Le monde d'Antigone

Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis, syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité vers la catastrophe.

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Dernière mise à jour : 21.08.2014
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Afrique du sud: Un township désespéré faute d’eau potable

Publié le 22/05/2012 à 17:49 par monde-antigone


Afrique du sud: Un township désespéré faute d’eau potable
par Siphosethu Stuurman
IPS - 11 mai 2012
http://ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=7024


JOHANNESBURG - Des milliers d’habitants de Diepsloot, un grand township au nord de Johannesburg, en Afrique du Sud, font la queue pendant des heures avant d’accéder à l'eau propre et saine une semaine après que leur approvisionnement a été contaminé par des égouts.

Cette contamination s'est produite lorsqu'un entrepreneur travaillant sur une conduite d'égout à proximité a cassé le tuyau d'eau qui alimente Diepsloot. Bien que le dommage ait été réparé, il est estimé que la bactérie E. coli dans les eaux usées a contaminé l'approvisionnement en eau. Les habitants ici ont été prévenus par les autorités de la Johannesburg Water (Société des eaux de Johannesburg) de ne pas boire l'eau de leurs robinets le 13 avril.

Cependant, une semaine après l'incident, les habitants disent qu'il n'y a pas suffisamment de réservoirs d'eau provisoires pour fournir de l'eau potable à tout le monde dans ce township de plus de 150.000 habitants. "Tout ce qui est possible se fait, nous avons 65 réservoirs fixes et 12 citernes mobiles à faire utiliser par les habitants en attendant", explique le porte-parole de la 'Johannesburg Water', Millicent Kabwe, ajoutant que chacun des réservoirs fixes a une capacité de 5.000 litres.

Toutefois, le chef communautaire, Scelo Shezi, estime que les réservoirs provisoires ne gardent pas assez d'eau pour la grande population du township. "On nous a dit qu'il n'y avait pas assez de moyens de transport pour amener plus d'eau vers la communauté, mais il y a un besoin pour plus de réservoirs d'eau", affirme Shezi. Il souligne que les habitants perdent rapidement patience. "Nous nous inquiétons de ce que des gens ont dû attendre dans la queue pendant très longtemps. C'est vraiment un défi, et nous espérons qu'il sera réparé très bientôt", déclare-t-il. Alors qu’un seul district, Ward 113, dans le township, semble avoir introduit le "système une famille, un seau" après que des bagarres ont éclaté - parce que les gens n’étaient pas contents du nombre de sceaux que des individus ont amenés pour puiser l'eau - des femmes et enfants avec des seaux multiples sont souvent vus dans de longues queues, attendant leur tour.

Duduzile Ngema, frustrée, dit qu'elle attend dans la queue pendant presque toute la journée. "Nous ne prenons pas de bain, nous ne faisons pas la lessive... nous avons un gros problème ici, à Diepsloot. Ils disent que l'eau reviendra, mais nous attendons depuis longtemps. Ils nous ont expliqué que nous pouvons mourir si nous buvons l'eau contaminée et qu’elle provoque des maladies", souligne Ngema. Elle indique que la situation se dégrade, puisque des habitants sont contraints de trouver d'autres moyens de se soulager. Ngema hésitait à entrer dans les détails, mais elle affirme que des habitants utilisent des seaux et, seulement lorsque les réservoirs d'eau arrivent, ils tirent la chasse des toilettes pour faire partir les matières fécales. "C’est très difficile parce que les toilettes ont besoin d'eau pour faire partir les matières fécales, alors nous n'y allons pas, nous utilisons seulement des seaux", déclare Ngema, embarrassée.

Thami Dlodlo, une autre habitante en colère et désespérée, déclare que la crise de l'eau a paralysé sa communauté. "Nous ne pouvons pas faire la cuisine, nous ne pouvons pas prendre un bain, et nous ne pouvons rien faire. Il n'y a pas de vie sans eau, nous avons besoin de l'eau, de l'eau propre", souligne Dlodlo. Elle dit que des habitants ont été obligés d'acheter de l'eau, mais la plupart sont au chômage et ne peuvent pas le faire. Diepsloot est un établissement informel fait de maisons en briques financées par le gouvernement, avec de l'eau courante et l'électricité, et de cabanes - montées à partir de tôles et de bois - qui n'ont pas d'eau courante.

Les familles qui sont dans les maisons publiques ont des compteurs d'eau et paient un tarif subventionné. Cependant, les habitants les plus pauvres ici ne peuvent pas payer l'eau, et ils utilisent les robinets publics qui fournissent gratuitement de l'eau à travers le township. "Maintenant, nous achetons de l'eau auprès des gens qui ont de voitures, à 1,25 dollar le seau. Nous l'achetons afin que nos enfants puissent aller à l'école, et pour boire. Mais nous ne travaillons pas...nous n'avons pas beaucoup d'argent pour acheter de l'eau. C'est tellement difficile pour nous parce que nous n'avons même pas d'eau pour prendre nos médicaments", déclare Dlodlo, abattue.

Dans certains quartiers du township, l’eau potable a été rétablie, mais la Johannesburg Water dit qu'il n'est pas possible à ce stade d'indiquer quand l'eau reviendra dans tout Diepsloot. La Johannesburg Water a été critiquée par le parti d'opposition officiel d’Afrique du Sud, l'Alliance démocratique, pour sa lenteur à ramener l'eau potable à Diepsloot. Toutefois, le professeur Akpofure Taigbenu du département du génie de l'eau à l'Université de Witwatersrand, affirme qu'il faut quelques jours pour rétablir l'eau potable après qu'elle a été contaminée. "Il faut deux jours pour restaurer le système, mais six jours, c’est beaucoup à mon avis. L'essentiel, c’est d'avoir un bon réseau de réservoirs d'eau par exemple; il doit y avoir une distance de marche limitée entre l'endroit où les individus utilisent l'eau et ces réservoirs. Si la distance de marche est importante, cela met beaucoup de stress sur les habitants", explique Taigbenu.

La Johannesburg Water affirme que le rétablissement de l’eau potable est un long processus. "La complexité pour corriger cette situation et l'ampleur du réseau, le processus de chasse d’eau, ainsi que les processus connexes d'ingénierie et scientifiques signifient qu'il faut un peu de temps", déclare Kabwe. "Les interventions mises en œuvre qui découlent de ces processus ont montré une amélioration significative en termes de qualité jusqu'à présent, mais elles ne sont pas conformes aux normes nationales pour l'instant".




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