Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
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Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
22.02.2026
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L'apartheid pousse sa logique encore plus loin...
La ville d'Hofuf réservée aux femmes sera la première d’une série prévue dans le royaume. D'après The Guardian il existe des projets de complexes industriels pour 4 autres villes. Le journal britannique ne précise pas si ces bantoustans féminins seront bâtis dans la même région ou s'ils seront dispersés. Mais s'ils ont été validés c'est qu'on doit estimer en haut lieu qu'ils seront rentables, et que ce serait dommage de se priver d'une telle main d'œuvre.
On ne sait pas si les femmes pourront y faire à l'abri des regards masculins (tout) ce qu'elles n'ont pas le droit de faire dans la société saoudienne. Mais une société sans hommes n'en sera pas moins un espace hiérarchisé avec une division du travail allant de la chef d'entreprise à l'employée... et les domestiques immigréEs devraient pouvoir s'y faire exploiter, humilier, frapper.
Une ville réservée aux femmes en Arabie saoudite
Le Monde (blog Big Browser) - 13 aot 2012
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/13/deuxieme-sexe-une-ville-reservee-aux-femmes-en-arabie-saoudite/
Elles ne sont toujours pas autorisées à voter ou à conduire, mais les Saoudiennes auront bientôt une ville à elles. Les autorités de la très conservatrice monarchie du Golfe ont validé le projet de construction d'une cité industrielle entièrement réservée au deuxième sexe à Hofuf, dans l'est du pays. Le complexe, qui doit ouvrir l'an prochain, permettra aux travailleuses de créer leur entreprise et d'employer leurs compatriotes sans attenter à la sacro-sainte ségrégation spatiale imposée aux deux sexes dans le royaume.
Discriminer pour mieux émanciper ? L'équation pourrait s'avérer payante selon le président de l'Autorité saoudienne de la propriété industrielle (Modon) qui chapeaute le projet. Cité par le Guardian, le responsable se dit "certain que les femmes peuvent faire la preuve de leur efficacité dans bien des domaines et choisir les industries qui conviennent le mieux à leurs intérêts, à leur nature et à leurs capacités". Près de 5 000 emplois dans le textile, la pharmacie et l'agro-alimentaire doivent être créés sur le site, qui comptera des bureaux ainsi que des lignes de production. Proche des quartiers résidentiels, l'implantation de Hofuf "facilitera également le déplacement des femmes de chez elles à leur lieu de travail", selon Modon. Le projet, à l'initiative d'entrepreneuses saoudiennes, vise essentiellement à trouver des débouchés aux jeunes diplômées. "La nouvelle cité industrielle sera dotée d'une centre de formation pour aider les femmes à développer leurs talents et les former au travail en usine", explique la businesswoman Hussa Al-Aun au quotidien économique Al Eqtisadiah.
Victimes d'une des sociétés les plus coercitives au monde, les Saoudiennes accèdent difficilement au marché de l'emploi. Elles peuvent travailler comme caissières dans les supermarchés ou au guichet (non mixte) des banques, et depuis peu dans les magasins de lingerie. Un décret royal, entré en vigueur en juillet, leur a également ouvert les portes des boutiques de cosmétiques. Mais les instances religieuses s'efforcent de freiner ces quelques avancées. Un avis émanant du comité de l'Iftâ', qui dépend du haut comité des oulémas, rappelait en novembre 2010 aux femmes, et particulièrement aux caissières, qu'il n'était "pas permis de travailler dans des endroits où elles peuvent se trouver avec des hommes" et qu'elles "doivent rechercher des emplois où elles ne peuvent pas être attirées par les hommes ni les attirer".
Plus récemment, la présence d'athlètes saoudiennes à Londres a suscité l'ire des conservateurs qui ont accusé sur Twitter le président du comité olympique saoudien d'"offrir des Saoudiennes aux olympiades". Aux Jeux de Pékin, en 2008, le royaume wahabite avait été l'un des trois derniers pays au monde, avec le Qatar voisin et le sultanat de Bruneï, à dépêcher dans la capitale chinoise une délégation exclusivement masculine. Décidé à réformer et à moderniser la société, le roi Abdallah a néanmoins promis à ses sujettes l'accès aux urnes en 2015. "Parce que nous refusons la marginalisation du rôle de la femme dans la société saoudienne dans tous les domaines, conformément à la charia, et après des consultations avec de nombreux savants (religieux)", elles pourront enfin voter et même prétendre à la députation.