Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
23.01.2026
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A quelques jours des élections législatives en Israël, je ressors cet article publié juste avant les élections américaines, alors que la tension commençait à monter entre Israël et Gaza.
Rien a vraiment changé depuis. Foyer juif (parti nationaliste religieux) et les ultra-orthodoxes, les plus farouches partisans de l'apartheid semblent même avoir gagné en influence. Les tensions dans la région (Syrie, Liban, Egypte, Iran) attisent les peurs, encouragent le repli sur soi, renforcent les sentiments identitaires et sécuritaires. A l'approche des élections Netanyahu a donné un coup de barre à droite afin de récupérer les voix des électeurs tentés par les formations les plus extrémistes. Il a promis de construire des milliers de logements pour les colons à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée et qu'aucune colonie ne sera démantelée pendant la durée de son mandat. Avec son allié ultra-nationaliste Israël Beiteinou, il est assuré de remporter les élections et n'aura aucune difficulté à former une confortable coalition, la plus réactionnaire depuis la création de l'Etat.
Israël vire à (l’extrême) droite
Assawra - 25 oct 2012
http://www.assawra.info/spip.php?article1296
C’est le sondage qui choque l’État hébreu. Une grande partie de la population juive d’Israël serait favorable à l’instauration de discriminations envers ses concitoyens arabes. Voici l’étonnante conclusion d’une étude publiée par le quotidien israélien Haaretz. Commandé par le Fonds Yisraela Goldblum, une organisation de gauche chargée de collecter des dons en faveur de projets égalitaires israélo-palestiniens, le sondage, effectué par le très sérieux institut israélien Dialog, est la conclusion de 503 interviews menées le 16 septembre dernier, veille de la fête juive de Rosh Hashanah (nouvel an). Et ses résultats sont pour le moins étonnants: la moitié des Israéliens épousent des thèses ultra-nationalistes.
Ainsi, 59 % des sondés préféreraient que les Juifs soient privilégiés par rapport aux Arabes dans l’accession à des postes ministériels. Ils sont 42 % à ne pas vouloir qu’un Arabe habite leur immeuble, et toujours 42 % à ne pas souhaiter que leurs enfants se trouvent dans les mêmes classes que de jeunes Arabes. Avec 1,5 million de personnes, les Arabes israéliens - musulmans ou chrétiens - forment 20 % de la population israélienne. Descendants des Palestiniens qui sont restés dans les frontières d’Israël après la guerre de 1948 (700 000 Palestiniens ont été expulsés, NDLR), ils ont obtenu la nationalité israélienne. Il ne faut pas les confondre avec les 300 000 Palestiniens de Jérusalem-Est, qui disposent d’une carte de résident après l’annexion de leur territoire par Israël à l’issue de la guerre de six jours, en 1967.
Si en Israël, les différentes communautés n’habitent pas les mêmes quartiers, les Arabes israéliens possèdent strictement les mêmes droits que leurs concitoyens juifs, sauf pour le droit au retour. Ainsi, le regroupement familial ou la naturalisation du conjoint sont tout simplement exclus. "S’il existe une égalité formelle devant la loi, il demeure cependant de réelles inégalités sociologiques", souligne au Point.fr Denis Charbit, professeur en sciences politiques à l’université ouverte d’Israël. Ainsi, seuls 11 % des Arabes israéliens accèdent aux bancs de l’université. Seuls 10 % d’entre eux finissent chefs d’entreprise. Des inégalités que l’on retrouve même au niveau de l’espérance de vie: 74 ans côté arabe, contre 77 ans pour les Juifs.
D’après le sondage, un tiers des Juifs israéliens souhaiteraient retirer le droit de vote aux Arabes israéliens. Ils sont même 47 % à vouloir qu’une partie de la population arabe d’Israël soit gérée par l’Autorité palestinienne. "Les Juifs israéliens ont développé au fil des ans une peur quant à leur sécurité. Le conflit n’ayant pas trouvé de solution, cette peur s’est peu à peu transformée en haine, puis en racisme", note pour Le Point.fr Amiram Goldblum, chercheur à l’université hébraïque de Jérusalem, à la tête du Fonds Yisraela Goldblum qui a commandé l’étude. L’accès au pouvoir en 2009 de la coalition de droite menée par Benyamin Netanyahou a toutefois abouti à une relative stabilisation de la situation sécuritaire dans le pays. Mais Israël n’est pas à l’abri d’incidents.
Depuis mardi soir, 80 projectiles ont été tirés depuis la bande de Gaza contre le sud de l’État hébreu, qui a riposté par des frappes aériennes. Ce regain de violence a fait 6 blessés côté israélien, 4 morts chez les combattants palestiniens. "Si un compromis était trouvé, c’est-à-dire deux États côte à côte, la relation des Juifs avec les Arabes changerait de façon conséquente", estime Amiran Goldblum. S’il trouve "terribles" les résultats du sondage, "même s’ils ne le surprennent pas, le politologue Denis Charbit refuse pour sa part de parler de "racisme". "Il ne s’agit pas d’affirmer que telle race est supérieure à une autre, mais plutôt de préjugés fortement ancrés et dictés par la peur. Peur de quelqu’un que l’on ignore", estime le chercheur. Peut-on parler de droitisation de la société israélienne ? "S’agit-il d’une droitisation, ou plutôt d’un processus de désillusion ?" demande à son tour Emmanuel Navon, professeur de relations internationales à l’université de Tel-Aviv. "Ce qui est sûr, c’est que la déception est très profonde vis-à-vis de l’échec des accords d’Oslo", ajoute le chercheur.
Le sondage ne se cantonne pas aux Arabes d’Israël. Il s’intéresse également à la Cisjordanie, territoire palestinien occupé militairement par Israël en 1967, que ce dernier colonise depuis graduellement, en dépit du droit international. Et les résultats sont encore plus édifiants. En cas d’annexion du territoire, une majorité de Juifs israéliens seraient favorables à l’établissement d’un régime d’apartheid en Cisjordanie. Ils sont ainsi 74 % à se positionner en faveur de routes séparées entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie. 69 % à refuser d’accorder aux 2,5 Mmillions de Palestiniens de Cisjordanie le droit de vote, conséquence inévitable d’une annexion. Plus étonnant, une majorité (58 %) de Juifs israéliens est déjà convaincue qu’Israël pratique une politique discriminatoire à l’encontre des populations arabes.
"Il demeure légitime de se méfier de l’adversaire lorsque l’on se trouve dans une situation de guerre", souligne Denis Charbit. "Mais là, on constate une radicalisation énorme: le même genre de dérapage que l’on retrouve côté arabe, chez ceux qui affirment qu’Israël domine le monde", ajoute le politologue. L’étude distingue également le vote juif par catégorie. Sans surprise, ce sont les ultra-orthodoxes qui tiennent les positions les plus extrêmes. 95 % d’entre eux sont par exemple favorables aux discriminations à l’embauche. 82 % aimeraient que les Juifs bénéficient d’un traitement préférentiel, et 70 % s’opposent au vote des Arabes israéliens.
Le constat est le même sur la question des Palestiniens de Cisjordanie. D’après le sondage, 83 % des "haredim" sont favorables à une ségrégation dans les routes de Cisjordanie. La communauté ultra-orthodoxe - qui vote ultra-nationaliste - étant la plus dynamique du pays démographiquement, la tendance ne devrait pas s’inverser dans les années à venir. Viennent ensuite dans le sondage les religieux "traditionnels", les nouveaux immigrants venus de l’ex-URSS et les laïques de gauche. Ces derniers paraissent comme étant les plus tolérants.
Ils sont par exemple 73 % à ne voir aucun inconvénient à ce que leurs enfants fréquentent en classe des camarades arabes. De la même manière, 68 % d’entre eux ne seraient pas dérangés d’avoir un Arabe pour voisin. Toutefois, ils ne sont que 50 % à penser que leurs concitoyens ne devraient pas être victimes de discriminations pour trouver un emploi. "Cette situation globale est encouragée au niveau politique", affirme Denis Charbit. "C’est ce qui arrive lorsqu’on ne cesse d’insister sur le danger à l’extérieur. Quand on estime avoir toujours raison, et que les autres ont toujours tort."
Pour Amiram Goldblum, ce sondage demeure donc une occasion unique pour informer la population israélienne et l’appeler à "faire pression sur le gouvernement", afin de mettre un terme à la colonisation et reprendre les négociations avec l’Autorité palestinienne. S’il admet de son côté que les résultats de l’étude ne sont peut-être pas totalement infondés, même s’il ne reconnaît pas ce genre d’opinion dans la société israélienne, Emmanuel Navon assure que l’organisation qui l’a commandée possède un "agenda politique clair". "Il est anormal de tenter d’imposer par ce genre de sondage - et donc par la pression internationale - des idées qui ne cessent d’être repoussées par l’électorat, qui a démocratiquement élu son gouvernement", estime le chercheur, qui est également candidat aux primaires du Likoud en vue des prochaines législatives.
Considérée comme l’exécutif le plus à droite de l’histoire d’Israël, la puissante coalition de droite formée par le Likoud et des formations religieuses et ultranationalistes, dont le parti Israel Beytenou d’Avigdor Lieberman, paraît aujourd’hui assurée de remporter les prochaines législatives anticipées, fixées au 22 janvier prochain.
Israël: Le parti nationaliste religieux grignote encore des voix au Likoud
AFP, France24 - 25 dec 2012
http://www.france24.com/fr/20121225-israel-le-parti-nationaliste-religieux-grignote-encore-voix-likoud
Le parti nationaliste religieux (Foyer juif) continue de grignoter des voix au Likoud du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, grand favori des législatives du 22 janvier, selon un sondage publié mardi [25 décembre] dans le quotidien Haaretz. Le Foyer juif, mené par Naftali Bennett, est crédité de 13 sièges, en hausse de 2 mandats par rapport à l'étude précédente publiée le 10 décembre dans Haaretz. Selon le quotidien, cette progression se fait au détriment de La liste commune entre le Likoud et le parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou, de l'ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui obtiendrait 35 mandats, en recul de 4 sièges par rapport au sondage précédent. Le Foyer juif bénéficierait de la polémique déclenchée le week-end dernier par les déclarations de M. Bennett sur son refus d'obéir en tant que soldat à un éventuel ordre d'évacuation de colonies juives. "Netanyahu et le Likoud-Israël Beiteinou ont été trop loin dans leurs attaques contre Bennett. Ils l'ont transformé en enfant chéri de la droite (...) en leader de la droite alternative", écrit l'analyste politique du Haaretz Yossi Verter.
Les projections de mandats dans la composition de la future Knesset restent par ailleurs stables, selon l'étude de l'institut Dialog, menée auprès de 491 personnes, le 23 et 24 décembre, avec une marge d'erreur de 4,3 %. Le bloc de droite conserve sa position de force, s'adjudgeant 67 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Le parti Shass (ultra-orthodoxe sépharade) obtiendraient 13 députés (+ 1) et Judaïsme unifié de la Torah (ultra-orthodoxe ashkénaze) 6 mandats. "Ces chiffres montrent que Netanyahu sera certainement le prochain Premier ministre, mais le contrôle de son parti dans la prochaine coalition sera moins important que ce qu'il escomptait en s'alliant sa liste avec celle de Lieberman", commente Yossi Verter. Le bloc de centre gauche [Parti travailliste, HaTnuah et Yesh Atid, ndc] est quant à lui crédité de 53 sièges, selon l'étude. (...) Le principal parti de l'actuel Parlement, Kadima (centre droit) n'obtiendrait que 2 sièges.
Naftali Bennett, la star montante de la droite nationaliste israélienne
AFP, RTBF - 19 jan 2013
http://www.rtbf.be/info/monde/detail_naftali-bennett-la-star-montante-de-la-droite-nationaliste-israelienne?id=7910880
Le sourire aux lèvres, la voix assurée, un regard direct: Naftali Bennett, l'ancien chef de cabinet de Benjamin Netanyahu, est l'invité surprise de la campagne électorale israélienne, tondant la laine sur le dos de la principale liste de droite. Un mois après sa victoire aux primaires du Foyer Juif (nationaliste religieux), son parti, qui n'a aujourd'hui que 3 sièges sur 120 au Parlement, est crédité selon les sondages de 12 à 15 députés aux législatives du 22 janvier. Il continue de grignoter des voix sur la liste commune du Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du parti Israël Beiteinou de l'ex-chef de la diplomatie Avigdor Lieberman.
Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, âgé de 40 ans et père de 4 enfants, a dépoussiéré un parti qui a connu son heure de gloire dans les années 1960, membre de toutes les coalitions gouvernementales de 1948 à 1992. Représentant le courant religieux au sein d'un mouvement sioniste à l'origine majoritairement laïque, le Foyer Juif a viré à droite dans les années 1970 avant de perdre une partie de son électorat au profit d'autre partis, tombant de 12 sièges à 3 en 2009, le pire score de son histoire. Naftali Bennett, ancien entrepreneur dans la haute technologie, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 M EUR), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando, un profil apprécié dans une partie de la jeunesse. Communiquant sur les réseaux sociaux en hébreu, anglais et français, il a aussi élargi l'audience du parti, en s'entourant de personnalités susceptibles d'attirer un électorat boudant habituellement le Foyer Juif.
Cet ancien directeur du Conseil de Yesha, l'organisme représentant les colons de Cisjordanie, a aussi tenté de rassurer les éléments les plus durs idéologiquement en signant un accord avec l'Union nationale, plus à droite. Après avoir quitté le Likoud en mai 2012, il a créé "Les Israéliens", un mouvement doté d'un programme visant à rapprocher les laïcs des religieux et de ce qu'il qualifie de "plan de paix" avec les Palestiniens. Ce plan, inacceptable pour les intéressés, propose l'annexion par Israël des 60 % de la Cisjordanie sous son contrôle total et davantage d'autonomie pour les Palestiniens dans le reste.
Catégoriquement opposé à un Etat palestinien, Naftali Bennett revendique clairement sa place à la droite du Likoud. "Je suis pour que Netanyahu soit le prochain Premier ministre mais nous devons être forts pour l'empêcher de faire une coalition avec les partis de gauche", confie-t-il à l'AFP. "J'ai comme ambition de construire un meilleur avenir pour l'ensemble des composantes de la société israélienne, religieux et laïcs, juifs et non-juifs", explique-t-il. Attaqué par le Likoud, qui le présente comme un extrémiste de droite et par les partis religieux qui le jugent trop conciliant avec le monde laïc, il n'a fait que bénéficier de ces attaques, selon l'analyste politique du quotidien Haaretz, Yossi Verter.
EDIT (23 janvier 2013) Netanyahu avait convoqué des élections anticipées pour se retrouver en position de force sur le dossier iranien et imposer ses vues à l'armée. De ce point de vue là, c'est raté. S'il n'avait pas fait liste commune avec Beitenou, il n'est même pas sûr qu'il serait arrivé à la première place. L'un des grands enseignements de ce scrutin est que la bipolarité à vécu. Les grands partis traditionnels d'où sont issus tous les Premiers ministres, Likoud et Parti travailliste, sont usés par l'exercice du pouvoir. Le paysage politique apparait de plus en plus éclaté. L'extrême droite ultra-nationaliste et religieuse (en dehors de Beitenou) progresse. Elle est devenue la force politique la plus cohérente avec la poursuite de la colonisation comme principal credo. Quant aux partis du centre qui défendent les intérêts de la petite bourgeoisie modérément nationaliste, même s'ils font mathématiquement jeu égal, ils ne constituent pas un bloc homogène. Le nouveau parti Yesh Atid a attiré sur lui le vote protestataire contre l'érosion du pouvoir d'achat sur une ligne politique floue qui ne résistera pas aux compromis politiciens habituels sur l'austérité, la colonisation et l'Iran. D'ailleurs il a déjà fait savoir qu'il était prêt à aller à la soupe. Comme c'est le cas chaque fois qu'aucun parti n'émerge, il y a de l'union nationale dans l'air.
Netanyahu vainqueur mais affaibli face à un nouveau venu centriste
AFP, Aufait - 23 jan 2013
http://www.aufaitmaroc.com/actualites/monde/2013/1/23/israel-netanyahu-vainqueur-mais-affaibli-face-a-un-nouveau-venu-centriste_204202.html
Le Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu devrait se maintenir au pouvoir en Israël malgré la contre-performance de sa liste aux élections législatives de mardi qui va le forcer à une alliance avec un nouveau parti centriste, gagnant inattendu du scrutin. La liste commune formée par le Likoud de M. Netanyahu avec le parti Israël Beiteinou de son ex-ministre des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, Netanyahu n'a obtenu que de 32 ou 33 sièges contre 42 sur 120 dans le Parlement sortant, selon les sondages sortie des urnes. Le parti centriste Yesh Atid, lancé il y a un an à peine par l'ex-journaliste Yaïr Lapid, a créé la sensation en devenant la 2ème formation du pays avec 18 ou 19 députés, juste devant le Parti travailliste (17).
Prenant acte de ce revers, M. Netanyahu a annoncé son intention de constituer le "gouvernement le plus large possible" devant les militants de son parti Likoud à Tel Aviv. Il s'est engagé à s'atteler immédiatement à cette tâche et a pressé M. Lapid de le rejoindre afin d'"accomplir de grandes choses pour Israël". Yaïr Lapid, un nouveau venu en politique devenu faiseur de roi, a lui aussi prôné un gouvernement "le plus large possible". "J'exhorte les dirigeants politiques à agir avec moi pour former ensemble le gouvernement le plus large possible qui unira les éléments modérés de gauche et de droite pour un réel changement", a plaidé M. Lapid en s'adressant à ses partisans enthousiastes à Tel Aviv. "Nous avons réuni toutes les composantes de la société, avec l'espoir de changer les choses en Israël", s'est réjoui le numéro deux de la liste Shaï Piron, un rabbin. Selon l'analyste de la radio militaire, "Bibi" Netanyahu n'aura "pas d'autre choix que de proposer un des trois grands ministères: la Défense, les Affaires étrangères ou les Finances à Yaïr Lapid".
Parmi les autres partis considérés comme des alliés "naturels" de M. Netanyahu le Foyer juif, la formation nationaliste religieuse représentant des colons dirigée par Naftali Bennett a obtenu 12 élus, les partis ultra-orthodoxes sépharade Shass (11-13) et ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah (6). Le nouveau mouvement centriste de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, HaTnouha, qui a fait campagne pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens, obtiendrait 7 sièges, le Meretz (gauche) 6 ou 7, et les partis arabes de 8 à 11. Les résultats définitifs ne seront annoncés que dans une semaine. Le président Shimon Pérès entamera alors ses consultations afin de déterminer qui a le plus de chances de former la nouvelle coalition et devrait choisir M. Netanyahu pour un troisième mandat, son deuxième consécutif.
Le nouveau gouvernement devra faire face au programme nucléaire iranien et aux pressions pour relancer les négociations avec les Palestiniens et adopter un plan d'austérité pour juguler le déficit budgétaire. Dans son discours, M. Netanyahu a affirmé que le premier défi auquel sera confronté le prochain gouvernement est "d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire". Dans le passé, M. Netanyahu a évoqué à plusieurs reprises la possibilité qu'Israël attaque les installations nucléaires iraniennes. Mais il n'a pas réussi jusqu'à présent à convaincre ses alliés, avant tout les Etats-Unis, de la nécessité d'une telle opération.
Dans une première réaction palestinienne, le négociateur Saëb Erakat a déclaré à l'AFP que "les résultats des élections israéliennes étaient une affaire intérieure israélienne", mais précisé que "quelle que soit la nature de la coalition gouvernementale, elle doit vouloir la paix et suivre la voie d'une solution à deux Etats pour restaurer la crédibilité du processus de paix". Auparavant, la Maison Blanche avait réaffirmé son attachement à une "solution à deux Etats" dans le conflit israélo-palestinien, mais a dit attendre de voir quelle serait l'approche du futur gouvernement israélien.
Le taux de participation s'est établi à 66,6 %, en légère hausse par rapport aux législatives de 2009 (65,27 %), selon la commission électorale.