Le Monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.

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[Discussion] Bilan 2014 avec une pointe de muscade

Publié le 31/12/2014 à 09:57 par monde-antigone

 


Mon interlocuteur, je l'ai rencontré il y a deux ans à NDDL. Il se présente comme "anar", lecteur de Charlie Hebdo, et il a une carte d'électeur. Il s'en est servi pour voter Chirac en 2002 « contre Le Pen », Royal en 2007 et Hollande en 2012 « contre Sarkozy », ce qui n'est pas si exceptionnel chez les "anars".

Au départ, on a eu l'idée d'imiter "Art et magie de la cuisine", une émission culinaire culte de la télévision française des années 50 et 60 animée par Raymond Oliver (chef cuisinier) et Catherine Langeais (speakerine emblématique des débuts de la télévision). L'idée était de discuter tout en préparant des crèpes fourrées au champignons (Hum ! miam, miam !). Il est vite apparu que c'était impossible de parler et de faire la cuisine en même temps, ou alors on allait tout faire cramer... On a donc fait les choses l'une après l'autre: préparer la pâte, hacher les champignons etc., puis discuter, puis faire cuire et faire gratiner, puis reprendre la discussion, puis manger pendant que c'était chaud.

Il s'agit donc d'une discussion en deux temps:
1/ faire un bilan de l'année 2014 à travers les événements internationaux qui nous ont semblé les plus marquants, les plus importants.
2/ dire quels avaient été nos coups de coeur, nos coups de gueule, nos étonnements de l'année.

On avait limité chaque fois notre sélection à un sujet, et on a eu tendance à déborder. On avait une tablette Qooq à notre disposition, pour la cuisine mais aussi pour vérifier des informations quand c'était nécessaire.
Il est en rouge foncé, je suis en noir. Moteur..., action.


- On va commencer. Donc, pour toi, l'événement le plus important de l'année 2014, ça a été... le dollar ?

- La remontée du dollar, oui. Mais à l'origine, il y a l'arrêt du QE3 fin octobre. Il était annoncé depuis plus d'un an. Tout part de là pour en arriver à une chute des cours du pétrole de 50 %.

- Le QE3, ouais... On est pas obligé de savoir ce que c'est, le QE3... C'est un colorant ?

- Tu veux que j'explique ? Le QE (quantitative easing ou assouplissement monétaire ou encore politique monétaire "très accommodante"), c'est un programme de rachat de dettes publiques par la planche à billets. C'est l'ultime recours (enfin on présente ça comme ça) quand on a tout essayé pour faire repartir l'économie, et quand les taux d'intérêt sont déjà à zéro. On voit même en ce moment des taux à court terme négatifs ! En fait, c'est un recours désespéré parce que ça n'a jamais donné nulle part le moindre résultat en terme d'amélioration de l'état de santé du malade. Ça n'a jamais fait repartir l'économie. Ça permet juste de diluer la valeur de la monnaie puisqu'on met dans le circuit de l'argent qui est créé à partir de rien, d'aucune richesse. Ça permet de rendre les produits plus compétitifs à l'export (on parle de dévaluation compétitive) et de faire baisser les taux d'emprunt à long terme, en bref ça permet de maintenir le malade dans un état stable sous perfusion. C'est la politique qu'a mené la Fed (c-à-d la banque centrale américaine) depuis le krach de 2008. On parle de "QE3" parce que c'est le 3e depuis 2008.

- Tu dis que la banque centrale rachète de la dette, c'est parce que personne d'autre ne la rachète ?

- En quelque sorte oui. Parce que c'est du papier qui ne vaut rien. Et on ne se précipite pas pour acheter de la dette d'un Etat très endetté, tellement endetté qu'on se demande si un jour il sera solvable. C'est pour cela qu'on octroie des taux d'emprunt élevés quand la dette est jugée risquée. C'est une manière d'inciter à acheter malgré le risque. Quand les taux deviennent élevés, quand la note des agences de notation tombe très bas, la dette devient spéculative. La dette des Etats-Unis, même à 100 % du PIB n'en est pas encore là parce que c'est la première puissance financière du monde, et que ça inspire (encore) confiance aux investisseurs.

- Qui ne la rachètent pas, puisque la banque centrale fait un QE.

- L'essentiel est qu'ils ne la revendent pas. Si la Chine, le Japon, les monarchies du Golfe vidaient leurs coffres des monceaux de dette américaine qu'ils ont achetées, je peux t'assurer que les taux américains se mettraient à flamber...

- Mais, les USA sont très endettés ?

- Oui, 100 % du PIB. Mais depuis la fin du QE3, les taux américains sont à 2,3 %. Ils sont plus élevés que les taux européens par exemple. Mais le danger de racheter de la dette pourrie qui ne vaut rien, c'est de faire gonfler le bilan de la banque centrale... Je sens qu'il va falloir que j'explique...

- Explique.

- Le bilan, c'est en gros le montant des créances rachetées par la banque. En les achetant, elle se met en négatif. Le bilan de la Fed, avec les opérations du QE, a été porté à 4.500 milliards de dollars. Il n'est pas extensible à l'infini parce que le montant de ce bilan doit, en théorie, être capable de couvrir l'épargne des déposants. Sinon, c'est la faillite. Donc, c'est pour cela que la Fed a décidé de mettre un terme au QE.

- L'année dernière, tu disais: "s'ils arrêtent, ça va péter". Ça n'a pas pété ?

- Pas tout à fait. C'est plus complexe.

- Ça n'a pas pété ??

- Attends... Il y a quand même eu ce qu'on peut appeler des "mini krachs", ou des départs de krachs si tu veux; plusieurs fois: fin juillet-début août, ensuite pendant la première quinzaine d'octobre, et enfin il y a quelques jours, début décembre. Chaque fois les bourses ont chuté de 10 à 15 %. Des gros plongeons... Dès qu'elles ont piqué du nez, ça s'est arrangé parce que les banques centrales ont fait des annonces pour "redonner confiance" comme on dit, pour dire qu'elles étaient prêtes à intervenir, à déverser des milliards.

- Elles ont besoin de dire ça ?

- Eh oui ! Il faut constamment rassurer l'investisseur. Par exemple la BCE fait miroiter un QE pour le début de l'année. La Banque du Japon dit qu'elle va faire tourner sa planche à billets encore plus vite. Et surtout, la Fed a laissé entendre qu'elle allait relever ses taux directeurs parce que la situation de l'économie américaine était en train de s'améliorer. Et puis il y a les statistiques truquées de l'emploi, de la croissance, des commandes biens durables aux Etats-Unis qu'on présente comme encourageantes (alors qu'elles ne le sont pas) et qui font remonter les marchés... Tout ça, ça stimule les marchés.

- Mais les marchés comme tu dis, ils ne sont pas complètement cons, non ? Ils se rendent bien compte que la situation n'est pas celle que les banques centrales leur présentent ?

- Les marchés se foutent de la situation réelle. La seule chose qui les intéresse, c'est la situation virtuelle, celle qui s'affiche sur leurs écrans. Ils sont à la recherche de valeurs qui rapportent. Ils leur faut du rendement. Si on leur apporte de l'argent à 0 % d'intérêt, ils sont contents, ils ne cherchent à savoir si c'est de la fausse monnaie, ils spéculent avec. Quand Janet Yellen (la présidente de la Fed) évoque l'idée d'un relèvement de taux, pour les marchés, ça veut dire que bientôt l'argent rapportera plus, et par conséquent, que ça va attirer des flux de capitaux du monde entier. Ça les rend impatients. Ils anticipent à partir d'une situation qui n'existe pas, et ils achètent. Et c'est ce qui explique pourquoi Wall Street n'arrête pas d'enchainer les séances de hausse et de battre des records.

- Si la Fed relève ses taux, l'économie repartira ?

- Non, parce que l'économie ne pourra pas le supporter. Il faudrait une croissance bien plus importante qu'elle n'est aujourd'hui. Parce que si les taux remontent, même de 2 %, l'Etat devra payer le service de la dette (c-à-d les intérêts et les remboursements). Il sera beaucoup plus important. Pour cela, il faudrait des revenus que seule une croissance importante pourrait apporter. La croissance, c'est la seule façon d'éponger la dette. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de croissance, donc la Fed ne relèvera pas ses taux ou alors d'une manière symbolique en les faisant passer de 0,10 à 0,25 % comme si ça allait changer quelque chose. D'ailleurs, Yellen répète tous les mois que les taux resteront bas "pour une durée considérable".

- "Considérable" ? Ça veut dire quoi ? 10 ans, 20 ans ?

- Peut-être 2015 !! Non mais c'est un langage d'oracle. Le vocabulaire financier, il faut décoder. C'est comme la langage diplomatique. C'est une sémantique très particulière.

- Si c'était une perspective à 20 ans, elle emploierait quel terme ?

- Je ne sais pas.

- Yellen, elle a le métabolisme d'une libellule ?!

- C'est un métabolisme particulier, je le reconnais. Mais ils sont tous comme elle. Elle n'est pas toute seule. C'est un Comité politique monétaire qui décide de la politique de la Fed, et les autres membres ont un rôle important parce qu'ils peuvent nuancer le discours de Yellen et faire croire aux milieux boursiers qu'un autre point de vue pourrait bientôt émerger et emporter la majorité. La fin du QE3 a été annoncé de cette façon, fin 2012 début 2013 dans un compte-rendu, en rendant public des avis divergents. [L'or a amorcé sa chute à partir de là]

- Attends, ce que je ne comprends pas. Pourquoi elle fait croire que c'est en train de repartir ?

- Elle bluffe. Elle sait que c'est dangereux de laisser les taux bas trop longtemps, mais elle est coincée. Elle fait comme le docteur avec un malade pour lui cacher qu'il a un cancer incurable. Il lui ment. Il lui dit qu'il fait des progrès et que ça finira par s'arranger. Il expérimente un traitement en espérant gagner du temps et qu'avec les progrès de la médecine une solution miracle apparaitra.

- Non mais c'est ridicule. On voit bien que la situation économique ne s'améliore pas.

- Qu'est ce qu'ils pourraient dire d'autre. Tu crois que tous ces banquiers, ces acteurs financiers et les politiciens vont dire comme ça que le capitalisme est au bout du rouleau ? Non. C'est leur gagne-pain. Ils croient dans leur système et ils y croiront jusqu'au bout. Mais ils sont en train de prendre conscience lentement de la gravité du problème. Ils se rendent compte qu'ils n'ont pas affaire à une récession habituelle de 2 à 3 ans. Ça c'est nouveau. Hollande s'en est aperçu à ses dépens quand il a promis "l'inversion de la courbe du chômage" pour fin 2013. Il pensait que ça allait remonter tout seul de manière cyclique, comme après une récession, et ses conseillers sont allés dans le même sens parce qu'auparavant c'était toujours reparti comme ça. Ils ont compris qu'il ne fallait plus faire de promesses à court terme parce qu'ils ne pourraient pas les tenir et qu'ils se déconsidéraient. J'ai remarqué qu'au fil des conférences internationales, les communiqués sont passés de l'expression "grande récession" au mot "dépression". Ils essaient maintenant de gérer sur la durée, en faisant attention de ne pas se faire rouler dessus par les mouvements populistes. Ils mettent en avant des perspectives de croissance par les nouvelles technologies... qu'ils sont actuellement incapables de financer. Mais, soit. Dans la stratégie politique, la mise en perspective a remplacé les espoirs d'amélioration à court terme, dans le cadre d'un mandat de 4, 5 ans.

- Mais ça finira bien par sauter un jour, en tous cas avant que les perspectives lointaines de croissance se réalisent ? Ils ne vont pas retarder indéfiniment en rachetant de la dette ?

- Logiquement, si les banques centrales avaient laissé faire comme en 2008, il aurait dû il y avoir un krach en 2012, et encore un autre cette année. En janvier 2012, quand le Baltic (l'indice des frets maritimes) avait plongé de 70 %, j'avais écrit que nous allions entrer dans une DEPRESSION à caractère déflationniste qui durerait une dizaine d'années, qu'il y aurait un krach pire qu'en 2008, que c'était devenu inévitable. Je pensais que ça allait arriver au bout de 6 mois, et finalement l'évolution a été beaucoup plus lente. La déflation, nous y arrivons petit à petit. Pour moi, ce sera le catalyseur. Le contre-choc pétrolier va précipiter un peu les choses. Mais c'est un processus beaucoup plus lent que ce à quoi je m'attendais et ce que l'histoire des crises économiques nous avait habitués depuis plus de 2 siècles. Cette fois, ça ne s'effondre pas d'un coup comme en 1929. Il y a des résistances. Ça s'affaisse lentement. C'est une lente agonie.

- Bon alors, si je résume, pour l'année prochaine, il faut s'attendre à quoi ? Les taux vont quand même remonter ?

- Les taux de la Fed ?

- Oui, les taux... ils sont tous bas.

- Si les taux remontent, ils sont foutus. On voit que les taux bas combinés avec l'arrêt du QE, ça a fait grimper le dollar. Et l'impact a été immédiat sur les matières premières libellées en dollar précisément.

- Donc le pétrole.

- Exact.

- Le gaz de schiste, ça joue aussi.

- C'est une conséquence. Mais au départ il y a eu la remontée du dollar contre toutes les autres monnaies, même contre l'euro qui devrait remonter à cause des tendances déflationnistes, or il risque de passer bientôt sous 1,20 $. C'est donc un mouvement très fort qui n'amène pas d'inflation, sauf dans les pays où les économies sont en train de s'écrouler (Russie, Argentine, Brésil, Afrique du sud...). Comme les matières premières reposaient sur une monnaie plus chère, les cours se sont ajustés à la baisse. Cette baisse a été amplifiée par le ralentissement économique mondial: moins de demande pour une offre aussi abondante. C'était normal que les cours baissent. Je m'attendais à ce que le pétrole se stabilise à 80 $, sans descendre plus bas que 70. Mais la guerre déclenchée par l'Arabie saoudite aux producteurs de schiste a tout changé. Une guerre pour empêcher les USA d'être énergiquement autonomes, pour les obliger à rester présents au Moyen-Orient. C'est très stratégique.

- C'est une épreuve de force ?

- Oui. Les monarchies du Golfe ont de la ressource. Elles peuvent extraire du pétrole pour un coût dérisoire pendant 3 ans sans être trop affectées. Par contre, pour les pays producteurs dont les revenus proviennent essentiellement des hydrocarbures (Russie, Venezuela, Algérie, Nigeria, Iran), c'est une catastrophe, et là, il faut s'attendre à des conséquences sociales. Mais ce contre-choc pétrolier est aussi en train de ruiner les sociétés qui avaient investi sur la base d'un pétrole à 100 $, qui avaient emprunté beaucoup d'argent aux banques et qui ne pourront pas rembourser. C'est ce qu'on appelle le crédit subprime du pétrole de schiste. Et il y en aurait, dit-on, pour 500 milliards de dollars !

 - Ça va faire boum !

- C'est possible. Dans ce cas la stratégie de la Fed sera de favoriser une baisse du dollar pour faire remonter les cours du pétrole et empêcher les marchés de s'effondrer. Et c'est ce qui me fait dire qu'il y aura un QE4... Imprimer des billets, ils savent faire ! Sinon, si la Fed ne réagit pas, si elle continue de vivre avec des données qui ne correspondent pas à la situation, ce sera le krach, le gros krach.

- Je repose ma question, pour l'année prochaine, il faut s'attendre à quoi ?

- Où ça ?

- Partout.

- Déjà, je pense que la zone euro va tomber en récession et en déflation. Draghi, le monsieur de la BCE qui signe sur les billets de banque, il va être poussé à "faire quelque chose" et plutôt faire semblant de faire quelque chose. Mais les taux sont à 0 %. Il ne peut pas les descendre plus bas. Il ne lui reste qu'à faire un QE pour faire comme les autres. Mais comme l'euro baisse déjà sans avoir besoin de QE, et que les taux d'emprunt n'ont jamais été aussi bas, faire un QE d'un point de vue technique, ça ne servirait strictement à rien. On sait que d'ordinaire, ça ne sert à rien, raison de plus pour persévérer dans l'inutilité et l'impuissance. On est dans une logique purement shadokienne !
Au Japon, ça ne va pas s'améliorer. Abe est en train de faire un nouveau de plan de relance financé par la planche à billet qui n'aura pas plus d'effet que tous ceux qui l'ont précédé et qui va faire monter la dette vers les 300 % !! En Chine, c'est possible que la bulle immobilière éclate vu que l'économie va continuer de ralentir. Et puis pour les marchés, tant qu'on leur apportera de l'argent gratuit à 0 % d'intérêt, ils monteront. Voilà...


On va passer à ton événement de l'année.

- L'Ukraine. Pour moi, c'est un choix qui s'impose. Il y a eu Maidan, un mouvement incroyable pendant 6 mois d'hiver, puis le départ du dictateur Ianoukovitch, puis l'annexion de la Crimée, puis la guerre dans la région du Donbass, tout cela conduisant à une montée de la guerre froide entre l'Occident et la Russie. Ce sont beaucoup d'événements qui vont conditionner, je crois, beaucoup de choses. Mais, tu n'es pas d'accord...

- Non. Pour moi, c'est un choix qui ne s'impose pas. Commençons par Maidan. C'est un mouvement nationaliste qui n'a pas d'intérêt d'un point de vue révolutionnaire. Il y a eu une mobilisation, une révolte, des gens se sont organisés, d'accord, mais pour quoi ? Pour se rapprocher de l'UE, pour que le FMI leur flanque un programme d'austérité à la grecque. Et quand je dis "nationaliste", je suis clean parce que les discours des leaders même modérés de Maidan n'avaient rien à envier à ceux de l'extrême droite européenne.
Ianoukovitch est parti le 22 février parce que l'armée qui avait été investie des pleins pouvoirs 3 jours plus tôt n'a pas voulu marcher et l'a lâché. Tout ça, on le comprend, ça a fâché Moscou, parce que l'Ukraine faisait partie de sa zone d'influence. Mais on avait déjà vu ça.

- Non. L'URSS était intervenue militairement en Hongrie, en Tchécoslovaquie, tu le sais, pour imposer "ses" dirigeants, mais il n'y avait pas eu d'annexion. Là, les Russes ont annexé la Crimée... le 27 février, soit-disant pour rétablir l'ordre, le discours habituel, et en réaction au départ de Ianoukovitch. Il n'y avait pas de mouvement de contestation en Crimée comme en 56, en 68.

- Je vais te dire: il y a un an, si on m'avait demandé dans quel pays se trouvait la Crimée, j'aurais répondu la Russie. C'est vrai... Et puis franchement, le cadeau de la Crimée à l'Ukraine fait par Khrouchtchev, ça m'avait complètement échappé. A l'époque ça ne changeait rien, c'était l'URSS.

- Oui, mais depuis l'Ukraine est devenue indépendante. C'était en... 1991.

- Et alors ?

- L'annexion d'une partie d'un Etat indépendant en Europe, on avait plus vu ça depuis Hitler.

- Pas vrai.

- Hein ?

- Tu oublies la Turquie.

- Le Kurdistan ?

- Non. Chypre. La Turquie a envahi Chypre en 1974. Et elle y est encore avec une république turque qui n'est reconnue que par la Turquie et qui ressemble à celle de Donetsk. Il n'y a pas eu de guerre froide à la suite de ça, pas de sanctions non plus, pas que je sache.

- C'est pas comparable.

- Pourquoi c'est pas comparable ?

- Parce que c'est la Russie.

- Mais tu raisonnes encore comme s'il y avait encore le Mur de Berlin et les barbelés. Attends... Attends, ça c'est fini. Je ne me battrai pas pour défendre la souveraineté d'un Etat, ni pour le droit du travailleur de Crimée de préférer se faire exploiter et opprimer par des Ukrainiens plutôt que par des Russes. La Russie que tu fantasmes n'est plus la super puissance qu'on a connue dans notre jeunesse. C'est un Etat en ruine à tous les niveaux, économique, démographique etc., il n'a pas profité de la manne pétrolière pour se moderniser. L'argent est parti dans les banques suisses sur les comptes des oligarques. Aujourd'hui, c'est un Etat sur la défensive qui sert un discours patriotique parce que la Russie va connaître de grosses difficultés dans les prochaines années. Ce n'est pas une puissance montante, ce n'est pas l'Allemagne des années 30. Et on n'est plus dans une situation de guerre froide. On le voit avec le rapprochement entre les USA et l'Iran qui finira un jour sur un accord, tu verras. On l'a vu encore il y a quelques jours avec le rapprochement avec Cuba. Le monde aujourd'hui n'est plus bipolaire.

- Tu parles souvent de la probabilité d'une guerre avec la Chine. Le monde sera bipolaire dans ce cas là.

- La Chine, c'est un autre problème.

- Ah non, c'est le même problème. La Russie déplace ses intérêts vers l'Orient, non  ?

- C'est vrai. Mais on ne parle plus de l'Ukraine et tu n'as droit qu'à un seul sujet, comme moi. Sinon, je me mets à parler de l'Etat islamique ! (...)

- Encore un mot sur l'Ukraine: sur ton blog, tu y as consacré une large part pour un événement que tu ne juges pas intéressant, tu ne trouves pas ça bizarre ?

- Je crois même que c'est la rubrique qui a été la plus souvent alimentée cette année. J'ai voulu limiter... et chaque fois j'ai débordé. On en parlait dans la presse, alors...


On passe rapidement aux coups de cœur:

- Alors moi, j'ai été très intéressé par ce jeune qui veut nettoyer les océans avec des barrages flottants pour récupérer le plastique. Il a récolté de l'argent, 2 millions de dollars je crois, mais c'est dérisoire. Il faudrait des millions de fois plus de moyens.

- Là, on est d'accord. L'argent, toujours l'argent. C'est l'obstacle à toutes les réalisations utiles. On voit bien que la continuation de l'ordre marchand aujourd'hui n'est pas compatible avec ce qui est nécessaire à la planète, les nécessités humaines.

- C'est un chantier planétaire, il y aurait du travail pour tout le monde.

- Tout à fait.
OK. Moi j'ai bien aimé le Burkina Faso: 36 heures d'insurrection pour faire partir Campaoré.

- Un militaire n'en a pas remplacé un autre militaire, non ?

- Si c'est vrai. C'est vrai que ça ne change pas grand chose. Ben, c'est toute la question du pouvoir. J'ai l'impression que sans l'armée, aucun mouvement ne peut aboutir. Mais c'est tout de même la première insurrection en Afrique subsaharienne qui fait partir un dictateur. Ça n'a pas duré longtemps, mais ça m'a bien fait plaisir.

- Ouais... c'est un peu comme la Tunisie, l'Egypte. Ben Ali et Moubarak sont partis parce que l'armée l'a bien voulu...

- Attention tu es en train de déplacer le sujet...

- Pas du tout.

- On en reparlera peut-être une autre fois.

- Bon. Les coups de gueule maintenant.
Alors, moi, c'est la police, ses exactions, ses meurtres légalisées par l'Etat, son impunité, que ce soit à Sivens, à Ferguson, au Mexique. Partout les gens en ont marre et ils réagissent, ils manifestent.

- De toute façon, la police, c'est un corps qui exécute les ordres de l'Etat. Le fait de vouloir contraindre par la force, c'est déjà en soi quelque chose qui démontre que l'ordre recherché n'est pas "naturel", qu'il est imposé et qu'on a plus qu'à l'accepter comme il est. On en sait quelque chose à NDDL.
Moi, je ne m'en étonne pas. Je ne crois pas en une police citoyenne, "républicaine" comme on dit, respectueuse des gens. Dès lors qu'une institution confère à quelqu'un le pouvoir de tuer ou de mutiler ou de contrôler une autre personne pour un motif qui se rapporte à des articles de loi qui ne sont pas immuables, c'est un lieu commun que de dire que c'est un abus de pouvoir. Si je ne manifeste pas contre les violences policières, c'est parce que le pouvoir est par nature violent. Je ne vais pas faire semblant de le découvrir. Sinon, ce serait pour demander quoi ? une police non-violente ? Laisse-moi rigoler.

- On doit quand même manifester ?

- Oui parce que c'est dégueulasse que quelqu'un se fasse descendre pour trois fois rien, pour des frais qui sont déjà budgétisés. Mais si les relations sociales n'étaient pas conduites par l'intérêt, est ce qu'il y aurait besoin d'une police ? Donc, autant se battre pour faire comprendre qu'une société sans argent, qui rendrait du même coup le pouvoir inutile, générerait beaucoup moins de problèmes. Les problèmes qui resteraient trouveraient des solutions par le débat, pas par la répression policière.

Comme je suis lancé, j'enchaine sur mon coup de gueule de l'année, c'est Ebola. Il y a un an, il y avait un mort, un seul. Aujourd'hui on en est à 7.700, je crois. Tout ça, parce que les Etats ont ignoré les premiers avertissements au mois de mars, ne se sont pas donnés les moyens de faire face. Quand l'état d'alerte a été lancé au mois de juin par MSF, disant que la situation était hors de contrôle, il a fallu encore un mois et demi avant que les Etats prennent les premières mesures. C'est écœurant. Et ils prétendent représenter l'ordre contre lequel on n'a pas le droit de se rebeller sans quoi la police arrive...

- J'applaudis des 4 mains !
Dernier point: nos étonnements. Vite fait parce que le thermostat est au bout. Toi ?

- La disparition du MH370 dans une région où chaque mètre carré de la mer de Chine est surveillé par les satellites américains, chinois, russes etc. C'est impossible de faire disparaître un avion. Ils nous ont raconté des foutaises. Les recherches ont juste permis de constater que les océans étaient remplis de déchets. Mais il y a forcément une raison à ce secret et on le saura peut-être un jour.

Toi ?

- Philae, le petit robot qui se pose avec quelques rebonds sur une comète. J'ai trouvé ça incroyable. Il s'est posé avec une patte en l'air, ses panneaux solaires sont mal orientés. Il faudra attendre le printemps pour qu'il recharge ses batteries, mais j'attends impatiemment ce qu'il va nous faire découvrir.

Dernière question: un pays où ça va péter en 2015 ?

- C'est difficile de répondre...

- Il faut se jeter à l'eau.

- L'Italie...

- Moi, la France !  Ça va péter, bordel !

- Ouais, je crois qu'à NDDL, ce sera agité, pendant l'été.

- Non, tu as dit l'Italie !


***


Le dollar, monnaie reine de 2014
par Masayuki Kitano
traduit par Michelle Chen, Wilfrid Exbrayat, édité par Véronique Tison

Reuters, Boursier - 31 dec 2014
http://www.boursier.com/actualites/reuters/le-dollar-monnaie-reine-de-2014-168607.html


SINGAPOUR - Le dollar est bien parti pour terminer l'année 2014 sur un gain de 12 % face à un panier de monnaies de référence et les attentes d'un relèvement des taux aux Etats-Unis l'an prochain risquent fort d'entretenir son mouvement ascendant. Ce sera la meilleure performance du billet vert depuis 2005, lorsqu'il était monté de près de 13 %.

L'indice du dollar a atteint cette année un pic de 8 ans, profitant d'une politique monétaire américaine qui semble plutôt s'orienter vers une remontée des taux alors qu'à l'inverse l'heure est à l'assouplissement en Europe et au Japon. Cette divergence devrait rester à l'ordre du jour l'an prochain. Les derniers indicateurs économiques ne font que renforcer l'opinion que l'économie américaine s'accommodera bien d'une hausse des taux qui pourrait intervenir à la mi-2015, de l'avis des marchés. L'indice du dollar, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de 6 devises, était stable à 89,992 mercredi matin. Il avait atteint mardi un pic de 90,325, au plus haut depuis 2006. Preuve de sa solidité, le dollar est bien parti pour terminer sur un gain annuel face à chacune des monnaies de son indice, à savoir l'euro, le yen, le sterling, le dollar canadien, la couronne suédoise et le franc suisse. Le billet vert est également en hausse cette année face au dollar australien, au dollar néo-zélandais et à la couronne norvégienne.

(...) La monnaie américaine s'est appréciée de plus de 13 % contre le yen cette année et ses gains se sont accrus lorsque la Banque du Japon (BoJ), contre toute attente, a assoupli sa politique monétaire en octobre pour lutter contre la déflation. L'orientation générale du dollar contre le yen sera sans doute haussière en 2015, estime Teppei Ino, analyste de Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ. "Si vous demandez si le dollar ira plutôt vers 100 ¥ ou plutôt vers 130 ¥, je dirais la seconde hypothèse", déclare-t-il. (...)

Le dollar avait atteint mardi un plus haut de 29 mois de 1,2123 par euro. L'euro/dollar, stable mercredi matin, est en baisse de 11,5 % depuis le début de l'année, ce qui serait sa perte la plus élevée depuis 2005.

Enfin, le yuan subirait cette année face au dollar sa première perte annuelle importante depuis sa réévaluation de 2005. Elle serait de 2,4 %, après un gain de 2,8 % en 2013. La monnaie chinoise avait déjà subi une perte, mais modeste, en 2009. La Chine assouplira l'encadrement du yuan le 1er janvier, remplaçant les plafonds quotidiens sur les positions de change des banques par des limites hebdomadaires et certaines banques ne seront ainsi plus obligées de maintenir des positions longues minimales sur le dollar. Le yuan a fortement baissé dans le courant de l'année, une dépréciation voulue par la Banque populaire de Chine (PBoC), pense-t-on, pour contrecarrer les spéculateurs. Il a regagné du terrain par la suite pour retomber lorsque la PBoC a contre toute attente baissé les taux en novembre. Elle devrait récidiver dans les mois qui viennent, maintenant une pression baissière sur la monnaie nationale.


EDIT (1er janvier 2015) Depuis plus de deux siècles, le taux d’intérêt moyen des bons du Trésor américains à 10 ans s'établit à 5 %. Jusqu'au krach de 2008, il n'était descendu sous les 3 % que pour favoriser l'effort de guerre lors de la Seconde guerre mondiale. La politique de taux bas pratiquée en cas de nécessité absolue n'est faite que pour favoriser les dépenses et les emprunts d'Etat sur le court terme pour donner un coup de fouet à l'économie. Elle n'est pratiquée qu'en période exceptionnelle, pas pour une période prolongée, car alors elle décourage l'épargne, l'investissement, et contribue au ralentissement de l'économie. Cette politique pratiquée par la Fed qui est censée trouver une sortie de crise finit à la longue (6 ans) par provoquer les mêmes symptômes que l'alccol quand il est consommé régulièrement et sans modération. (hic)


Avec la dette, les banques centrales mettent les marchés en danger de séisme…
par Eberhardt Unger
La Chronique Agora - 03 dec 2014
http://la-chronique-agora.com/dette-banques-centrales/


Six années se sont écoulées depuis l’éclatement de la crise économique et financière en 2008 et elle n’est toujours pas surmontée. Les pays développés sont coincés dans la stagnation et les marchés financiers mondiaux chancèlent sur le bord d’un précipice. Les tensions géopolitiques, les sanctions et les contre sanctions freinent le commerce mondial. Les surcapacités industrielles favorisent des mesures protectionnistes. Des dévaluations compétitives et la guerre des monnaies secouent le système monétaire mondial. Des économies complètement surendettées, des comportements complètement irrationnels sur les marchés financiers nous signalent notre totale perdition sur des chemins qui ne conduisent nulle part.

Comment sortir de cette situation ? Comment l’économie mondiale peut-elle surmonter cette crise ? Les banques centrales n’ont toujours pas trouvé la réponse à ces questions. Les six dernières années ont prouvé que ZIRP [Zero Interest Rate Policy ou politique de taux d'intérêt zéro; ndc] et QE ne sont pas en mesure de retourner la situation. Les innombrables programmes de relances, financées par le crédit, qui ont fait explosé la dette publique n’ont pas été en mesure de produire une amélioration économique autonome. En conséquence, le service de la dette réduit à néant toute chance de reprise économique.

Déception pour les politiques des banques centrales… La plus grande déception pour les monétaristes, ceux qui pensent que tout peut s’arranger avec de l’argent, a été l’échec de la politique de taux d’intérêt zéro et de l’assouplissement quantitatif. Avec des taux d’intérêt toujours plus bas, les banques centrales tentent de faire croître la demande de crédit venant des investisseurs. Mais les investisseurs ne raisonnent pas. Toujours plus d’assouplissements devient contre-productifs. L’exemple le plus parlant est celui de la banque du Japon qui pratique le taux zéro depuis 24 ans… sans aucun succès. La Fed a cessé son QE, mais n’a toujours pas de plan visant à normaliser la structure des taux d’intérêt. Au lieu de cela, elle a promis aux marchés financiers de poursuivre la phase des faibles taux d’intérêt encore longtemps.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a même insisté sur le fait que la BCE fera tout, et aussi vite que possible, pour élever l’inflation et les prévisions d’inflation dans la Zone euro vers un niveau proche de 2 %. Cela a ouvert la voie à des spéculations sur les marchés financiers, en laissant penser que la BCE pourrait modifier à nouveau sa politique monétaire et peut être même l’assouplir. Toutefois, les taux du marché monétaire sont déjà négatifs. Les investisseurs sur les marchés financiers, à la recherche de rendements, sont poussés vers des placements toujours plus risqués. La prochaine bulle financière se gonfle.

Les adeptes des dépenses déficitaires (deficit spending) sont tout aussi déçus. L’utilité marginale de la dette est déjà nulle ou même négative. Les dettes augmentent plus rapidement que le PIB. Pour 1 $ de croissance, les Etats-Unis doivent s’endetter de 1,5 $. Ceci est similaire dans la Zone euro et au Japon. La dette publique dans la Zone euro est de 92 % du PIB, aux Etats-Unis elle atteint les 110 % et au Japon elle est de 250 %. Au-delà d’un seuil d’environ 90 %, les dettes publiques deviennent contre-productives.

Seuls quelques pays développés ont été en mesure d’éviter ou du moins de réduire de nouveaux déficits budgétaires. Les dettes publiques augmentent continuellement et un retour à la normalité devient presque impossible. Les dettes publiques de la Zone euro sont à 9.000 milliards d’euros. L’horloge de la dette publique américaine National Debt Clock s’élève à 19.500 milliards de dollars. Une hausse de deux points de pourcentage des taux d’intérêts augmenterait le service de la dette de 200 milliards d’euros dans la Zone euro ; aux Etats-Unis, ce montant s’élèverait à environ 400-500 milliards de dollars par an. Ces niveaux de dette publique augmentent à chaque budget annuel et pousseront des pays à la faillite. La Banque des règlements internationaux pense que la situation de l’économie mondiale semble être encore plus fragiles qu’en 2007 en raison du problème de surendettement, et exige un revirement dans la politique monétaire et financière.

Néanmoins, ceux qui sont pour le recours au déficit demandent constamment de nouveaux programmes de relance financés par le crédit et reçoivent le soutien d’institutions internationales comme le FMI et l’OCDE. Le chef du FMI, Christine Lagarde, propose même de relever le plafond de la dette publique dans l’Union européenne. Un plafond légal de la dette existe déjà aux Etats-Unis depuis 1962 et il a été relevé 74 fois. La prochaine augmentation sera décidée en mars 2015. Il faut quand même relever la dangereuse mentalité qui se cache derrière cette "technique" du recours au déficit pour relancer l’économie: la "douce vie à crédit", sans soucis des effets à long terme et des dangers que l’on fait courir à notre système financier.

Pourquoi les marchés financiers ignorent-ils ces dangers ? Pourquoi toujours ces appels pour de nouveaux programmes de relance et pour des investissements publics dans les infrastructures ? La politique de taux d’intérêt zéro et les QE ont aveuglé les acteurs du marché et ont déclenché l’illusion de la toute-puissance des banques centrales. On voit maintenant que "plus d’argent" n’est en aucun cas un remède efficace sans réformes budgétaires et sociales. Il est plus facile de créer de nouvelles dettes, ce qui est actuellement très bon marché, que de proposer au parlement des programmes de réformes difficiles. Personne ne pense aux charges d’intérêts mises à la charge des générations futures.

Les tensions "tectoniques" dans l’économie mondiale sont désormais accentuées par une course à la dévaluation et une guerre des monnaies. Les tensions et affrontements en raison des déséquilibres mondiaux du commerce mondial conduisent à des tendances protectionnistes et empêchent le dynamisme du développement économique. Chaque pays tente d’obtenir un avantage dans le commerce mondial en abaissant le taux de change de sa monnaie. La domination du dollar diminuera dans les prochaines années. Le rôle de l’or comme monnaie a récemment été souligné dans un entretien avec Alan Greenspan: "rappelez-vous ce que nous observons. L’or est une devise. Il est encore, selon toutes les preuves, la devise suprême. Aucune monnaie fiduciaire — dollar compris — ne peut l’égaler". (...)