Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
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dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
05.03.2026
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Mercredi 26 septembre
L'Afrique du Sud engluée dans les grèves
AFP, Romandie news - 26 sep 2012
http://www.romandie.com/news/n/_L_Afrique_du_Sud_engluee_dans_les_greves39260920121916.asp
JOHANNESBURG - La fin des grèves semblait loin mercredi en Afrique du Sud, où au moins 70.000 mineurs refusent de reprendre le travail faute d'être augmentés tandis que les routiers ont durci le ton pour arracher eux aussi des hausses de salaires.
Amplats, la filiale platine du géant Anglo American a indiqué que plus de 80 % de ses 26.000 mineurs du bassin de Rustenburg manquaient à l'appel. Le groupe anglo-sud-africain a menacé de procédures disciplinaires pouvant conduire au licenciement à compter de jeudi ceux qui participent à cette grève sauvage. En dépit d'une première réunion mardi avec les grévistes et d'une offre de médiation, le blocage semblait total. « Il serait irrationnel (de négocier) car ce serait en dehors du cadre de négociations légal », a déclaré à des journalistes le PDG du groupe Chris Griffith. « Nous pressons les salariés de reprendre le travail et de faire usage des structures reconnues pour présenter leurs revendications », a-t-il ajouté. « Nos activités minières à Rustenburg subissent une pression économique énorme et leur avenir est déjà à réexaminer », a-t-il ajouté dans un communiqué.
Les mineurs d'Amplats, qui ont débrayé le 12 septembre, ne semblaient pas davantage intimidés par les ultimatums plusieurs fois reportés de la direction, campant sur leur revendication de 16.000 rands nets mensuels (1.500 €). « Pas une roue ne tournera dans la mine jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites », a lancé un représentant des grévistes, Mametlwe Sebei, lors d'un rassemblement près de Rustenburg, cité par l'agence sud-africaine Sapa.
La grève chez Amplats, à l'instar du mouvement qui a duré 6 semaines à Marikana, est illégale. Et les salariés rejettent la fédération minière du NUM. Mais la violence reste contenue. Elle s'est limitée à de brefs heurts avec la police, des barricades et des pneus brûlés la semaine dernière. « Le problème est qu'on ne sait pas où cela va s'arrêter. Cette année, c'est 16.000 rands (1 rand = 0,95 €), l'an prochain 20.000 puis 30.000, c'est hors de contrôle et il semble que les types n'écoutent plus les syndicats. C'est vraiment un mouvement sauvage », a commenté le consultant d'une société minière. « Il y a beaucoup d'incertitudes en ce moment sur la façon dont ça va se terminer », a ajouté cet analyste, qui a requis l'anonymat. Le pays est traumatisé par les violences meurtrières de la mine de platine de Marikana qui ont fait 46 morts, dont 34 grévistes tués par la police le 16 août.
Pour un autre analyste-conseil en investissement, Cobus Venter, la situation pourrait à long terme coûter cher à l'Afrique du Sud: ajoutée à l'incertitude sur l'avenir des droits de propriété minière, le cocktail est assez toxique. Au départ cantonné au secteur du platine, la grogne a gagné les mines d'or et s'est même étendue en 48 heures à des milliers de mineurs supplémentaires chez AngloGold Ashanti et Gold Fields, deux groupes sud-africains. Toute la production sud-africaine d'AngloGold Ashanti est stoppée. La situation est calme sur le terrain mais le mouvement touche une large majorité des 35.000 mineurs sud-africains, selon un porte-parole. La direction est prête au dialogue mais dans le cadre de la négociation de branche, pilotée par la Chambre des mines. Gold Fields tient le même discours aux 15.000 salariés de sa mine de KDC West et aux 9.000 de Beatrix.
Dans les transports, le syndicat des routiers Satawu a prononcé mercredi l'échec des négociations salariales, exigeant 12 % de hausse (plus du double de l'inflation) contre environ 8 % proposés par le patronat. Il a appelé à consolider et approfondir la grève entamée lundi qui menace notamment l'approvisionnement des stations-essence.
La grève s’étend à toutes les mines d’or d’AngloGold Ashanti
Belga, Trends top - 26 sep 2012
http://trendstop.levif.be/fr/belga/1067/227099/afrique-du-sud-la-greve-setend-a-toutes-les-mines-dor-danglogold-ashanti.aspx
La grève s’est étendue à toutes les mines d’or sud-africaines d’AngloGold Ashanti qui ne produisent plus rien, a indiqué mercredi ce groupe sud-africain qui emploie localement 35.000 salariés. L’entreprise n’a pas reçu de revendication officielle des grévistes mais souligne que le mouvement survient alors que les mines d’or et de platine du pays sont affectées par des arrêts de travail et grèves pour les salaires depuis août. “La grève affecte nos 6 mines” d’Afrique du Sud, a indiqué à l’AFP un porte-parole, Alan Fine, en précisant que “la situation était calme sur le terrain” mais le mouvement très suivi. “Nous employons environ 35.000 personnes (sur plus 61.000 dans l’ensemble du groupe, ndlr) et une large majorité sont en grève”, a-t-il dit.
Un premier site avait débrayé le 20 septembre avant d’être rejoint lundi par les mineurs de cinq autres mines, selon un communiqué. Les mines sud-africaines de ce groupe implanté dans 13 pays du monde contribuent pour plus d’un tiers de sa production d’or (37 %). L’agitation sociale a démarré à la mine de platine de Marikana dans le bassin minier de Rustenburg, à l’ouest de Johannesburg, où le conflit a été l’un des plus violents de ces dernières années en Afrique du Sud et a sérieusement ébranlé le leadership de la puissante fédération syndicale minière du NUM. Il a coûté la vie à 46 personnes dont 35 tués par la police.
Contrairement au secteur du platine où chaque entreprise négocie ses propres salaires, les mines d’or ont une négociation collective centralisée. “La priorité d’AngloGold Ashanti est de maintenir la sécurité, la paix et la stabilité de chaque site, et de poursuivre un dialogue constructif avec tous les employés, leurs représentants et autres parties prenantes. Des discussions ont lieu avec les délégués syndicaux au niveau de la branche à travers la Chambre des mines”, a souligné le groupe dans un communiqué.
Le gouvernement aurait pu s'en prendre à Malema beaucoup plus tôt. S'il le fait maintenant, c'est qu'il estime sans doute que depuis la signature des accords salariaux de Marikana, le mouvement de grève dans les autres mines est entré (ou est en passe d'entrer) dans une phase de négociation, que les risques de le voir déborder ce cadre sont minimes, et qu'il peut se permettre à présent de se passer du "pompier" éventuel qu'aurait pu incarner Malema. Avant le congrès de l'ANC en fin d'année, ce serait le bon moment. Pas sûr comme d'ici là, tout soit rentré dans l'ordre comme il l'espère...
Julius Malema inculpé pour abus de biens sociaux
RFI - 26 sep 2012
http://www.rfi.fr/afrique/20120926-afrique-sud-julius-malema-polokwane-anc-jacob-zuma
Le jeune agitateur politique sud-africain Julius Malema a été inculpé ce mercredi 26 septembre par le tribunal de sa ville de Polokwane (nord), qui le soupçonne d'enrichissement personnel en lien avec des marchés publics truqués et qui l'a laissé repartir en liberté sous caution.
Ce mercredi 26 septembre dans la matinée, Julius Malema avait le visage grave lorsqu’il a fait son entrée dans la salle d’audience. Il a très vite retrouvé de sa superbe, quand ses partisans se sont mis à chanter et à crier pour le soutenir. Il leur a souri et fait un signe de la main avant de prendre place. La salle était archi comble. Les policiers, en tenue antiémeute, ont tenté de canaliser comme ils ont pu les journalistes qui n’avaient pas pu entrer dans la salle. Finalement c’est bien une seule charge qui est retenue contre Julius Malema: blanchiment d’argent. Il a été libéré moyennant une caution de 10 000 rands, environ 1 000 €, et comparaîtra de nouveau le 30 novembre prochain. Et la salle a de nouveau chanté.
Dehors, environ mille personnes se sont rassemblées sous haute surveillance et sont venues écouter Julius Malema parler à la sortie du tribunal. Julius Malema dit qu’il n’a pas peur, qu’il ne veut pas échapper à la justice et qu'il appelle ses partisans à chasser le président Jacob Zuma du pouvoir lors de la prochaine conférence de l’ANC en décembre prochain à Bloemfontein.
Mardi 25 septembre 2012
Le secteur des transports touché à son tour par des grèves
AP/Sipa, La Presse Canadienne – 25 sep 2012
http://fr-ca.actualites.yahoo.com/afrique-du-sud-le-secteur-des-transports-touch%C3%A9-154439443.html
JOHANNESBURG — Après les mines, les grèves se propagent au secteur des transports en Afrique du Sud, où plus de 20.000 employés du transport routier de marchandises ont cessé le travail mardi pour demander une hausse de salaire, selon le syndicat des transports. Selon le syndicat des employés du transport sud-africain et affiliés (SATAWU), les grévistes réclament notamment une hausse de salaire de 12 %. Leurs employeurs avaient proposé une augmentation de 8,5 %, une offre rejetée dans la province de Gauteng un plus tôt dans la journée, selon Vincent Masoga, un porte-parole du syndicat.
Des chauffeurs routiers en grève se sont rassemblés mardi à Johannesburg et ont jeté des pierres sur des camions qui passaient, selon l'agence South Africa Press Association. Selon SATAWU, des employés ont cessé le travail à la suite du blocage des négociations salariales depuis juin. Si le mouvement devait se poursuivre, cela pourrait affecter les approvisionnements en essence et produits alimentaires.
Amplats entame des négociations avec les mineurs grévistes
AFP, France24 - 25 sep 2012
http://www.france24.com/fr/20120925-afrique-sud-amplats-entame-negociations-mineurs-grevistes
Amplats, la filiale platine du géant Anglo American, a entamé mardi pour la première fois des négociations avec les grévistes sud-africains de ses 5 mines du bassin de Rustenburg sous l'égide de médiateurs indépendants. "Nous sommes au siège de la CCMA", la Commission nationale d'arbitrage des conflits du travail à Rustenburg, et "ça a démarré à 09H20 (07H20 GMT)", a indiqué à l'AFP un représentant des salariés, Gaddhafi Mdoda. "Nous avons 3 personnes à l'intérieur et pour la direction, un responsable de la production et des avocats, ainsi que des médiateurs de la CCMA", a-t-il ajouté. "Nous avons commencé par discuter de notre mémorandum qui porte sur les salaires. Nous attendons d'Anglo American qu'il vienne mettre quelque chose sur la table et s'ils n'en sont pas capables, la grève va continuer", a-t-il dit. "Formellement ce sera le début de la grève", a-t-il précisé, le mouvement ayant été déclaré illégal par la justice sud-africaine, saisie par Amplats.
Prenant exemple sur les salariés du groupe britannique Lonmin sur le site voisin de Marikana, où une grève illégale a coûté la vie à 46 personnes, les mineurs d'Amplats ont débrayé il y a 2 semaines pour réclamer de fortes augmentations de salaire. Amplats a d'abord réagi en suspendant ses opérations pendant une semaine pour des raisons de sécurité puis en exigeant la reprise du travail. Le groupe a menacé de licencier les employés qui ne seraient pas allés pointer mercredi 19 au soir, avant de repousser son ultimatum au jeudi 20, puis au lundi 24. Le numéro un mondial du platine n'a laissé filtré aucune information mardi matin, promettant un communiqué dans l'après-midi.
La semaine dernière, des heurts ont eu lieu lorsque la police est intervenue pour disperser un rassemblement de grévistes dans le bidonville de Sondela, près d'un puits d'Amplats. Deux mines d'or sud-africaines demeuraient paralysées mardi, dont le site du groupe sud-africain AngloGold Ashanti employant environ 5.000 personnes près d'Orkney, à 170 km au sud-est de Johannesburg, à l'arrêt depuis le 20 septembre. "La situation n'a pas changé. Nous n'avons pas eu de contacts formels avec les grévistes à ce stade", a déclaré à l'AFP un porte-parole, Alan Fine.
Même impasse à la mine d'or KDC West du groupe sud-africain Gold Fields, 4e producteur d'or mondial: "Le travail n'a pas repris", a indiqué à l'AFP son vice-président Willie Jacobsz. Le site de KDC West, qui emploie 15.000 personnes à Carletonville (sud-ouest de Johannesburg), est à l'arrêt depuis le 9 septembre, les mineurs ayant cessé le travail pour exiger des augmentations de salaires. Les mineurs contestent également la puissante fédération minière du NUM qui a négocié les salaires dans la branche avec le patronat, un accord en principe non modifiable avant juin 2013. Tout au plus le NUM a-t-il obtenu de pouvoir en renégocier les termes plus tôt que prévu en début d'année prochaine, a indiqué à l'AFP Kenneth Buda, un coordinateur national du NUM. "Aucune négociation n'a lieu car le problème est que nous avons signé un accord pour 2 ans avec la Chambre des mines en vigueur jusqu'à l'an prochain. Mais nous venons de nous mettre d'accord sur le principe de démarrer les négociations en tout début d'année prochaine", a-t-il dit.
Vendredi 21 septembre - D'après l'hebdomadaire City Press, la justice sud-africaine a lancé un mandat d'arrêt contre Julius Malema pour fraude, blanchiment d'argent et corruption. L'information est reprise ce soir par Reuters... et confirmée plus tard par son avocate.
Une nouvelle grève dans une mine d'or
AFP, Aufait - 21 sep 2012
http://www.aufaitmaroc.com/monde/afrique/2012/9/21/afrique-du-sud-une-nouvelle-greve-dans-une-mine-dor_192927.html
JOHANNESBURG - Une nouvelle grève sauvage a éclaté jeudi soir dans une mine d'or sud-africaine, un site du groupe AngloGold Ashanti employant environ 5.000 personnes près d'Orkney, à 170 km au sud-est de Johannesburg, ont annoncé direction et syndicat vendredi. « Les travailleurs de l'une de nos mines à Kopanang, en Afrique du Sud, se sont mis en grève. Ca a commencé hier soir (jeudi) et ça continue aujourd'hui (vendredi) », a indiqué à l'AFP le porte-parole du groupe sud-africain Alan Fine. « C'est une grève sauvage », a-t-il souligné, ajoutant que la direction n'avait reçu aucune revendication. « Nous nous attendons à avoir des informations, sans doute durant la journée, des représentants des travailleurs qui sont en grève », a-t-il précisé.
La grève chez AngloGold a débuté la nuit dernière au puits K, après une assemblée générale des travailleurs, et ils disent qu'ils sont formellement en grève. Ils demandent 12.500 rands par mois, a indiqué à l'AFP Lesiba Seshoka, porte-parole du Syndicat national des mineurs (NUM, majoritaire). « Ce sont des membres du NUM », a-t-il précisé. « La grève n'était pas attendue. Nous ne l'attendions pas, mais je crois que d'une manière ou d'une autre nous devons nous attendre à des mouvements similaires, en particulier après le précédent qui a été créé à Marikana quand Lonmin a accédé aux revendications des salariés. » Un accord a été trouvé mardi à la mine de platine de Marikana (nord), exploitée par le groupe britannique Lonmin, après six semaines d'une grève sanglante. Les mineurs n'y ont pas obtenu les 12.500 rands qu'ils réclamaient, mais ils ont arraché des augmentations de salaire allant de 11 à 22 %, et la profession craint que les salariés d'autres mines cessent également le travail pour réclamer eux aussi une paie plus importante.
AngloGold Ashanti est le troisième producteur mondial d'or. La mine de Kopanang représente 7 % des opérations du groupe, avec 307.000 onces d'or extraites en 2011, selon le site de la compagnie. Alors que de nombreuses mines sud-africaines sont touchées par des mouvements sociaux depuis début août, la grève de Kopanang est la première déclenchée depuis l'accord de Marikana. Une autre mine d'or, celle de KDC West, exploitée par le groupe Gold Fields à Carletonville (70 km au sud-ouest de Johannesburg), est paralysée par un mouvement social depuis près de deux semaines. Mais, contrairement au platine, les mines d'or ont un accord de branche, qui lie patronat et syndicats jusqu'en juin 2013.
Echauffourées à Rustenburg, alors que le travail reprend
AFP, Aufait - 20 sep 2012
http://www.aufaitmaroc.com/monde/afrique/2012/9/20/afrique-du-sud-echauffourees-a-rustenburg-alors-que-le-travail-reprend_192895.html
La crise minière que traverse l'Afrique du Sud s'est poursuivie jeudi avec des échauffourées près des sites quasiment à l'arrêt d'Amplats, numéro un mondial du platine, à Rustenburg, alors que le travail a repris à Marikana après 6 semaines d'une grève sanglante.
La police est intervenue dans la matinée au bidonville de Sondela, voisin d'une mine d'Anglo American Platinum (Amplats) touchée par une grève depuis une dizaine de jours, avant que les habitants ne bloquent les routes avec des pierres et des pneus enflammées. Les policiers "nous ont tiré dessus avec des balles en caoutchouc, et après ils ont lancé des gaz lacrymogènes, c'est pourquoi nous avons mis des pierres" sur la route d'accès, a expliqué Mable Makgetla, 30 ans, dont le mari travaille pour un sous-traitant. Une école a été fermée après l'opération. "Les enseignants et les enfants étaient en classe quand ils (les policiers) ont tiré", a témoigné Daniel Khasiphe, 38 ans, un gréviste. La police, qui avait arrêté 22 personnes au même endroit mercredi, a indiqué qu'elle avait utilisé gaz lacrymogène, canons à eau et grenades assourdissantes, mais a démenti avoir tiré des balles en caoutchouc. "Tout rassemblement de 15 personnes ou plus est un rassemblement illégal", a justifié son porte-parole Dennis Adriao, justifiant l'intervention.
Amplats avait rouvert ses cinq sites de Rustenburg mardi après les avoir fermés pendant près d'une semaine, officiellement pour des raisons de sécurité alors que des manifestations menaçaient ses installations et ses employés. Après avoir longtemps nié que ces derniers aient rejoint le mouvement social qui s'est étendu dans les mines de la région, la direction a reconnu jeudi que moins de 20 % de ses employés avaient pointé dans quatre mines, sans donner de précisions sur la cinquième. "Personne n'est prêt à retourner (à la mine), absolument personne. Les gens en ont tout simplement assez et ils ne veulent pas être traités comme des esclaves au travail. Les gens en ont assez, les travailleurs en ont vraiment assez et ils savent ce qu'ils veulent" , c'est-à-dire de fortes augmentations, a indiqué Gaddhafi Mdoda, l'un des meneurs des grévistes.
Les forces de l'ordre ont été déployées en masse depuis samedi, après que le gouvernement eut annoncé qu'il était décidé à faire régner l'ordre sur un bassin minier où les grèves ont été souvent violentes. Le président Jacob Zuma a fait savoir qu'il avait autorisé l'armée à rester sur place pour aider la police jusqu'au 31 janvier 2013. "Ce n'est pas un état d'urgence", a justifié son porte-parole Mac Maharaj. "Un ordre similaire avait été donné pendant les fêtes, et ça a aidé à réduire la criminalité !" De nombreux observateurs estiment que l'intervention des forces de l'ordre, parfois musclée, a largement accéléré la signature d'un accord à la mine voisine de Marikana, d'où est parti le mouvement le 10 août. Les violences y ont fait 46 morts (...). Un permanent syndical a été battu à mort la semaine dernière, et une conseillère municipale de l'ANC (le parti au pouvoir) est décédée mercredi après avoir été touchée par une balle en caoutchouc tirée par la police samedi.
La plupart des employés de Marikana ont repris le travail dans le calme jeudi après un accord salarial. Le groupe Lonmin, qui exploite la mine de platine, a indiqué en fin de matinée que 77 % des employés avaient pointé. Mais la production ne devrait reprendre que dans quelques jours, le temps de faire passer des examens médicaux aux mineurs et de vérifier les installations. Certains visages étaient fermés. Beaucoup se sont dit satisfaits de leurs augmentations de salaire de 11 % à 22 %, arrachées mardi au terme de cette grève sauvage commencée le 10 août. D'autres étaient moins contents, mais sont retournés au travail en désespoir de cause après avoir été privés de paye pendant plus d'un mois. "Je retourne au travail parce que j'ai vraiment faim", a reconnu Phumlile Macefane, 24 ans.
Jeudi 20 septembre - Deux personnes de plus ont été tuées mais la presse ne parle que de la reprise du travail à Marikana. Ci-dessous le reportage d'Euronews "la région minière du Rustenburg s'enflamme" (1min 20s):
http://fr.euronews.com/2012/09/20/afrique-du-sud-la-region-miniere-du-rustenburg-s-enflamme/
Mercredi 19 septembre - Les forces de l'ordre appliquent les consignes du gouvernement qui interdisent tout rassemblement "non autorisé". Ainsi, 22 personnes ont été arrêtées aujourd'hui, 4 pour "possession d'armes dangereuses" et les autres pour rassemblement illégal. Mardi, 42 personnes avaient été arrêtées pour divers motifs, dont des "atteintes à des biens publics".
La police sud-africaine disperse violemment un rassemblement près d'une mine de platine
AFP, France24 - 19 sep 2012
http://www.france24.com/fr/20120919-police-sud-africaine-disperse-violemment-rassemblement-pres-dune-mine
JOHANNESBURG - La police sud-africaine a dispersé mercredi un rassemblement illégal près d'une mine de platine du groupe Amplats à Rustenburg, utilisant des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, a-t-on appris de sources concordantes. La police, des représentants des mineurs interrogés par téléphone ainsi que la société Amplats, filiale d'Anglo American, ont confirmé l'incident. Amplats, qui avait provisoirement fermé ses sites de Rustenburg, a menacé de licencier tous ses ouvriers qui n'auraient pas repris le travail mercredi. Les mineurs étaient rassemblés près d'un bidonville attenant à la mine.
La police a prévenu les gens que ce rassemblement était illégal, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la police, Dennis Adriao. « Ils ont refusé de se disperser, la police a dû recourir aux gaz lacrymogènes et aux grenades assourdissantes. Des balles en caoutchouc ont également été tirées », a-t-il poursuivi, affirmant n'avoir aucune information sur d'éventuels blessés. Un représentants des mineurs, interrogé par téléphone, a confirmé: « Je les ai vu tirer des balles en caoutchouc, mais je me suis enfui parce que je ne voulais pas être arrêté », a-t-il dit, affirmant avoir vu aussi un blindé de la police rouler sur un manifestant au sol. Ce dernier incident n'a pas été confirmé par d'autres témoins. L'échauffourée entre mineurs et police a également été confirmée par une porte-parole d'Amplats, qui a précisé que les événements ne s'étaient pas déroulés à la mine, mais dans le bidonville à proximité.
Mardi 18 septembre - Les grévistes de Marikana ont accepté un accord avec Lonmin. Jo Seoka, l'évêque qui sert de "médiateur", aurait obtenu hier des grévistes "un effort" pour revoir à la baisse leurs prétentions salariales. Derrière lui, le gouvernement poussait pour obtenir un accord au plus vite. C'est finalement la prime de 2 000 rands qui fait avaler les 22 % d'augmentation. Ils sont loin des 12 500 rands qui équivalaient au triplement de salaire pour lequel ils se battaient.
Cet accord est-il appliquable aux autres mines ? Qu'en pensent les autres mineurs de la ceinture de platine ?
Marikana: Les grévistes de Lonmin obtiennent 22 %, reprise du travail jeudi
AFP, Romandie news - 18 jun 2012
http://www.romandie.com/news/n/_Marikana_les_grevistes_de_Lonmin_obtiennent_22_reprise_du_travail_jeudi72180920121835.asp
MARIKANA - Les mineurs en grève de la mine de platine de Lonmin, à Marikana, ont accepté mardi un accord prévoyant une augmentation de 22 % et une reprise du travail jeudi, a annoncé le principal médiateur religieux. Cet accord, qui inclut également une prime unique de 2.000 rands (190 €) s'ils reprennent le travail jeudi, devrait permettre de mettre un terme à un conflit qui a fait 45 morts depuis début août, dont 34 mineurs tués par la police le 16 août.
« C'est un accord global qu'ils ont accepté », a déclaré l'évêque anglican Jo Seoka à la presse, à l'issue d'une assemblée générale des mineurs. « L'augmentation réelle est de 22 %, ce qui est très élevé », a ajouté le religieux. « Les travailleurs sont très contents de cet accord, et nous pensons que ce qui c'est passé ici est une vraie victoire pour les travailleurs, et ils vont reprendre le travail jeudi matin. Ce n'est pas arrivé souvent dans l'histoire des négociations », a-t-il noté. « Les 2.000 rands seront payés en une fois, ce qui leur donne de l'argent (...) pour leurs besoins, parce qu'ils n'ont pas été payés depuis 3 semaines », a expliqué le médiateur, avant de repartir s'asseoir à la table des négociations pour contre-signer l'accord avec les partenaires sociaux. Le conflit de Lonmin a été le déclencheur d'une série de grèves et de troubles dans la région de la ceinture de platine de Rustenburg, qui ont poussé certaines des plus grosses mines de la région à interrompre provisoirement leurs opérations.
Les mineurs, assis sur l'herbe d'un stade où ils avaient eu l'autorisation de se regrouper pour prendre connaissance des résultats des négociations, ont écouté en silence leurs représentants leur expliquer les termes de l'accord, en trois langues africaines, le xhosa (la langue de Nelson Mandela), le sotho et le tswana. A l'annonce du dénouement d'un conflit meurtrier, qui a réduit certains à la famine, la foule a explosé de joie. Les mineurs ont porté en triomphe l'un de leurs représentants, puis ils ont célébré l'accord par leur traditionnelle danse scandée. D'ordinaire, la danse nécessite le bâton traditionnel. Mais les bâtons ayant été confisqués samedi lors de la descente de police sur les logements des grévistes, la plupart des ouvriers ont dansé avec leur... parapluie. Pendant que l'évêque expliquait devant les journalistes les termes de l'accord, un jeune homme a tendu sa main dans le champ des caméras. Il y avait inscrit en anglais: Mission accomplie.
La précédente proposition qui a été rejetée plus tôt dans la journée:
Marikana: Lonmin tente de débloquer le conflit en offrant une prime
AFP, Afriquinfos - 18 sep 2012
http://www.afriquinfos.com/articles/2012/9/18/marikana-lonmin-tente-debloquer-conflit-offrant-prime-209941.asp
Le groupe britannique Lonmin tentait mardi de débloquer la grève qui paralyse sa mine de platine de Marikana depuis plus de 5 semaines en offrant aux grévistes une prime de 140 € en plus des augmentations de salaires déjà proposées.
Ce conflit, exacerbé par la mort de 34 grévistes tués par la police le 16 août, a enflammé la "ceinture de platine" de la région de Rustenburg (nord), provoquant grèves et arrêts de production de plusieurs géants du secteur. Inquiet des conséquences pour l'économie nationale, le gouvernement a procédé à de massives opérations de maintien de l'ordre ce week-end, et exhorté les partenaires sociaux à trouver au plus vite des accords.
Mardi matin, des milliers d'employés de Lonmin se sont rassemblés dans un stade, hors de la présence des médias, pour prendre connaissance des ultimes propositions de la direction. Ils avaient entre les mains des feuilles au logo de Lonmin, précisant l'offre. La grille de salaires détaillée dans ce document prévoit une hausse de 1.875 rands (173 €) mensuels, ce qui porterait la plupart des salaires à plus de 9.000 rands (830 €). En lettre rouges au bas de la feuille était imprimée la phrase suivante: "Prime unique de 1.500 rands (140 €, ndlr) SI cette offre est acceptée ET si le travail reprend mercredi 19 septembre". La proposition faite par Lonmin n'inclut pas les primes mais le salaire de base brut, plus l'allocation logement et la couverture médicale.
Les mineurs se sont dispersés vers midi (10H00 GMT) mais la police a empêché les médias de les approcher. La porte-parole de Lonmin Sue Vey a indiqué qu'elle n'avait aucune information sur la réaction des mineurs à l'offre de la direction. Une source proche des négociations a indiqué sous couvert de l'anonymat qu'ils l'avaient rejetée. Les négociateurs devaient se retrouver après cette assemblée générale.
(...) Trois jours après l'annonce par le gouvernement de son intention de rétablir l'Etat de droit dans la région, le président Jacob Zuma avait appelé lundi employeurs et grévistes à s'entendre au plus vite. "Nous pressons les salariés et leurs employeurs de trouver une solution sans tarder davantage compte tenu de l'impact (du conflit, ndlr) sur l'économie", avait lancé M. Zuma à l'ouverture du congrès du Cosatu, la grande confédération des syndicats sud-africains, alliée du pouvoir. "Nous ne pouvons pas nous permettre une récession", avait-il souligné, avant d'énumérer les dégâts que la crise du secteur a déjà infligé à la première économie d'Afrique.
Par ailleurs, le numéro un mondial du platine Amplats, filiale du géant minier Anglo American, a rouvert mardi les cinq sites de la région qu'il avait fermés le 12 septembre. Sa porte-parole Mpumi Sithole n'était toutefois pas en mesure de préciser si les mineurs étaient revenus travailler en nombre.
Le syndicat Cosatu en pleine tourmente
RFI, PressAfrik - 18 sep 2012
http://www.pressafrik.com/Afrique-du-Sud-le-syndicat-Cosatu-en-pleine-tourmente_a89400.html
A l’ouverture du congrès, le président sud-africain, Jacob Zuma, a appelé employeurs et salariés, en grève, du bassin minier de Rustenburg, près de Marikana, à s’entendre « sans tarder » compte tenu de l’impact du conflit sur l’économie nationale. « Nous ne pouvons pas nous permettre d'être en récession » c’est le cri d'alarme de Jacob Zuma, lancé à l'ouverture du congrès de la grande confédération des syndicats sud-africains, proche du pouvoir. Devant les membres de la Cosatu, le président sud-africain a aussi longuement appelé les délégués du congrès à resserrer les rangs, célébrant « une alliance toujours plus forte face aux difficultés ».
Cet appel de Jacob Zuma à l’unité a été entendu; les premières décisions prises par la Cosatu vont, en tout cas, dans ce sens puisque son président et surtout son secrétaire général qui dirige l’organisation, depuis 13 ans, ont été reconduits dans leurs fonctions, sans opposition, malgré les remises en question qui avaient émergé, suite à la crise sociale qui secoue le pays. Quant à Jacob Zuma, son accueil triomphal, auprès des délégués syndicaux, est de bonne augure concernant sa réélection comme président de l’ANC qui se jouera dans trois mois.
Perçue, avant tout, comme un fidèle soutien de l’ANC – parti au pouvoir – la Cosatu devrait débattre de son alignement sur les positions de l’ANC. L’Union nationale des mineurs (NUM) – le plus gros syndicat parmi les 21 qui forment la Cosatu – a été accusé, ces dernières semaines, d’être trop complaisant avec le patronat et de ne pas défendre les intérêts des travailleurs. Les grévistes ont d’ailleurs rompu tout dialogue avec ce syndicat et, pire encore: un de ses membres a été tué, la semaine dernière, près de la mine de platine de Marikana.
Pour l’aile gauche de la Cosatu, ce décalage entre la base des ouvriers et les leaders syndicaux s’explique par le fait que la politique prend une trop grande importance dans l’organisation. Obsédés par les querelles internes de l’ANC, les dirigeants de la Cosatu en auraient oublié la protection des travailleurs. A l’opposé, les soutiens de l’actuel secrétaire général estiment, quant à eux, que l'influence des syndicats est mieux assurée si ceux-ci font partie de l’Alliance, au pouvoir. Cependant, il est difficile de parler d’un alignement avec l’ANC car le parti est lui-même divisé entre les pro et les anti-Zuma - des divisions qui se reflètent forcément au sein même de la confédération syndicale. De fait, les questions de fond, telles que la mise en place d’un salaire minimum commun à tous les secteurs, risquent de passer au second plan par rapport à ces stratégies politiques qui lassent tant la base.
Lundi 17 septembre
Des mines rouvrent, mais les tensions sociales restent vives
AFP, Aufait - 17 sep 2012
http://www.aufaitmaroc.com/monde/afrique/2012/9/17/afrique-du-sud-des-mines-rouvrent-mais-les-tensions-sociales-restent-vives_192433.html
Les opérations policières du week-end semblaient commencer à porter leurs fruits dans le bassin minier de Rustenburg (nord), où des compagnies ont annoncé la reprise de leurs opérations lundi, tandis que s'ouvrait à Johannesburg le congrès de la confédération syndicale Cosatu, alliée au pouvoir.
Le groupe australien Aquarius Platinum a annoncé que les opérations avaient repris lundi matin dans la matinée dans sa principale mine de platine de Kroondal. Le numéro quatre mondial du platine avait suspendu l'activité de cette mine vendredi après-midi "pour assurer la sécurité des employés et des biens, compte tenu de la montée des tensions", alors que des manifestations violentes s'étendaient dans le bassin minier de Rustenburg. Le groupe a remercié dans son communiqué le gouvernement et la police "pour leur intervention et leur soutien pendant le week-end".
Après Aquarius, l'activité devait reprendre mardi chez Amplats, filiale du groupe Anglo American et numéro un mondial du secteur, qui a suspendu mercredi ses activités dans cinq mines de Rustenburg. La mine de chrome exploitée par le groupe suisse Xstrata, qui avait été fermée vendredi soir, a quant à elle repris son activité quasi normalement. "Aujourd'hui (lundi), nous avons 90 % des employés au travail. La mine produit normalement", a indiqué à l'AFP le porte parole Christopher Tsatsawane. Quant aux 10 % restants, il ne sait pas où ils sont, s'ils ont rejoint le mouvement de protestation qui s'est répandu dans la région ou s'ils ont peur: "Nous ne pouvons pas dire s'ils sont en grève, parce que nous n'avons pas pu communiquer avec eux. Comme vous le savez, il y a eu beaucoup d'intimidations partout autour de Rustenburg!"
L'agence Sapa a rapporté qu'une autre mine de chrome des environs exploitée par le groupe sud-africain Samancor était en grève depuis vendredi. "La compagnie a décidé vendredi que nos opérations aux Western Chrome Mines seraient suspendues, et que la situation sera constamment réévaluée. La sécurité de nos employés reste notre première priorité", a indiqué la direction à l'AFP. (...)
Les forces de l'ordre, qui ont reçu vendredi la consigne de mettre un terme aux troubles agitant le bassin de Rustenburg, ont mené ce week-end une spectaculaire opération policière dans les logements des mineurs de Marikana et ont bloqué des manifestations. Lundi matin, des policiers ont empêché une centaine de mineurs de se rassembler, tandis que des véhicules de l'armée avaient été déployés aux abords de la mine. Les négociations salariales devaient reprendre dans la journée, après que les salariés eurent rejeté une offre de la direction vendredi.
Le groupe britannique a parallèlement confirmé qu'il fermerait pour deux ans l'un des puits de Marikana afin d'économiser 500 millions de dollars, mettant fin au contrat de 1.200 sous-traitants. A une centaine de kilomètres de là, deux employés ont été violemment agressés alors qu'ils souhaitaient pointer à la mine d'or KDC West exploitée par Gold Fields à Carletonville, au sud-ouest de Johannesburg, selon la direction.
Cette situation toujours tendue sur le font social devait être l'un des sujets majeurs du congrès de la confédération syndicale Cosatu, qui s'est ouvert à la mi-journée à Johannesburg. Allié de l'ANC au pouvoir, le Cosatu - et notamment le Syndicat national des mineurs (NUM), sa principale composante -, a été accusé ces dernières semaines d'être trop complaisant avec le patronat et de ne pas défendre les intérêts des travailleurs. Son autorité est de plus en plus contestée par de petits syndicats qui incitent les employés à déclencher des grèves dures.
La police expulse Malema d'un meeting de mineurs
AFP, Romandie news - 17 sep 2012
http://www.romandie.com/news/n/_Afrique_du_Sud_la_police_expulse_Malema_d_un_meeting_de_mineurs80170920121440.asp
MARIKANA - Le jeune tribun sud-africain Julius Malema, ex-chef de file des jeunes de l'ANC exclu de son parti, a été expulsé lundi par la police d'un meeting de mineurs en grève près de Marikana, a constaté un photographe de l'AFP. Lorsque Julius Malema est arrivé, il a essayé d'entrer dans le stade où 2.000 grévistes s'étaient rassemblés mais la police l'a refoulé, en indiquant que sa présence n'était pas autorisée, l'empêchant pour la première fois de prendre la parole en public. La police lui a signifié que seuls les travailleurs et les négociateurs du conflit qui bloque depuis plus d'un mois la mine de platine du groupe britannique Lonmin pouvaient pénétrer dans le stade, aux abords duquel environ 2.000 autres personnes était massées.
Après un long palabre devant l'accès du stade, Malema a été éloigné sous escorte policière, suscitant la colère de certains travailleurs qui ont jeté des pierres sur la police et hurlé qu'ils voulaient que le jeune politicien s'exprime. Un autre manifestant avait auparavant proféré des menaces de mort contre Malema. Un hélicoptère de la police survolait la zone, tandis que des policiers à pied ont rapidement pris position devant les autres accès du stade, selon l'agence sud-africaine sapa.
Expulsé de l'ANC pour indiscipline en avril, Malema, 31 ans, surfe sur l'agitation sociale qui s'étend dans les mines sud-africaines. Il a appelé la semaine dernière les mineurs à une grève 5 jours par mois jusqu'à ce qu'ils obtiennent tous 12.500 rands par mois, la revendication des foreurs de Marikana depuis le début de leur grève sauvage le 10 août.