Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
14.02.2026
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L'exploitation des mines de charbon est une aberration au XXIe siècle alors qu'il existe des sources d'énergie non fossiles qui ne demandent qu'à être développées. Mais les compagnies minières ne sont pas disposées à sacrifier leurs profits et à disparaître, même si cela doit passer par l'ensevelissement de centaines de mineurs comme à Soma, et de milliers d'autres tous les ans dans le monde... sans compter tous ceux qui meurent de maladies, prématurément. Les syndicats vont dans le même sens en défendant les emplois et les intérêts corporatistes que le secteur représente ! Ce système est criminel...
En réaction à l'effondrement de cette mine à Soma, des manifestations spontanées ont eu lieu hier dans plusieurs villes de Turquie, à Istanbul, place Taksim ainsi qu'au siège social de l’entreprise propriétaire de la mine, et à Ankara, le quartier des universités étant proche de celui des ministères. Comme à son habitude, la police a répondu en tirant des gaz lacrymogène. Dans les couloirs du métro d'Istanbul, des manifestants ont protesté en se couchant sur le sol pour représenter les centaines de victimes.
Ce matin à Izmir (au sud de Soma), une foule de 20.000 personnes a tenté de manifester avant que la police intervienne et la noie dans les gaz lacrymogènes. Et ce soir, des photos montrent le conseiller d'Erdogan en costume cravate donner plusieurs coups de pied à un manifestant que des policiers maintiennent au sol ! La portée de la catastrophe de Soma est telle qu'elle dépasse les scandales de corruption du début de l'année. Elle pourrait relancer la contestation un an après les premières manifestations du parc Gezi.
Le ministre turc de l'Energie a déclaré hier soir que 787 mineurs se trouvaient dans les galeries au moment de l'explosion. Or seulement 363 mineurs ont été remontés vivants à la surface: faites la soustraction. Les journalistes sont là à entretenir le suspens dans l'"espoir" d'hypothétiques survivants... alors que le feu en bas n'a toujours pas été éteint ! Ils ne diront pas qu'un garçon de 15 ans fait partie des victimes. Dans ses dernières réformes de l'éducation, l'AKP a abaissé l'âge minimum pour travailler à 14 ans !
L'AFP rappelle laconiquement qu'en Turquie les explosions dans les mines sont fréquentes, plus particulièrement dans le secteur privé "où, souvent, les consignes de sécurité ne sont pas respectées". Alp Gürkan, l'homme d'affaires qui contrôlent la compagnie minière à Soma, se vantait en 2012 dans un entretien accordé au quotidien Hürriyet, de la baisse considérable des coûts de l’extraction du charbon « grâce à l’efficacité du secteur privé ».
Non, ce n'est pas un accident, c'est un crime commis pour le profit. Mais les syndicats appellent au deuil et à baisser la tête pour couper court à la colère !... Leur grève de 24h de jeudi participe bien aux trois jours de deuil national (et de prières) décrétés par le gouvernement. L'année prochaine, puis tous les ans à la même date, ils organiseront des commémorations avec discours compassés, larmes de crocodile, gerbes de fleurs... Les victimes seront transformées en "héros" qui auront donné leur vie pour le développement économique de la Turquie ! Ecœurant...
Appel à une grève nationale après le drame
AFP, Romandie news - 15 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Accident-minier-appel-a-une-greve-nationale-apres-le-drame/477929.rom
Quatre syndicats turcs appellent à une grève nationale jeudi après la catastrophe survenue dans une mine de charbon à Soma, dans l'ouest du pays. Cette action vise à protester contre les normes de sécurité jugées insuffisantes.Les participants sont appelés à se vêtir de noir. "Des centaines de nos frères travailleurs à Soma ont été voués d'emblée à la mort en étant forcés de travailler dans des conditions de production particulièrement difficiles, dans le but de parvenir à des profits maximums", déclarent les syndicats dans un communiqué.
Accident minier en Turquie: Manifestation contre Erdogan sur le site de l'explosion
AFP, Romandie news - 14 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Accident-minier-en-Turquie--manifestation-contre-Erdogan-sur-le/477727.rom
SOMA (Turquie) - Plusieurs dizaines d'habitants en colère de la ville de Soma (ouest de la Turquie), frappée par une catastrophe minière, ont manifesté contre le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui s'est rendu sur les lieux, l'appelant à démissionner, a rapporté l'agence de presse Dogan. Des manifestants s'en sont pris à son véhicule officiel malgré un dispositif policier, lui donnant des coups de pied, selon l'agence. M. Erdogan qui est sorti de la voiture sous les huées des protestataires est rentré dans un commerce avant d'en ressortir quelques minutes après, selon les images diffusées par cette agence [Ce n'était pas pour faire des achats ! Il a été obligé de se réfugier dans une superette et il a attendu que sa police rétablisse l'ordre. Après son départ, d'importantes forces de police sont restées présentes sur le site en prévision de la visite du président Gül, ndc]. (...)
Peu avant, le chef du gouvernement turc s'était adressé à la presse dans cette ville, annonçant un nouveau bilan provisoire de 238 mineurs tués à la suite de cette catastrophe industrielle [Bilan provisoire qui s'alourdira dans les prochaines heures et qui ne tient pas compte des disparus estimés à 200, ndc], l'une des pires qu'ait connue la Turquie. Il a aussi rejeté les critiques concernant une éventuelle négligence de son gouvernement islamo-conservateur, affirmant que les accidents miniers se produisent partout dans le monde, en citant par ailleurs des accidents survenus aux XIXè et XXè siècles en Grande-Bretagne et en France notamment.
Selon les médias locaux, il y a trois semaines le Parlement avait refusé de former une commission pour faire un état des lieux sur la sécurité des mines en Turquie. Les trois partis d'opposition avaient soumis des propositions qui ont toutes été refusées par l'AKP, le parti majoritaire de la Justice et du développement dirigé par M. Erdogan.
EDIT (16 mai 2014) Les manifestations se poursuivent contre le gouvernement accusé d'indifférence au sort des travailleurs et contre les propos d'Erdogan selon lesquels "les accidents sont dans la nature même des mines". La police réprime tout rassemblement.
Turquie: La police réprime une manifestation sur les lieux du drame minier
AFP, Romandie news - 16 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Turquie-La-police-reprime-une-manifestation-sur-les-lieux-du-drame/478522.rom
SOMA - La police turque a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre environ 10.000 personnes qui manifestaient vendredi sur les lieux de la catastrophe minière de Soma a constaté une journaliste de l'AFP. Avant l'intervention policière dans la ville minière située à proximité du puits de charbon où l'accident est survenu mardi, les manifestants en colère ont refusé de se disperser malgré les appels de la police. Ils criaient "Gouvernement démission" ou encore "Ne dors pas Soma, n'oublie pas les mineurs". Les manifestants ont répondu à la police qui a également fait usage de canons à eau par des jets de pierres. Au moins 5 personnes, dont deux policiers, ont été blessés, selon l'AFP sur place.
Erdogan aurait tenu des propos antisémites contre un contestataire
AFP, Romandie news - 16 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Turquie-Erdogan-aurait-tenu-des-propos-antisemites-contre-un_RP/478508.rom
ANKARA - Le Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan aurait tenu des propos antisémites en s'en prenant violemment mercredi à un contestataire, sur les lieux de la catastrophe minière de Soma, ont rapporté vendredi des médias locaux. "Où vas-tu espèce de sperme d'Israël, viens par ici !", crie le chef du gouvernement turc dans une vidéo publiée sur le site internet des journaux d'opposition, dont Sözcü, lorsqu'un manifestant le critique apparemment pour sa gestion de la catastrophe (...).
Selon les images, le chef du gouvernement, entouré de nombreux gardes du corps entre dans une supérette de Soma, non loin de la mine, à la porte de laquelle il s'acharne les bras tendus contre une personne non identifiée parmi d'autres habitants, en lui lançant cette diatribe et le tenant par le cou, la scène se déroulant dans une bousculade. Il n'apparaît pas clairement sur les images si M. Erdogan, hué et pris à partie par des habitants en colère à Soma, gifle ou frappe le manifestant, comme l'affirment ses détracteurs. Le porte-parole de son parti AKP, Hüseyin Celik, a démenti vendredi devant la presse à Ankara une telle agression physique tout en évitant de répondre en détail aux questions insistantes des journalistes. "Il n'y a pas d'images sur une gifle", a-t-il affirmé, démentant que le Premier ministre ait frappé quelqu'un.
Il n'a en revanche pas été interrogé sur l'insulte antisémite attribuée au Premier ministre. Mais le porte-parole a admis qu'un conseiller de M. Erdogan, pris en photo, avait donné des coups de pied à un manifestant au sol à Soma, mais soutenu la thèse de la légitime-défense [Photo de la scène]. L'assistant, Yusuf Yerkel, qui s'est excusé pour son geste jeudi, "a été attaqué et blessé par cet homme et a obtenu un arrêt maladie de 7 jours pour ses blessures", a affirmé M. Celik. La photo a indigné et choqué la Turquie endeuillée par la tragédie de Soma, la pire catastrophe industrielle qu'ait connue ce pays, suscitant la colère contre le régime de M. Erdogan, au pouvoir depuis 2002. (...)
17/05/2014 >> Le bilan définitif s’élève à 301 morts.
EDIT (22 mai 2014)
Nouvelles manifestations à Istanbul, après de violents heurts
AFP, Romandie news - 22 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Turquie--nouvelles-manifestations-a-Istanbul-apres-de-violents/480526.rom
ISTANBUL - Les heurts, qui ont opposé plusieurs manifestants aux forces de l'ordre jeudi à Istanbul, faisant un blessé grave par balle, et l'accident minier de Soma ont ravivé la colère de la population contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.
Une semaine après la catastrophe minière de Soma, dans laquelle 301 mineurs sont morts, plusieurs centaines de personnes manifestaient dans la soirée à Istanbul contre le gouvernement de l'AKP (au pouvoir depuis 2002), accusé d'avoir négligé la sécurité des mineurs et d'avoir manqué d'empathie pour les victimes du drame. Les manifestants, qui ont réussi à converger dans le quartier de Kadiköy malgré une forte présence policière, ont demandé des comptes à l'AKP et la démission du gouvernement, accusé d'être des assassins, a constaté un photographe de l'AFP.
Plus tôt dans la journée, en marge d'un rassemblement, un homme de 30 ans qui se trouvait dans un Cemevi (temple religieux des alévis, Ndlr) dans le quartier d'Okmeydani, a reçu une balle en pleine tête. Il a été transporté à l'hôpital dans un état critique. Son pronostic vital restait engagé en début de soirée. Les manifestants dans ce quartier se sont violemment opposés aux forces de l'ordre, qui ont riposté avec des cocktails Molotov, des gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc et des canons à eau. "Des armes à feu ont été utilisées", a déclaré à la presse le gouverneur d'Istanbul Huseyin Avni Mutlu, sans plus de précisions. "Vous êtes des assassins", ont scandé des centaines de manifestants massés à proximité de l'hôpital.
Alors que M. Erdogan doit annoncer dans les prochains jours sa candidature à l'élection présidentielle, les autorités tentent de contenir tout mouvement contestataire. La police, en grand nombre dans les rues d'Istanbul, dresse un peu partout des barrages pour empêcher tout rassemblement et procède à de nombreuses interpellations. (...)
EDIT (23 mai 2014)
Nouvelles échauffourées à Istanbul
AFP, Romandie news - 23 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Turquie-nouvelles-echauffourees-a-Istanbul/480765.rom
ISTANBUL - De nouvelles échauffourées ont éclaté vendredi en fin de matinée à Istanbul, après l'annonce d'un deuxième décès lors de violents affrontements nocturnes entre la police et des manifestants anti-gouvernementaux dans le quartier populaire d'Okmeydani, a constaté l'AFP. Des manifestants ont affronté pendant plusieurs minutes des policiers dans leur véhicule, sur l'un des principaux axes du quartier. Pour s'extirper et faire fuir la quinzaine de protestataires, les forces de l'ordre ont de nouveau tiré des coups de feu en l'air avant d'user de gaz lacrymogène, a constaté un photographe de l'AFP sur place. L'ambiance restait électrique à la mi-journée.
Le quartier d'Okmeydani est en proie à d'importants heurts depuis jeudi, qui ont causé la mort de deux personnes, et blessé 9 autres, dont 8 policiers, a déclaré à la presse le gouverneur d'Istanbul Hüseyin Avni Mutlu. La Turquie n'avait pas connu une telle violence depuis le mouvement de contestation antigouvernementale qui a ébranlé le pouvoir au printemps dernier.
Turquie: Un deuxième mort après les affrontements de la nuit
AFP, Romandie news - 23 mai 2014
http://www.romandie.com/news/Turquie-un-deuxieme-mort-apres-les-affrontements-de-la-nuit/480731.rom
ISATANBUL - Une deuxième personne est morte vendredi des suites de ses blessures après de violents affrontements nocturnes entre la police et des manifestants dans un quartier populaire d'Istanbul, a annoncé vendredi à la presse le gouverneur de la ville, Huseyin Avni Mutlu. Alors que des dizaines de personnes manifestaient jeudi dans le quartier d'Okmeydani à Istanbul contre le gouvernement et à la mémoire d'un adolescent de 15 ans, un homme qui assistait à des funérailles a été abattu à balles réelles de la police. L'annonce de la mort d'Ugur Kurt sur Twitter par le gouverneur d'Istanbul a mis le feu aux poudres et jeté des centaines de personnes dans les rues de la mégalopole.
Ugur Kurt, 30 ans, se trouvait aux funérailles d'un proche jeudi, lorsqu'il a été touché d'une balle à la tête. Non loin, des policiers tentaient de maîtriser les dizaines de manifestants. Après avoir tiré en l'air, à balles réelles, les forces de l'ordre ont visé la population, ont rapporté des témoins sous couvert d'anonymat à l'AFP, confirmant des informations de presse. Sur la vidéo de surveillance à l'entrée du lieu de culte, on voit la victime s'effondrer subitement, la tête ensanglantée. C'est au cours de ces derniers affrontements qu'une personne grièvement blessée est décédée des suites de ses blessures vendredi matin. Neuf autres ont été blessés, dont huit policiers, a précisé le gouverneur d'Istanbul.
La Turquie n'avait pas connu une telle violence depuis le mouvement de contestation antigouvernementale qui a ébranlé le pouvoir au printemps dernier. Une cérémonie à la mémoire d'Ugur Kurt doit se tenir à 18h dans le Cemevi (temple religieux des alévis, NDLR). Le cercueil sera transporté ensuite à Sivas, dans l'est du pays. Vingt armes de service de policiers ont été saisies dans le cadre de l'enquête, qui devra tenter de déterminer les circonstances du drame et de trouver l'auteur des coups de feu.
Ces nouvelles violences surviennent dans un contexte de campagne électorale. Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, mis en cause dans une multitude d'affaires, doit officialiser sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel direct. Lors d'un dernier discours fleuve, M. Erdogan s'en est de nouveau pris aux manifestants qu'il accuse d'être des terroristes prêts à diviser le pays comme en Ukraine.
24/05/2014 >> Erdogan accuse dans un discours les manifestants d'être des « terroristes » prêts à « diviser le pays comme en Ukraine ».