Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Dernière mise à jour :
01.02.2026
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Chine: La bourse en pleine déprime
AFP, Romandie news - 29 aot 2012
http://www.romandie.com/news/n/_Chine_la_bourse_en_pleine_deprime_RP_290820121317-23-234231.asp
SHANGHAI - Chinoise à la retraite, Mme Wang a placé ses économies à la bourse de Shanghai, mais son investissement initial de 50.000 yuans (6.200 €) ne cesse de fondre dans un marché en plein déprime. La place de Shanghai, capitale économique de la Chine, a terminé mercredi en baisse de 0,96 %, tombant à son plus bas niveau depuis trois ans et demi. Et peu d'indicateurs laissent espérer un regain d'optimisme. « La situation du marché actuel est désespérante », se lamente Mme Wang, une septuagénaire qui avait ciblé ses achats de titres dans le secteur sidérurgique.
La Chine, deuxième économie mondiale, connaît un net ralentissement de sa croissance, le PIB brut ayant crû de 7,6 % au deuxième trimestre [Un chiffre officiel très surestimé qui ne correspond pas du tout à la consommation électrique du pays. Le vrai chiffre est estimé entre 2 et 2,5 %, ndc]. Il s'agit de la plus mauvaise performance depuis le début de la crise économique mondiale en 2008-2009, et du sixième trimestre d'affilée de décélération de la croissance. Et les dernières nouvelles ne sont pas bonnes: l'activité manufacturière a continué à se contracter au mois d'août, pour le neuvième mois consécutif, selon la banque HSBC. Et ce malgré les actions prises par Pékin, comme la baisse des taux d'intérêt, à laquelle le gouvernement a eu recours à deux reprises déjà cette année ou la réduction du montant des réserves obligatoires des banques, également abaissé trois fois entre décembre et mai pour leur permettre de prêter davantage. « Tout le monde pensait que l'économie toucherait le fond au deuxième trimestre, mais cette échéance pourrait bien être repoussée », estime Shen Jun, un analyste de l'institut BOC International. « On n'observe aucune évolution importante dans les tendances fondamentales de l'économie ou du marché », souligne-t-il.
Pékin commence à redouter que la colère des petits épargnants se traduise en instabilité sociale, alors que le Parti communiste chinois prépare son grand congrès quinquennal qui verra une transition au sommet du pouvoir. En juillet un couple s'est donné la mort dans la ville orientale de Hangzhou après avoir subi de fortes baisses du cours de leurs actions. En Chine seulement 22 % des ménages ont réalisé un bénéfice boursier l'an dernier, selon un institut de recherche soutenu par la Banque centrale. Tout ceci a mis les autorités sous pression pour adopter de nouvelles mesures de relance et de soutien au marché boursier.
La commission chinoise de régulation boursière, présidée par l'ancien banquier Guo Shuqing, a d'abord appelé à la raison, en assurant que les récentes chutes enregistrées s'expliquaient par des baisses motivées par la panique sous l'effet du pessimisme. Elle a également demandé aux entreprises cotées d'augmenter leurs dividendes et a permis aux sociétés étrangères un meilleur accès au marché. La commission chinoise de régulation envisage aussi d'autoriser les fonds de pension à être cotés aux bourses de Shanghai (est) et de Shenzhen (sud), qui ont une capitalisation combinée de plus de 3.000 milliards de dollars. Cette mesure tarde toutefois à se concrétiser, regrettent les investisseurs. Enfin, il est envisagé de réduire de 20 % les frais des transactions boursières à partir de septembre.
Le titre de l'article du WSWS qui suit est faux (j'ai d'ailleurs taillé dedans pour ne garder que ce qui est intéressant). C'est la crise mondiale qui a obligé l'économie chinoise à ralentir. La Chine était en surchauffe. Alors, pour empêcher une révolte générale contre la hausse des prix, les dirigeants chinois ont pris des mesures brutales dans le but de faire baisser l'inflation, mais au prix de plusieurs points de croissance. Mais aujourd'hui que l'inflation est retombée, il n'est plus possible de faire repartir l'économie parce que les débouchés extérieurs sont saturés, la plupart des économies occidentales étant en récession. C'est donc la Chine qui subit la crise, ce n'est pas elle qui l'a provoquée ou qui l'aggrave. Par contre, le ralentissement de l'économie chinoise aura des répercussions sur l'Asie du sud, l'Australie, le Brésil... Il faut aussi s'attendre à des mouvements sociaux.
Le ralentissement économique de la Chine aggrave la crise mondiale
par Nick Beams
WSWS - 23 aot 2012
http://www.wsws.org/fr/articles/2012/aou2012/chin-a23.shtml
L’un des liens les plus importants de l’économie chinoise avec le reste du monde se fait par l’intermédiaire du commerce et c’est ici que le ralentissement est le plus clairement exprimé. Les derniers chiffres montrent que la croissance des exportations a presque cessé en juillet, ne progressant que de 1 %, niveau bien inférieur aux prévisions du marché et à l’augmentation de 11,3 % en juin. Les importations ont enregistré une hausse de 4,7 % seulement et indiquent que la demande domestique n’a pas progressé aussi vite que les autorités gouvernementales l’avaient espéré lorsqu’elles ont adopté en juin une politique monétaire plus souple. (...)
Le ralentissement de l’économie chinoise aura un impact majeur sur la politique et l’économie d’un certain nombre de pays. L’un des facteurs clé de la crise économique asiatique de 1997-98 a été un changement sensible de l’orientation économique de nombreux pays de l’Asie du Sud-Est. Au lieu de produire des biens de consommation directement pour les marchés américains et européens, ils ont de plus en plus fabriqué des composants pour des marchandises qui sont finalement assemblées en Chine.
Pour toutes ces économies, le ralentissement du commerce chinois constitue un signe inquiétant. La banque centrale thaïlandaise a publié cette semaine un communiqué avertissant que le ralentissement de la croissance des exportations affecterait l’industrie thaïlandaise qui est un important fournisseur de composants. Un porte-parole de la banque a dit que les « impacts négatifs de la crise de l’euro sur nos partenaires commerciaux » s’accroîtraient durant la seconde moitié de l’année. La banque a déjà révisé à la baisse ses prévisions de PIB.
Les grands exportateurs de matières premières vers la Chine, notamment l’Australie et le Brésil, seront également touchés. Cette semaine, un responsable de l’exportateur de minerai de fer brésilien Vale a déclaré que le ralentissement de la Chine signifiait que « l’âge d’or » était terminé. L’entreprise qui avait expédié au cours du deuxième trimestre de cette année environ 33 % de son concentré de minerai de fer et de boulettes à des producteurs d’acier en Chine a annoncé une baisse de 59 % de ses profits, les prix du minerai de fer ayant chuté à leur plus bas niveau depuis décembre 2009. Vu que l’économie brésilienne a déjà connu un ralentissement substantiel, le gouvernement a annoncé une série de privatisations, et on s’attend à plus dans les semaines à venir.
Le ralentissement chinois aura d’importantes retombées économiques et politiques en Australie. Ce pays est fortement tributaire du marché chinois pour ses exportations de charbon, de minerai de fer et de gaz naturel liquéfié. Il y a déjà eu des signes d’opposition au sein de certaines sections de l’industrie minière et d’autres milieux à l’égard du soutien du gouvernement travailliste au nouvel axe politique américain vis-à-vis de l’Asie et de son hostilité grandissante à l’égard de la Chine. Ces remous au sein des cercles dirigeants sont susceptibles d’augmenter dans des conditions où le ralentissement signifie que le combat pour les marchés d’exportation en Chine va devenir beaucoup plus intense.
Les tensions entre les Etats-Unis et la Chine pourraient aussi redoubler. Le ralentissement de la croissance des exportations signifie que les autorités chinoises seront beaucoup moins disposées à accepter une réévaluation de leur monnaie, le renminbi. Plus tôt ce mois-ci, le journal d’Etat China Securities Journal avait remarqué qu’une « dépréciation » de la monnaie serait « bénéfique en améliorant les exportations » et qu’il devrait baisser de façon « appropriée ». Mais, toute baisse importante entraînera très certainement une rapide réaction aux Etats-Unis. Ceux-ci s’efforcent de maintenir la valeur du dollar à un niveau bas dans la bagarre pour les marchés d’exportation. (...)
La Chine en crise
par Aviva Fried
Aujourd'hui la Chine - 13 aot 2012
http://chine.aujourdhuilemonde.com/la-chine-en-crise
La crise n'épargne désormais plus aucun pays. Même pas la Chine, dont la croissance continue de chuter, et qui doit désormais faire face au ralentissement de son économie.
Elle a longtemps fait rêver, et provoqué des jalousies, la croissance chinoise. On ne comptait plus les qualificatifs pour la décrire: "incroyable", "phénoménale", "record", "impressionnante". Et d'évoquer sans cesse son principal atout: être à deux chiffres. "Oui, l'économie chinoise se porte bien, voyez sa phénoménale croissance à deux chiffres !" Pourtant, aujourd'hui, on a l'impression que la nouvelle superpuissance chinoise est rentrée dans le rang des nations en voie de paupérisation, avec leur malheureuse croissance à un seul chiffre (ou deux avec virgule...)
Oubliés les 10 voire 11 % de croissance annuelle: aujourd'hui, la Chine doit se contenter d'un maigre 7,5 % [même remarque que plus haut, ndc] , qui reflète un ralentissement économique inquiétant dans l'Empire du milieu. On s'en doute, la conjoncture mondiale y est pour beaucoup, avec comme coupable désigné, l'Europe. Le principal client de la Chine n'a plus d'argent, et ne peut donc plus s'offrir le luxe d'importer autant de produits chinois qu'auparavant. Phénomène mécanique: les exportations chinoises baissent, entraînant dans leur sillage la production manufacturière, et forçant de nombreuses usines à se mettre au chômage technique, voir à mettre définitivement la clé sous la porte.
Si la production industrielle a tout de même augmenté de 9,2 % en juillet (moins qu'en juin, qui avait connu une progression de 9,5 %), les exportations, quant à elles, n'ont augmenté que d'à peine 1 % en un an. Conséquence une baisse immédiate du surplus de la balance commerciale, qui passe de 25,7 milliards d'euros à 20,4 milliards. De quoi donner des sueurs froides aux économistes et aux dirigeants chinois, qui, même s'ils en sont encore très loin, ont des visions cauchemardesque d'une Chine en voie d'hellénisation.
Et comme il semble peu probable que la solution vienne de l'extérieur et d'une croissance économique retrouvée en Europe, la Chine doit désormais s'atteler à trouver des solutions durables pour faire rebondir son économie. "Nous pensons que la Banque centrale devrait agir aussi vite que possible pour stabiliser les prix", déclare ainsi à Reuters Xiao Bo, un économiste de chez Huarong Securities, à Pékin. "Je pense qu'il y aura au moins une baisse des réserves obligatoires des banques, et une baisse des taux d'intérêt ce trimestre". Une double baisse, qui dans le passé n'a pas forcément réussi à relancer l'économie. Car cette manoeuvre de Pékin sert avant tout à aider au développement d'un marché intérieur, qui pourrait, espèrent les dirigeants, se substituer, à terme, aux client étrangers et réduire ainsi la dépendance de la Chine. Mais la consommation intérieure connaît elle aussi un ralentissement, et les ventes de détail ont tendance à stagner, jetant le doute sur l'efficacité des plans de relance successifs.
Pourtant, la Chine continue d'injecter de l'argent pour soutenir artificiellement son économie. Certains redoutent l'explosion de la désormais célèbre bulle chinoise. Mais d'autres y voient un moyen efficace de tenir, le temps que les choses s'améliorent [Ce sont les premiers qui ont raison. Un plan de relance comparable à 2009 risquerait de tout faire sauter, ndc]. D'autant qu'avec les plus grosses réserves de liquidités de la planète, la Chine peut se donner les moyens de porter (pendant un temps limité), son économie à bout de bras. Signe encourageant: l'inflation, en juillet, est tombée à 1,8 %. Ce qui pousse les autorités à rester sur leur ligne de conduite. Sun Junwei, analyste chez HSBC à Pékin, explique ainsi à La Croix que "d'une façon générale, il est probable que l'inflation en Chine demeure modérée à l'avenir, ce qui laisse de la marge pour davantage assouplir sa politique monétaire".
EDIT (8 septembre 2012)
Ces provinciaux obligés de quitter Pékin
Chine plus - 07 sep 2012
http://www.chine-plus.com/eco_business/2012/0907/834.shtml
Ils seraient environ 600.000; plus d’un demi-million de provinciaux à avoir ainsi plié bagages depuis 2010, après avoir tenté l'aventure à Pékin, la ville de « leurs rêves », comme le souligne cette semaine l’hebdomadaire The Economic Observer. Mais ce rêve leur est devenu trop cher, trop compliqué, hors de portée.
La faute à la crise, à la hausse du coût de la vie, explique en substance Xie Liangbing – auteur de l’article. Et de citer le cas de Wang Hong, jeune diplômée originaire du sud du pays, venue à Pékin il y a quelques mois pour un stage, bien décidée à y faire son trou et à y décrocher un vrai job. Mais rapidement, la jeune femme – sous-payée – déchante et devient un enfant à charge pour ses parents, incapable sur place de subvenir elle-même à ses besoins. Tout est trop cher: le logement, la nourriture, les loisirs. Il faut en effet compter en moyenne dans cette capitale qui attire tant de provinciaux, de non-Pékinois « de souche » – ils sont 8.258 millions sur une population totale de 20.186 millions d’habitants, selon les dernières études du bureau national des statistiques – 3.280 yuans pour un simple logement, type deux pièces (+ 13 % en un an d’après le réseau d’agences immobilières Home Link). Une petite fortune pour ces migrants dont beaucoup ne touchent que le SMIC local – relevé en début d’année à 1.260 yuans par mois. Sur les 1.800.000 emplois d’ouvriers que compte l’industrie manufacturière à Pékin, plus de 40 % sont occupés par des provinciaux payés au salaire minimum explique à titre d’exemple The Economic Observer.
Selon l’économiste Wang Qiyan, de l’université du Peuple, cité par l’hebdomadaire, « le ralentissement économique {la croissance chinoise est estimée à 7,6 % cette année, son plus bas niveau depuis plus de 3 ans, ndlr} fait ainsi baisser la demande de main d’œuvre ». Résultat: avec la pression sur les salaires, et « l’augmentation du coût de la vie, {ils} sont de plus en plus à quitter Pékin ».
Autre raison: les mesures officielles récemment mises en place pour dissuader les non-Pékinois de s’installer dans la capitale et ainsi contenir les vagues de migration. Il existe en effet, note le journaliste, des quotas à l’embauche pour les provinciaux dans les administrations de la ville - quotas qui ont été abaissés en 2010. En outre, depuis 18 mois, il est théoriquement interdit en ville de louer « des appartements souterrains » ou « des abris publics » - loués moins cher, relève le même magazine. Des logements minuscules et insalubres parfois dans lesquels s’entassent à Pékin et sa périphérie plus d’un million de ceux que l’on appelle « les fourmis » – des jeunes provinciaux en galère, sans emploi fixe. S’installer et vivre à Pékin a donc désormais un « prix » que beaucoup – travailleurs migrants ou jeunes diplômés – ne peuvent plus supporter.
Mais toutes ces mesures (et tous ces départs) peuvent coûter très cher à l’économie locale, prévient The Economic Observer; la capitale chinoise ayant un besoin constant de main-d’œuvre pour faire fonctionner sa propre « machine »…