’Afrique de l’Est finissent un parcours de plusieurs milliers de kilomètres, loin des richesses entrevues sur un téléviseur du pays. Les hommes regardent filer les voitures qui accélèrent au feu vert. Les soubresauts du métro couvrent leurs voix. Le TGV passe sous le pont et ajoute au vacarme ambiant. Ils dorment sur le goudron et les graviers dans l’attente d’une réponse à leur demande d’asile.
Mahmoud vient du Darfour, une zone de conflit au Soudan. Il ne parle ni français, ni anglais. Son pote Ahmed traduit dans un anglais approximatif: Il dit n’avoir aucune famille au pays où il a fui une situation intenable. Parti en bus et à pied, Mahmoud s’est retrouvé en Libye où il a payé 1.500 $ pour atteindre les côtes de l’Italie. La traversée se négociait entre 4.000 et 6.000 $ quelques mois auparavant alors il s’estime plutôt heureux. Il a ensuite pris le train jusqu’à Nice où on l’a informé de l’existence de ce camp, sous le métro aérien parisien. A La Chapelle depuis 15 jours, il souhaite obtenir l’asile en France et n’envisage pas de poursuivre son voyage vers Calais ou la Grande-Bretagne. « Je suis venu ici pour être éduqué. Je ne suis jamais allé à l’école ».
Actuellement ils sont 150 à 200 à vivre ici, en majorité des migrants originaires d’Erythrée et du Soudan du Sud. Des sanitaires et des poubelles ont été installés à la demande de la mairie du 18e arrondissement de Paris. Il n’y a aucun lieu pour cuisiner. Pas plus que des réchauds ou des tables. Tous vivent à même le sol et s’assoient sur les barrières ou les blocs de béton qui encadrent le camp improvisé. Ils attendent toute la journée.
La mairie d’arrondissement confie que l’ambiance s’est dégradée depuis plusieurs semaines. « Des fonds ont été débloqués dès l’été dernier pour palier la situation sanitaire et sociale. » Il y a un double objectif de ne pas laisser la misère s’installer et de faire en sorte que la cohabitation avec les riverains se passe bien. Le maire, Eric Lejoindre, voudrait aller plus loin: reloger les migrants dans des hébergements d’urgence. Des demandes des élus ont été transmises à l’Etat lundi 11 mai. La préfecture de Police de Paris n’a pas souhaité répondre à StreetPress. En attendant des associations, dont France Terre d’Asile et Emmaüs, distribuent des repas le soir.
Khalit, un Soudanais, trouve « les habitants du quartier très gentils ». Ils apportent de la nourriture. Mais les histoires se répètent et s’enlisent. Khalit a obtenu le droit d’asile depuis 6 mois, il est bénéficiaire du RSA, mais n’arrive pas à louer d’appartement. Lui est venu en France pour aller à l’école. Tous les matins, il se lève à 7h. « J’apprends le français à Aulnay-sous-Bois. Mais du coup, Je n’ai pas le temps de prendre la douche au local de l’association ». Il revient à 18h dormir sous le pont.
EDIT (27 mai 2015)
Un "risque d'épidémie" au campement de La Chapelle
AFP, France24 - 27 mai 2015
http://www.france24.com/fr/20150527-paris-risque-depidemie-campement-chapelle
PARIS - Un "risque d'épidémie" justifiant une évacuation rapide a été diagnostiqué dans le campement de migrants du boulevard de La Chapelle (Xe), a affirmé mercredi devant les conseillers de Paris le préfet de police Bernard Boucault, sans préciser la nature de cette épidémie. "J'ai (...) demandé à l'Agence régionale de santé un rapport sur la situation sanitaire de ce site. Ce rapport m'a été remis le 22 mai dernier. Il fait état d'un risque d'épidémie. Je considère donc que ce péril imminent lié au risque d'épidémie est susceptible de justifier au plan juridique (...) que je prenne un arrêté sur le fondement de mes pouvoirs de police générale", a déclaré M. Boucault, en réponse à une question d'actualité des écologistes.
"La décision d'évacuation qui va s'imposer" sera accompagnée "de propositions d'hébergements individualisées en fonction de la nature des publics. Les femmes avec enfants relèvent de l'aide sociale à l'enfance de la Ville (...) Les demandeurs d'asile ont vocation à être pris en charge par le dispositif national d'accueil en fonction de leur lieu de dépôt de demande (...) Les autres personnes en transit vers d'autres destinations et qui ne veulent pas demander l'asile se verraient proposer une mise à l'abri temporaire. Ce travail de recherche d'hébergements en nombre suffisant est en cours", a précisé le préfet. "Une fois l'évacuation réalisée, il conviendra évidemment de sécuriser immédiatement ce site afin d'éviter toute nouvelle occupation ainsi que de veiller au risque d'effet report sur d'autres campements de ce type", a-t-il complété. Selon le préfet, environ 370 à 380 personnes originaires d'Afrique de l'Est occupent le campement situé sous le métro aérien.
02/06/2015 >> La police évacue le campement
EDIT (6 juin 2015)
Au milieu de l’indifférence générale
Indymédia Nantes - 02 jun 2015
https://nantes.indymedia.org/articles/31614
Tôt dans la matinée, un important contingent de flics a procédé à l’expulsion du camp entre Barbès et la Chapelle où 400 personnes survivent depuis plusieurs mois sous le métro aérien.Pendant que les« migrants » se faisaient embarquer sous la commande du trio travailleurs de la mairie-crs-représentants associatifs, quelques dizaines d’individus solidaires étaient rassemblés à proximité, gueulant des slogans et manifestant leur solidarité derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : L’épidémie c’est le capitalisme et ses guerres, ses flics et ses frontières. Solidarité aux migrants.
Ce « camp de migrant », ce « bidonville », ces « abris d’infortunes », nous n’avons pas l’indécence de défendre leur occupation, car personne ne désirerait vivre dans de telles conditions. Pas d’indignation, la larme au coin, dans nos propos. De la rage. Rage de voir la salle patte de l’autorité de l’état derrière des fonctionnaires envoyés pour trier ces individus selon une origine qu’ils n’ont pas choisi, comme on trie les bêtes dans un cheptel. Rage face à un monde ravagé par les guerres et l’exploitation des êtres et des choses au noms du profit. Rage face aux sbires en uniformes s’attelant à une expulsion qui signifie aussi, aujourd’hui ou plus tard, arrestations,enfermement en centre de rétention et expulsion, mais aussi contrôle diffus, humiliation, résignation, exclusion. Rage donc face à l’État qui s’attribue le droit de décerner des permis d’existences, et donc réprime, enferme, exclut, humilie, et à l’économie qui dicte nos vies selon ses impératifs. Tous chair à patron, gibiers à flics, bétail à frontières
Il y a tout juste un mois, à 100 mètres de là ouvrait la nouvelle brasserie Barbès, cossue et branchée où une faune friquée peut s’envoyer une côte de boeuf à 30 euros sous l’oeil bienveillant de ses protecteurs les policiers. Mis en perspective ces deux événements nous rappellent, mieux que le plus brillant des discours, une évidence claire comme l’eau du matin: le rôle de la police est d’assurer la soumission de tous aux lois du frics, à des lois faites pour perpétuer une économie basée sur l’exploitation et pour assurer à l’État sa mainmise sur le bétail humain réduit à la condition de marchandise.
Le train train quotidien, la banalité et la surexposition à la misère la plus visible ont-il si bien atrophié notre sensibilité que l’on en est tristement parvenus à composer avec ? Quelles valeurs a la vie si en guise d’entrailles il ne nous reste que des viscères ?
Les politiciens, ces infâmes réussiront-ils éternellement à voiler la pauvreté et la violence qui minent les rapports entre les êtres, propageant le cannibalisme social et l’indifférence générale au sort de chacun, quand en lieu et place de celà l’entraide et la solidarité entre les exploités et les révoltés pourraient envoyer valser tous ces salauds, exploiteurs et gouvernants, plein de sous et avides de pouvoir, et renverser l’ordre qu’ils maintiennent et qui leur confère du pouvoir sur nos vies ? Nos coeurs sont-ils si profondément avilis que nous pouvons nous contenter de reproduire cet existant délétère, sacrifiant l’essentiel de nos journées à se vendre pour quelques sous qui finiront dans les coffres des propriétaires et des marchands de tous types, abandonnant la possibilité de la révolte, seule capable de créer des horizons où y semer notre imagination, de donner vie à nos désirs de liberté et à nos élans les plus généreux ?
Il existe une épidémie plus nuisible à nos existences que l’épidémie imaginaire qui sert de prétexte à cette opération de police; cette épidémie c’est la peur, cette épidémie c’est la résignation, cette épidémie c’est la guerre entre pauvre, cette épidémie c’est d’attendre indéfiniment que l’on nous accorde ce que l’on aura que par nous mêmes.
Allons, de l’audace, ni la liberté ni la dignité humaine ne s’accommodent d’un monde si délabré.Et si l’heure est à l’apathie et à la contestation sauce « sauvons le moins que rien démocratique », un jour peut-être, un jour pas comme les autres, un jour sur les barricades...
Le coeur est humain dans la mesure où il se révolte. Pour un monde sans Etats, ni patries, ni nations. Feu aux frontières. Feu aux centres de rétentions.Z
EDIT (7 juin 2015)
Une partie des migrants de La Chapelle de retour dans la rue
RFI - 07 jun 2015
http://www.rfi.fr/france/20150606-france-partie-migrants-chapelle-retour-rue-porte-la-chapelle/
A Paris, les migrants de La Chapelle se retrouvent à nouveau dehors. Leur camp, situé sous le métro aérien avait été démantelé mardi 2 juin. Une partie des migrants, éligibles au droit d'asile, avaient été relogés dans des centres d'accueil pour demandeurs d'asile, d'autres, emmenés dans des centres d'hébergement d'urgence. Ceux-là ont été priés de partir après 3 nuits et n'ont donc plus d'endroits où dormir.
Une trentaine de migrants se reposent devant une bibliothèque du XVIIIe arrondissement de Paris. Certains sont couchés sur des matelas, d'autres sont sur des bâches à même le sol. Parmi eux, un Guinéen, arrivé en France il y a 9 mois. Il a passé l'hiver au camp de La Chapelle. « Ils nous ont dit mardi quand ils sont venus saccager le camp qu’ils allaient nous donner des logements, alors que c’était faux. Ils ont envoyé des gens dans le centre d'hébergement, mais dans le centre ont nous a dit que c’était pour 3 jours seulement. Il y avait beaucoup de monde, je n’ai pas eu de place ».
Pedro Pablo Naranjo est un habitant du quartier. « On a été sous le pont du métro cet hiver avec eux, et on leur a toujours dit qu’on continuerait à être à leurs côtés ». Alors malgré le démantèlement du camp de La Chapelle, Pedro Pablo est toujours là, auprès des migrants. Il distribue des sandwiches et des boissons. « On avait l’espoir que ces gens allaient être placés dans des lieux dignes d'un être humain, pour dormir, se nourrir, se laver et ils sont jetés de nouveau à la rue. Qu’est-ce qu’on peut faire ? » La distribution alimentaire continuera quelques heures. De quoi remplir l'estomac des migrants en attendant un hébergement temporaire pour la nuit.
EDIT (9 juin 2015) Il y aura ce soir à 18h devant la halle Pajol (métro Max Dormoy) un rassemblement de solidarité envers les migrants évacués hier par la police.
Des migrants évacués par les forces de l'ordre dans le nord de Paris
Francetv info - 08 jun 2015 (actualisé)
http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/des-migrants-evacues-dans-le-18e-arrondissement-de-paris_942291.html
A nouveau, des migrants ont été empêchés de dresser un campement de fortune, à Paris, lundi 8 juin. Selon plusieurs médias et journalistes, des dizaines de migrants ont été évacués du parvis de la halle Pajol, dans le 18e arrondissement de Paris. Certains avaient déjà passé plusieurs nuits dehors, devant la halle Pajol, un ancien bâtiment de la SNCF, réhabilité pour accueillir une grande auberge de jeunesse, une bibliothèque et quelques commerces. Samedi, le Réseau éducation sans frontières appelait à leur porter de l'aide, des couvertures et de l'eau.
Lundi, des CRS et gendarmes sont intervenus pour empêcher les migrants de rester et empêcher d'autres de les rejoindre. Militants des droits de l'homme et élus de gauche se sont interposés, comme le rapportent plusieurs témoins sur Twitter, photos à l'appui. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser le rassemblement, avant d'aller chercher les migrants un par un. Escorté par des CRS et des gendarmes, un bus rempli de migrants a quitté ce quartier populaire du nord de Paris peu après 16h, pour une destination inconnue. Déjà, 460 migrants avaient été évacués d'un campement sous le métro, dans le quartier de la Chapelle. Certains avaient tenté de s'installer devant l'église Saint-Bernard, non loin, avant d'en être aussi évacués.
EDIT (10 juillet 2015)
Migrants du quai d'Austerlitz: "On pense juste au fait qu'un jour nous aussi, peut-être, on sera heureux"
par Christophe Rauzy
Francetv info - 10 jul 2015
http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/migrants-du-quai-d-austerlitz-on-pense-juste-au-fait-qu-un-jour-nous-aussi-peut-etre-on-sera-heureux_990959.html
Situé au pied de la Cité de la mode, sur le quai d'Austerlitz, le camp abrite une centaine de migrants qui vivent sous le regard des touristes et clients du café branché qui le surplombe. "Ah, la photo du yoga !" Jeudi 9 juillet, devant le camp de migrants situé quai d'Austerlitz, dans le 13e arrondissement de Paris, Jocelyne, 67 ans, commente la photo publiée quatre jours plus tôt sur Twitter par le journaliste Philippe Rochot: on y voit un cours de yoga se dérouler sur la terrasse de la Cité de la mode et du design, juste au-dessus des tentes. "On en entend parler tous les jours", sourit la militante de la Ligue des droits de l'homme. Repris par Buzzfeed et Le Monde, le cliché a suscité un "buzz" auquel le photographe, ancien grand reporter de France 2, "ne s'attendait pas". Beaucoup d'internautes y voient l'illustration de l'indifférence de notre société face à la misère.
Quatre jours après la publication de ce tweet très remarqué, le succès de cette photo n'a rien changé au sort des migrants. Ils sont toujours une centaine à vivre dans des tentes, proprement alignées à dix mètres de la Seine, au pied d'un escalier qui donne directement sur la terrasse du Wanderlust, un bar-restaurant-club abrité par la Cité de la mode, face aux sièges de grandes banques. Au milieu de cet écrin architectural, entre métal vert pomme et plateformes en bois, les Parisiens viennent en nombre pour dîner, boire un verre, danser ou assister à des concerts. Et désormais observer à distance des migrants.
Alors qu'en haut, des employés du bar préparent la fête du soir, en bas, au pied de l'escalier, Ahmid discute avec quatre de ses compatriotes soudanais. "Nous, ce qu'on veut, c'est rester discrets, insiste le quadragénaire, dans un anglais très clair. Que les gens fassent du sport ou s'amusent, c'est leur vie, leur liberté. Ils ne nous parlent pas, nous non plus, c'est très bien, sourit-il. Nous, on pense juste au fait qu'un jour nous aussi, peut-être, on sera heureux."
Après avoir connu la guerre dans son pays, le dur séjour en Libye et la périlleuse traversée de la Méditerranée, Ahmid est arrivé en France fin 2014. En attendant une décision pour sa demande d'asile, il est resté 6 mois dans le camp de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, démantelé début juin. "Ici, c'est plus calme, sauf pour la musique."
A 18h pile, comme presque tous les soirs pendant l'été, de la musique électronique commence à s'échapper des grosses enceintes du Wanderlust. Hussein, son jeune voisin, rit jaune. "Ça, c'est un gros problème." Ahmid l'interrompt: "Oui, mais à la Chapelle, c'était pire, on était sous le métro aérien".
Lunettes de soleil, T-shirts branchés, sourire aux lèvres, les clients commencent à occuper les tables à l'étage. Pendant que ses deux jeunes filles scrutent les tentes depuis la terrasse, un père de famille, tendance hipster, sirote un cocktail et bronze au soleil. En bas, des militants associatifs distribuent des vêtements aux migrants, et peinent à s'entendre parler. Ils pestent aussi contre les panneaux de bois qu'une péniche-restaurant, située face au camp, a fait installer sur le quai, pour masquer la vue des migrants à ses clients, selon eux.
Ce ne sont pas les panneaux de bois, le sourire des clients ou la musique qui gênent le plus Ali, un Tunisien sans papiers qui vit dans une de ces tentes depuis un an. "Le problème, ce sont les verres de bière qui se renversent sur nos affaires, ou les types bourrés qui viennent pisser sur les tentes, explique ce quadragénaire au débit de parole effréné. Mais le pire, ce sont les mégots qui tombent de la terrasse. Une couverture, ça prend feu très vite. Mais tu veux faire quoi ? Aller te plaindre ?"
Quelle que soit l'heure, les migrants empruntent très rarement l'escalier qui mène à l'étage "trendy". Mickaël, le responsable du restaurant du Wanderlust, confirme qu'il "n'y a aucune tension avec eux". "Mais c'est problématique pour tout le monde, avance-t-il. Pour eux, c'est le bruit, et pour nous... quand vous avez des tentes en bas de votre business... c'est pas bon." Mais le restaurateur refuse d'être taxé d'indifférence: "Je ne leur jette pas la pierre, ils font comme ils peuvent."
Au moment où Jean-Charles et Johad, 23 et 25 ans, prennent place à leur table et découvrent le camp de migrants, là, juste en-dessous, ils ouvrent de grands yeux. "Le contraste est hallucinant, ça fait mal au cœur", réagit le premier. "Je vais peut-être paraître dur, poursuit le second, mais je me dis d'abord que c'est vraiment pas bon pour l'image de Paris et de la France. Rien que pour ça, on devrait les aider." Gabrielle, employée pour l'été dans une banque située en face, n'avait pas remarqué les migrants. Avec une étonnante candeur, elle explique que leur présence ne la "dérange pas": "Tant qu'ils ne volent pas, pas de problème. S'ils sont bien ici, aucun souci."
Un mois auparavant, le camp d'Austerlitz, réparti sur le quai entre 3 sites éloignés de 200 m les uns des autres, a failli être entièrement démantelé. L'évacuation très médiatique du camp de la Chapelle, et surtout les incidents de la halle Pajol, ont poussé la mairie à y renoncer. Aujourd'hui, les autorités ont promis qu'il n'y aurait pas d'évacuation avant qu'une solution de relogement ne soit trouvée. Les menaces pesant sur ces migrants ont fait réagir habitants du quartier et militants. "Tous ensemble, on collecte de la nourriture et des vêtements", explique Nina, membre du PCF du 13e arrondissement, qui sort d'une voiture remplie de duvets. A quelques mètres de là, une bénévole du Réseau éducation sans frontières donne un cours de français à une quinzaine de migrants.
Danièle, sexagénaire qui passe chaque jour sur le quai pour aller au travail, apporte des denrées et du savon. "J'ai honte pour mon pays, parce que c'est de la charité et c'est tout ce qu'on peut faire." La solidarité des résidents du quartier a été utile le 26 juin, jour où des membres de Génération identitaire, un groupuscule d'extrême droite, sont venus sur le quai pour insulter et provoquer les habitants du camp. "Des passants ont spontanément défendu les migrants, se réjouit Jocelyne. Ça nous a donné du baume au cœur."
Ce n'est donc pas l'indifférence pure qui domine sur le quai d'Austerlitz, mais plutôt l'impuissance résignée. "Le pire, ce sera quand les gens se seront habitués aux migrants. Là, on ne les remarquera même plus", prévient Johad, toujours attablé au Wanderlust, une bière fraîche à la main. "C'est comme pour Charlie, abonde son ami Jean-Charles. D'abord, on s'est tous sentis mal, et puis deux jours plus tard, on est vite passé à autre chose."
06/09/2016 >> Après avoir expulsé 26 campements de migrants dans la capitale, la mairie de Paris décide d'ouvrir prochainement deux "centres d'accueil humanitaire", l'un pour les hommes boulevard Ney à Paris, l'autre pour les femmes et les enfants à Ivry. On peut prévoir qu'ils seront rapidement engorgés...
31/10 + 04/11/2016 >> Nouveaux démantèlements (29 et 30e) du camp de migrants, métro Stalingrad à Paris, une semaine après celui de Calais. Hollande assure qu'il n'y aura pas de réinstallation.
EDIT (7 juillet 2017)
Plus de 2.700 migrants ont été évacués des campements de la porte de la Chapelle [Franceinfo, 07/07/2017]
C'est la plus importante opération de ce type depuis novembre. Près de 2 800 migrants [2771] ont été évacués, vendredi 7 juillet, des campements où ils s'étaient installés porte de la Chapelle, à Paris, non loin du centre humanitaire du nord de la capitale. L'opération, qui s'est déroulée dans le calme, avait débuté peu après 6h. Mais dès 5h30, les hommes se pressaient déjà devant le centre, dans l'attente de cette évacuation qui a mobilisé 60 bus et 350 policiers. Cette évacuation, la 34e depuis juin 2015 à Paris, intervient 2 mois après une opération du même type qui avait permis la mise à l'abri de 1.600 personnes. Mais les campements insalubres, disséminés sous l'autoroute ou le long des boulevards extérieurs, se sont vite reconstitués aux alentours du centre humanitaire. (...)
Paris submergée par les migrants évacue un 34e camp
par Xavier Alonso
Tribune de Genève - 07 jul 2017
http://www.tdg.ch/monde/europe/paris-submerge-migrants-evacue-34e-camp/story/30926933
Est-ce le bout de la route pour Omar (19 ans), Zaied (20 ans), Jared (19 ans) et Rafi (23 ans) ? Ces quatre Afghans rencontrés il y a quelques jours porte de la Chapelle sont-ils montés dans la soixantaine de bus qui depuis 5h du matin évacuent les lieux ? Dans cette entrée nord de la capitale française, dans le très populaire XVIIIe arrondissement de Paris non loin du Sacré-cœur et à 10 mn à pied du Stade de France, plus de 2.700 personnes campaient dans des conditions dramatiques.
C’est à l’aube que 350 membres des forces de l’ordre, aidés par du personnel des différentes associations d’aide aux migrants – Emmaüs Solidarité, de France terre d'Asile ou encore de l'Office français d'immigration et d'intégration (Ofii) – et des agents municipaux, ont encadré cette évacuation. La plus importante depuis 6 mois. Il y a 2 mois, le 9 mai dernier, 1.600 migrants avaient déjà été « mis à l’abri ». Encore une fois, ils seront répartis et accueillis dans des conditions décentes dans différents gymnases et bâtiments en Ile-de-France et à Paris, a promis le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.
« Il faut aller vite, très vite même. Car il y a une urgence humanitaire », avait lancé Anne Hidalgo. La maire de Paris a en effet convoqué la presse jeudi pour exiger du gouvernement une « réponse globale et durable » à la problématique des migrants à Paris. Ouvert en novembre dernier à la Porte de la Chapelle, le centre de « premier accueil humanitaire » est en surchauffe permanente.
Ce centre peut accueillir 400 personnes pour une période de 10 jours. Les migrants y sont pris en charge par différentes associations avant d’être redirigés vers les structures habituelles de l’asile en France. Problème: il arrive depuis ce printemps 400 personnes par jour. Dans les alentours comme en ville de Paris, les campements sauvages se multiplient. La situation est à ce point chaotique que Médecins du Monde s’est retiré du Centre de premier accueil pour renforcer ses activités de rue.
Illustration de ce flux incessant de migrants – il devrait s’accentuer encore avec l’été – Omar (19 ans), Zaied (20 ans), Jared (19 ans) et Rafi (23 ans) ont 9.000 km dans les jambes. L’Europe de la Turquie à la France, en passant par la Bulgarie et la Hongrie, ils l’ont traversé en grande partie à pied. Tout comme Rafi (23 ans) qui nous montre son rendez-vous prochain à la Préfecture de police pour l’examen de sa demande d’asile.
« Come ! Come with me ! » Rafi est le plus bavard des quatre jeunes hommes. Il tient à nous montrer le mini-campement de tentes (bâches et palettes) installé sur une voie d’arrêt le long du béton de soutènement des échangeurs du périphérique (autoroutes et voies rapides). Les conteneurs à déchets n’ont pas été vidés depuis 20 jours. Ils vomissent leur trop-plein et l’odeur de pourriture s’immisce entre les cabanes. Nous sommes dans un bidonville dans la Ville Lumière. Il y a encore le bruit de la circulation et l’odeur entêtante du diesel.
Rafi a les yeux congestionnés. Il dit s’être fait gazer par les forces de l’ordre la veille de notre visite. Les CRS ont dû séparer des bagarres entre migrants. Les violences entre communautés y sont nombreuses. Les trafics divers et la loi des mafias sont la norme, nous raconte encore un cinquième membre du groupe. Les Afghans se plaignent, par exemple, que le Centre de premier accueil n’est accessible qu’aux Africains !
Les Soudanais dorment eux sur les bermes du nouveau tramway extérieur parisien. Ils s’entassent sous les ponts qui les protègent de la pluie. Mais des rochers ont été disposés là comme dissuasion. Qu’importe, Cherif (33 ans) nous montre comment il a calé son matelas. Cherif ne parle que l’arabe. Mais il a envie de communiquer. Il a quitté le Soudan en 2016 mais ne se souvient plus quand. Il est à Paris depuis 12 jours. Il est entré en France par Menton.
Peu d’Africains acceptent de nous parler… Hassan (21 ans) et Issam (21 ans), eux, veulent bien mais ils ont les mots rares, un Français parcellaire et l’expression dure de ceux qui en ont bavé. Aussi Issam, dans un sabir heurté mais déterminé, raconte la traversée du Soudan, le Tchad, la Libye et finalement la Méditerranée sur un bateau pneumatique. A le suivre, la remontée de l’Italie et de la France a été la partie facile de son périple de huit mois.
Ainsi va la vie dans cette incroyable sous-ville monde, coincée entre le périphérique et les "maréchaux", ces grands boulevards qui ceinturent Paris. A l’horizon, les magnificences de la ville la plus touristique du monde. Mais sous les nez des migrants jetés à la rue au sens littéral, les zones industrielles, le bitume, les échangeurs d’autoroute et les voies ferrées. Depuis le début de la crise migratoire, Paris tente de résorber ces campements hors normes.
Et le directeur général de France Terre d’asile, Pierre Henry, de dénoncer l’absurde situation dont il tient la triste comptabilité: ce serait la 34e évacuation d’un camp à Paris. Celui démantelé ce vendredi 7 juillet est en périphérie, mais les précédents îlots de naufragés de la migration s’étaient fixés à côté de la Gare d’Austerlitz (en face du ministère des finances – Bercy), sous la ligne de métro aérienne (la Chapelle, Austerlitz, Jaurès) qui traversent des quartiers parmi les plus défavorisés de Paris (Barbès, La Goutte d’Or, Château-Rouge). Comme une démonstration des propos du géographe Christophe Guilluy (Le Crépuscule de la France d’en haut – Flammarion 2016) qui avance que la « mondialisation, ce n’est pas le partage de la richesse mais la concurrence des misères ! »
18/08/2017 >> Plus de 2.000 migrants sont évacués des campements sauvages installés depuis plusieurs semaines porte de La Chapelle.
23/05/2018 >> Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, demande aux préfets de préparer "une opération d'évacuation" des quelque 2.300 migrants vivant sur des campements à Paris, conciliant (je cite) "les exigences de mise à l'abri et de l'application du droit des étrangers" – en clair, un contrôle de leur situation administrative pouvant déboucher sur une OQTF (obligation de quitter le territoire français) qu'ils appellent "procédure d'éloignement". >> Evacuation le 30 mai de 1.106 personnes, originaires principalement du Soudan, de Somalie ou d'Erythrée, du campement du "Millénaire", Porte de la Villette.
04/06/2018 >> Evacuation des derniers campements du canal St-Martin et de la Porte de la Chapelle de 500 migrants chacun. C'était la 36e opération en 3 ans.
10/04/2019 >> La ville de Paris affirme vouloir ouvrir un centre d'accueil de jour Porte de La Chapelle, en face d'un campement de migrants insalubre. Elle envisage d'installer sur place de grandes tentes ou des bungalows.
19/06/2019 >> Evacuation d'un camp de 230 migrants à Saint-Denis (93), la 3e en région parisienne depuis janvier, qui ne résoudra rien. Juste un répit de quelques jours permettant de voir un médecin, se doucher et se reposer, avant de se remettre en quête d'un nouvel abri.
07/11/2019 >> 59e démantèlement en 4 ans, à Paris, du camp de la Porte de la Chapelle, au lendemain de l'annonce de la nouvelle politique migratoire du gouvernement.
28/01/2020 >> Nouveau démantèlement d'un camp de 1.800 migrants à la Porte d'Aubervilliers à Paris. C'est la 60e opération de ce genre depuis 2015. Plus aucune réinstallation sur la Porte de la Chapelle n'étant possible à cause de la présence 24h/24 des forces de l'ordre, les migrants s'étaient installés une Porte plus loin.
29/07/2020 >> Le vaste campement de migrants d'Aubervilliers est évacué par les forces de l'ordre. Plus de 1.500 personnes s'y étaient installées ces dernières semaines.
17/11/2020 >> Démantèlement d'un vaste campement abritant plus de 2.000 migrants à Saint-Denis, à proximité du Stade de France.
23/11/2020 >> Evacuation brutale place de la République d'un campement de 500 migrants en errance depuis l'évacuation de celui de Saint-Denis...
27/10/2022 >> Evacuation d'un camp de 700 migrants à Paris. La Mairie de Paris appelle ça une "mise à l'abri"...
17/11/2022 >> Evacuation d'un camp de 956 migrants installé entre les stations de métro La Chapelle et Barbès à Paris.
16/12/2022 >> Evacuation de 771 personnes qui campaient sous le métro aérien à la Chapelle. 3e opération de ce type en l'espace d'un mois.
17/04/2024 >> Les SDF et les migrants ne doivent pas faire tache à moins de 100 jours de l'ouverture des JO de Paris. Paris qui "accueille le monde" doit cacher sa misère. Le "plus grand squat de France", situé dans une entreprise désaffectée de Vitry-sur-Seine, a été évacué ce matin. Les quelque 450 migrants, en situation régulière pour la plupart selon les associations, ont été "mis à l'abri" (la belle expression !) en province, et des enfants viennent ainsi d'être déscolarisés...