Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis,
syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau
trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système
dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité
vers la catastrophe.
>> Toutes les rubriques <<
· 37 - Lointains échos dictatures africain (402)
· 00 - Archivage des brèves (790)
· .[Ec1] Le capitalisme en soins intensifs (551)
· 40 - Planète / Sciences (389)
· 10 - M-O. Monde arabe (386)
· . Histoires et théories du passé (224)
· 20 - Japon, Fukushima (237)
· .[Ec2] Métaux, énergies, commerce (253)
· 24 - USA (310)
· 19 - Chine [+ Hong Kong, Taïwan] (322)
Date de création : 10.03.2011
Dernière mise à jour :
05.02.2026
8735 articles
Il est impossible de rentrer dans la politique sans faire des compromissions, sans participer aux jeux d'intérêts, même en se présentant dans le but de ridiculiser les politiciens.
Impossible aussi à un humoriste de se présenter à une élection sans jouir préalablement d'une côte de popularité et d'une certaine reconnaissance du public puisque le but d'une telle condidature est justement d'attirer l'attention des médias. Or il ne pourra pas espérer être plus qu'un amuseur dès le moment où il sera crédité de plus de 5 % des intentions de vote. C'est en effet à partir de ce seuil qu'on commence à prendre beaucoup trop de voix à certains candidats que la perspective de rater le second tour ("à cause de ce con") n'amuse pas du tout. A partir de là, les médias et les états majors politiques s'allieront pour le ridiculiser sur les dossiers où il ne fait pas le poids, le dénigrer, le boycotter et finalement l'écarter. Il en va du sérieux et de la responsabilité du discours politique !
C'est ce qu'il s'est passé pour Coluche lors de la présidentielle de 1981. En plus il a commencé à se prendre au sérieux quand un sondage l'a donné à 15 % quelques mois avant le premier tour. Et de toute façon, tout clown libertaire qu'il était, Coluche a appelé à voter Mitterrand le même jour où il a annoncé son retrait. Cela signifiait qu'il n'avait pas d'alternative à proposer que de contester la politique sur la forme mais certainement pas sur le fond.
Parmi les soutiens à la candidature de Coluche, certains noms prêtaient quand même à sourire: Johnny Halliday, Sylvie Vartan, Michel Sardou, Sheila... enfin, bref.
Se présenter à des élections revient à reconnaitre le système et cautionner le spectacle de la représentation. On ne peut pas dire que ce système est bon à être détruit et en même temps s'en servir. On ne peut pas à la fois souhaiter que les gens prennent leur vie en main et en même temps participer à un cirque où l'on demande à une population de choisir ses dirigeants.
Quand moimememe dit que ce n'est pas parce que ça ne marche pas qu'il ne faut pas continuer, c'est exactement ce que disent les politiciens du monde entier quand, au nom du "changement", ils appliquent des politiques qui ont toutes échoué ! C'est digne de la philosophie shadok !
Depuis Coluche, il y a eu dans le monde bien d'autres candidatures fantaisistes qui ont essayé de profiter du discrédit qui pèse sur le personnel politique. Beaucoup de corruption à railler et un peu d'espace où s'exprimer, ça leur a suffi pour se présenter. Il faut dire aussi que la politique s'est tellement désacralisée, les politiciens se mêlent tant aux personnalités du show business qu'on a du mal à distinguer le vrai du faux humoriste.
En Côté d'Ivoire par exemple Adama Dolo a fait 0 %. Aujourd'hui il est derrière Gbagbo. (une des deux phrases est drôle).
Le dernier en date au Pérou, Jaime Bayly, un satiriste, animateur de talkshows politiques à la télé, a décidé de se présenter à la présidentielle cette année. Il veut s'en prendre à l'armée, à l'Eglise, dépénaliser la drogue, représenter toutes les minorités, les gays, les agnostiques... Mais alors que les sondages le donnaient à 6 %, les médias qui le regardaient avec curiosité jusque là se sont mis à le démonter. Il a été obligé de se placer sur le terrain où ses adversaires l'attendaient, répondre de ses contradictions et apparaitre comme un politicien moins habile que les autres... Du coup, sa côte s'est mise à baisser.
A Paris dans les années 70-80, on a eu Aguigui Mouna, un vieil anticonformiste écolo libertaire à barbe blanche, un adepte du droit à la paresse. Il se présentait à presque toutes les élections. Il faisait campagne sur son vélo avec des slogans du genre "La grossesse à 6 mois, la retraite à 15 ans". Electoralement il n'a jamais menacé personne. Une figure folklorique du Quartier latin. Comme il ne causait de tort à personne (comme dit la chanson) je crois qu'on lui a remis l'insigne des Arts et Lettres...
Après il est mort.
Les révolutionnaires conséquents ne participent pas aux élections. Elles ne sont qu'une farce où les tenants du pouvoir demandent aux opprimés de choisir leurs chaines.
Marcher dans la farce en tentant de tourner les élections en dérision ne marche pas non plus puisque les humoristes qui s'y sont essayés se sont faits récupérer, exclure ou sont restés marginalisés. De toute façon, ceux qui ont le plus dérangé les politiciens faisaient déjà partie du système. Leurs intentions n'ont donc pas résisté longtemps aux compromissions et aux ralliements.
Dans cette société, on est candidat ou pas candidat, mais certainement pas candidat à la non candidature (ou à l'abstention) car les médias se détournent de ce qui n'a pas de répercussion et qui ne se vend pas. Sans médias, ce type de candidature n'a aucun sens. En effet pourquoi se présenter si c'est pour ne pas pas faire parler de soi ou de ses idées ? A quoi sert de faire campagne si l'on écarte toute possibilité de se faire entendre ? Ce n'est pas logique.
La logique, c'est de se présenter aux élections et de se servir de la campagne électorale comme d'une tribune pour exprimer ses idées. Du coup les médias suivent. C'est ce que font la LCR/NPA et LO depuis les années 70. Mais à ce jeu on cesse d'être révolutionnaire; on se soumet aux règles de fonctionnement du système et de reproduction du pouvoir.
EDIT (15 janvier 2011)
Quand on ne croit pas aux élections, on ne s'inscrit pas sur les listes électorales, on n'a pas de carte d'électeur... donc on ne peut même pas aller voter.
Le gus qui ferait campagne en disant que ce n'est pas pour être élu ne susciterait aucun intérêt de la part de la presse. Sa campagne de "propagande" tomberait à l'eau. Aucun média n'en parlerait si ce n'est pour se foutre de sa gueule et le faire passer pour un cinglé. Or les idées révolutionnaires ne sont pas des idées de cinglés; c'est dans les luttes qu'elles montrent leur crédibilité, pas dans les élections.
De toute façon le problème est règlé d'avance puisque le gars n'obtiendrait pas les promesses de signatures nécessaires et indispensables. Coluche, en étant connu, en avait recueilli... 2 !